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Full text of "Le Petit Jardin : manuel pratique d'horticulture"

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BIBLIOTHEQUE 
SAINTE | 
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LE PEUT JARDIN 



MANUEL PRATIQUE D ' Il ORTICULTU K E 







fiF.NFVIEVF. 



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d6 même auteur : 

Les plantes d'appartement étales plantes de fenêtres. 1891, 1 toI. 

LeïXSs^IlL^œa^ur: Ï893." i' vol. ' £« "Jésus de 

324 pages avec 119flg.,cart ■ - 

A LA MÊME LIBRAIRIE : 
ACLOQUE (Ù- - Flore de France. 1894, 1 vol. in-16 de 8M £ 
B^rn (g- Lës-arbres fruitiers.' Ï89Ï,' Wol. in-18 Jésus, 

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1R<W I vol iu-18 iésus, avec lG-i tig-, cari.. ;••■■• v •■: "'"i ; „ R 
BOOTB (G.) - Les plantes des champs et des bois. 1 vol. m-8 

avec 873 figures et Jo pi., dont 8 en g couleur . ...... £* 

BREIIM. — Le monde des plantes. 189o, X vol. gr. m o a . 

avec "00 fis. (Merveilles de ta Nature.. . . . ... .... ■■■ • • ■ • • • 

CONSTANTS (Paul). - Les plantes. 189,, 1 vol. in-8, avee 

COURCUËT.' ' - ' Traité ' de botanique.' ^897,"^"^ in-8, ««j 

DUCHARt'rÉ: ' - Eléments' de' botanique: V 'édiHon. V Vol. m-8, 

G JlT ^\S agricole/. Y**'&\™$A & a £ 
GÉRARD1N (Léon), - Traité de botanique. l89o, 1 vol. in 8, av« 

GIRAR fi D U (H.).' '-' Aide-mémoire de botanique cryptogamique. 1897, 

J A ?de- mélK œ^rpn^ogaSue.' Ï8oY,'i Vol. Ç-g 

JSŒ&3& SI" botanique' générale.' I89 8 ; T vol! ^18, avec 

LARBATÉTRiÊilV-'Les engrais ' eHa 'fertilisation du sol. 1891: 

PA^P^ref- TrVi4é inculture fruitière; ^reua^: 

Chaque partie se vend séparément : 

I - La greffe, la pépinière, le jardin fruitier, la taille des arbre* 

1 vol . in-18, 200 p. avec 100 fig. . ... . . • • ■ • • ■ • • • ■ • ■ • • — • ; :, ( 

tr _ Poirier et Pommier. 1 vol. m-18, 200 p. avec iuu u . . . 

Vu -Pêcher. Abricotier, Prunier, Cerisier, Amandier. \ «ne, Gro 

^^^^^^^^ 
VERU1T A- 1 U é ^drduUfnis^herboVisanï.'3^*^: 
VlUtt'fpn .«55 fl l^ fier à Varis: Ï892,' l'voi: in^, avec 

208 flg 

1411-98. — C.OHiiElL. Imprimerie Ed. Crète. 



D. BOIS 



ASSISTANT de la CHAIRE de CULTURE AU MUSÉUM d'histoire 
NATURELLE 



LE 



^«yjSMSr* 






PETIT JAK 



MANUEL PRATIQUE D'HORTICULTURK 




DEUXIÈME ÉDITION 

Revue et considérablement augmentée 

AVEC 200 FIGURES INTERCALÉES DANS LE TEXTE 



CREATION ET ENTRETIEN OU PETIT JARDIN 

LES INSTRUMENTS - LE SOL — LES ENGRAIS 

L EAU -LA MULTIPLICATION LES SE MIS -LE GRE FF AGE 

LE BOUTURAGE — LA TAILLE DES ARBRES 

LE JARDIN D AGRÉMENT 

LE JARDIN FRUITIER LE JARDIN POTAGER 

LES TRAVAUX MOIS PAR MOIS . 

L^LES MALADIES DES PLANTES ET LES AN IM ïti^Hf) ISWLKS -. 

' /—— '—Z-f 



PARIS 
LIBRAIRIE J.-B. BAILLIÊRE Et FILS 



19, HUE IIAUTEFE 



LILLE, PRES DU BOULEVARD SAINT-GBR M A I N 



Tous droits réseri es 

1899 



PRÉFACE 



Ce livre s'adresse aux possesseurs de petits jardins ; c'est la 
raison pour laquelle nous avons cherché à en faire un guide 
pratique, donnant, sous une forme condensée, les notions de 
jardinage les plus indispensables, et les indications nécessaires 
pour le choix et la culture des fleurs le plus propres à orner 
les parterres, des meilleures variétés d'arbres fruitiers et de 
légumes cultivables en pleine terre, sans abri, sous notre climat. 

La première édition du Petit Jardin, aujourd'hui épuisée, a 
été si favorablement accueillie que nous n'Iiésitons pas à en 
publier une nouvelle, espérant contribuer ainsi à la propaga- 
tion du goût de l'Horticulture. 

Comme le lecteur pourra s'en rendre compte, cette seconde 
édition présente de nombreuses modifications. Le texte a été 
refondu, et quelques chapitres nouveaux sont venus le com- 
pléter. 

Le nombre des figures a été sensiblement augmenté, le 
meilleur moyen de faire connaître les plantes étant d'en donner 
des images, qui sont toujours mieux comprises que les descrip- 
tions, même les meilleures. 

La première partie du livre est consacrée à la création et à 
l'entretien du petit jardin. Nous y passons en revue : la consti- 
tution du sol ; les opérations cullurales : multiplication des 
plantes, plantation, taille des arbres et arbrisseaux, etc. 

Dans la deuxième partie, nous traitons du jardin d'agrément, 
en indiquant la culture et les emplois des plantes et arbrisseaux 
le plus généralement cultivés. 

Le Potager-Fruitier est le sujet de la troisième partie. Nous 



VI 



PRÉFACE. 



y traitons tour à tour : de la création du polager-fruitier ; de la 
taille et de la culture des diverses sortes d'arbres et des prin- 
cipales formes auxquelles on peut les soumettre. On y trouvera 
également un choix des variétés les plus recommandables 
classées par ordre de maturité. 

Les légumes usuels font l'objet d'un chapitre étendu, dans 
lequel nous donnons l'indication des meilleures variétés et 
leur culture. 

La quatrième partie, que nous pourrions appeler le Calen- 
drier du petit jardin, énumère les travaux à exécuter dans 
chaque mois de l'année. 

Enfin, dans la cinquième partie, nous traitons des maladies 
des plantes et des animaux nuisibles, en indiquant les moyens 
de les combattre. 

Nous nous sommes aidé, pour écrire ce livre, des travaux de 
MM. Baltet, Maxime Cornu, Decaisne et Naudin, Dubreuil, 
Hardy, etc. 

Nous sommes heureux d'avoir pu joindre aux dessins origi- 
naux exécutés pour ce livre un certain nombre de figures 
cédées par MM. Vilmorin-Andrieux et C i0 . 



D. Bois. 



LE 

PETIT JARDIN 

MANUEL PRATIQUE D'HORTICULTURE 



PREMIER L' PARTIE 
LA CRÉATION ET L'ENTRETIEN DU PETIT JARDIN 



La création d'un jardin exige des connaissances spéciales 
très étendues et qui sont tout à fait du domaine de l'horti- 
culture pratique. 11 ne s'agit pas seulement, pour cela, de 
faire exécuter un plan plus ou moins agréable à l'œil ; ce 
qu'il faut surtout, c'est savoir mettre à protit les avantages 
que présente le terrain et tirer parti de ses défectuosités. 

Nous recommandons de confier ces sortes de travaux à des 
jardiniers habiles qui les exécuteront en mettant à profit toutes 
les données de l'expérience acquise. 

Lorsqu'il s'agit de grandes propriétés, on a l'habitude de 
séparer le jardin en trois parties distinctes: 1° jardin d'agré- 
ment, qui environne la maison d'habitation ; 2° jardin potager; 
3° jardin fruitier. 

Pour ce qui est de la partie ornementale, elle ne peut avoir 
véritablement ce nom qu'à la condition d'être séparée des 
deux autres. La séparation des plantes potagères et des 
arbres fruitiers a aussi sa raison d'être. 

Pour prospérer, les légumes ont besoin de recevoir le plus 
de lumière possible; sans quoi, ils s'étiolent et ne donnent que 
des produits de qualité inférieure; si l'on cultive des arbres 



8 LA CRÉATION ET L'ENTRETIEN DU PETIT JARDIN. 

dans le potager, l'ombre qu'ils projetteront sera préjudiciable 
aux plantes environnantes. D'autre part, le jardin potager 
exige des labours profonds et souvent répétés; aussi, malgré 
toutes les précautions que l'on pourrait prendre, aurait-on 
beaucoup de peine à ne pas endommager les racines des 
arbres qui s'y trouveraient plantés. 

Dans les petites propriétés, on se contente d'un jardin 
mixte, le potager-fruitier, que l'on divise en carrés destinés à 
la culture des légumes, bordés par de larges plates-bandes 
que l'on consacre aux arbres fruitiers auxquels on évite de 
donner des formes atteignant de trop grandes dimensions. 

Si l'on ne dispose que d'un espace limité, on pourra se 
servir de cet arrangement en ménageant des plates-bandes et 
des corbeilles pour les fleurs, suivant ses goûts et aussi suivant 
l'importance que l'on veut donner à chaque chose. 

Dans les jardinets, on peut donc réunir les fleurs, les 
légumes et les arbres fruitiers, à la condition de placer les 
uns et les autres dans des conditions telles qu'ils ne puissent 
se nuire mutuellement dans leur développement. 

Enfin, pour être à l'abri des déprédations, un jardin doit 
être clos à l'aide de treillages, de haies vives ou de murs. 
Ce dernier mode de clôture est plus coûteux que les précé- 
dents, mais il présente sur eux de tels avantages qu'on devra 
toujours le préférer. Lorsque nous parlerons des arbres 
fruitiers, nous verrons comment on peut utiliser les murs pour 
y établir des espaliers qui, dans ces conditions, donnent des 
fruits aussi parfaits que possible. 

Ce n'est pas une économie d'acheter à bon marché des 
plantes malades, mal développées, fatiguées par un long 
séjour hors du sol ou dont on n'est pas sûr de la détermi- 
nation. Nous engageons les amateurs à s'adresser à des 
horticulteurs consciencieux, et à ne pas hésiter à faire 
une dépense suffisante pour avoir des produits de premier 
choix. 



LES INSTRUMENTS PE JARDINAGE. 



CHAPITRE PREMIER 
LES INSTRUMENTS DE JARDINAGE. 

Les principaux objets qui constituent le matériel nécessaire 
pour le jardinage sont : 

1° La bêche. C'est l'instrument le plus indispensable. Il en 
existe un grand nombre de formes. La bi'-clie 
doit être bien trempée et solidement emman- 
chée; elle sert pour les labours; 

2° Le cordeau, qui sert à tracer les planches et 
'les rayons pour faire les semis et les planta- 
tions ; 

3° La fourche, qui sert surtout à la manipula- 
tion du fumier ; 



4° Le plantoir, qui sert à pratiquer le 



trou 



dans lequel on dépose le plant ; 

o° La houlette (flg. I), qui sert à arracher 
et à replanter les plantes de petites dimen- 
sions ; 

6° La pelh ; 

7° Le râteau ; 

8° La ratissoire à pousser (fig. 2), qui 
se compose d'une lame de fer acérée 
fixée sur un long manche ; elle sert 
à arracher les herbes dans des allées 
et à biner les plates-bandes ; 
9° L'arrosoir ; 

10" La brouette ; 

11° La pioche ; 

12" Le sécateur , outil de dimen- 
sions variables, qui sert à tailler les Pi „ , .,. , 

' i rig. 1. [ ig, g 

arbres et arbrisseaux. Il doit être Houlette. ti*soirc 

muni d'un bon ressort et ajusté de 

façon telle qu'il donne une section aussi nette que possible; 

13° La serpette, d'un maniement plus difficile que le 

I. 




— Ra- 
pousser. 






10 LA CRÉATION ET L'ENTRETIEN DU PETIT JARDIN. 

sécateur, mais qui a sur celui-ci l'avantage de donner des 
sections bien nettes ; 

14° Le greffoir à spatule, très bon outil pour faire la greffe 

en écusson ; 

15° Les cisailles, 
pour tondre les 
bordures de buis 
et les charmilles ; 

16° La tondeuse 
(tig. 3), instrument 
très commode et 
qui remplace avan- 
tageusement la 
faux pour tondre 
les gazons ; 

17° La r loche ma- 
raîchère, en verre, 
qui sert à abriter 
les plantes ; 

18° Le coffre vi- 
tré ou châssis (Voy. 
P- n); 

19° Les paillassons ou couvertures en paille de seigle, des- 
tinés à abriter les plantes contre la gelée. On peut les acheter 
tout faits. 




Tondeuse rie William 



CHAPITRE II 
LE SOL, LES ENGRAIS, L'EAU. 



Art. I. — Sol, amendements, engrais, paillis. 

La composition du sol a la plus grande influence sur le 
développement des plantes ; aussi les personnes qui veulent 
créer un jardin doivent-elles faire des sondages profonds dans 
le terrain qu'elles se proposent de mettre en culture afin 
d'arriver à connaître la nature de la terre végétale, ses qua- 



LE SOL, LES ENGRAIS, L'EAU. 



Il 



lités physiques, sa richesse en éléments minéraux et. en 
humus, son épaisseur et la constitution du sous-sol. 

Si le sol est peu profond, si le sous-sol est crayeux, ar- 
gileux ou formé de roches, il sera tout à fait impropre à la 
culture des arbres. 

Dans la pratique, on divise généralement les terres en quatre 
catégories principales : 

Les terres argileuses, qui contiennent au moins 2u à 40 p. 100 
d'argile; elles sont imperméables, ont l'inconvénient de 
retenir l'humidité, de se durcir et de se fendiller par la séche- 
resse. 

Elles sont froides, très difficiles à travailler et peu favo- 
rables à la culture. La décomposition des fumiers s'y opère 
lentement et d'une manière irrégulière. On les améliore en 
les drainant et en leur donnant de copieuses fumures, dis 
marnages et des chaulages. 

Les terres siliceuses (sableuses), qui sont faciles à travailler, 
mais qui redoutent la sécheresse; les engrais que l'on y met 
se trouvent rapidement entraînés par les eaux pluviales ou 
d'arrosages, qu'elles laissent trop facilement écouler. Elles sont 
brûlantes l'été, froides l'hiver ; elles sont généralement peu 
fertiles et doivent être améliorées par d'abondantes fumures. 
La chaux est l'élément minéral qu'il convient généralement 
de leur ajouter. 

Les terres calcaires, qui ont pour base la chaux (carbonate 
de chaux). Les terrains où la chaux domine ne conviennent 
qu'à un très petit nombre de plantes, que, pour cette raison, on 
qualifie de calcicoles; on appelle, au contraire, plantes calci- 
fuges celles qui ne peuvent croître ou qui se développent mal 
dans ces sortes de sols : il importe donc de ne planter dans les 
terrains calcaires que des plantes qui puissent y prospérer. 
Froides et boueuses en hiver, elles sont brûlantes et sèches en 
élé. Mélangée dans des proportions suffisantes avec du sable et 
de l'argile, la chaux forme un sol qui convient parfaitement à 
-la culture; elle est très soluble et contribue puissamment à 
activer la végétation, si on la mêle à une terre plus forte. Les 



12 LA CREATION ET L'ENTRETIEN DU PETIT JARDIN. 



terres calcaires ne renferment en général qu'une proportion 

insuffisante d'azote et de potasse. 

Comme on vient de le voir, ces diverses sortes de terres ont 

chacune leurs qualités et leurs défauts. Pour un jardin, le 

sol le plus convenable devrait être formé de leur mélange, de 

manière que ces qualités et ces défauts se compensent 

réciproquement (amendements). 
La terre franche peut être considérée comme représentant 

l'association la plus parfaite. 
Après avoir été convenablement travaillée, amendée et 

fumée, la terre de jardin devient moins compacte; on lui 

donne alors le nom de terre meuble ; sa fertilité est très 

grande. 
Terrains humiféres. — L'humus naturel constitue la partie 

organique du sol; c'est une matière brune qui résulte de la 
décomposition spontanée des êtres organisés qui, après leur 
mort, rendent à la terre des matériaux que s'assimilent les 
plantes. La composition de l'humus est variable, car, sous 
l'influence des agents atmosphériques et de l'eau, il va se 
décomposant de plus en plus, quand il ne se renouvelle pas 
par l'adjonction de nouvelles matières organiques; c'est un 
mélange de composés hydrocarbonés à divers états d'oxyda- 
tion et dans lequel les proportions de carbone, d'hydrogène, 
d'oxygène et d'azote sont variables. Il est peu abondant 
dans la nature à l'état pur, mais la terre végétale en con- 
tient toujours une certaine quantité : le terreau de nos jardins 
n'est pas autre chose que de l'humus mélangé avec des 
matières argileuses, calcaires, siliceuses, etc. Son rôle est des 
plus importants, car il est le principal agent actif de la 
végétation. C'est lui qui constitue la base de la terre de bruyère, 
de la terre tourbeuse et du terreau de feuilles, où il se trouve, 
sous forme d'une sorte de terreau résultant de la décomposi- 
tion des détritus de plantes à la surface du sol. 

La terre de bruyère a des emplois nombreux en jardinage ; 
elle se décompose lentement et laisse facilement écouler 
l'eau : aussi convient-elle à un grand nombre de plantes. La 



LE SOL, LES ENGRAIS, L'EAU. 13 

terre de bruyère siliceuse, dans laquelle le sable domine, 
est, au point de vue horticole, supérieure aux terres de bruyères 
silico-argileuses ou tourbeuses. 

La terre tourbeuse a pour principaux inconvénients d'être 
compacte et peu perméable. On l'améliore par l'addition de 
sable; elle peut alors remplacer la terre de bruyère dans les 
régions où celle-ci est rare ou d'un prix trop élevé. 

Le terreau de feuilles se forme dans les bois; il est constitué 
par le produit de la décomposition des feuilles des arbres 
associé à d'autres débris organiques et a la courbe superfi- 
, cielle du sol. Sa composition chimique varie selon la nature 
d p s feuilles qui le produisent; il est riche en humus, très 
perméable et de plus en plus recherché par les horticulteurs 
à cause de ses propriétés physiques et chimiques. 

Engrais organiques. — Les engrais organiques sont for- 
més de débris de toutes sortes, d'origine animale ou végétale, 
qui, par leur décomposition, donnent naissance à des prin- 
cipes fertilisants assimilables par les plantes, dont les princi- 
paux sont l'azote, l'acide phosphorique el la potasse. 

Le fumier de ferme est un mélange des déjections, des 
litières des animaux et des résidus d'une exploitation ; sa 
richesse en éléments fertilisants est très grande, mais elle 
varie avec le genre d'animaux qui le produit. D'après 
MM. Mùntz et Girard, sa composition moyenne serait la sui- 
vante : 

Azote o,47 p. 100. 

Aride phosphorique 30 — 

Potasse Q 52 

Le fumier frais de cheval et d'âne convient parfaitement pour 
les terres fortes et froides qu'il divise et échauffe; lorsqu'il 
commence à se décomposer et qu'il devient plus onctueux, 
plus gras, il est préférable pour les terres légères. C'est le 
fumier de cheval qui sert à faire les couches dont il sera ques- 
tion dans un autre chapitre et que les horticulteurs utilisent 
comme source de chaleur. Ce fumier, mis en las, entre eu 



r 



14 LA. CRÉATION ET L'ENTRETIEN DU PETIT JARDIN. 

fermentation et produit une élévation de température consi- 
dérable. 

Le terreau est le produit résiduaire de cette fermentation; 
il a toutes les propriétés physiques de l'humus et est d'une 
richesse extrême en éléments fertilisants. 

Le fumier de vache, froid et gras, convient surtout aux terres 
légères, auxquelles il donne la compacité qui leur manque. 

Le fumier de mouton a les qualités physiques du fumier de 
cheval, mais il est plus riche en éléments fertilisants. 

Le fumier de porc est froid comme le fumier de vache, mais 
est beaucoup plus riche en principes fertilisants. 

Le fumier de volailles et de lapins est très chaud. 

On emploie encore comme engrais : les excréments humains, 
qui entrent dans la fabrication de beaucoup d'engrais commer- 
ciaux, notamment de la poudrette et du noir animalisé ; le guano 
ou matières fécales d'oiseaux, dont l'action est puissante, mais 
qui est souvent sophistiqué, etc. 

Il est nécessaire de ne rien laisser perdre de ce qui peut con- 
courir à former du fumier; pour cela, on accumulera dans une 
fosse à fumier, disposée à cet effet, et masquée par une rangée 
d'arbrisseaux, tous les détritus de maison, os, chiffons, 
cendres, etc., ainsi que les feuilles d'arbres, les herbes qui ne 
portent pas de graines, etc. Il faut éviter d'y mettre des plantes 
atteintes par des maladies dues à des champignons parasites, 
dont les spores se trouveraient par ce fait répandues dans 
toutes les parties du jardin qu'elles contamineraient. 

Engrais chimiques. — On désigne sous le nom d'engrais 
les substances qui fournissent les principes fertilisants les 
plus nécessaires aux récoltes et qui se trouvent en quantité 
insuffisante dans le sol. Les principaux sont : Y azote, Y 'acide 
phos})horique, la potasse et la chaux. 

Les engrais artificiels formés de ces substances sont dési- 
gnés sous le nom d'engrais chimiques et employés comme com- 
plément du sol et adjuvants du fumier, lorsque la composition 
chimique des plantes mises en culture en indique la néces- 
sité. 



LE SOL, LES ENGRAIS, L'EAU. 



io 



L'emploi des engrais chimiques en horticulture est encore 
exceptionnel ; mais il y a tout lieu d'espérer qu'une connais- 
sance plus étendue des besoins des plantes et l'emploi judi- 
cieux des substances fertilisantes produiront des résultats aussi 
remarquables que ceux qui ont été obtenus en agriculture. 
Faillis. — Le paillis est un fumier pailleux à demi 
décomposé, que l'on étend sur le sol, en couche peu épaisse, 
afin de maintenir sa fraîcheur en mettant obstacle à l'évapo- 
ration de l'eau qu'il contient, et à empêcher le tassement de 
la terre par l'eau des arrosages. On se sert également du 
paillis pour préserver certains fruits, Fraises, .Melons, etc., 
du contact du sol. 

Art. II. — Eau. arrosements. 



L'eau est nécessaire aux plantes : elle leur fournit leur eau 
de végétation et sert de véhicule aux éléments nutritifs dont 
elles ont besoin pour se développer. Sa composition chimique 
est variable. Sans elle, pas de culture possible; aussi est-il in- 
dispensable qu'on puisse se la procurer facilement. 

La meilleure eau pour les arrosements est Veau de pluie, h 
cause des principes dont elle se salure en traversant l'atmo- 
sphère. Elle est très peu chargée de sels minéraux et doit être 
par conséquent préférée à toute autre pour arroser les plantes 
qui ne peuvent tolérer le calcaire : Bruyères, plantes épi- 
phytes, etc. On devra l'employer lorsqu'on pourra en recueillir 
en assez grande abondance dans des réservoirs placés à cet 
effet sous les toits. 

Les eaux courantes, de ruisseaux ou de rivières sont générale- 
ments bonnes; elles contiennent des matières organiques en 
proportion avec la quantité d'immondices qu'elles reçoivent, 
et des matières minérales en rapport avec la nature du lit 
dans lequel elles coulent. 

Les eaux de mares, corrompues par la décomposition des 
animaux et des plantes qui les peuplent, conviennent égale- 
ment pour les arrosages. 






i6 LA CRÉATION ET L'ENTRETIEN DU PETIT JARDIN. 

Les eaux de puits sont les plus mauvaises, quoique les plus 
employées; elles sont généralement froides, plus ou moins 
chargées de sels minéraux nuisibles aux plantes ; enfin elles 
ne sont pas assez aérées ou oxygénées. Lorsqu'on n'aura pas 
d'autre eau à sa disposition, on pourra remédier à ce dernier 
inconvénient en la laissant exposée à l'air quelque temps avant 
de s'en servir. 

Lorsque les pluies font défaut, les plantes doivent être, non 
seulement arrosées, mais bassinées. 

Le bassinage consiste à projeter sur les plantes, à l'aide de 
pulvérisateurs ou d'arrosoirs à pomme fine, de l'eau qui, non 
seulement lave les feuilles et facilite les fonctions respiratoires 
et transpiraloires en désobstruant les stomates (petites ouver- 
tures ménagées dans les parties aériennes et par lesquelles 
se font les échanges de gaz entre l'atmosphère et les plantes), 
mais leur restitue en outre l'humidité qui leur est indispen- 
sable après une transpiration excessive. 

11 importe d'arroser les plantes proportionnellement à leur 
degré d'activité végétative. Pendant la période du repos de la 
végétation, qui est surtout très accentuée pour ' les plantes 
bulbeuses ou tubéreuses, les arrosements doivent être, sinon 
complètement suspendus, du moins très modérés. 

En été, on arrosera de préférence le soir, car l'eau répandue 
dans la journée s'évaporerait avant d'avoir pénétré dans le 

sol. 

En hiver, il esl préférable d'arroser le matin ou dans le 
milieu de la journée, l'humidité excessive pendant les nuits 
froides de cette saison étant des plus préjudiciables aux 
plantes. 



LES COUCHES, LES CHÂSSIS, LES COTIÈRES, LES ADOS. 17 






CHAPITRE III 

LES COUCHES, LES CHASSIS, LES COTIÈRES, 
LES ADOS. 

La culture des plantes sous coffre vitré est rarement prati- 
quée dans les petits jardins. 

Cependant, il est facile de fabriquer soi-même un châssis, 
et les services que l'on 
peut en attendre pour 
faire germer certaines 
graines, pour bouturer 
certaines plantes et 
même pour conserver 
des espèces un peu 
délicates pendant l'hi- 
ver nous autorisent à 
en parler. 

Le châssis ou coffre 
vitré (flg. 4) est une 
sorte de caisse sans 
fond, généralement de 
l m ,30 de long et d'une 




FI*. 4. 



Châssis, avec plants repiquas. 



largeur en rapport avec le nombre de cadres vitrés qu'il est 
destiné à porter, chaque cadre vitré n'excédant pas 1 mètre 
de large. Un des côtés du coffre est plus élevé que l'autre. 
Grâce aux différences de hauteur des côtés du coffre, les 
vitrages ont une inclinaison destinée à laisser pénétrer plus 
facilement les rayons du soleil et à faciliter l'écoulement des 
eaux pluviales. 

La couche est un amas de fumier de cheval, bien tassé, qui 
dégage de la chaleur en entranten fermentation et sur lequel 
on dispose des châssis ou des cloches. 

Le fumier neuf sortant de l'écurie ne doit pas être employé 
seul, il donnerait trop de chaleur; on le mêle ordinairement 
avec du fumier conservé en tas ou ayant déjà servi. Les pro- 



f ■ ! 



18 LA CRÉATION ET L'ENTRETIEN DU PETIT JARDIN. 

portions à employer varient selon les cas; il ne faut pas, pour 
celui qui nous occupe, que la chaleur dépasse 23 à 30 degrés 
centigrades. Lorsque le thermomètre accuse un nombre de 
degrés supérieur, il faut attendre quelques jours jusqu'à ce que 
la couche ait jeté son feu. 

L'épaisseur de fumier employé est ordinairement de 60 Cen- 
timètres sur une sur- 
face un peu plus grande 
que celle du coffre qui 
doit être posé dessus. 
On ménage autour de 
la couche des sentiers 
que l'on remplit de fu- 
mier semblable à celui 
qui a été employé dans 
le premier cas ; c'est ce 
qu'on appelle un ré- 
chaud. Au bout de trois 
semaines environ, on 
enlève ce réchaud pour 
le remplacer par un 
nouveau destiné à ravi- 
ver la chaleur de la ; 




Fig. 5. — Côtièrt! 



couche qui est à peu près refroidie. On peut ainsi renouveler 
plusieurs fois les réchauds. 

Lorsqu'on n'a à sa disposition ni châssis ni couches, on 
peut activer la germination des graines et le développement 
des plantes en tirant partie de la chaleur du soleil à l'aide de 
cloches, ou en disposant des plaies-bandes le long de murs 
exposés au midi et peints en blanc pour qu'ils réfléchissent 
la chaleur; on adonné à ces plates-bandes le nom de côtiéres 
(fig. 5). On peut abriter contre le froid à l'aide de paillassons, 
de claies ou de toiles, les plantes cultivées dans ces conditions. 

Les ados sont des plates-bandes surélevées d'un côté, de 
manière qu'elles présentent une inclinaison à l'exposition 
du midi. 



LES OPERATIONS CULTURALES. 



1!) 



Dans les petits jardins, les côtières et les ados rendent de 
très grands services en permettant d'obtenir les premières 
récoltes avec une avance de deux à trois semaines sur les récoltes 
ordinaires (Pommes de terre hâtives, Pois, salades, etc.). Les 
cultures se trouvent ainsi abritées du vent du nord et reçoivent 
la bienfaisante influence du soleil pendant un temps aussi long 
que possible. En outre, grâce à l'inclinaison du sol, l'eau 
glacée qui provient de la fonte des neiges s'écoule au lieu de 
pénétrer dans le sol et de le refroidir. On construit les ados 
et les côtières en octobre-novembre. 









CHAPITRE IV 
LE* OPÉRATIONS CULTURALES. 

Art. I. — Dèfoncement du sol, labours. 

Lorsqu'on veut mettre un terrain en culture, le premier 
travail à faire après le sondage est de le défoncer', c'est-à-dire 
de remuer le sol sur une épaisseur de ta ,4O ou m ,80, selon 
que l'on veut y cultiver des plantes herbacées ou des arbres. 

Pour défoncer un terrain, on ouvre à l'une de ses extrémités 
une tranchée de la profondeur voulue et large de m 70 à 
l mètre en transportant la ferre extraite à l'endroit où doit 
se terminer l'opération. Il ne reste plus qu'à élargir successi- 
vement celte tranchée en rejetant derrière soi la terre que 
l'on retire, de manière que celle qui provient de la superficie 
du sol se trouve plus enterrée et vice-versa. On a également 
le soin d'enlever les pierres et les racines que l'on rencontre. 
On arrive ainsi à la terre mise en dépôt et l'on s'en sert pour 
combler la dernière tranchée. 

Les laboursse font à la bêche ou à lafourche à dents plates. 
Ce dernier instrument sert surtout à remuer la terre dans le 
voisinage des arbres, où le labour n'a pas besoin d'être profond, 
afin de ne pas atteindre les racines qu'on est exposé à couper 
en employant la bêche. Dans les petits jardins, on se contente 









20 LA CRÉATION ET L'ENTRETIEN DU PETIT JARDIN. 

de la bêche pour tous les labours, en prenant les précautions 

exigées dans chaque circonstance. 

Comme pour le défoncement, on commence le labour en 
ouvrant une tranchée de la profondeur voulue, après avoir 
répandu sur le sol le fumier destiné à le fumer. On prend 
avec la bêche un peu de fumier que l'on met dans la tranchée 
et on le recouvre avec la terre qui provient d'un des bords de 
cette tranchée, qu'on va toujours élargissant en prenant la 
terre par bêchées et en la retournant de manière que la partie 
inférieure du sol se trouve ramenée à la surface. 

Il est mauvais de faire les labours par un temps de pluie : 
l'eau en tombant délaye la terre, la réduit à l'état de boue qui, 
piétinée, forme des masses compactes que l'on enterre dans le 
sol et qui nuisent au développement des plantes. 

Pour la même raison, il faut éviter de battre la terre avec le 
dos de la bêche sous le prétexte de briser les molles; l'émiet- 
tement du sol doit se faire avec le tranchant de la bêche. 

On enlève avec soin les pierres et les racines des mauvaises 
herbes qu'on rencontre et on cherche à maintenir bien égale 
la surface du sol nouvellement remué, sans cependant qu'elle 
soit par trop unie, car la pluie en tombant déterminerait la 
formation d'une croûte, qui bientôt s'opposerait à la pénétration 
de l'eau et de l'air dans le sol. 

L'influence du labour a beaucoup d'importance et bien des 
échecs sont dus à une mauvaise préparation du sol. 

Dans les terres légères, la profondeur du labour peut n'être 
que de 13 à 20 centimètres ; elle doit être plus grande dans les 
terres fortes. 

Art. II. — Binages, sarclages. 

L'eau de pluie et d'arrosage, en battant le sol, ne tarde pas 
à former une croûte nuisible au bon développement des 
plantes ; les binages ont pour but de briser cette croûte et de 
détruire les mauvaises herbes, de manière à faciliter l'aération 
de la terre et à assurer la pénétration des eaux pluviales ou 
d'arrosage. Les lerres à couche superficielle binée conservent 






LA MULTIPLICATION DES PLANTES. 



21 



mieux leur humidité, parce qu'elles perdent moins d'eau par 
évaporation, les phénomènes de capillarité s'exerçant moins 
activement que dans un milieu continu. Le binage est une opé- 
ration très utile et qui doit être souvent répétée ; elle exige 
d'être faite avec soin, de façon à ne pas endommager les 
plantes autour desquelles on la pratique. 

Le sarclage consiste à arracher les mauvaises herbes qui 
croissent dans les cultures. Dans les semis de plantes délicates, 
on manque souvent de précautions pour cette opération et 
on détériore les racines des espèces que l'on veut conserver 
en arrachant les aulres. On évite cela en coupant au-dessous 
de la surface du sol, à l'aide d'un couteau ou de ciseaux, les 
plantes à détruire. 






1 



CHAPITRE V 
LÀ MULTIPLICATION DES PLANTES. 



Art. I. — Semis. 

Le semis est le procédé de multiplication le plus générale- 
ment employé ; on le fait de diverses manières, suivant la 
nature des plantes et la grosseur des graines. 11 y a quatre 
manières principales de conlier les graines au sol : les semis 
en pots, en rigoles, en pochets et à la volée. 

Les semis en pots ou en terrines sont surtout employés pour 
les plantes délicates ou qui exigent d'être semées à une époque 
pendant laquelle la température n'est pas encore suffisamment 
chaude ; on peut ainsi les abriter plus facilement, les placer à 
une exposition favorable et même activer leur végétation en 
les mettant en serre, sous cloches ou sous châssis. 

Les pots à employer seront plus ou moins grands, selon le 
volume et le nombre des graines à semer; ils doivent toujours 
être munis à la base d'un petit orifice par lequel s'écoulent 
les eaux d'arrosage. 

On commencera par mettre au fond du vase quelques tessons 






22 



LA CRÉATION ET L'ENTRETIEN DU PETIT JARDIN. 



ou des cailloux plats qui devront fermer incomplètement l'ori- 
tiee dont nous venons de parler, afin que les racines des 
plantes ne puissent sortir au dehors et pour empêcher les vers 
de terre de pénétrer, tout, en permettant l'écoulement de l'eau . 
On emplit ce pot de terre appropriée à la nature de la graine 
que l'on veut semer, on la tasse légèrement et l'on sème 
dessus. On recouvre ensuite les graines d'une couche de terre 
dont l'épaisseur varie suivant leur grosseur, que l'on tasse un 
peu afin de les bien maintenir, de manière qu'elles ne se 
trouvent pas entraînées par l'eau des arrosages. 

Nous ne saurions trop insister sur ce t'ait : on a l'habitude de 
trop enterrer les graines, qui souvent pourrissent dans le sol 
après avoir fait de vains efforts pour percer la couche de terre 
qui les recouvre. Nous avons entendu bien des fois des per- 
sonnes se plaindre de ce qu'on leur vendait des graines de 
mauvaise qualité, sans se rendre compte qu'elles avaient fait 
tout ce qu'il fallait pour les empêcher de germer. 

Lorsque les graines ont été semées et recouvertes ainsi que 
nous l'avons dit, il doit rester entre la terre et le bord supé- 
rieur du vase un espace vide d'environ 2 centimètres, destiné 
àrecevoir l'eau d'arrosage qui, sans cette précaution, passerait 
par-dessus les bords en entraînant les graines. 

Il ne faut pas oublier de mettre une étiquette à chaque pot, 
afin de savoir facilement et sûrement ce qu'il renferme. 

La chaleur et l'humidité sont les principaux agents de la 
germination ; on devra donc placer les pots ensemencés dans 
des conditions favorables, et donner des arrosements en temps 
opportun, de façon à ne pas laisser sécher les jeunes plantes 
qui, dans le premier âge, disparaissent avec la plus grande rapi- 
dité, mais en évitant aussi de les- arroser trop, ce qui pourrait 
les faire pourrir. 

Les semis exigent des soins assidus ; aussi faut-il les suivre 
pour ainsi dire pas à pas, si l'on désire obtenir de bons résul- 
tats. 

En général, les graines produisent des plantes plus vigou- 
reuses que celles que l'on obtient par tout autre mode de mul- 



LA MULTIPLICATION DES PLANTES. 



23 



tiplication. Si l'on récolte soi-même des graines,onne doit les 
prendre que sur des plantes bien constituées, réunissant tous 
les caractères des variétés que l'on veut reproduire : on les 
cueillera bien mûres et on les fera sécher dans un endroit sec, 
aéré, en évitant de les exposer au soleil. 

Il est des graines qui perdent 1res rapidement leur faculté 
germinative et qu'il faut semer dès qu'elles ont été récoltées; 
c'est le cas de la graine des Rosiers; d'autres ne peuvent être 
conservées que pendant une année au maximum : l'Angélique, 
le Panais, etc. ; enfin, il en est que l'on peut semer même au 
bout de plusieurs années, telles que celles des Melons et des 
Polirons, qui germent encore môme une dizaine d'années après 
leur récolte. Lorsque nous énuméreronsles espèces et variétés 
de plantes cultivables dans les petits jardins, nous indiquerons 
pour chacune d'elles l'époque à laquelle on doit les semer, en 
même temps que les soins spéciaux qu'elles réclament. 

Le semis en rigoles, en rayon* ou en lignes doit être préféré â 
tout autre lorsqu'il s'agit de plantes qui doivent occuper le 
terrain pendant un assez long temps. On trace, soit avec le 
manche du râteau, soit avec un bâton, des rayons plus ou 
moins profonds et qui seront d'autant plus espacés qu'il 
s'agira de plantes plus volumineuses. On sème les graines de 
distance en distance et on les recouvre, soit de terre ordinaire, 
soit de terreau, suivant que la plante est robuste ou délicate. 
Ce mode de semis a l'avantage de permettre de faire plus faci- 
lement les sarclages et les binages ; il permet aussi de faire- 
plus commodément les récoltes. C'est ainsi que doivent être 
cultivés les Haricots, les Pois, etc. 

Le semis en pochetsouen touffe* se pratique surtout en grande 
culture; il consiste à placer les graines dans de petits trous 
ou pochets faits avec la bêche où à la binette et disposés, soit 
irrégulièrement, soit en lignes. C'est ce moyen qui est employé 
pour la plantation des Pommes de terre. 

Le semis à la volée se fait sur une planche ou un terrain fraî- 
chement labouré et bien préparé, dont on a égalisé convena- 
blement la surface à l'aide du râteau. On prend les graines 






24 LA CRÉATION ET L'ENTRETIEN DU PETIT JARDIN. 

par poignées ou par pincées et on les répand par un mouve- 
ment vif et régulier d'avant en arrière, de manière à ne pas 
semer trop dru et à ne pas laisser d'espace vacant sur le ter- 
rain. Cette manière de semer exige une certaine adresse de 
main, car il faut que le semis soit plus ou moins épais, selon 
l'emplacement qu'exigeront les plantes pour se bien déve- 
lopper. 

Après le semis, on herse le sol avec les dents du râteau et on 
le bat légèrement avec une planche à plat. 

Art. II — Éducation des plantes. 

Les soins à donner aux plantes qui commencent à germer 
consistent surtout en arrosages el en sarclages. 

Lorsque le plant est trop rapproché, il est nécessaire de pra- 
tiquer l'éclatreiêsage, qui consiste à enlever ce qu'il y a de trop 
pour empêcher le tout de s'étioler. Celte opération, de même 
que le sarclage, doit être faite de préférence le matin, lorsque 
la terre est encore imprégnée de rosée, ou après une légère 
pluie : on peut alors extraire complètement les racines des 
plantes que l'on supprime, sans endommager celles des plantes 
que l'on veut conserver. 

Le repiquage a pour but de favoriser le développement du 
chevelu des racines et de retarder l'élongation des plantes ; on 
les obtient, par ce moyen, plus robustes ; elles sont aussi d'une 
végétation plus égale, parce qu'on en favorise le développement 
régulier en les espaçant suffisamment et progressivement les 
unes des autres. Le repiquage doit être fait avant que les 
plantes aient acquis de trop grandes dimensions, car elles 
auraient alors beaucoup plus de peine à émettre de nouvelles 
racines : pour cela, on arrache chaque pied en conservant une 
petite motte de terre et on les met dans un terrain bien pré- 
paré à l'avance. Certaines espèces ne supportent pas le repi- 
quage et doivent être semées en place, c'est-à-dire à l'endroit 
qu'elles doivent occuper jusqu'à ce qu'elles fleurissent ou 
donnent leur récolte ; d'autres se trouvent bien d'être repi- 






LA MULTIPLICATION DES PLANTES. 2o 

quées plusieurs fois; enfin, il eu est qui peuvent subir cette 
opération lorsqu'elles sont sur le point d'épanouir leurs ileurs 
et que, par conséquent, l'on peut conserver en pépinière d'at- 
tente, c'est-à-dire très rapprochées et dans un endroit quel- 
conque du jardin, jusqu'au moment où elles peuvent servir à 
l'ornementation : c'est le cas des Reines-Marguerites, des 
Balsamines, des OKillets d'Inde, etc. 

Les plantes délicates doivent être repiquées en pots, qu'on 
évitera de prendre trop grands, mais proportionnés à leur 
degré de. vigueur. 

Le repiquage en pleine terre se fait en lignes, pour que 
l'air puisse mieux circuler et afin de faciliter les sarclages, en 
espaçant le plant de manière qu'il trouve assez de place 
pour se développer librement. La plantation se fait dans des 
trous ouverts à l'aide du plantoir, en ayant soin que les 
racines ne soienl pas en paquet ou rebroussées et que le collet 
de la plante ne se trouve pas trop enterré. On serre un peu la 
terre de façon à la faire adhérer aux racines, puis il ne reste 
plus qu'à arroser pour terminer l'opération. Avant d'arracher 
le plant, on doit arroser le sol s'il est trop sec. La terre, étant 
mouillée, adhère aux racines qui, hors du sol, n'ont pas à 
souffrir du contact de l'air. 

Lorsque la saison est très chaude, le repiquage doit être fait 
vers la fin de la journée, afin que les jeunes plantes soient 
moins exposées à souffrir; il est même prudent, pour faciliter 
la reprise, de les protéger contre les rayons du soleil avec des 
claies, des pots, etc., qu'on enlève dès que la forte chaleur est 
passée. 

On repique sur couche et sous châssis les plantes dont on 
veut hâter le développement. Les soins à donner sont les 
mêmes que ceux que nous venons d'indiquer. 

Le pincement a pour but de déterminer la ramification des 
plantes en faisant développer des bourgeons qui, sans celle 
opération, seraient restés à l'état latent. On obtient ce résultat 
en coupant l'extrémité des tiges qui sont encore herbacées. 
On peut répéter plusieurs fois le pincement, mais il faut savoir 
D. Bois. — Le petit jardin, 2'= édit. 2 



j 









I 

f 






26 LA CRÉATION ET L'ENTRETIEN DU PETIT JARDIN. 

s'arrêtera temps pour ne pas supprimer des rameaux qui por- 
tent des Heurs à l'état, rudimentaire. 



Art. III. — Conservation des races et variétés de plantes. Choix des 
porte graines. Variétés, hybrides. 

En parlant des semis, nous avons dit que les graines ne 
reproduisent pas toujours exactement les plantes desquelles 
elles proviennent; plusieurs causes peuvent, en effet, déter- 
miner la variation, et il est des sortes de végétaux que l'on a 
beaucoup de peine à conserver pendant plusieurs années avec 
leurs caractères spéciaux. De ce nombre sont les Cucurbita- 
cées : Melons, Potirons; les Radis, les Choux, etc., et en géné- 
ral toutes les plantes dont on cultive plusieurs variétés dans 
le voisinage les unes des autres : elles se fécondent récipro- 
quement et leurs graines donnent alors des produits intermé- 
diaires absolument différents de ce qu'on en attendait. En 
terme de jardinage, on dit dans ce cas que les plantes ont 
jow'. 

Pour obtenir des graines franches, il est nécessaire de sélec- 
tionner avec soin quelques exemplaires des variétés que l'on 
cultive, en prenant ceux qui représentent le plus parfaitement 
les caractères que l'on recherche, et de les placer dans diverses 
parties du jardin, de manière qu'ils soient, bien isolés. 

Il va sans dire qu'il ne s'agit ici que de variétés d'une môme 
espèce; car un Potiron n'a pas plus d'influence sur un Melon 
qu'un Radis sur un Navet, une Chicorée sur une Laitue. 

Mais où la séparation doit être faite, c'est lorsqu'on cultive 
dans le même jardin plusieurs variétés de Melons, de Potirons, 
de Carottes, de Navets, de Reines-Marguerites, de Pensées, etc. 

Les plantes obtenues par le croisement de deux variétés 
d'une même espèce portent le nom de métis. L'hybride est le 
résultat de la fécondation croisée de deux espèces. Ces deux 
mots sont généralement mal appliqués par les jardiniers, qui 
confondent souvent sous ce dernier nom les plantes obtenues 
par l'une ou l'autre de ces manières. Les hybrides sont assez 
rares ; ils ne produisent pas de graines ou en produisent peu. 






LA MULTIPLICATION DES PLANTES. 27 

Il a été démontré par des expériences célèbres que ces graines, 
étant semées, donnent des individus qui se rapprochent plus 
ou moins du père ou de la mère, de manière qu'au bout d'un 
certain nombre de générations on ne possède plus que les 
deux types que l'on avait unis. Le seul moyen de reproduire 
les hybrides pour les conserver intacts est donc de les bouturer, 
marcotter, greffer ou diviser. Nos jardins s'enrichissent chaque 
jour de plantes obtenues par ce procédé. 

Pour certaines variétés, il est nécessaire, lorsqu'on les voit 
dégénérer, de s'en procurer de nouvelles graines dans les éta- 
blissements qui les cultivent en grand et qui les entourent 
de soins assidus pour les conserver avec tous leurs caractères. 

L'obtention de nouveautés par le métissage ou par l'hybrida- 
tion est poursuivie par nombre d'horticulteurs et d'amateurs. 
Nous renvoyons aux ouvrages spéciaux les personnes qui vou- 
draient se livrer à ce genre de recherches. 






Art. IV. — Multiplication par division des touffes 

Caieux. — Les plantes bulbeuses produisent généralement 
des caieux ou petits bulbes, qui servent à les multiplier et que 
l'on détache lorsqu'ils sont parvenus à maturité, c'est-à-dire 
quand les feuilles de la plante à laquelle ils sont fixés sont 
entièrement desséchées et que le bulbe principal a cessé de 
végéter. On plante ces caïeux comme des bulbes, en leur don- 
nant les mêmes soins, et on en obtient la floraison au bout 
d'un nombre d'années plus ou moins long, variant suivant les 
espèces. C'est par ce moyen qu'on multiplie les .Jacinthes, les 
Narcisses, les Tulipes, etc. 

Tubercules. — Certaines plantes, de même que la Pomme 
de terre, émettent des tiges souterraines qui se gorgent de 
matériaux de réserve, munies d'yeux, qui peuvent servir à 
leur reproduction. Ces plantes ont des tiges annuelles ; l'arrêt 
de leur végétation annonce que les tubercules sont mûrs et 
c'est à ce moment qu'il faut les arracher. On 1 



eplanter 






i , 



après les avoir conservés dans un endroit sain, en pre- 



i 






28 LA CRÉATION ET L'ENTRETIEN DU PETIT JARDIN. 

nant certaines précautions que nous indiquerons ailleurs. 

Œilletons et rejetons. — Ce sont des bourgeons, souvent 
munis de racines, qui se développent généralement au collet 
de la plante mère. On les détache avec précaution pour les 
replanter dans des conditions qui favorisent leur végétation. 

tiriffes ou pattes. — C'est le nom que portent les racines de 
certaines plantes: Anémones, Renoncules. On peutles diviser 
en ayant soin que chaque fragment porte un ou plusieurs 
yeux. 

Division des touffes. — Les plantes à racines vivaces pro- 
duisent souvent des touffes énormes; on peut les multiplier 
et faire autant d'individus qu'il existe de bourgeons bien 
pourvus de racines. C'est généralement au printemps que se 
fait celte opération. Il est nécessaire de diviser de temps en 
temps les touffes dé ces planles qui, ainsi que les Aster, 
les Chrysanthèmes, les Phlox, etc., se développent en s'étendant 
à la périphérie et en se dégarnissant au centre. 



Art. V. — Marcottes ou Couchages. 

Le marcottage est un procédé de multiplication qui consiste 
à produire l'enracinement d'un rameau ou d'une tige 
encore adhérents à une plante pour les détacher ensuite et 
obtenir des individus distincts. 

Ce moyen est employé surtout pour les plantes qui se bou- 
turent difficilement. 

On fait des marcottes, soit avec des rameaux aoûtés, c'est- 
à-dire qui ont pris une consistance ligneuse, soit avec des 
rameaux herbacés garnis de feuilles. Les tiges de Potiron, qui 
courent sur le sol en émettant çà et là des racines, donnent un 
bon exemple de marcottage. 

Les marcottes de rameaux tout à fait lignifiés se font géné- 
ralement de février à mai avec du bois de l'année précédente ; 
lorsqu'on veut marcotter des tiges à l'état herbacé, il faut 
choisir, dans le courant de l'année, le moment où elles sont 
suffisamment développées. 



LA MULTIPLICATION DES PLANTES. 



20 



Le marcottage en cépée ou en butte consiste à relever le sol, 
sur une certaine hauteur et en forme de butte, au pied des 
plantes qu'on veut multiplier, de manière à enterrer les tiges 
sur une certaine hauteur. Ce procédé de marcottage s'ap- 
plique aux [liantes en touffes comme le Cognassier, les 
Spirées, etc. 

La marcotte simple ou provin consiste à coucher en terre, 
dans une petite tranchée de quelques centimètres creusée au 
pied de la plante mère, une branche que l'on y tixe à l'aide 
d'un crochet en bois et que l'on recouvre de terre. On doit 
effeuiller la partie qui se trouve dans le sol et redresser 
l'extrémité en prenant des précautions pour ne pas la casser. 
La terre dans laquelle on enterre les marcottes doit être con- 
venablement préparée et mélangée de terreau ou de terre de 

bruyère. 

Lorsque l'extrémité de la branche marcottée est assez longue 
pour qu'on puisse la coucher une deuxième ou un plus grand 
nombre de l'ois, le marcottage est dit en serpenteaux. On doit 
alors laisser sur chaque partie courbée plusieurs yeux qui 
serviront de prolongement à chaque marcotte lorsqu'elles se- 
ront séparées. 

Il faut arroser et sarcler autant de fois que cela est néces- 
saire jusqu'au moment où les racines seront développées. Ou 
peut, pour que le sol reste plus humide pendant l'été, le 
recouvrir d'une légère couche de paillis ou fumier court. 

On n'arrache les marcottes que lorsqu'elles sont bien enra- 
cinées, en les sevrant peu à peu, c'est-à-dire en entaillant 
successivement les branches de manière à ne les couper com- 
plètement qu'au bout de quelques jours. 

Pour certaines plantes, on provoque le développement des 
racines sur les marcottes, soit en tordant légèrement la partie 
enterrée, soit en déterminant un étranglement à l'aide d'une 
ligature serrée, soit enlin en pratiquant des incisions. Cette 
dernière manière de faire est nécessaire pour les plantes a 
ti"es fragiles qu'on ne pourrait courber sans les briser. Voici 
comment on pratique l'incision : Après avoir déterminé l'en- 



> il. 






30 LA CRÉATION ET L'ENTRETIEN DU PETIT JARDIN. 

droit où la branche doit être enterrée, on effectue à la base et 
en dessous de la partie qui sera relevée une entaille longi- 
tudinale qui a pour but de déterminer sur ce point une accu- 
mulation de sève. L'incision doit être faite dans le voisinage 
d'un œil, car c'est là que se forment le plus rapidement les 
racines. Il est nécessaire de maintenir l'écartement entre les 
parties incisées pour éviter que les plaies se soudent; il suffit 
pour cela d'introduire entre elles un petit caillou ou simple- 
ment une pincée de terre. La profondeur des incisions varie 
suivant la grosseur des branches; elles ne doivent jamais en 
dépasser le centre; leur longueur, pour les petites liges, ne 
doit pas excéder i centimètre. 

Si par hasard on avait sevré des marcottes insuffisamment 
enracinées, il faudrait les rempoter et les mettre sous cloche 
ou sous châssis pour en faciliter la reprise. 

Le marcottage en l'air s'applique aux plantes dont les tiges, 
trop éloignées du sol ou non flexibles, ne peuvent être cou- 
chées en terre comme dans les cas précédents. On introduitalors 
les rameaux dans des pots à fleurs dont on a agrandi l'orifice 
inférieurou dans des pots spéciaux dits àmarcottes, qui présen- 
tent sur l'un des côtés une fente qui permet l'introduction de la 
marcotte. On maintient ces vases sur la plante à l'aide d'une 
ligatureou par un support quelconque et on lesremplit de terre. 
On comprend que, dans ces conditions, le dessèchement du 
sol se produise rapidement et qu'il importe de le combattre 
par des arrosages fréquents. Le sevrage ne doit s'opérer que 
lorsque l'enracinement est complet. Il est utile de faciliter le 
développement des racines par les opérations que nous avons 
indiquées ci-dessus : incision et strangulation des tiges. 



Art. VI. - Bouturage. 

Le bouturage est un procédé de multiplication qui consiste 
à détacher d'une plante certaines parties que Ion prépare et 
que l'on met dans des conditions favorables pour leur faire 
émettre des racines afinjd'obtenir de nouveaux individus. 



LA MULTIPLICATION DES PLANTES. 31 

Un certain nombre de plantes se prêtent très bien au bou- 
turage; il en est d'autres qui y sont à peu près ou complète- 
ment rebelles; parmi ces dernières, nous pourrions citer 
beaucoup d'espèces qui appartiennent au grand groupe des 
Monocotylédones, lequel comprend les familles des Graminées, 
des Palmiers, etc. 

De même que pour le marcottage, il existe pour le boutu- 
rage de nombreux procédés. Pour ceux-là, nous renvoyons le 
lecteur aux ouvrages spéciaux, tels que notre Divtionnawc 
d'horticulture. 

Nous avons dit (p. 12) qu'il ne faut récolter de graines 
que sur des individus parfaits, présentant aussi complètement 
que possible les caractères qui distinguent la race à laquelle 
ils appartiennent et qui la font préférer à toute autre. Xous 
insistons sur ce point et nous y reviendrons en parlant de la 
sélection et du choix des porte-graines. 

La culture a déterminé des modifications considérables chez 
les végétaux. Lorsque nous comparons certaines de nos plan- 
tes potagères, fruitières ou ornementales, avec les types sau- 
vages desquels elles sont issues, nous ne pouvons qu'admirer 
le génie de l'homme qui est arrivé à former, pour satisfaire 
ses besoins, des variétés qu'il va perfectionnant de plus en 
plus. C'est grâce à la propriété qu'ont les plantes de varier 
accidentellement, surtout lorsqu'on les multiplie par la voie 
du semis, que nous devons ces améliorations. 

Mais il ne suffit pas d'obtenir de nouvelles variétés, il faul 
pouvoir les reproduire, les fixer. Pour que l'amélioration se 
maintienne, il est nécessaire d'employer certains moyens 
car, s'il est des plantes que le semis rend à peu près exacte- 
ment, il en est un grand nombre qui ne peuvent se reproduire 
ainsi. La nature a sur les plantes modifiées par la culture 
une influence que l'homme doit combattre et qui tend à les 
faire retourner au type primitif. C'est la loi d'atavisme. 

La bouture a l'avantage de reproduire exactement l'individu 
sur lequel elle a été prise; sous ce rapport, elle rend, de 
même que la greffe, les plus grands services pour conserver 






32 LA CRÉATION ET L'ENTRETIEN DU PETIT JARDIN. 

certaines variétés qui disparaîtraient sans cela. L'n autre 
avantage du bouturage, c'est qu'il permet de conserver même 
des variations légères, commedespanachures accidentelles, etc. 
C'est enfin un mode de multiplication précieux pour repro- 
duire certaines plantes qui fructifient rarement ou qui ne 
fructifient pas sous notre climat. 

Presque toutes les parties des plantes peuvent émettre des 
racines, et par conséquent être bouturées, mais ordinairement " 
on se sert pour cela de fragments de tiges ou de rameaux. En 
général, les plantes de conlexture charnue ou à bois mou 
reprennent facilement et rapidement; la reprise est d'autant 
plus difficile que le bois est plus dur; cela explique la néces- 
sité dans laquelle on se trouve quelquefois démettre certaines 
plantes dans des conditions favorables pour leur faire déve- 
lopper de jeunes pousses, que l'on peut bouturer pendant 
qu'elles sont peu lignifiées. 

Les racines naissent plus facilement sur certaines parties 
des plantes, surtout sur les bourrelets, les renflements, 
l'endroit où s'attachent les feuilles, les bords des plaies, etc. 
Ordinairement une bouture se fait à l'aide d'un rameau muni 
de plusieurs yeux. La partie inférieure, c'est-à-dire celle qui 
doit être enterrée, est coupée juste au-dessous d'un œil à 
l'aide d'un couteau bien tranchant pour avoir une section très 
nette, puis on supprime les feuilles du bas, en évitant d'en- 
dommager les yeux qui se trouvent à leur aisselle. On plante 
en laissant hors du sol l'extrémité du rameau, qui, en se déve- 
loppant, deviendra la ti ^e de la nouvelle planle. 

La longueur des boutures varie selon l'espacement des 
feuilles ou des yeux sur la tige. Il y a avantage à les faire 
aussi courtes que possible. 

On facilite l'émission des racines en plantant les boutures 
dans un sol bien meuble et lenu constamment frais; le sable 
et la terre de bruyère conviennent parfaitement ; on peut aussi 
employer un mélange de terre légère et de terreau. 

Une des conditions essentielles pourque l'opération du boutu- 
rage réussisse est déplacer le fragment de plante qui, détaché 









LA. MULTIPLICATION' DES PLANTES. 



33 



de la fiante mère et sans racines, doit vivre de sa substance 
propre, est de le placer, disons-nous, dans des conditions telles 
qu'il se trouve soustrait aux causes d'affaiblissement et de 
détériorations telles, par exemple, une transpiration exagérée, 
la dessiccation, l'excès d'humidité qui en déterminerait la 
pourriture, etc. 

Pour traverser la période de vie latente par laquelle elle 
est obligée de passer avant d'être pourvue de racines, la bou^ 
ture sera donc préparée de manière telle que la transpiration 
soit aussi réduite que possible. On obtient ce résultat en sup- 
primant la plus grande partie des feuilles; dans le cas où 
cela ne suffit pas, on couvre les boutures de cloches, afin de 
les maintenir dans une atmosphère confinée, saturée d'humi- 
dité, dans laquelle la transpiration n'a pour ainsi dire plus 
lieu. C'est ce que l'on appelle bouturer à Vèlouffée. 

Il importe de placer les boutures dans un substratum sain, 
pour éviter qu'elles ne soient attaquées par les moisissures et 
pour les soustraire à l'action des agents de contamination de 
toute nature, aux fermentations, etc. C'est pour cela qu'on se 
sert de sable de rivière, de grès, de sciure de bois blanc, que 
l'on renouvelle. 

L'un des signes précurseurs de l'apparition des racines est 
la formation d'un bourrelet ou masse de tissu cellulaire, qui se 
développe généralement sur la coupe inférieure et sur les cica- 
trices foliaires. 

Certaines plantes, originaires de pays à climat analogue au 
nôtre, peuvent être bouturées à l'air libre, sans abri ; mais, le 
plus généralement, les boutures ne reprennent bien que lors- 
qu'elles sont faites à l'aide de la chaleur : sous châssis, sur 
couche ou en. serre. 

Les boutures de rameaux herbacés garnis île feuilles (tig. 0) 
se font comme nous venons de l'indiquer, mais toujours sous 
cloche ou sous châssis, afin de les soustraire à l'action de l'air 
dans lequel l'activité de la transpiration les aurait bientôt 
desséchées, comme nous l'avons déjà fait remarquer. Ce pro- 
cédé est très employé pour multiplipr un grand nombre de 




34 I.A CRÉATION ET L'ENTRETIEN DU PETIT JARDIN. 

plantes, notamment les Géraniums, les Fuchsias, les Ver- 
veines, etc. En plein air, ces boutures se font pendant l'été ; 
en serre, on peut les faire pendant toute l'année. 

Les boutures de rameaux ligneux munis de feuilles se font 
ordinairement à l'automne : c'est le moyen employé pour mul- 
tiplier les Rosiers et un yrand nombre de plantes de pleine 
terre à feuilles persistantes : Aucuba, 
fusain du Japon, Laurier-sauce, etc. 
On se sert de rameaux de Tannée 
en aoùtês que l'on plante en pleine 
terre sous cloche ou sous châssis 
à l'ombre. 

Les boutures de rameaux dégarnis 
de feuilles se font surtout pour repro- 
duire les arbres et les arbrisseaux à 
feuilles caduques (qui tombent cha- 
que année), comme les Spirées, le 
Sureau, les Saules, etc.; la saison 
pour faire cette opération est le printemps ou l'automne; la 
plantation se fait en plein air, en sol bien ameubli et fertile. 
La bouture crossette, qui est surtout employée pour la Vigne, 
ne diffère de la précédente qu'en ce qu'on conserve à l'extré- 
mité inférieure du rameau qui forme la bouture une portion 
de la branche qui le portail (fig. 7). On la fait ordinairement 
au printemps, avec les rameaux supprimés à la taille. 

La bouture avec talon est employée surtout pour les plantes 
qui reprennent difficilement. La bouture, dans ce cas, est 
détachée de la plante mère, munie d'un empâtement nommé 
talon qui est un fragment de la branche sur laquelle elle élait 
attachée. 

Les soins à donner aux boutures consistent en arrosements 
modérés destinés à entretenir fraîche la lerre dans laquelle 
elles sont plantées, mais en évitant l'excès d'humidité qui 
aurait pour résultat de faire pourrir en peu de temps des 
rameaux qui ne peuvent absorber l'eau tant qu'ils ne sont pas 
pourvus de racines, l'n paillis léger est nécessaire dans les 



Vig. 



\7 



LÀ multiplication des plantes. 



38 



périodes de sécheresse. On doit sarcler et biner de temps en 
temps. 

Pour les boutures sous cloche ou sous châssis, il faut ombrer, 
soit avec des claies, soit en barbouillant le 
verre avec de l'argile délayée ou du blanc 
d'Espagne ; sans cette précaution, le soleil 
brûlerait tout. Il faut en outre donner de 
l'air progressivement au fur et à mesure que 
les racines se développent. 

Boutures dans l'eau. — H y a un certain 
nombre de plantes qui émettent très facile- 
ment des racines dans l'eau. De ce nombre 
est le Laurier-rose, dont il suflit de placer 
des rameaux dans le goulot de bouteilles, 
de manière que leur partie inférieure plonge 
de quelques centimètres dans l'eau. Il n'y a 
plus qu'à mettre les boutures ainsi pré- 
parées dans un appartement bien éclairé, et 
autant que possible à l'abri de la poussière, 
pour les voir se développer. Il faut naturel- 
lement remplacer l'eau que la chaleur peut faire évaporer. 
Lorsque l'enracinement est produit, les boutures doivent être 
mises en pots, en terre légère; des arrosages fréquents sont 
nécessaires. 




Mouture crossette 



Art. VII. 



Greffage. 



La greffe est une des opérations culturales les plus impor- 
tantes ; elle consiste à transporter sur une plante une portion 
d'une autre plante qui s'identifie avec elle et vit de la sève 
qu'elle en reçoit aussi bien que si elle la puisait elle-même 
dans le sol. 

Comme les marcottes et les boutures, la greffe reproduit 
exactement les caractères de l'espèce ou de la variété qui l'a 
fournie ; elle sert à multiplier les plantes et même les variétés 
accidentelles, à ce point qu'un simple rameau qui présente une 
modification partieulirre peut servir à propager cette modifi- 









36 LA CRÉATION ET L'ENTRETIEN DU PETIT JARDIN. 

cation et à la multiplier indéfiniment. C'est à la greffe que 
nos jardins doivent un grand nombre de plantes à fleurs doubles 
et de coloris variés; des fruits recherchés pour leur volume, 
leur saveur, leur précocité ou leur tardiveté. 
Mais la greffe a d'autres avantages. Lorsque dans un semis 

on rencontre des plan- 
tes qui paraissent pré- 
senter des différences 
avec celle dont pro- 
viennent les graines, 
en un mot lorsqu'on 
croit avoir découvert 
une nouvelle variété, il 
faut quelquefois atten- 
dre plusieurs années 
pour obtenir une Heur, 
un fruit, et être enfin 
fixé sur la valeur de 
l'obtention. Grâce à la 
greffe, un rameau de la 
nouvelle plante posé sur 
une autre plante appar- 
tenant à la même es- 
pèce ou au même genre, 
mais adulte, permet 
d'obtenir la lloraison ou 
la fructification quelque- 
fois dèsl'année suivante. 
La greffe peut aussi, 




— Greffe en approche. 



dans certaines circonstances, modifier la nature d'une plante. 
C'est le cas pour certaines variétés d'arbres fruitiers à végéta- 
tion vigoureuse qui, placés dans des sols fertiles, ne donnent 
que des fruits peu nombreux ou imparfaits et qui arrivent à 
produire en abondance par ce seul fait qu'ils ont été greffés 
sur une plante à végétation moins active. Enfin, la greffe per- 
met de cultiver dans certains terrains des plantes qui ne 



LA MULTIPLICATION DES PLANTES. 



37 



pourraient y vivre sans être associées à un support adapté à 
ces terrains : telles sont les plantes des terrains siliceux (calci- 
fuges) pour les terrains calcaires. 

La greffe n'offre de chances de succès qu'autant que le sujet 
(végétal sur lequel on implante une portion d'un autre végétal) 
et le greffon (partie que l'on implante) appartiennent à des 
espèces du même genre ou à des genres voisins dans une même 
famille. Les végétaux venus de graines et qui n'ont pas été 
greffés sont des sauvageons ; ceux qui sont obtenus par bou- 
tures ou par marcottes de plantes antérieurement greffées 
portent le nom de francs, appliqué aussi aux sauvageons. 

La greffe en approche (flg. S). — La nature offre fréquemment 
des exemples de ce mode de greffe. Il n'est pas rare de voir, 
dans les forêts, des branches qui, très rapprochées et sous 
l'influence de l'agitation occasionnée par le vent, ont uni par 
user réciproquement leurs écorces et par se souder entre elles. 
L'homme a su tirer profit de cet enseignement et il se sert de 
ce moyen, soit pour remplacer les branches manquantes dans 
un arbre soumis à la taille, soit pour souder entre eux les 
arbres qui composent une haie fruitière, etc. 

C'est au moment où la circulation de la sève est le plus 
active dans les arbres, c'est-à-dire au printemps ou à l'au- 
tomne, qu'il est préférable de faire cette opération. Sur l'une 
des branches d'un arbre on enlève une portion d'écorce en 
rapport avec la branche que l'on veut greffer; après avoir 
approché celle-ci de la plaie du sujet, on fait la même opéra- 
tion, de manière que les deux plaies s'appliquent exactement 
l'une sur l'autre. Il ne reste plus qu'à maintenir les deux 
branches rapprochées en les ligaturant avec de la laine à 
greffer, de façon à empêcher l'air et le soleil de parvenir 
jusqu'aux plaies et de les dessécher. Lorsque la soudure com- 
mence à se faire, il faut veillera ce que les ligatures n'étranglent 
pas les branches, auquel cas il faudrait les remplacer par 
d'autres moins serrées. 

Greffe en fente (fig. 9). — Cette sorte de greffe tire son nom de 
la manière même dont on la pratique. Le greffon est un 

L>. Boi*. — Le petit jardin, 2 e édit. i 






38 LA CRÉATION ET L'ENTRETIEN DU PETIT JARDIN. 



rameau détaché que l'on applique sur un sujet dont la tige est 
tronquée. 

On étête le sujet et on pare la plaie avec un outil bien 
tranchant, pour qu'elle soit aussi nette que possible ; cela 
fait, on en fend longitudinalement l'extrémité et on y intro- 
duit le greffon dont on a aminci la base sur les deux faces et 
qui, par conséquent, a la forme d'un coin. On 
doit prendre pour greffon un rameau bien 
aoûté, muni de deux ou trois bons yeux et d'un 
diamètre moindre ou égal à celui du sujet. 
On ouvre la fente du sujet avec la spatule du 
greffoir ou avec un coin pour y introduire le 
greffon, que l'on dispose de telle sorte que 
les zones génératrices de l'un et de l'autre 
coïncident bien exactement, car c'est en cet 
endroit que se fait la soudure. La zone géné- 
ratrice ou cambium est située entre le bois et 
l'écorce ; elle est constituée par du tissu cel- 
lulaire sans consistance dont les cellules ont 
la propriété de se multiplier rapidement 
pour donner naissance d'un côté à du bois, 
de l'autre à de l'écorce, contribuant ainsi à 
l'accroissement des végétaux. 

Lorsque le greffon est introduit dans le 
sujet, on fait une ligature pour que les choses 
restent en place et on met du mastic ou de 
la cire à greffer sur toutes les plaies, afin qu'elles ne se 
dessèchent pas au contact de l'air. 

On a peu l'occasion d'employer ce mode de greffe dans les 
petits jardins ; il ne se pratique guère que chez les pépiniéristes 
ou chez les horticulteurs qui vendent des arbres tout greffés. 
Cependant nous avons cru devoir en dire quelques mots pour 
le cas où l'on aurait accidentellement à sa disposilion une 
plante que l'on voudrait utiliser. Cette greffe comprend de 
nombreuses variétés dans le détail desquelles nous ne pouvons 
entrer ; on l'effectue en mars-avril, moment où la sève entre 



.j 



Fig. 9. 
Greffe en fente. 






LA MULTIPLICATION DES PLANTES. 



39 



en mouvement. On peut mettre deux greffons, un de chaque 
côté de la fente, lorsque le diamètre du sujet le permet. 
Dans le chapitre Arbres fruitiers, nous reviendrons sur cette 

question. 

Greffe en éousson..— Cette sorte de greffe est celle qui présente 
pour nous le plus d'intérêt, parce qu'elle a de nombreuses 
applications dans les petits jardins, ainsi que nous le verrons 
dans les chapitres suivants. Elle consiste à enlever, avec le 
"reffoir, un œil bien constitué muni d'un fragment d'écorce 
dont la forme rappelle grossièrement celle d'un écusson 
armoriai ; puis, après avoir pratiqué sur le sujet deux incisions 
en forme de T, à introduire cet écusson sous l'écorce entaillée. 
Le sujet doit être en sève et dans un état de végétation ana- 
logue à celui de la plante qui fournit le greffon; on doit, avant 
l'écussonnage, réunir, en les liant, ses rameaux qui , après 
l'opération, seront amputés aux trois quarts de leur longueur. 
Suivant que l'on écussonne au printemps (avril-mai) ou à la 
fin de l'été (juillet à septembre), les greffes sont dites à œil 
poussant ou à œil dormant. Dans le premier cas, les écussons 
sont pris sur des rameaux conservés de l'année précédente; 
le "reffon se développe dans l'année même. Dans le second 
cas, les écussons sont détachés de rameaux de l'année; ils ne 
se développent que l'année suivante, après avoir dormi pen- 
dant l'automne et l'hiver. 

Pour écussonner, on coupe sur la plante que l'on veut re- 
produire des rameaux sur lesquels on choisit les yeux les 
mieux constitués. C'est ordinairement dans la partie moyenne 
des rameaux qu'ils se trouvent, ceux du bas étant trop peu dé- 
veloppés, ceux du sommet trop volumineux. On supprime le 
limbe de la feuille qui accompagne l'œil pour ne conserver 
que le pétiole; cet organe permet de saisir et de manier plus 
facilement l'écusson ; il indique plus tard si la greffe a réussi 
ou non. Lorsque la greffe est bonne, le pétiole se détache et 
tombe au bout de quelques jours ; il reste adhérent et se des- 
sèche lorsqu'elle n'a pas réussi. 
Pour bien enlever l'écusson (tig. 10), on pose le tranchant 



40 



LA CRÉATION ET L'ENTRETIEN DU PETIT JARDIN. 



du greffoir à quelques millimètres (10 à 15) au-dessus de l'œil 
que l'on a choisi sur un rameau, puis on le fait glisser parallè- 
lement entre le bois et l'écorce en appuyant légèrement sous 
l'œil pour faire ressortir la lame quelques millimètres au- 
dessous. Si l'écusson ainsi détaché était muni d'un lambeau 
de bois adhérenl à l'écorce (fig. Il), [c'est qu'il aurait été mal 
levé ; pour qu'il soit parfait, il ne doit présenter dans la cavité 




Fie. 



Fig. 18. 



Fig. 14. 



ig. 10. Ecusson vu de profil. — Fig. 11. Écusson levé avec un peu de bois. — 
Fig. 12. Ecusson Ijien levé. — Fig. 13. Écusson en T. — Fig. 14. Sujet dont 
l'écorce est levée. 



qui correspond à l'œil qu'une petite masse verdàtre appelée 
cœur de l'œil (fig. 12), qui est indispensable pour la reprise et 
qu'on est exposé à arracher lorsqu'on cherche à enlever le 
bois, dans les cas où l'on en aurait pris une trop grande 
épaisseur. 

L'écusson ainsi préparé doit être tenu entre les lèvres par 
le pétiole afin d'avoir les mains libres; puis, sur une partie 
d'un rameau du sujet bien unie et bien lisse, on fait une double 
incision en T, assez profonde pour qu'elle traverse complète- 
ment l'écorce (fig. 13). Il ne resle plus qu'à soulever les deux 
bords de l'incision longitudinale à l'aide de la spatule du greffoir 



LA PLANTATION. 



41 



(fig. 14), et à glisser dessous, l'écusson, sur lequel on rabat les 
lambeaux d'écorce. On aura dû s'arranger de façon que 
l'incision soit de même dimension ou même un peu plus grande 
que l'écusson qu'on veut y introduire; dans le cas où celui-ci, 
étant posé, déborderait un peu la ligne transversale du T, il 
suffirait de le raccourcir, mais sans le déplacer. Une ligature 
en laine peu tordue sert à maintenir le tout en place; on en 
fait quelques tours au-dessous et au-dessus de l'œil, en évi- 
tant de le couvrir, mais de manière que l'air et le soleil ne 
puissent parvenir jusqu'aux plaies. 

La réussite de l'écussonnage est d'autant plus certaine que 
l'opération est faile plus rapidement ; il faut éviter de la pra- 
tiquer par la pluie ou par le grand soleil. 

Les soins à donner pendant la reprise consistent à mainte- 
nir et à protéger les greffons pour qu'ils ne se décollent pas; 
à les desserrer, à leur donner une direction convenable lors- 
qu'ils poussent, à les pincer, etc., et à veiller à ce qu'il ne se 
développe sur le sujet aucun drageon qui attirerait la sève au 
détriment des parties greffées. 

Lorsque les parties greffées se sont trouvées suffisamment 
rapprochées du sol pour qu'elles aient pu émettre des ra- 
cines et arriver à vivre sans le secours du sujet, on les dit 
affranchies. 

Il existe encore un procédé. de greffage qui peut rendre des 
services dans les petits jardins; il consiste à prendre des 
boutons à fruits sur des arbres qui en ont un trop grand nom- 
bre et à les greffer sur d'autres qui en manquent. On taille le 
greffon comme un écusson, mais en laissant du bois, et on 
l'insère sous l'écorce comme nous l'avons indiqué ci-dessus. 



CHAPITRE VI 
LA PLANTATION 

Art. I — PlantaUpn 

Les plantes et les arbrisseaux" en. ton lies pourvus de nom- 



J 



• 






42 LA CRÉATION ET L ENTRETIEN DU PETIT JARDIN. 

hreuses petites racines ou chevelu sont ordinairement d'une 
reprise facile. 

Il n'en est pas de même des plantes à racines pivolantes, 
grosses et peu nombreuses, qu'il faut arracher en motte, c'esL- 
à-dire avec une certaine quantité de terre pour protéger les 
racines conlre l'action de l'air. Nous dirons ailleurs quelles sont 
les plantes qui supportent la transplantation et celles qu'il faut 
semer sur place ou relever en prenant certaines précautions. 

Dans les terres sèches et légères, il est avantageux de faire les 
plantations d'arbres et d'arbrisseaux àl'automne ; dans les terres 
fortes et humides, il vaut mieux ne planter qu'au printemps. 

Un certain nombre de plantes d'ornement peuvent n'êlre 
mises en place qu'au moment où elles sont sur le point de 
fleurir. Cela permet d'avoir des parterres toujours parfaite- 
ment ornés, en remplaçant les plantes qui sont défleuries par 
d'autres conservées en pépinière d'attente, c'est-à-dire dans une 
partie quelconque du jardin où on les prend au fur et à 
mesure des besoins. 

Pour les arbres, il est bon de préparer d'avance les trous 
destinés à les recevoir, en les faisant larges et profonds, afin 
d'y mettre une certaine quantité de bonne terre. 

On coupe à l'aide de la serpetle les racines contuses et l'on 
plante en plaçant celles qui restent dans leur position natu- 
relle, en évitant de les enterrer trop profondément. On arrose 
et l'on couvre le sol d'un bon paillis, afin qu'il conserve bien 
l'humidité. Il n'est pas nécessaire de supprimer une grande 
partie des racines et des rameaux des arbres que l'on plante : 
il suffit de couper les racines mutilées et une proportion égale 
de rameaux. 



Art. II. — Alternance des cultures. Assolements. 

Dans les jardins comme dans les champs, il est nécessaire 
de changer les cultures de place, sous peine de les voir épuiser 
le terrain et ne plus donner que des produits médiocres au 
bout d'un lemps assez court. Les plantes annuelles surtout ne 
devraient jamais être cultivées deux années de suite sur le 



LA. PLANTATION. 



43 



même emplacement, le sol, malgré de bonnes fumures, ne pou- 
vant leur fournir indéfiniment certains éléments nécessaires a 
leur développement. Mais, comme les plantes de familles diffé- 
rentes puisent dans le sol des éléments différents, cela permet 
d'établir une rotatfon ou alternance de cultures enfaisantsuccéder 
une culture aune autre, de telle manière que les mêmes plantes 
n'arrivent à occuper un emplacement donné qu'après un temps 
aussi long que possible. C'est surtout pour les plantes potagères 
que la pratique des assolements est utile, quelques-unes d entre 
elles n'occupant le terrain que pendant un court espace de 
temps. Dans les environs de Paris, où la culture maraîchère a 
atteint un grand degré de perfection, les jardiniers arrivent, 
parce moyen, à obtenir de quatre à six récoltes dans l'année 
et sur le même sol. 

Art in -Conservation en hiver de 9 Géraniums Fuchsias et autres 
plantes peu délicates. Culture des plantes en pots Empotages. 
Bien qu'il n'y ait généralement pas de serres dans les petits 
jardins, il est rare qu'un amateur s'en tienne à la culture des 
plantes rustiques, dont le nombre est cependant considérable 
et les mérites variés; c'est que, parmi les espèces fnleuses 
qui exigent un abri pour l'hiver, il en est qui sont pour ainsi 
dire indispensables dans certains cas. Bien des personnes, qui 
ne peuvent consacrer qu'un temps limité aux délassements du 
jardinage, sont heureuses de pouvoir orner leur jardinet, nu 
printemps, avec des plantes qui demandent peu de soins et 
qui fleurissent pendant toute la durée de la belle saison. Les 
plantes qui peuvent être employées dans ce cas sont malheu- 
reusement en petit nombre; aussi reproche-t-on aux jardins 
dont elles forment à elles seules l'ornementation une mono- 
tonie qu'explique la vue de plates-bandes ou de corbeilles dont 
la composition reste la même pendant tout un été et se répète 
même, ou à peu de chose près, pendant plusieurs années. Nous 
voulons parler des Géraniums, des Fuchsias, des Chrysanthèmes 
frutescents ou Anthémis, des Véroniques, des Héliotropes, etc. 
Employées dans une juste mesure, ces plantes ont de grands 






44 



LA CRÉATION ET L'ENTRETIEN DU PETIT JARDIN. 



mentes, et nous avons peine à nous figurer un jardin dans 
1 ornementation duquel il n'entrerait pas une des innom- 
brables et superbes variétés de Géraniums aux fleurs si abon- 
dantes et si brillamment colorées. 

Généralement, on ne conserve pas ces plantes dans les 
petits jardins où il n'existe pas d'endroit pour les abriter- on 
les laisse geler sur place et on se contente d'en acheter de 
nouvelles au printemps suivant. 

Il n'est cependant pas très difficile d'en hiverner quelques- 
unes, surtout si l'on possède un châssis que l'on peut chauffer 
a l'aide de fumier lorsque cela est nécessaire, ou simple- 
ment entourer de feuilles sèches, de paille ou de tannée 
pour empêcher l'air froid d'y pénétrer. Par les fortes gelées' 
il est nécessaire de couvrir les vitrages de paillassons, de 
leuilles sèches ou de fumier. Naturellement, les plantes ne 
pourraient vivre tout un hiver dans de semblables conditions ■ 
1 obscurité les ferait étioler et elles ne tarderaient pas à 
pourrir par excès d'humidité ; il faut par conséquent donner 
de la lumière et de l'air autant que possible et n'user de ces 
précautions que lorsque cela est nécessaire. 

Ce sont bien des soins et bien des assujettissements pour 
s éviter une dépense légère, dira-t-on. 

Cependant, il existe des amateurs qui s'attachent aux plantes 
qu Us cultivent, et qui, autant par goût que pour occuper leurs 
loisirs, n'hésitent pas à s'employer pour conserver une fleur 
a.mee a laquelle ils tiennent souvent d'autant plus qu'elle a 
exige plus de sollicitude. 

Nous leur recommandons d'arroser le moins possible les 
plantes qu'ils placeraient dans les conditions que nous venons 
d indiquer, et d'enlever avec soin les feuilles pourries et tout 
ce qui serait de nature à entretenir la vie des moisissures 

Nous aurons à parler de quelques plantes que l'on peut 
hiverner sous châssis et nous indiquerons pour chacune 
d elles les soins spéciaux qu'elles réclament. 

Si l'on ne possède pas de châssis, il est encore possible 
d abriter certaines plantes dans une chambre inhabitée ou 



LA PLANTATION. 



même dans une remise; si les fenêtres en sont larges et bien 
exposées, ces locaux pourront tenir lieu d'orangerie et, dans 
ce cas, permettre de cultiver nombre d'espèces, surtout si l'on 
peut y faire un peu de feu pour empêcher la gelée d'y péné- 
trer. Les Aloès (Agave), le Laurier-rote, le Palmier nain, le 
Palmier de Chine, les Agapantes, les Phormium, les Aspidistra, 
VAralia du Japon, etc., peuvent être ainsi hivernes. 

Dans les caves et dans les sous-sols bien secs, on peut en- 
terrer les tubercules de Dahlias et de Cannas. 

Toutes les plantes qui exigent un abri pendant l'hiver et 
que l'on aura cultivées en pleine terre pendant l'été devront 
être empotées dès l'apparition des premiers froids, vers le 
15 octobre sous le climat de Paris. Pour cela, on cerne les 
racines quelques jours d'avance, c'est-à-dire qu'à l'aide d'une 
bêche on coupe les racines autour et à une certaine distance 
de la plante, de manière à délimiter une motte proportionnée 
à sa dimension. La plante, ainsi préparée, est enlevée avec 
soin; on réduit autant que possible le volume delà motte sans 
détériorer les racines, mais en retranchant cependant celles 
qui auraient été meurtries pendant l'arrachage. Ou la met 
alors dans un pot en terre poreuse, jamais vernissée ni peinte, 
de grandeur proportionnée à la motte, c'est-à-dire ni trop 
grand, ni trop petit, mais dans lequel les racines puissent con- 
server leur position naturelle. Le fond de ce pot doit être muni 
d'un orifice permettant l'écoulement de l'eau d'arrosage ; il 
aura été garni de tessons ou de gravier, puis de bonne terre 
substantielle (terre de bruyère, sable mélangé avec du terreau 
de feuilles, etc.); on remplit de terre les vides autour de la 
plante, mais de façon à ne pas déranger les racines, et on tasse 
le tout convenablement. Il ne reste plus qu'à maintenir la 
plante à l'aide d'un tuteur, si cela est nécessaire, a arroser 
copieusement, puis à placer la piaule à l'ombre pour faciliter 
la reprise qui a lieu souvent au bout de quelques jours. 

Les plantes ne doivent pas être trop enterrées; leur collet 
(partie intermédiaire entre la racine el la tige) doit être placé 
un peu au-dessous du niveau des bords du pot. 

3: 






;P 



46 LA CRÉATION ET L'ENTRETIEN DU PETIT JARDIN. 



CHAPITRE Vil 
LÀ TAILLE DES ARBRES, L'ÉLAGAGE 

La taille a pour but de débarrasser les plantes des rameaux 
morts, languissants ou superflus, de maintenir l'équilibre de 
la sève, de faire prendre au végétal une forme mieux appro- 
priée à la culture ou plus agréable à l'œil. 

Pour ce qui est des arbres fruitiers, la taille a pour objet de 
les soumettre à une forme telle qu'ils puissent donner la pro- 
duction la plus considérable sur un espace restreint. Aban- 
donnés à eux-mêmes, les arbres donnent alternativement 
une bonne et une mauvaise récolte. Lorsque les fruits sont 
trop nombreux, leur poids fait briser les branches ; ils sont 
en outre petits et de qualité inférieure; dans les mauvaises 
années, la récolte est nulle ou presque nulle. Par la taille, on 
arrive à faire produire aux arbres, chaque année, une égale 
quantité de fruits d'un bon volume, et de meilleure qualité. 

Lorsqu'on ne fait que supprimer le bois mort et enlever les 
branches malades, la taille prend le nom à'élagage. 

Lorsqu'il s'agit d'arbrisseaux d'ornement, la taille consiste 
surtout àéquilibrerla production desbranches et des rameaux, 
à supprimer les pousses gourmandes, à provoquer l'émission 
des rameaux à Heurs. 

Les Conifères (arbres et arbrisseaux résineux toujours verts) 
ne doivent pas être taillés ; leur valeur ornementale réside 
dans leurs formes symétriques naturelles. 

Il ne faut pas que la taille soit poussée jusqu'au point de 
donner aux plantes une forme contre nature, qui ne serait 
que du plus mauvais goût. Rien n'est plus ridicule en effet, 
surtout dans un petit jardin, que ces plantes aux formes 
géométriques : cylindres, cônes, troncs de cônes super- 
posés, etc. C'est la nature qui doit servir de guide en cela, et 
elle offre assez de variété pour qu'il ne soit pas nécessaire 
de chercher à obtenir des choses qui ne sont que bizarres ou 
prétentieuses. 



LA TAILLE DES ARBRES. 



47 



Il est cependant quelquefois nécessaire de modifier le port 
de certains végétaux, surtout lorsqu'il s'agit d'orner des mas- 
sifs ou des plates-bandes que des plantes trop touffues cou- 
vriraient à elles seules. La nécessité d'avoir le plus de variété 
possible dans un jardin oblige donc à mettre, dans certains 
cas, un arrêt au développement naturel des plantes. 

Il y a des arbrisseaux qui ne ileurissenl que sur les rameaux 
de l'année : c'est le cas des Rosiers, des Ceanothus, des Cléma- 
tites, des Hortensias, du Jasmin trompette [Tecorna), de 
VAlthéa, ïietmie des jardins ou Mauve en arbre (Hibiscus syria- 
cus). Chaque printemps on les taille jusqu'auprès des branches 
principales; les rameaux qui se développent alors sont plus 
réguliers et donnent une floraison plus abondante. Le Lilas, 
au contraire, fleurit sur les rameaux nés l'année précédente et 
doit être taillé aussitôt après la floraison. 11 en est de même 
de la Boule-de-neiye (Viburnum), du Cognassier du Japon 
(Chœnomeles), du Cytise, des Diervilla, des Deutzia, des For- 
sythia, des Pommiers baccifères [Malus), des Pêchers de Chine, 
des Seringats [Philadelphus), des Ribes. 

En parlant de chaque sorte de plante, nous indiquerons les 
procédés de taille auxquels on peut la soumettre et l'époque 
à laquelle on les pratique. 

11 est nécessaire, lorsqu'on taille, de faire des coupes bien 
nettes. Aussi, et surtout pour les ai lires fruitiers, les jardiniers 
préfèrent-ils se servir de la serpette au lieu du sécateur, dont 
le côté opposé à la lame écrase toujours un peu les rameaux 
sur lesquels il s'appuie. La coupe doit être un peu oblique et 
opposée à l'œil au-dessus duquel elle est pratiquée. 

Pour tailler les arbres fruitiers, il faut une certaine technique 
qu'il est indispensable d'acquérir. 11 existe, dans toutes les 
grandes villes, des cours d'arboriculture, et nous engageons 1rs 
personnes qui désirent tailler elles-mêmes leurs arbres à profiter 
des leçons et à suivre les démonstrations pratiques données 
par des professeurs compétents. 



DEUXIÈME PARTIE 
LE JARDIN D'AGRÉMENT 



CHAPITRE PREMIER 
LA DISPOSITION DU JARDIN 

La création d'un jardin d'agrément comporte de nombreux 
détails. C'est à chacun de faire selon son jugement, en cher- 
chant toutefois à rester dans les limites du bon goût. 

Planter le jardin en espèces aussi variées que possible, afin 
d avoir toujours quelque chose de nouveau qui intéresse ; faire 
une large place aux arbrisseaux à fleurs et aux plantes vivaces, 
trop délaissées aujourd'hui, de manière à avoir une succes- 
sion ininterrompue de fleurs les plus diverses pendant un 
temps le plus long possible, sont, à notre avis, les conditions 
essentielles. 

L'n jardin planté d'une manière uniforme, avec un nombre 
d'espèces limité, peut plaire à un passant, mais la vue des 
mêmes choses devient monotone pour celui qui vit consom- 
ment au milieu d'elles. Autant on s'attache à suivre le dévelop- 
pement de plantes qui intéressent en examinant tous les 
détails de leur évolution jusqu'au jour où on les voit fleurir 
autant manquent d'attrait ces corbeilles de plantes à feuilles 
panachées auxquelles on donne le nom de mosaïques, qui n'ont 
que le mérite d'un dessin plus ou moins bien exécuté. 

Un jardinet n'est pas un parc; il faut donc éviter les grands 
massifs, les grandes allées, les pièces d'eau, les rochers, les 
constructions rustiques, les statues qui ne feraient que lui 
donner un air prétentieux. 

Il faut bien tenir compte des dimensions que peuvent 
atteindre les plantes, ainsi que des couleurs de leurs fleurs et 
de l'époque de leur floraison, afin de les associer convenable- 



LES GAZONS. 



49 



ment dans les plates-bandes. Il est également nécessaire de 
mêler quelques arbrisseaux à feuilles persistantes aux arbris- 
seaux à feuilles caduques : ceux-ci orneront le jardin pendant 
l'été, ceux-là auront le même rôle pendant la mauvaise 
saison. 

On devra s'arranger de manière à planter chaque espèce à 
l'exposition qui lui convient, à ne pas mettre au nord celles qui 
exigent le Midi, etc. 

Si l'on est à même de pouvoir en jouir, on peut égayer son 
jardin pendant la mauvaise saison en y plantant des espèces à 
floraison automnale et printanière. 

Nous donnons plus loin des listes de plantes aquatiques, 
pour le cas où l'on aurait à orner un petit bassin ; de plantes 
grimpantes pour garnir les perrons et les tonnelles que l'on 
rencontre si fréquemment dans les petits jardins, d'arbrisseaux 
d'ornement, etc. 



CHAP1TRK II 
LES GAZONS 

Les gazons sont l'accompagnement ordinaire des jardins; on 
aime à se reposer la vue sur un tapis de verdure. Les mar- 
chands grainiers vendent des compositions de gazons préparées 
pour les sols les plus divers et les conditions les plus diffé- 
rentes, aussi bien pour les terrains ensoleillés que pour ceux 
qui sont situés à l'ombre, pour les terrains secs et les terrains 
humides (\). 

Pour former les gazons, on emploie généralement le Ray- 
gtass anglais (Lolium perenne) ou Gazon anglais, dans la propor- 
tion d'un kilogramme par are. Pour bordure, 1 kilogramme 
sème de 80 à 100 mètres de longueur. Dans les petites pièces 
où l'on veut avoir une herbe très fine et très tassée, on met 
jusqu'au double et même jusqu'au quadruple de cette quantité; 

(1) Les fleurs de pleine terre, par MM. Vilmorin-Audrieux et O. 






50 LE JARDIN D' AGRÉMENT. 

mais il faut observer que le gazon résiste d'autant moins à la 
sécheresse qu'il a élé semé plus épais. On ne devra semer très 
dru que dans le cas où l'on pourra tondre et rouler très 
souvent le gazon, et l'arroser pour ainsi dire continuellement. 
Le Ray-grass convient dans les terres fraîches ou profondes ; 
il forme le plus beau de tous les gazons, mais à condition d'être 
arrosé, tondu et roulé très souvent. 

Lorsque le terrain est sec, sableux, que la couche arable a 
peu d'épaisseur ou bien que les moyens dont on dispose ne 
permettent pas l'entretien du Ray-grass anglais, on obtient un 
gazon fin, bien vert et de longue durée en semant le Lawn- 
grass, qui résiste à la sécheresse, se contente d'un terrain 
plus maigre et demande peu de soins. Le Lawn-grass se sème 
à raison de 1 kilogramme à l kil ,S00 par are, parfois on 
emploie jusqu'à 2 kilogrammes. 

Pour les cas exceptionnels de mauvais terrain et de mauvaise 
exposition, il faut se procurer certains mélanges que font les 
marchands, en leur indiquant les conditions dans lesquelles 
on se trouve placé. 

La préparation du sol consiste dans les labours et hersages 
nécessaires pour l'ameublir, combler les vides et régulariser sa 
surface. Il est bon que ces opérations précèdent de quelque 
temps l'époque du semis, afin que la terre ait eu le temps de 
se rasseoir : les semis faits dans une terre récemment labourée 
ou creuse lèvent généralement moins bien. 

Les gazons peuvent se semer à la fin de l'été, en automne ou 
au printemps, et l'on peut prendre d'ordinaire pour guide du 
temps propice à cette opération les époques où il est d'usage 
(pour les natures de terres analogues) de semer les céréales 
d'automne et de printemps. Le semis se fait à la volée et le plus 
également possible ; la graine demande à être légèrement recou- 
verte, et, quand on le peut, terreautée. 

On ne peut pas ordinairement gazonner par semis les talus, 
les bancs, etc., qui présentent des pentes trop fortes et que l'eau 
des arrosements ravinerait en entraînant la graine. On procède, 
dans ce cas, parla méthode du placage, qui consiste à enlever 



LES GAZONS. 



SI 



dans des prairies ou le long des chemins, etc., des plaques de 
gazon que l'on ajuste avec soin les unes à côté des autres, en 
les retenant par de petites chevilles de bois; il est important, 
dans ce cas, de donner de copieux arrosements pour les fixer 
à la terre. 

Un gazon une fois établi ne doit pas être négligé. S'il est 
convenablement soigné, il peut durer indéfiniment; s'il est au 
contraire abandonné à lui-même, il est rare qu'au bout de 
quelques années, d'un an même, il ne devienne pas nécessaire 
de le retourner. 

Les soins à lui donner consistent : 

Eu un premier sarclage au printemps et un second au com- 
mencement de l'automne, pour enlever les herbes à racines 
pivotantes ou à larges feuilles, comme Oseille, Plantain, 
Luzerne, etc. 

A faucher assez souvent pour qu'aucune plante ne puisse 
porter graine et qu'elle n'ait pas même le temps de développer 
des chaumes fertiles. 

A arroser après chaque coupe; à fumer ou à terreauter de 
temps en temps, selon la richesse du sol, soit avec du fumier 
long que l'on étend à l'automne et dont on râtelle la paille 
longue au printemps avant la pousse de l'herbe, soit avec des 
cendres ou du guano. Un leireautage avec du terreau de cou- 
ches est ce qu'il y a de mieux pour les terres un peu fortes. 
En général, il faut répéter cette opération tous les deux ou 
trois ans. 

Lorsqu'un gazon devient vieux et que la mousse commence 
à l'envahir, il faut, à l'automne, quand la température est tout 
à fait humide, le râteler vigoureusement à plusieurs reprises, 
de manière a enlever la mousse aussi complètement que pos- 
sible; l'herbe, quoique couchée, et en apparence à demi déra- 
cinée par cette opération, n'en soutire pas en réalité. On peut 
alors regarnir le gazon en répandant de la graine dans les 
espaces où la mousse avait détruit ou trop éclairci l'herbe. Il 
faut autant que possible terreauter par-dessus la graine dans 
les espaces ainsi traités. On peut ainsi, par des ressemis par- 






II 



S2 



LE JARDIN D'AGRÉMENT. 



tiels, arriver à rétablir les gazons et éviter de les retourner 
complètement. Cependant, pour les petites pièces situées près 
des habitations, le meilleur moyen . de les avoir toujours 
fraîches et garnies est de les labourer, de les fumer et de les 
ressemer tous les ans, s'il y a lieu. 

La tonte du gazon est une chose très simple lorsqu'on a à 
sa disposition une tondeuse (flg. 3) ; c'est une opération diffi- 
cile lorsqu'on est obligé de la faire à la faucille. 

Si l'on ne possède pas de tondeuse, le mieux est de se servir 
de la faux, dont on apprendra rapidement le maniement. 

Si l'on habite la campagne, on trouvera facilement un culti- 
vateur qui consentira à faucher les gazons, à la condition de 
lui abandonner l'herbe coupée ou moyennant une petite 
rétribution. 

CHAPITRE III 

LES PLANTES ET ARBRISSEAUX D'ORNEMENT. 
DESCRIPTION, CULTURE. EMPLOI 



Lalisteque nous publions est forcément limitée; il existe un 
grand nombre d'autres espèces qui ont de réels mérites. Nous 
avons intentionnellement laissé de côté les grands arbres, 
qui ne pourraient trouver place dans les petites propriétés. 

Acanthus. Acanthe. — Genre qui a donné son nom h la 
famille des Acanthacées. Les Acanthes sont célèbres dans 
l'histoire des beaux-arts ; elles ont inspiré le modèle du 
chapiteau corinthien. Ce sont des plantes à feuillage très 
ample et très ornemental, propres surtout à être isolées sur 
les pelouses ; elles sont vivaces et réclament un sol profond 
et frais. Leur floraison a lieu en juillet-août. 

A. mollis. Acanthe molle. — Très rustique. 

A. lusitamcus Hort. Acanthe à larges feuilles (flg. lb). — C'est 
l'espèce la plus fréquemment cultivée ; elle forme des touffes 
dont le diamètre peut atteindre 1 mètre et plus; les feuilles 
mesurent jusqu'à 60 centimètres de longueur et les tiges 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D'ORNEMENT. 33 

florales environ i-,o0 de hauteur. Elle exige l'orangerie ou 
la serre froide sous le climat de Paris. 

Cette belle plante, relevée en pot à l'automne et abritée en 
appartement, continue à végéter et à émettre de nouvelles 
feuilles. On la voit souvent figurer sur les marchés aux fleurs. 

Achillea Millefoliuu L., rar. flohibcs hoseis. Mille feuille à 
fleurs roses. - Herbe vivace originaire d''Europe. l.a Mille- 
feuille de nos champs a or- 
dinairement les fleurs blan- 
ches; la variété indiquée ici 
les a roses; il en existe une 
autre dans laquelle elles soni 
duplus beau rouge. Ces plan- 
tes sont très ornementales; 
elles ne s'élèvent guère au 
delà de 60 centimètres et 
fleurissent pendant tout 
l'été. On peut les cultiver 
dans n'importe quels ter- 
rains et à n'importe quelle 
exposition. 

A. PILIPENDULINA et .Ki.YI'- 

tiaca. — Espèces à fleurs du plus beau jaune ; la première peut 
atteindre i-,20 de hauteur; la seconde ne dépasse pas 50 cen- 
timètres. L'une et l'autre sont peu délicates ; elles demandent 
cependant une exposition chaude. Toutes les deux fleurissent 
en juillet-septembre. 

A. Ptaruica L., variété à fleurs doubles. Bouton d'argent — 
Cette plante est très rustique; elle croit dans tous les terrains 
et a toutes les expositions. Ses tiges sont hautes de 50 a 
70 centimètres; ses fleurs, très nombreuses, se succèdent pen- 
dant une partie de l'été. C'est une bonne plante pour bouquets 

Les Achillea se multiplient par division des touffes, à l'au- 
tomne ou au printemps. 

Aconitum. Aconit. - Ce genre est composé de plantes 
vivaces dont quelques-unes très ornementales; elles sont mal- 




15. — Ac. utlic à Imilles molle 






34 LE JARDIN D'AGRÉMENT. 

heureusement vénéneuses ; aussi doil-on éviler de les mettre 
a la portée des enfants. 

A. Napellus L. (fig. 16). A. Napel, Char de Vénus, Casque de 
Jupiter. - Plante indigène, d'environ 1 mètre de hauteur, 
donnant en juin-juillet des grappes de fleurs bleues d'un très 
bel effet; il en existe une variété a fleurs blanches. Cette 
espèce exige, de même que les suivantes, une terre meuble et 

fraîche et une exposition mi- 
ombragée. On la multiplie 
par division des touffes, au 
printemps. 

A. vakiegatom L. A. bico- 
lore. — C'est la plus belle 
espèce du genre; ses lleurs 
sont grandes, d'un beau bleu 
panaché de blanc. Sa llorai- 
son est assez prolongée. 

A. automnale Lindl. A. d'au- 
tomne. — Elle a pour princi- 
pal mérite de fleurir plus 
tard que les espèces précé- 
dentes. 

Acroclinium. — Cenre 

dont nous ne cultivons qu'une espèce. 

A. roseum Hook. (fig. 17). Immortelle rose. — Originaire de 
l'Australie. C'est une charmante plante annuelle de 30 à 
40 centimètres de hauteur, vendue souvent sur les marchés 
sous le nom à'immortelle rose, parce que, en effet, elle a beau- 
coup d'analogie avec certaines Immortelles et que ses fleurs 
peuvent se conserver de même, lorsqu'elles sont séchées avec 
soin. Ses capitules sont nombreux, assez grands, d'un beau 
rose avec le centre jaune d'or, lien existe une variété à fleurs 
blanches. 

La floraison a lieu selon l'époque à laquelle on a semé 
les graines. On peut semer en mars-avril sur couche, repiquer 
sur couche et mettre en place en mai ; dans ce cas, la floraison 




PLANTES ET ARBRISSEAUX D'ORNEMENT. 53 

s'effectue de juin en juillet; ou bien semer sur place, en avril, 
à bonne exposition, en terre légère, et alors la floraison a lieu 
en juillet-août. 

Cette jolie plante peut servir à orner les plates-bandes ; 
il lui faut une terre légère et une exposition bien ensoleillée. 

Agapanthus.— Nous ne cultivons qu'une espèce de ce genre. 

A. umbellatus L'Hérit. Tu- 
béreuse hleue. — Originaire 
du Cap. Remarquable par les 
nombreuses et jolies Heurs 
bleues qu'elle ne cesse de 
donner dejuinenaout.il en 
existe des variétés à fleurs 
doubles et à fleurs blanches, 
à feuilles panachées, etc. 

Cette plante n'est pas tout 
à fait rustique; elle exige 
un abri pour l'hiver, mais il 
sulllt qu'elle soit au sec, dans 
unendroitclairoùnepeuvent |.j„. | 7 
se faire sentir les fortes ge- 







- Immortelle rose (Acroclinium). 



lées. On peut lamettreen pleine terre au 1 'juin et la relever a 
l'automne, comme cela a été indiqué page 4o; elle peut alors 
concourir à la garniture des plates-bandes et des corbeilles. 
On la multiplie par la division des touffes, à l'automne. La 
terre de jardin mélangée de terreau bien consommé lui con- 
vient parfaitement. 

Agave. — Ce genre est composé de plantes grasses dont 
quelques-unes sont rustiques dans le midi de la France. On 
les connaît généralement sous le nom d'AIoés, qui leur est 
appliqué improprement. 

A. americana L. — C'est l'espèce la plus répandue dans les 
jardins. Superbe plante originaire du Mexique, à grandes 
feuilles très épaisses terminées par une pointe acérée et 
munies d'aiguillons sur les bords. Il en existe une variété à 
feuilles bordées de jaune. On se sert souvent de ces plantes 



r.o 



LE JARDIN D'AGRÉMENT. 



pour garnir les vases qui ornent les pilastres des grilles d'entrée ; 
pour isoler sur les pelouses, etc. On les conserve facilement 
l'hiver en les rentrant dans une pièce inhabitée où elles 
peuvent trouver un abri contre les forles gelées ; elles redoutent 
surtout l'humidité pendant cette saison. 

Ageratum. — A. cœiu'leum Desf. (tig. 18). Cékstine, Eupa- 

toire bleue, etc. — Origi- 
naire du Mexique ; cultivée 
comme plante annuelle de 
pleine terre, mais suffrutes- 
cente en serre. Sa tige, ra- 
meuse dès la base, atteint 
de 40 à oO centimètres de 
hauteur; ses fleurs, en pe- 
tits capitules nombreux, sont 
d'un bleu céleste et se succè- 
dent sans relâche depuis le 
mois de juin jusqu'aux ge- 
lées. Il en existe plusieurs 
variétés naines ou élevées, à 
fleurs blanches ou bleuâtres. 
Cette plante et ses variétés 
sont extrêmement répandues dans les jardins, où elles peuvent 
servir à orner les plates-bandes, à faire des bordures de 
massifs, etc. ; elles croissent dans tous les terrains et résistent 
à la sécheresse. En un mot, ce sont des plantes de premier 
mérite. 

On les multiplie par semis faits en mars-avril sur couche ; 
on repique sur couche et on met en place tin mai; les pre- 
mières fleurs apparaissent en juin. On peut également semer 
fin avril, en pépinière, à bonne exposition, et repiquer en 
place au commencement de juin: dans ce cas, la floraison ne 
commence qu'en juillet. En hivernant sous châssis quelques 
pieds de choix pour les bouturer au printemps, on obtient des 
plantes plus uniformes. 
Agi'ostcmma. — Voy. Lychm?. 




Ageratum. 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D'ORNEMENT. 



Aloés. — Voy. Agave. 
Alihéa en arbre. — Voy. Hibiscus syriacos. 
Althsea rosea Cav. Rose trémière, Passe-Rose, etc. — l'iantc 
superbe autrefois très répandue dans les jardins, d'où elle a 
à peu près disparu pour faire place à des espèces plus à la 
mode, qui souvent sont loin d'avoir ses mérites. 

La Rose trémière est vivace, mais elle est ordinairement 
cultivée comme plante bisannuelle. Elle atteint de 2 à 3 mètres 
de hauteur, etses Heurs, qui se succèdentde juillet à septembre, 
présentent la plus grande variété dans le coloris, dans les 
dimensions et dans les formes. Il en existe aussi des variétés 
naines. Les couleurs principales présentées par cette belle 
plante sont : le jaune, le saumon, le blanc, le chamois, le 
rose, le rose cerise, le rouge, le cramoisi, le violet, le pour- 
pre, le brun, le noir, et tous les intermédiaires entre ces cou- 
leurs, ainsi que les panachures les plus variées. 
La Rose trémière demande un sol frais et profond. 
La multiplication se fait ordinairement de semis pratiqués 
en juillet, en terre bien meuble et à bonne exposition. Les 
jeunes plantes sont repiquées en septembre, en les espaçant 
les unes des autres de 15 à 25 centimètres; on les met en 
place en avril. Les pieds ainsi obtenus donnent une floraison 
superbe. Si on veut les conserver plusieurs années, ce qui 
exige des soins spéciaux, on n'obtient que des résultais 
médiocres, au moins sous le climat de Paris. 

Alyssum mamtimum Lamk. Alysse mimant. — Espèce indi- 
gène, vivace, mais généralement cultivée comme plante an- 
nuelle. Ses tiges ne dépassent pas 25 centimètres de bailleur; 
elles se couvrent d'un nombre considérable de petites fleurs 
blanches, odorantes, disposées en grappes. Cette plante esl 
propre surtout à former des bordures; elle prospère dans tous 
les terrains, pourvu qu'ils soient meubles et sains ; l'exposition 
au soleil est des plus favorables à son développement. Semer en 
septembre, repiquer et abriter contre les grands froids à l'aide 
d'une couverture de feuilles sèches, mettre en place en mars- 
avril, ou bien semer d'avril en juillet sur place. Les plantes 






38 



LE JARDIN D'AGRÉMENT. 




Fig. 19. 



Alvsse Corbeille d'or. 



obtenues du semis d'automne fleurissent de mai en juillet ; 
celles qui proviennent des semis de printemps ou d'été ne 
montrent leurs fleurs que depuis la fin de l'été jusqu'au milieu 
de l'automne, selon les cas. 

L'Alysse maritime a donné naissance à une variété à feuilles 
panachées de blanc jaunâtre et de 
vert, très ornementale, mais mal- 
heureusement un peu délicate et 
qu'il faut multiplier de boutures 
maintenues sous châssis pendant 
l'hiver, si on veut la conserver bien 
franche. 

A. saxatile L. Corbeille d'or 
(fig. 10). — Charmante plante vi- 
vace, atteignant au plus 2.ï cen- 
timètres de hauteur, très répan- 
due dans les jardins où sa floraison 
s'effectue d'avril en mai. Elle con- 
vient surtout pourorner lesplates- 
bandes et faire des bordures qui, au printemps, se couvrent 
d'une multitude de jolies petites fleurs d'un jaune éclatant. 

Cette plante peut être multipliée par division des touffes à 
l'automne, par marcottes et par boutures, enfin par semis 
faits en juillet en pépinière; on repique les jeunes plants en 
pépinière et l'on met en place à l'automne ou au printemps, 
lien existe une variété à feuilles panachées qui est un peu 
plus délicate. 

Amandier nain . — Voy. Amygdalus nana. 
Amarante Crête de coq. — Voy. Celosia cristata. 
Amarantus. Amarante. — Ce genre renferme plusieurs 
espèces ornementales dont quelques-unes sont surtout 
remarquables par leur feuillage. Les plus connues sont : 
A. caudatus L. Queue de Renard (fig. 20). — Plante annuelle 
originaire de l'Inde, haute d'environ 1 mètre, à fleurs très 
petites, réunies en longues grappes pendantes et d'un rouge 
amarante 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D'ORNEMENT. 



59 




Ain 1 1 inte Qaou 



A. sanguineus L. — D'environ 1 mètre de hauteur, elle a le 
feuillage d'un rouge sang de bœuf. 

A. tricolur L. — Très remarquable par ses feuilles tachées 
de jaune, de vert et de rouge, cou- 
leurs qui varient quelquefois un 
peu, mais qui sont ordinairement 
très éclatantes; elle est annuelle 
comme les espèces précédentes et 
atteint de7o centimètres à 1 mètre 
de hauteur. 

L'Amaranle Queue de Renard 
est très rustique, ainsi que l'A. 
sanguineus; l'une et l'autre con- 
viennent pour orner les grands 
massifs et les plates-bandes. Elles 
préfèrent à tout autre un sol léger 
et bien fumé. On les sème de mai 
en juin en pépinière el on repique 
en place dès que le plant est suffisamment développé. L'Ama- 
rante tricolore est une plante superbe, mais plus délicate; il 
faut la semer en mars-avril sur couche, la mettre en place en 
mai dans un terrain sain et à exposition chaude. Les ileurs des 
deux dernières espèces sont insignifiantes. 

Amaryllis Belladonna L. — Helle plante bulbeuse, origi- 
naire des Canaries, de la taille du Lis blanc dont les fleurs rap- 
pellent la forme et les dimensions, mais qui en diffèrent, 
outre les caractères botaniques, par leur couleur d'un rose 
tendre superbe. L'Amaryllis Belladorma fleurit en août-sep- 
tembre; il est rustique et réussit bien dans les sols profonds 
et légers, lorsqu'on a le soin d'enterrer les bulbes a environ 
30 centimètres de profondeur et de ne les déranger que le 
moins possible. 

Amourette . — Voy. Rriza. 

Ampélopsis quinquefolia Michx. Vigne vierge. — Cette liane 
est très répandue dans les jardins. Elle est originaire de l'Amé- 
rique septentrionale. Ses tiges sont ligneuses et s'attachent aux 






60 



LE JARDIN D'AGRÉMENT. 



arbres et aux murs, ainsi que le Lierre. Cette plante est très 
rustique et croit dans tous les sols et à toutes les expositions; 
ses feuilles présentent à l'automne des tons rouges et cuivrés 
d'une très grande valeur ornementale. On la multiplie facile- 
ment par boutures ou par marcottes. 

A. Veitchi Horl.(A. triscuspidataSieb. et Zucc, var. Veitchi). 
— Atteint de moins grandes dimensions, mais conserve plus 
longtemps ses feuilles à l'automne; les rameaux se plaquent 
sur les murs à l'aide de petites ventouses dont sont munies les 
vrilles ; les feuilles ressemblent à celles du Lierre ou du Syco- 
more, selon qu'elles naissent sur les jeunes ou sur les vieux 
rameaux : elles sont d'un beau vert et bordées de rose. 

Amyt/dalopsis. — Voy. Prunus triloba. 

Amygdalus nana L. Amandier nain. — Joli petit arbrisseau 
de 1 mètre à l m ,o0 de hauteur, originaire de la Russie méri- 
dionale. En avril-mai, fleurs très nombreuses, d'un beau rose, 
rouges ou blanches selon les variétés. L'Amandier nain 
n'est pas aussi répandu qu'il le mérite : l'époque à laquelle il 
fleurit, sa taille peu élevée, l'abondance de ses fleurs sont 
autant de titres qui le recommandent. On peut le multiplier 
facilement par séparation de drageons ou par semis d'amandes, 
qu'il donne ordinairement en petite quantité. 

Ancoîie.'— Voy. Aquilegia. 

Anémone cokunaria L. Anémone des fleuristes (flg. 21). — 
Charmante plante vivace, indigène, à souche tubéreuse, fleu- 
rissant en avril-juin. 11 en existe un grand nombre de variétés 
qui présentent des différences, soit dans la duplicature, soit 
dans la couleur des tleurs. 

A. stellata Lamk. A. éloilée. — Cette espèce a les fleurs 
plus petites que celles de l'A. des fleuristes ; il en existe égale- 
ment beaucoup de variétés, mais à tleurs le plus souvent 
simples ou semi-doubles. C'est une très jolie plante, fleuris- 
sant abondamment. 

A. pavo.nïna DC. A. Œil-de-Paon. — Diffère surtout de l'A. 
des fleuristes par ses fleurs très ouvertes composées d'un très 
grand nombre de pétales longs et étroits, ceux du centre 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D ORNEMENT. 



G! 



•souvent un peu verdàtres, les autres d'un rouge cinabre. 
L'A. fuluens parait en èlre le type à fleurs simples; elle est 
surtout remarquable par la couleur de ses fleurs, qui est d'un 
rouge éclatant. 

Ces diverses espèces con- 
viennent à orner les plates- 
bandes; on peut les em- 
ployer en bordures, en cor- 
beilles, etc. ; elles exigent 
un sol bien meuble, sain 
et léger; l'excès d'humi- 
dité leur est préjudiciable. 
Pour fumer la terre dans 
laquelle on les plante, il ne 
faut employer que du ter- 
reau ou du fumier bien 
consommé. 

La plantation des pattes 
se fait de seplembre à oc- 
tobre ou en février-mars. 
On les enterre à o ou cen- 
timètres de profondeur et 
à environ io centimètres 
de distance les unes des 
autres. Pendant les grands 
froids, il est bon de les 
abriter avec des paillas- 
sons, de la paille ou de la mousse, que l'on enlève dès qu'il 
fait un temps doux. 

Après la floraison et lorsque les feuilles, en séchant, indi- 
quent que la végétation est terminée, on arrache les "pattes; 
on les fait sécher dans un endroit aéré, mais à l'ombre, pour 
les conserver dans un lieu bien sain et sec, jusqu'au moment 
de la plantation. On multiplie ces plantes au moment de la 
plantation, en détachant des pattes les parties munies d'un 
bourgeon. 




Fig-. -1. — Aiiémuiie îles fleuristes. 



D. Bois. — Le petit jardin, 



édit. 



62 LE JARDIN D'AGRÉMENT. 

A. japonica Sieb. et Zucc. A. du Japon (8g. 22). — Superbe 
espèce à soucbe non tubéreuse, traçante, d'environ 60 centi- 
mètres de hauteur, se cou- 
vrant d'août en octobre d'une 
quantité de grandes et belles 
Heurs d'un rose plus ou moins 
foncé. Il en existe une va- 
riété à Heurs blanches qui 
porte le nom de Honorine 
Jobert. Celte plante est très 
rustique; elle croit aussi bien 
à l'ombre qu'au soleil, pour- 
vu qu'elle soit plantée dans 
une terre meuble et légère. 
On peut l'employer pour or- 
ner les plates-bandes et les 
massifs. Comme elle a une 




Fig. 22. — Anémone du Ja 



tendance à former des touffes volumineuses, il est bon de sup- 
primer chaque année les rejets qui pourraient se développer 
autour d'elle. On la multiplie par division des touffes, au prin- 
temps. 

A. Hepatica. — Voy. Hepatica. 

Antennaria margaeutacea R. Br. Immortelle blanche. — 
Plante vivace originaire de l'Amérique septentrionale, à souche 
très traçante, d'environ S0 centimetres.de hauteur, couverte sur 
les tiges et les feuilles d'un duvet cotonneux blanc. Les fleurs 
sont jaunes avec les écailles extérieures (involucre) d'un blanc 
argenté; on les emploie à composer des bouquets perpétuels. 
Cette plante peut servir à orner les plates-bandes ; elle s'accom- 
mode des terrains même les plus arides et les plus ensoleillés. 
On la multiplie par division des touffes, au printemps. 

Anthémis. — Voy. Chbysanthkmdh. 

Anthémis nobilis L., variété à fleurs doubles. Camomille 
romaine. — Petite plante indigène à souche rampante, de 10 à 
lo centimètres de hauteur, donnant en juillet-août de nombreux 
capitules d'un blanc satiné. La Camomille romaine peut servir 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D'ORNEMENT. 



63 



à faire des bordures; elle vient également bien à loutes les 
expositions, pourvu que le terrain soit sain et léger. On la 
multiplie par division des touffes, au printemps. L'infusion 
de ses Heurs est réputée tonique, fébrifuge, digestive. 

Antirrhinum majus L. Muflier, Gueule de Loup, Gueule de 
Lion (flg. 23). — Belle plante indigène, vivace, d'environ 60 cen- 
timètres de hauteur, que l'on trouve souvent naturalisée dans 
les ruines ou sur les vieux murs. 
Cette plante a donné naissance 
à des variétés superbes, plus 
ou moins naines, aux coloris 
les plus divers; ses Heurs, 
grandes et en forme de gueule, 
se succèdent de juin à octo- 
bre; elles peuvent être jaunes, 
blanches, roses, rouges, vio- 
lettes, ne présenter qu'une seule 
couleur ou être bi- on trico- 
lores, panachées, striées, ponc- 
tuées, elc. Il en existe aussi 
une variété à feuilles pana- 
chées. Cette plante peut être 
considérée comme l'une des 

plus belles et des plus rustiques de nos jardins ; elle n'a qu'un 
défaut, c'est d'être originaire de notre pays; elle serait cer- 
tainement beaucoup plus appréciée si elle provenait de régions 
lointaines, d'où l'on fait venir à grands frais des espèces qui 
lui sont souvent très inférieures. 

Le Muflier est d'une culture extrêmement facile ; il vient par- 
faitement dans les terres meubles et ne parait redouter que les 
sols compacts el froids. Il convient à l'ornement des plates- 
bandes ; les variétés naines peuvent servir à faire des corbeilles, 
des bordures, etc. 

Le mode de multiplication le plus employé est le semis, que 
l'on fait en pépinière, soit à l'automne (juillet-août), soit au 
printemps; on repique en pépinière à bonne exposition et l'on 




Mullier [Antirrhinum). 






64 



LE JARDIN D AGRÉMENT. 



met en place en mars-avril, dans le premier cas ; dès que les 
fleurs commencent à paraître, dans le second. Les graines, 
étant très fines, doivent être semées à la surface du sol ou à 
peine recouvertes de terre. 

Les vieilles plantes finissent par se dégarnir au bout d'un 

certain temps; il est donc nécessaire de les renouveler par 

le semis. Dans le cas où l'on voudrait conserver une variété 

intéressante, le seul moyen serait de la bouturer, car les graines 

ne reproduisant pas fidèlement les coloris. Le bouturage doit 




Apoûogeton à deux épis 



Fie. 25. — Ancolie commune 
(Aquilcgia). 



être fait en août-septembre; on met les plantes en place 
au printemps, après les avoir conservées l'hiver sous châssis. 
Aponogeton distachvuu Thunb. (fig. 24.). — Charmante 
plante aquatique, vivace, originaire du Cap, naturalisée dans 
les environs de Brest et de Montpellier et tout à fait rustique 
sous le climat de Paris, à la condition de maintenir les tuber- 
cules couverts d'eau pendant l'hiver. Ses feuilles, d'un vert 
gai, flottent à la surface de l'eau; ses fleurs, d'un blanc pur, 
se succèdent pendant presque tout l'été : elles ont une odeur 
des plus suaves. VAponogeton distachyum peut être considéré 
comme l'une des plus jolies plantes aquatiques pour l'orne- 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D'ORNEMENT. 



es 



ment des petils bassins et des pièces d'eau; ou le multiplie, 
soit par division des tubercules, au printemps, soit en semant 
les graines, dès leur maturité, en pots cpue l'on plonge dans 
un bassin de manière qu'ils soient recouverts de quelques 
centimètres d'eau. 

Aquilegia. Ancolie. — Cegenre est formé d'espèces maces 
toutes plus ou moins or- 
nementales. Aux nom- 
breuses variétés ancien- 
nement cultivées se sont 
ajoutées un grand nom- 
bre d'hybrides et de va- 
riétés nouvelles qui le 
font rechercher à juste 
titre. Parmi les espèces 
les plus connues, nous 
citerons surtout : 

A. vdlgaris L. Ancolie 
commune, Clochette (ig. 
ï.* . — Plante indigène, 
vivace, d'environ l mètre 
de hauteur. Ses Heurs. 
très nombreuses, se suc- 
cèdent de mai en juin: 
elles sont pendantes, 
simples ou doubles, unicolores ou panachées. Il en existe 
di-s variétés a Heurs bleues, blanches, pourpres, roses, etc., 
et à feuilles panachées. 

A. srenucA L. — A Heurs plus petites; Les pétales sonl 
bleus a la base et blancs au sommet. 

A. i ANADic.Nsis L. — A fleurs d'un rouge orangé, 

A. foshosa Pisch. — ftes régions boréales, fleurs mi-partie 
rouge orangé, mi-partie jaune. 

A. ccerolba James. — Amérique septentrionale. Fleurs très 
grandes, à sépales bleu foncé et à pétales bleu très pâle, avei 
de longs éperons. 










06 



LE JARDIN D AGREMENT. 



Les Ancolies sont des plantes superbes, précieuses pour la 
décoration des plates-bandes. Elles .réussissent bien en terre 
ordinaire meuble et fraîche, principalement à mi-ombre. On 
les multiplie, soit par division des touffes au printemps, soit 
de semis faits à l'époque de. la maturité des graines, en pépi- 
nière et à l'ombre : les jeunes plants sont repiqués en pépinière 
et l'on met en place au printemps. 
Arabetle. — Voy. Ababis. 

Arabis alpina L. Avubette des Alpes, Corbeille d'argent. 

— Charmante 
plante vivace 
gazonnante, 
haute d'envi- 
ron 20 centi- 
mètres, origi- 
naire des Al- 
pes, recherchée 
surtout pour 
former des bor- 
dures, qui, en 
mars-avril, se 
couvrent d'une 
quantité de 
fleurs d'un 
blanc pur. lien 
existe une va- 
riété à feuilles 
panachées. 
La Corbeille d'argent croit dans les terrains même les plus 
secs. On la multiplie par division des touffes après la florai- 
son; les pieds divisés sont plantés en pépinière jusqu'à l'au- 
tomne, époque à laquelle ils devront être mis en place. 

Aralia Sieboldi Hort. (Fatsia japonica Dcne et Planch.) 
(fig. 27). — Bel arbrisseau originaire du Japon, cultivé pour 
son feuillage persistant très ornemental. C'est une des plantes 
d'appartement les plus rustiques et que l'on rencontre le plus 




Fil 



±1 . — Ai'iilia Sieboldi. 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D'ORNEMENT. 



67 



habituellement sur les marchés. On peut l'employer dans les 
jardins pour en faire des groupes ou pour l'isoler sur les 
pelouses. Elle vient dans tous les terrains, à la condition qu'ils 
soient bien fumés. On devra la mettre en plein air dans la 
deuxième quinzaine de mai et la relever dans les premiers 




I 



I,. 38. 



Aristoloche 



l'hiverner, comme nous 



dit 



jours d'octobre, p 
page 45. 

Arbre aux Anémones. — Voy. Calycanthos. 

Arbre aux Perles. — Voy. Symphoricvrpos hacemosa. 

Argentine. — Voy. Cerastium tomentusl'm . 

Aristolochia Sii'HO L'Hérit. Aristoloche (flg. 28). — Liane 
de l'Amérique septentrionale, de 6 à 10 mètres de hauteur, 



68 



LE JARDIN D'AGREMENT. 



très rustique, croissant vigoureusement à toute exposition, 
même tout à fait à l'ombre. L'Aristoloche siphon est très 
recommandable pour garnir les tonnelles; ses grandes 
feuilles, cordiformes et d'un beau vert, sont très ornemen- 
tales; ses fleurs, plus curieuses que belles, se montrent en 
mai-juin; elles sont d'un jaune brun et ont à peu près la 
forme d'une pipe allemande. On multiplie cette plante par 

marcottes faites avec des ra- 
meaux de deux ans. 

Armeria maritima Willd. Ga- 
zon d'Olympe (fig. 29). — Char- 
mante plante vivace indigène, à 
feuillage fin, court et serré. En 
mai-juillet, fleurs très nom- 
breuses, blanches, roses ou rou- 
ges, selon les variétés. Le Gazon 
d'Olympe est surtout employé 
pour faire des bordures compac- 
tes ; il a le grand avantage de 
croître dans les terrains les plus 
sablonneux et les plus arides. 
La taille totale de la plante ne 
dépasse pas 15 centimètres. On multiplie le Gazon d'Olympe 
par division des touffes après la floraison. 
Arum. — Voy. Richardia. 
Arundinaria. — Voy. Bambou. 

Arundo Donax L, Canne de Provence. — Grand roseau à 
tiges hautes d'environ 3 mètres, à port très ornemental; ses 
feuilles, assez larges, sont retombantes ; elles sont vertes 
dans la plante typique, mais il en existe une belle variété, de 
taille moins élevée, dans laquelle elles sont rubanées de vert 
et de blanc. La Canne de Provence ne croit vigoureusement 
que dans les sols humides et à bonne exposition. Elle convient 
surtout à la plantation en touffes isolées sur les pelouses. 
Les chaumes (tiges) sont quelquefois employés comme cannes 
de péchc. La variété panachée, plus délicate que le type à 




Fig. 29. — Gazon d'Olympe 
(Anneria). 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D'ORNEMENT. 



00 



feuilles vertes, a besoin d'avoir la souche couverte de 
feuilles sèches pendant l'hiver. Multiplication par division des 

touffes. 

Asclepias Cobwoti Dcne. Herbe à la ouate. — Plante yivace 
d'environ f m ,50 de hauteur, à suc laiteux, originaire de l'Amé- 
rique septentrionale. Ses fleurs, de couleur carnée, se mon- 
trent en juillet-août; elles sont nombreuses et forment de 
grosses ombelles pendantes, assez ornementales. Cette plante 
est très envahissante ; ses racines sont traçantes et ne tardent 
pas à se répandre de tous côtés. VAsclepias Cornuti est très 
rustique et peut convenir à orner les jardins dont le sol est 
de mauvaise qualité ; il croit dans tous les terrains et à toutes 
les expositions; on le multiplie par division des touffes, au 
printemps. 

Asperula odobata L. Petit Muguet, Heine des bois. — Petite 
plante vivace, indigène, ne dépassant pas 25 centimètres de 
hauteur. Ses fleurs, très petites, mais nombreuses, sont 
blanches, odorantes. L' Asperula odorâta peut servira orner 
le dessous des arbres, même dans les endroits humides. On en 
fait de charmantes bordures qui se couvrent de Heurs en mai ; 
elle peut être également employée à l'ornement des plates- 
bandes. Multiplication par division des touffes, à l'automne 
ou quelque temps avant l'époque delà floraison. 

Aspidistra f.i.atior Blume (flg. 30). — Plante vivace. origi- 
naire de la Chine, haute d'environ 80 centimètres, cultivée 
surtout pour son feuillage qui est très ornemental et qui peut 
se conserver longtemps en appartement. C'est peut-être la 
plante qui résiste le mieux dans ces conditions. V Aspidistra 
peut être mis en pleine terre pendant l'été et relevé à l'au- 
tomne pour passer l'hiver dans un endroit éclairé, à l'abri des 
fortes gelées. Il en existe plusieurs variétés à feuilles pana- 
chées, un peu plus délicates. Multiplication par division des 
touffes. 

Aspidium acileatum Sweet (flg. 31). — Belle Fougère de 
nos bois, vivace, d'environ 80 centimètres de hauteur, à frondes 
(feuilles) très découpées et des plus élégantes. Cette superbe 



I 






70 



LE JARDIN D'AGRÉMENT. 



plante convient à orner les parties ombragées et fraîches des 
jardins. Multiplication par division des touffes. 

Aster Amellus L. A. Œil du Christ (flg. 32). — Belle plante 
indigène, d'environ 60 centimètres de hauteur, à fleurs rela- 
tivement grandes, d'un bleu violacé, à centre jaune. Les 
diverses espèces d'Aster, numérées ci-après, sont des plantes 




Fig. 3U. — A«pidistra. 

rustiques, qui croissent dans tous les sols et à toutes les 
expositions, sans qu'il soit nécessaire de leur donner d'autres 
soins que de replanter tous les deux ou trois ans les touffes, 
qui finiraient par s'étendre trop et par épuiser le sol. Ces 
plantes sont d'autant plus précieuses qu'elles fleurissent 
en août-septembre, époque à laquelle les fleurs commen- 
cent à devenir 'rares dans les jardins; pour quelques espèces, 
la floraison se continue jusqu'aux gelées. Les Heurs d'Aster 
se conservent longtemps après avoir été coupées et mises en 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D'ORNEMENT. 71 

bouquets dans l'eau; ce n'est pas un do leurs moindres 
mérites. On multiplie les Aster par division des touffes, au 
printemps. 

A. FORMOsissiMcs Hort. — Belle plante d'environ 1 mètre de 
hauteur; en septembre, fleurs d'un bleu violacé. 

A. multiflorus Ait. — De l'Amérique septentrionale. Tige 




Fig. 31. 



Aapidis à nigutllons 



de 75 centimètres à 1 mètre ; en octobre, fleurs très petites, mais 
nombreuses, blanches. Feuilles étroites et courtes. Cette 
espèce est très ornementale. Ses rameaux légers chargés de 
petites fleurs produisent un effet ravissant aussi bien sur la 
plante que dans les bouquets. 

A. nov.e-angli.e L. — Amérique septentrionale. Plante de 
2 mètres de hauteur. En septembre-octobre, Heurs peu nom- 



LE JARDIN D AGRÉMENT. 



breuses, mais très grandes pour le genre et d'un beau bleu 
violacé. Variété a fleurs roses. 

A. grandiflorus L. (fîg. 33). — De 7b centimètres à 1 mètre 
de hauteur, à grandes fleurs bleu violacé avec le centre jaune, 
puis purpurin. 

A. horizontale Desf., (A. diffusus Ail.). — A fleurs très 
petites, d'un blanc purpurin; aussi très recommandable. 

A. roRBiNELLos Lindl. — Amérique septentrionale. Char- 




Fig. il. — Aster (fc.il du (Jiri*t 



Kg. 33 



Aster ;i "raades fleuri. 



mante espèce d'environ 1 mètre de liauteur, à tiges rameuses 
et filiformes qui se couvrent de petites Heurs d'un lilas 
violacé,fdonnant à la plante un aspect tout particulier. 

A. versicolor Willd. — Belle espèce d'environ l m ,50 de 
hauteur, à fleurs assez grandes, d'abord blanchâtres, puis 
roses et enfin violettes. 

Il existe d'aulres espèces d'Aster également ornementales. 

Aubépine. — Voy. Crat.egls. 

Aubrietia deltoidea DC. — Plante vivace, originaire de 
l'Europe méridionale, à tiges gazonnantes atteignant tout au 
plus 10 centimètres de hauteur, donnant d'avril en juin un 
nombre considérable de petites fleurs d'un bleu violacé. 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D'ORNEMENT. 



73 



Cette charmante plante ne pourrait être trop recommandée 
pour former des bordures compactes dans les terrains 
légers et à bonne exposition. Ses premières fleurs se montrent 
quelquefois dès le mois de mars. Un autre mérite de ÏAu- 
brietia deltoidea est de se prêter à la transplantation, alors 
même qu'il est en tleurs; on peut s'en servir pour faire des 
corbeilles qu'on arrache après la floraison. Multiplication- 
très facile par division des touffes à l'automne. 

Aucuba japonica !.. Aucuba (fig. 34), — Arbrisseau du Japon 
de l m ,fiO à 2 mètres de hauteur, à tiges vertes, à feuilles 







I 



persistantes, coriaces, épaisses, d'un vert luisant. Il en existe 
plusieurs variétés à feuilles diversement panachées de jaune. 
L' Aucuba est surtout cultivé comme plante à feuillage orne- 
mental ; ses (leurs sont insignifiantes. Cet arbrisseau est 
dioïque, c'est-à-dire que les fleurs mâles et les (leurs 



que 
D. Bois. — Le petil jardi 



édit. 



74 LE JARDIN D'AGRÉMENT. 

femelles sont portées sur des pieds distincts. Il est indis- 
pensable d'associer les deux sexes pour obtenir la production 
des fruits, qui sont nombreux, de la grosseur d'une olive et 
d'un beau rouge. Ces fruits, très décoratifs, persistent pendant 
une partie du printemps. 

\;Aucuba est souvent planté dans les jardins; il n'est pas 
difficile sur la nature du terrain et réussit surtout bien à mi- 
ombre. C'est également une très bonne plante d'appartement. 
Multiplication de boutures, au printemps. 
Auricule. — Voy. Primula Auricula. 
Azalée. — Voy. Rhododendron. 
Balisier. — Voy. Canna. 
Balsamine. —Voy. Impatiens. 

Bambou. — Sous ce nom, on cultive dans les jardins 
un certain nombre de plantes appartenant à des genres diffé- 
rents, mais semblables par le port. Les Bambous sont des 
plantes très ornementales par leurs chaumes et leur feuil- 
lage d'une légèreté incomparable. Ils forment des touffes com- 
pactes d'un effet charmant lorsqu'elles sont isolées sur les 
pelouses. 

Dans certaines espèces très vigoureuses, les tiges atteignent 
des dimensions suffisantes pour qu'on puisse en faire des 
• cannes de pèche, des cannes, etc. 

Nous citerons parmi les espèces les plus répandues : 
ARUNDiNARiAFALCATANees. — Plante de 2 à 3 mètres de hau- 
teur, originaire duNépaul, à tiges lisses, d'un vert tendre. 

A. iaponica Sieb. et Zucc. — Diffère surtout de l'espèce 
précédente par ses feuilles beaucoup plus larges. 

Phyllostachys viridi-glaucescens A. etC. Rivière. — Très 
belle espèce à tiges atteignant jusqu'à 3 mètres et plus de 
hauteur, d'un vert clair, d'un diamètre qu'il n'est pas rare de 
voir dépasser 2 centimètres. Ce Bambou est le plus robuste et 
le plus beau de tous ceux que l'on peut cultiver en pleine terre. 
Il est originaire de la Chine et du Japon. 

P. aurea A. et C. Rivière. Bambou doré. — Espèce originaire 
des mêmes contrées que le précédent; comme lui, il est d'une 



. I 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D'ORNEMENT. 78 

grande vigueur et d'une rusticité parfaite. Ses tiges sont d'un 
vert jaunâtre. 

P. nigra Munro. Bambou noir. — Cette espèce dépasse rare- 
ment l m , 75 de hauteur; ses tiges sont grêles et d'un beau noir 
lorsqu'elles sont parvenues à l'état adulte. Le Bambou noir 
est originaire de la Chine; il est beaucoup moins robuste que 
le R. doré et il est prudent d'en couvrir les souches avec des 
feuilles sèches pour les garantir contre les grands froids. 

Bambusa Fortunei V. lltte. — Espèce naine plus délicate que 
celles qui précèdent, à feuilles panachées. On peut s'en servir 
pour faire des bordures qu'il suffit d'abriter en les couvrant 
de feuilles sèches pendant l'hiver. 

Les Bambous sont des plantes très épuisantes; ils pros- 
pèrent surtout 
dans les sols pro- 
fonds, substan- 
tiels et frais, à 
bonne exposi- 
tion. On les mul- 
tiplie par sépa- 
ration des rejets, 
soit à l'automne, 
soit au prin- 
temps. 

Barbe de Jupi- 
ter. — Voy. Cen- 

TRANTHUS. 

Barbe a u . — 

Voy. Ckntadrba. 

Barkhausia 

nuiiRA Liuk. Cré- 
pide rouge (fig. 
33). — Char- 
mante plante annuelle originaire de l'Europe méridionale, 
atteignant environ lit) centimètres de hauteur. Ses feuilles 
ressemblent assez à celles du Pissenlit; ses Heurs, qui peuvent. 




Kig. 3.Ï. — CrCpiile rouge. 



76 



le Jardin d'agrément. 



aussi être comparées à celles de cette plante, sont nom- 
breuses et d'un beau rose. Il en existe une variété à fleurs 
blanches. • 

La Crépide rose n'est pas cultivée autant qu'elle le mérite ; 
on peut en faire des bordures ou des corbeilles qui restent fleu- 
ries de mai jusqu'en juillet. Cette plante prospère surtout en 
terre légère et à bonne exposition. On peut la semer en 
pépinière, en septembre-octobre, et mettre en place au com- 
mencement du printemps: dans ce cas, la floraison commence 
dès le mois d'avril; ou bien semer également en pépinière, en 
mars-avril, pourmettre en place dans les premiers jours de mai. 

Bassin d'or. — Voy. Ranunculus. 

Bâton de Saint-Jean. — Voy. Polygonom orientale. 

Bégonia. — Ce genre renferme un nombre considérable 
d'espèces originaires des régions chaudes du globe, à t'rges 
généralement charnues. On cultive dans les serres un grand 
nombre de ces espèces, les unes étant recherchées pour 
leurs fleurs, les autres pour leur feuillage. On en a obtenu 
une quantité de variétés. Il existe plusieurs Bégonia qui peu- 
vent être facilement cultivés en plein air et qui sont d'une 
grande valeur au point de vue de la décoration des jardins : 

B. semperflorens Link et Otto. fi. toujours fleuri (fig. 30). 
— Espèce vivace à tiges sous-frutescenles, d'environ 30 centi- 
mètres de hauteur, à feuilles épaisses, charnues, luisantes et 
d'un beau vert, à fleurs nombreuses, blanches, se succédant sans 
interruption pendant tout l'été. Ce Bégonia est employé depuis 
longtemps dans l'ornementation des jardins. Il en existe aujour- 
d'hui plusieurs variétés à feuillage jaunâtre où bronzé et à fleurs 
blanches, roses ou d'un rouge vif ; il en est de naines et de 
taille plus ou moins élevée, ayant chacune leurs mérites. Ces 
plantes conviennent surtout à former des bordures autour 
des corbeilles, à orner les plates-bandes; elles réussissent 
surtout dans les terrains bien meubles, frais sans être trop 
humides et à une exposition un peu ombragée. 

Le mieux, pour reproduire les pieds les plus florifères et dont 
les fleurs sont les plus belles, est d'en bouturer les tiges à 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D'ORNEMENT. 



77 



l'automne et de les conserver l'hiver, soit sous un châssis, 
soit dans une pièce inhabitée, bien éclairée. On peut aussi 
multiplier ces plantes de graines que l'on sème en février-mars 
sur couche chaude. On r"epique le plant dans des pots, en terre 
légère, de préférence sableuse, et on le conserve sous châssis 




Bégonia toujours Meui-l. 



jusqu'à ce que les froids ne soient plus à craindre. On met en 
place enjuin. 

Il est facile de se procurer ces plantes à Paris; au printemps. 
on les vend par bourriches dans tous les marchés. On y trouve 
également les R. castaneifolia Schott et ascotiensis Wehb, qui 
sont employés aux mêmes usages dans les jardins; leurs feuil- 
les et leurs Heurs étant différentes, permettent de les associer 
dans la composition des corbeilles. 

Bégonias tuberculeux (fig. 37). — De toutes les plantés orne- 
mentales introduites depuis de nombreuses années dans les 



I 



LE JAKDIN l) AGRÉMENT. 



.jardins, les Bégonias tuberculeux sont certainement les plus 
belles et les plus précieuses. 

Il n'y a pas très longtemps que les premières variétés ont 
élé obtenues et déjà il en existe un nombre considérable, à 
Heurs souvent très grandes, simples ou doubles, présen- 
tant les coloris 
les plus éclatants 
et les plus va- 
riés. 

L'obtention de 
ces plantes su- 
perbes a élé une 
véritable révolu- 
tion en horticul- 
ture ; elles ligu- 
renl encore au 
premier rang 
dans les exposi- 
tions, oùelles font 
l'admiration des 
visiteurs. Elles 
sont le produit 
de croisements 
opérés entre di- 
verses espèces , 
notamment des 
li. bolivicnsis, Davisii, Dregei, Fr&beli, Pcarcei rosxflora, Veitchi. 
Chaque année voit naître de nouvelles variétés qui. souvent 
laissent loin derrière elles celles qui étaient précédemment 
connues; on en possède maintenant dont les fleurs mesurent 
jusqu'à 20 centimètres de diamètre. 

Les Bégonias tuberculeux dépassent rarement 30 centimètres 
de hauteur; leur feuillage, d'un vert clair, est assez orne- 
mental ; les fleurs, les unes mâles, les autres femelles, sont 
simples ou doubles, pendantes ou dressées, selon les variétés. 
Les coloris qu'elles présentent sont extrêmement variés et 




Fig. 37. — Bégonia tuberculeux. 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D'ORNEMENT. 



■70 



montrent tous les intermédiaires entre le blanc, le rose, le 
rouge et le jaune. Ces plantes ont le grand avantage de fleurir 
abondamment, depuis juillet jusqu'aux gelées; elles sont des 
plus précieuses pour composer des corbeilles dans les terrains 
frais mais bien meubles, et à une exposition un peu ombra- 
gée • la distance à observer dans la plantation doit être de 18 a 
20 centimètres entre les pieds. Les Bégonias tuberculeux 
peuvent donc, dans certains cas, remplacer les Géranium, qui 
ne donnent que des résultats médiocres lorsqu'on les cultive a 

l'ombre. . 

La culture des Bégonias tuberculeux est des plus simples 
pourvu que les plantes soient placées dans un sol léger, plutôt 
sablonneux que trop compact, et à une exposition mi-om- 

bradée 

A°u mois d'avril, les tubercules sont placés dans de petits 
pots que l'on met sous châssis ; on arrose de temps en temps, 
et les pousses ne tardent pas à se montrer. Fin mai, on dépote 
les plantes sans loucher aux racines et sans briser la motte de 
terre qui les entoure, et on les met en place. Au mois d'octobre, 
avant les premières gelées, on arrache les pieds en motte et 
on les serre dans un endroit bien sec, à l'abri des gelées. Des 
que les feuilles et les tiges sont séchées, on place les tuber- 
cules dans de la terre bien sèche, où ils se conservent jus- 
qu'au printemps suivant. 11 est nécessaire de renouveler de 
temps en temps les tubercules, qui donnent une floraison 
moins belle lorsqu'ils deviennent vieux. 

La multiplication des Bégonias tuberculeux peut se faire par 
boutures prises au printemps sur les jeunes pousses, en ayant 
soin qu'elles soient munies d'un œil à la base. Une tempéra- 
ture de 18 à 20 degrés suffit pour faire émettre des racines; 
mais les boutures ne tarderaient pas à pourrir si on les arro- 
sait trop et si on les maintenait sous cloche, où l'atmosphère 
serait trop confinée. Le sol qui convient pour faire cette opé- 
ration est le sable (in, aussi pur que possible, du grès par 
exemple. Lorsque les boutures sont enracinées, on les met 
dans de petits pots et on les soumet au traitement indiqué 












80 



LE JARDIN D'AGRÉMENT. 



■ Dlamesn 7 6S ' P ° Ur 3CtiVer ' a Vé 8 étati0n des *«■"» 

fomne ViT T arf0Ser ^ de ren « rais ****** A l'au- 
tomne, les tubercules sont assez volumineux pour être hiver- 
nes, comme ceux qui sont adultes 

On peut aussi multiplier les Bégonias tuberculeux par semis. 
Voie, le procède ind.qué par M. Malet : Semer en terrines sous 
châssis froid, fin de juin ou première quinzaine de juillet, dans 
un compost de terre de bruyère et de terreau de feuiîles ne 

l P è a vent°T ""'' maiS ° mbrer ^ment dès que les grai'nes 
lèvent, donner ensuite de l'air le jour. Le plant sera bon à re- 

P^uer, également en terrines, au commencement d'août et l'on 

mètres OnT"" "î SePtembre dSnS d6S «° dets de 7 centi - 
metres On la,ssera les jeunes pieds achever leur végétation 

us châssis, à froid, avec le grand air jour et nuiL On doU 

ce ser es arrosages quand les tiges meurent. Quand la terre 

est sèche dans les pots, il faut secouer les motles et serrer les 
uber l es d sec ^ . rabr . des gei . es> Les 

étant res fines doivent être à peine recouvertes de terre 
lorsqu'on fait le semis. "«terre, 

Bell ^On-.e heures. - Voy. Orhithogalum umbellatum. 

Belle-de-Jour. - Voy. Convolvulus tricolor. 

Belk-de-Nuit. - Voy. Mirabilis jalapa. 

Bellesamine. - Voy. Impatiens Balsamina. 

Bellis PERENNIS L PdqmreUe> mue m u _ Jo 

petite plante vivace dont les fleurs émaillent nos prairies au 
pr ntemps des les premiers beaux jours. L'humble (leur sau- 
lîffl^l i ran K f rmée P°»r prendre place dans nos jardins où 
se fleurs, double, ou pleines, ligulées ou tuyautées, blanches, 
roses o, rouges, unicolores ou panachées, constituent l'un des 
Plus johs ornements au printemps. Il en existe une variété à 
fleurs prolifères nommée Mers de famille et une autre à feuilles 
panachées de jaune d'or sur fond vert. Mais, en «'améliorant, ' 
a plante est devenue plus délicate, et ce n'est que grâce à 
certains soins qu'on peut la conserver toujours belle 
^ diverses variétés de la Pâquerette peuvent servir à faire 
des bordures ou des corbeilles, qui se couvrent constamment 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D'ORNEMENT. 81 

de fleurs, depuis mars jusqu'en juin ; elles prospèrent surtout 
dans les sols bien meubles et. frais. Lue couverture de feuilles 
sèches est nécessaire pour les abriter contre les grands froids, 
en hiver. Les variétés à fleurs pleines ne donnent pas de graines 
ou se reproduisent généralement mal ; on doit les multiplier 




££$**» 



l-'ig. 3S. — Brachy . 

par division des touffes, au printemps, quand bien môme la 
lloraison serait commencée. 

On peut, lorsque la plante a cessé de fleurir, l'arracher et la 
mettre en pépinière, dans une partie quelconque du jardin, 
où elle restera jusqu'au printemps suivant. Dans tous les cas, 
il faut replanter les Pâquerettes au moins tous les deux ans, 
et éliminer les pieds à fleurs simples, dont les graines en se 
répandant donneraient naissance à des variétés sans intérêt, et 



I 



82 



LE JARDIN D'AGRÉMENT. 



qui, par la vigueur de leur végétation, détruiraient tout ce qui 
se trouverait auprès d'elles pour en prendre la place. 
Bignonia. — Voy. Tecoma ramcans. 
Bleuet. — Voy. Centaurea Cyamus. 
Bleuet virace. — Voy. Centaurea montana. 
Bois-Gentil. — Voy. Daphne Mezereum. 
Boule-de-neige. — Voy. Viburnum Opulus sïerilis. 
Bouquet-Parfait. — Voy. Dianthus barbatus. 
Bouton-d'argent. — Voy. Aciiillea Ptarmica, flore pleno. 
Bouton-d'or. — Voy. Ranuncui.us. 

Brachycome iberidifolia Benth. (fig. 38). — Jolie petite 
plante annuelle, haute d'environ 30 centimètres, originaire 
d'Australie, à rameaux légers, portant des feuilles très décou- 
pées et des fleurs en capitules nombreux, d'un beau bleu. lien 
existe une variété à fleurs blanches et une autre à fleurs roses. 
Cette plante, très ornementale, convient à orner les plates- 
bandes bien exposées, dont le sol est meuble et léger. Le Bra- 
chycome peut être semé en mars, sur couche, repiqué en pots 

que l'on conserve sous châssis et 
mis en place en mai : la florai- 
son commence en juin et dure 
jusqu'en août; on peut aussi le 
semer en avril-mai en place et, 
dans ce cas, les fleurs se succè- 
dent de juillet en septembre. 

Briza maxima L. Amourette à 
gros épillels. — Herbe annuelle 
originaire de l'Europe méridio- 
nale, d'environ S0 centimètres de 
hauteur, cultivée surtout pour 
ses inflorescences qui, après avoir 
été séchées, servent à la con- 

: il petits qiillets „ ,. . , 

i). iection de bouquets perpétuels. 

B. minor. Amourette à petits 
épillets (fig, 39). — Employé au même usage. 
Les Amourettes demandent une terre légère et une bonne 




30. — Amourette 
(Briza). 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D'ORNEMENT. 



83 



exposition ; elles doivent être semées en place en mars-avril 
leur floraison a lieu de juillet en août. 

Brouillard. - Voy. Gypsophila 

Bîit's. — Voy. Buxus. 

„,.,■«„„ ardent. — Voy. Crat.egus Pyracantha. 

Buisson araeni. j rmmsrùuael&a 40).- Petite plante 

BulbocodiumYE«NUML.CiOCUi>»ou!/M"n-*"l- = «" 
bulbeuse originaire des Alpes, dont le principal mente est de 
Ileunr en février-mars, en même temps que le Perce-Neige et 
YEranthis hyemalis, c'est-à-dire ,. 

à une époque où il n'y a pour <=^W 

ainsi dire pas d'autres Heurs. 
Le Crocus rouge peut servir à r| 

orner les jardins, surtout dans ^-—>* 
les parties un peu ombragées; «*§ 

il préfère les terrains frais et 
un peu argileux, mais bien per- 
méables ; ses fleurs, d'un rose 
violacé, sont assez jolies. La mul- 
tiplication se fait par sépara- 
tion des caieux en août-sep- 

^^Lnus OHBB^us L. Jour fleuri. - Charmante plante 
vivace, aquatique, indigène, d'environ 8 c*ntimètr es de hau- 
teur à (leurs nombreuses, assez grandes, d un beau rose 
éunies eu sortes d'ombelles. Les Heurs du Jonc fleur 
m en de juin en août et sont des plus ornementales. 
Comme bon nombre d'autres plantes aquatiques, le loue 
S r et être planté dans des baquets ou dans des pan.e» 

Von plonge dans des bassins, de man.ère qu ,1 so 
Couvert d'une épaisseur d'eau suffisante pour que sa 
ul soit complètement submergée Cette espèce g de 
plus rustiques; on la multiplie par dmsion des touffes, 

printemps. indigène a 

•Rii-KUS BEMPERVrftENS L. BUIS. — 1 eui > . 

fe^rs.stantes, d'un vert foncé, à Heurs verd res ms, 
gnifiantes. Il en existe plusieurs vanétés : à leuilles etro.tes 




Pie. 40. - 



Bulboeode prlntaoier. 



84 



LE JARDIN D'AGRÉMENT. 



Carabe ^arfa'fe. — Voy. Emilia. 

Galandrinia ghandiflora LindJ. (fl R . 41) - P| anfo ,■ 
on g ,n,re du Chili, cuItivée conj XnlLnnuTaZTel 

jardins. Elle atteint de 30 à 
40 centimètres de hauteur; ses 
feuilles épaisses et charnues 

■sont réunies en rosette à la sur- 
face du sol; ses fleurs, de 3 à 
4 centimètres de diamètre, 
d'un rose violacé, sont très' 
jolies et se succèdent de juil- 
let à octobre. Le Calandriniâ 
Orandiflora exige une terre lé- 
gère et une exposition chaude • 
c'est une belle plante, pro- 
pre surtout à orner les pla- 
tes-bandes. Semer en avril, 
G. spbciosa Lehm _ A„tr e "î ^^ à bonne ex P°sition.' 

.oaiwoAHW. - Ces curieuses et belles plantes 




(•îg. 41. — Oalandrinie élégante. 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D'ORNEMENT. , 8 :i 

exigent des soins qu'on ne peut pas toujours donner dans les 
petits jardins ; nous signalons seulement les Calcéolaires ru 
gueuses et leurs variétés, Calceolaria rugosa R. etPav (lie 43] 
que l'on vend en bourriches 
sur les marchés et qui ser- 
vent à composer des mas- 
sifs avec des Géranium, des 
Anthémis, etc. La variété 
nommée Triomphe de Ver- 
sailles, dont les tiges n'at- 
teignent guère plus de 2S à 
^0 centimètres de hauteur 
etdonllesnombreuses fleurs 
d'un jaune superbe se succè- 
dent de juillet en octobre, est 
des plus recommandables. 
Calebaése. — Voy. Lagi:- 

NARIA. 

Calandnla omcHAus L. Souci. - Plante remarquable qui 

réunit un grand nombre de mérites ordinairement méconnus 
Il en existe des variétés h fleurs très grandes et très pleines" 
aux coloris les plus brillants e, d'une très grande valeur" 
ornementale. Le Souci est d'une rusticité absolue; il croit 
dans tous les terrains, à toutes les expositions et sa floraison 
des plus abondantes, dure de juin jusqu'en octobre. On ren- 
contre cette plante dans beaucoup de jardins, mais il est 
rare d y vo.r les formes améliorées, qui seules devraient être 
cultivées et qui modifieraient l'opinion de ceux qui dédai- 
gnent cette fleur, parce qu'ils la connaissent mal 

Le Souci doit être semé de mars en mai, en pépinière ; on 
met en place dès que le plant est bien développé 

Le Souci présente, des variétés à fleurs presque blanches 
jaune pâle, jaune orangé, jaune safran, unicolores ou à centre 
brun, etc.; une autre, appelée S. Mère de famille, présente 
de capitules entourés d'une couronne d'autres capitules très 
petits. Cette variété est plutôt curieuse, que belle. 




Calci'olaire à feuiili-s rugueuse 






86 



LE JARDIN D'AGRÉMENT. 



Calliopsis. - Voy. Coreopsis. 

Callistephus ghinensis Nées. Reine-Marguerite. - C est 
la plante annuelle la plus connue et la plus appréciée pour 
.•ornement des parterres. Il n'en est pas de p us facile a culti- 
ver ni qui s'accommode aussi bien de tous les erra.ns et de 
toutes les expositions. Il en existe un grand nombre de varie- 

tés à tiges naines ou élevées, 
à fleurs (capitules) simples, 
pleines ou très pleines : globu- 
leuses et à pétales (ligules) 
courbés en dedans [R.-M. Pi- 
voines) ; à pétales plus étroits, 
moins longs et dressés (Pyra- 
midales); à pélales larges et 
renversés en dehors [Chrysan- 
thèmes); à pétales régulière- 
ment imbriqués (Imbriquées) ; 
à pétales imbriqués, mais à 
(leurs très petites (Pompons) ; 
à pétales tuyautés (Anémo- 
nes), etc. 

Si la forme des fleurs est 
très variée dans cette plante, 

_ Keiue-Marguerile couronnée j es co l or i s qu'elle présente ne 
{Callistephus). ^ ^ ^ mQm <.. les princi . 

paux sont : le blanc, le rose, le rouge et le violet avec tous les 
intermédiaires. Une race dite R.-M. Couronnée (fig. 43) a le 
centre de la Heur blanc, entouré d'un cercle lilas, rose, rouge 
ou violet selon les variétés ; une autre, R.-M. Arlequin, a les 
Heurs tantôt striées ou panachées, tantôt unicolores, quoique 

sur le même pied. 

Les nombreux usages de la Reine-Marguerite pour 1 orne- 
ment des parterres diffèrent suivant le développement que 
peuvent prendre les variétés que Ton cultive et aussi selon 
la couleur des fleurs, etc. Les fl.-M. très naines peuvent 
être utilisées pour border les petites corbeilles, etc. Les plantes 




PLANTES ET ARBRISSEAUX D'ORNEMENT. 



s; 



de ce groupe atteignent rarement plus de 15 à 20 centimètres. 
Les Reines-Marguerites prospèrent surtout dans les terrains 
frais et bien fumés; on les multiplie par semis faits en mars- 
avril sous châssis ou sur colière, en sol bien meuble, en 
recouvrant à peine de terre les graines qui sont petites ; des 
que le plant a deux ou quatre feuilles, on le repique eu pé- 
pinière, toujours à bonne exposition, en laissant entre les 
pieds un espace suffisant pour qu'on puisse les arracher facile- 
ment avec leur motte en faisant un second repiquage (les 
repiquages sont indispensables pour cette plante; ils pro- 
voquent la formation du chevelu aux racines et empèchenl 
les tiges de s'allonger trop); on met en place en mai-juin, 
en espaçant les pieds d'environ 30 à 40 centimètres. Après 
avoir bien arrosé, on couvre le sol d'un bon paillis qui le main- 
tiendra frais. La Reine-Marguerite présente le grand avan- 
tage de pouvoir être transplantée au moment où commence 
la floraison, ce qui permet de la conserver jusqu'à ce temps 
en pépinière d'attente. Les variétés de celte belle plante ne se 
reproduisent malheureusement 
pas toujours très fidèlement par 
le semis ; il est nécessaire de con- 
server à part les pieds les plus 
parfaits, que l'on choisit comme 
porte-graines, en ayant soin de 
les isoler suffisamment. 

Caltha PAtnsTRis L. — Varié- 
tés à fleurs, pleines et à fleurs 
monstrueuses. Populage, Souci 
d'eau, — Belles plantes aquatiques 
vivaces, indigènes; à grandes 
(leurs d'un beau jaune, se suc- 
cédant de mai en juin. Les tiges, 
hautes d'environ 23 centimètres, 
sont garnies de feuilles amples, luisantes et d'un beau vert. 
Le Souci d'eau habite surtout les sols marécageux ou peu 
couverts d'eau; il réussit très bien plaidé- en baquets à peine 




Caltha de 






I 



LE JARDIN D'AGRÉMENT. 



submergés, dans les bassins, dont il constitue l'un des plus 
beaux ornements. On le multiplie par division des touffes, au 
printemps. 

Calycanthus floridus L. Arbre aux Anémones. — Arbrisseau 
d'environ 2 mètres de hauteur, originaire de l'Amérique sep- 
tentrionale, à feuilles d'un vert foncé, à fleurs d'un rouge brun 
se montrant de mai en juin. L'Arbre aux Anémones exige une 
terre meuble et fraîche. 

Calystegia pubescens Lindl. Petit Liseron à fleurs pleines. 
— Charmante plante grimpante, originaire de la Chine, 
atteignant ordinairement de l m ,50 à 2 mètres de hauteur, à 
tiges volubiles, à (leurs nombreuses, très pleines, d'un rose 
tendre, qui se montrent successivement depuis mai jusqu'en 
septembre. C'est l'uue de nos plus jolies plantes grimpantes 
vivaces, rustiques; elle prospère surtout dans les sols légers, 
bien exposés. On peut se servir du Petit Liseron à fleurs pleines 
pour garnir la base des tonnelles, des treillages, les balus- 
trades, etc. On le multiplie par division des racines, qui res- 
semblent beaucoup à celles du 
Liseron commun et avec les- 
quelles il faut éviter de les con- 
fondre au moment des labours. 
Camomille romaine. — Voy. 
Anthémis nobilis. 

Campanula. Campanule.— 
Gente renfermant nombre d'es- 
pèces ornementales parmi les- 
quelles on peut citer : 

C. Médium L. Campanule à 
grosses fleurs, Carillon, Violette 
marine, etc. (fig. 45}. — Superbe 
plante bisannuelle, originaire 
de l'Europe méridionale, d'en- 
viron 50 centimètres de hauteur, fréquemment cultivée dans 
les jardins, à fleurs nombreuses, grandes, penchées, simples 
ou doubles, d'un bleu pâle ou foncé, blanches ou roses, uni- 




45. — Campanule Carillon. 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D'ORNEMENT. 89' 

colores ou striées, selon les variétés. La Campanule Carillon 
fleurit abondamment de juin en juillet; elle convient à orner 
les plaies-bandes ou à composer des corbeilles dans tous les 
terrains, pourvu qu'ils soienl perméables et bien exposés. 

On connaît sous le nom de C. M., var. calycant.hema, une 
variété dont le calice est transformé en' une large collerette de 
même couleur et de même forme que la corolle, de manière 
que la fleur parait être formée de deux corolles emboîtées l'une 
dans l'autre: 

La culture de la Campanule Carillon est des plus simples : 
on sème les graines d'avril en juin, en pépinière ; on repique 
le plant en pépinière et l'on met en place à l'automne, en 
espaçant les pieds d'environ 30 centimètres. Le point impor- 
tant est de faire tous les ans de nouveaux semis qui ne fleu- 
rissent que l'année suivante. 

C. carpathica L. — Jolie plante vivace, d'environ 30 centi 
mètres de hauteur, originaire de la Hongrie; à grandes fleurs 

nombreuses, bien ouvertes, bleues dans le type de l'espèce, 

blanches dans une variété. 

Cette charmante Campanule 

fleurit de juin en septembre ; 

elle est des plus rustiques et nous 

ne saurions trop la recommander 

pour orner les plates-bandes ou 

pour l'aire des bordures à bonne 

exposition ou à mi-ombre'. Multi- 
plication par division des touffes 

au printemps, ou de semis faits 

d'avril en juin, en pots. 
C. persic.kfolia L. Campanule 

des jardins, Cloche (fig. 40). — 

Espèce vivace, autrefois très ré- 
pandue dans les jardins, attei- Fig. m. 

gnant environ 50 centimètres de 

hauteur, formant des touffes garnies de feuilles étroites, à 

fleurs en longue grappe, assez grandes et d'un bleu pâle, se 




Campanule des jardins. 



90 LE JARDIN D'AGRÉMENT. 

succédant de juin en juillet. Il existe plusieurs variétés de cette 
belle plante, à fleurs blanches, simples ou doubles. La variété 
coronata est remarquable par son calice pétaloïde dans lequel 
s'emboite la corolle dont il semble être une duplicature. La 
Campanule des jardins est d'une rusticité absolue; elle croît 
dans tous les terrains et à toutes les expositions. On la mul- 
tiplie par division des touffes, au printemps. 

Campanula fyramidalis L. Pyramidale (flg. 47). — Espèce 
vivace, originaire de la Lombardie, d'environ l m ,o0 de hau- 
teur; les fleurs, qui naissent 
latéralement sur les tiges, dont 
elles occupent à peu près la 
moitié de la hauteur, forment 
une sorte de pyramide du plus 
bel effet : elles sont assez gran- 
des, bien ouvertes et d'un bleu 
clair. Il en existe une variété à 
fleurs blanches. C'est une su- 
perbe plante cultivée depuis 
longtemps et que l'on rencontre 
souvent sur les vieilles mu- 
railles; sa floraison a lieu de 
juillet en septembre. La Pyra- 
midale convient surtout à orner 
les plates-bandes. On la vend souvent sur les marchés aux 
fleurs, à Paris, cultivée en pots et fixée à des tuteurs qui font 
prendre à ses longues prappes de fleurs une direction flexueuse 
ou courbée plus ou moins élégante. Cette plante peut être 
multipliée par division des touffes, mais il est préférable de la 
semer d'avril en juin, en pépinière et en terre légère; on re- 
pique le plant et l'on met en place à l'automne ou au prin- 
temps. 

C. glomerata L. — Espèce indigène à fleurs disposées en 
bouquets à l'extrémité des rameaux. 

C. grandis Fisch. — Belle espèce rustique, de 80 centimètres 
de hauteur, qui exige les mêmes soins que la C. des jardins; 




— Campanule pyramidale. 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D'ORNEMENT. 



91 



C. rotondifolià L. — Petite plante gazonnante indigène, 
propre à faire des bordures cl qui se couvre de jolies petites 
clochettes bleues, depuisjuin jusqu'en septembre. Il en existe 
deux variétés, l'une à fleurs doubles, l'autre à fleurs pleines. 

Canna. Balisier. — Plantes à feuillage et à port superbes, 
quelquefois aussi à fleurs des plus ornementales. L'extrême 
vigueur de leur végétation permet de les employer, soit pour 
combler les vides dans les mas- 
sifs d'arbrisseaux, soit pour for- 
mer rapidement des rideaux de 
verdure. On en fait des corbeilles 
dans presque tous les jardins, et 
les belles variétés à grandes fleurs 
obtenues dans le courant de ces 
dernières années feront cerlaine- 
ment prendre à ces plantes une 
importance de plus en plus consi- 
dérable. Les principales espèces 
connues sont : 

C. indica L. Canne d'Inde (fig. 48), 
de l m ,;iO environ de hauteur, à 
fleurs jaune et rouge. 

C. GiGANTEA Red. — Tige de 2 mètres; feuilles très amples ; 
fleurs assez grandes, d'un rouge foncé. 

C. iridiflora R. et Pav. — Espèce d'une culture difficile, 
parce qu'il faut la maintenir en végétation pendant l'hiver, ses 
rhizomes n'étant pastubéreux. Ses Heurs sont très grandes et 
d'un rose vif. 

G. discolou Lindl. — L'une des plus belles espèces pour le 
feuillage ; ses feuilles, très grandes, sont d'un vert foncé à la 
face supérieure, rouge sanguin sur les bords et à la face infé- 
rieure. Le Canna discolor atteint quelquefois 2 mètres de 
hauteur. 

C. Warscewiczu Dietr. — De 1 mètre de hauteur, à feuilles 
bordées et lavées de pourpre foncé et à fleurs d'un rouge pur- 
purin. 







92 



LE JARDIN D AGRÉMENT. 



C. Ann.ei Hort. — De 2 mètres environ, à feuilles d'un vert 
glauque, ovales, aiguës, dressées; à fleur assez grande, d'un 
jaune saumoné. 

Les Cannas dits Cannas hybrides à grandes fleurs ont sur les 
précédents l'avantage de présenter des fleurs plus abondantes, 
plus grandes ef de coloris plus variés, ce qui ne les empêche 
pas d'avoir aussi un très beau feuillage. Leur floraison dure 
du la juillet jusqu'aux gelées. 

Les Balisiers aiment un sol léger, fortement fumé et des 
arrosements abondants pendant leur végétation. Une exposition 
bien chaude, à l'abri du vent, leur est également nécessaire ; 
ils croissent cependant à peu près dans toutes les conditions. 
La plantation se fait d'avril en juin, en espaçant les pieds 
d'environ 50 centimètres. S'il s'agit de former une corbeille, 
les grandes sortes en occuperont le centre. Une fois la plan- 
tation terminée, on recouvre le sol d'une bonne couche 'de 
paillis afin qu'il se maintienne toujours frais. Il ne reste plus 
qu'à arroser fréquemment jusqu'au moment où les premières 
gelées, en se faisant sentir, annoncent l'époque de leur arra- 
chage. Après avoir coupé les feuilles, on relève les tubercules 
tels quels, avec les tiges, et on les serre dans une cave sèche, 
enterrés dans du sable ou de la. terre légère, afin qu'ils y 
passent l'hiver comme les Dahlias. En mars, on retire ces, tu- 
bercules de la cave, on les débarrasse de la terre et des vieilles 
racines qui y adhèrent encore, puis on les met eu végéta- 
tion en- les plaçant sur couche, sous châssis. Au bout de quel- 
que temps, de jeunes bourgeons se développent', et c'est alors 
ijue l'on procède à la multiplication, en tronçonnant les tuber- 
cules en autant de parties qu'il y a de pousses. Ces fragments 
sont placés dans des pots que l'on met sous châssis où ils res- 
tent jusqu'au moment de la plantation. La division des tuber- 
cules a pour résultat d'affaiblir les plantes ; aussi ne doit-on 
l'employer que dans les cas où cela est nécessaire, soit pour 
obtenir une multiplication, soit pour réduire le volume de 
souches devenues trop fortes. 

La multiplication des Balisiers peut aussi être faite par 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D ORNEMENT. 



93 



graines que l'on sème de février en avril, sur couche; on repi- 
que sur couche et l'on plante à demeure en juin. ■ 

Canne d'Inde. — Voy. Canna. 

Canne de Provence. — Voy. Arundo Donax. 

Capucine. — : Voy. Trop.eolum majus. 

Cardinale. — Voy. Lobelia. 

Carillon. — Voy. Campanula Médium. 

Casse-Lunettes. — Voy. Centaurea Cyanus. 

Casque de Jupiter. — Voy. Aconitum Napellus. 

Catananche cœrulea L. Cupidone bleue. — Plante vivace, 
indigène, d'environ 00 centimètres de hauteur, à rameaux 
grêles, terminés par des capitules de ileurs d'un beau bleu, 
couverts extérieurement d'écaillés scarieuses d'un blanc ar- 
genté. LaCupidone bleue craint l'humidité; elle prospère sur- 
tout dans les sols légers et bien exposés; on la multiplie par 
division des touffes, ou par graines, semées sous châssis en 
avril; dans ce cas, l'on met en place en mai, avant que le plant 
ne soit trop développé, car cette espèce supporte difficilement 
la transplantation. 

Ceanothus amerk. anus L. — Charmant arbrisseau de 70 cen- 
timètres à 1 mètre de hauteur, donnant en juillet-août de nom- 
breuses et élégantes grappes de petites fleurs blanches; il 
prospère dans les terres légères et à exposition mi-ombragée. 
Les tiges gèlent quelquefois, mais il en repousse de nouvelles 
au printemps et la plante se comporte alors comme une plante 
vivace à tiges annuelles. 

C. azureus Desf. (fig. 49). — Certainement l'un de nos plus 
jolis arbrisseaux; ses fleurs, d'un bleu tendre, extrêmement 
nombreuses, réunies en grappes de la plus grande élégance 
et qui se succèdent de mai en juin, le rendent des plus pré- 
cieux pour l'ornement des jardins. 

Le Ceanothus azureus forme un buisson d'environ 2 mètres 
de hauteur; il croîtdans tous les terrains, bien qu'il préfère les 
sols meubles et frais et une exposition mi-ombragée. Il existe 
plusieurs variétés de cette belle plante, parmi lesquelles on 
remarque les coloris bleu plus ou moins foncé, rose et blanc. 



94 



LE JA.RMN D'AGREMENT. 



C. Fontanesianus Spach (C. ovatus Desf.), à fleurs blanches. 
Il en existe aussi un certain nombre de belles variétés, entre 
autres le C. ovatus roseus, dont les fleurs sont d'un beau rose. 

Célestine. — Voy. Age- 
ratdm. 

Celosia ciustata L. 
Amarante Crête-de-Coq, 
Passe-Velours (fig. 50). 
— Plante annuelle, ori- 
ginaire de l'Inde, d'en- 
viron 50 centimètres 
de hauteur, à sommet 
de la tige aplati, on- 
dulé, couvert de fleurs, 
simulant assez bien 
une crête. La floraison 
de l'Amarante Crète de 
Coq a lieu de juin en 
septembre. Quelquefois 
la lige, au lieu d'être 
fasciée, porte des ra- 
mifications dressées , 
couvertes de fleurs, 
formant un superbe 
panache (Célosie à épis 
plumeux). Cette plante 
a donné naissance à la 
Crète de Coq, qui n'en 
est qu'une forme monstrueuse. Les couleurs présentées par 
ces plantes sont : l'amarante, le jaune d'or, le rose et le rouge. 
Il y a des variétés naines. qui ont à peine 25 centimètres de 
hauteur. 

La Crète de Coq est une plante de toute beauté; sa forme 
bizarre, la variété et la richesse de ses coloris la rendent très 
propre à former des corbeilles et à orner les plates-bandes. 
Elle a besoin, pour prospérer, d'êlre plantée dans un sol 




Fig, i'.i. — Ceanotlius azureus. 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D'ORNEMENT. 



9fi 




l'ig. 50. — Crûte-ite-^oq ffieLosiu), 



meuble, fortement fumé. Semer les graines en mars-avril, sur 
couche, et repiquer le plant sur couche, avant la plantation, 
qui s'effectue en juin. La Crète de Coq exige des arrosements 
fréquents pendant les grandes 
chaleurs. 

Centaurea Cyanus L. Bleuet, 
Barbeau, Casse-Lunettes. — Char- 
mante plante annuelle, indigène, 
dont la culture dans les jardins a 
produit un certain nombre de 
variétés à (leurs blanches, vio- 
lettes, roses, etc. Le Bleuet croit 
dans tous les terrains et pour 
ainsi dire sans soins ; sa floraison 
a lieu de juin en septembre. Se- 
mer de mars en mai, en place. 

C. Montana L. Bleuet vivace(Q.g. 51). — Espèce vivace, indigène, 
d'environ 40 centimètres de hauteur, propre surtout à orner 

les plates-bandes. Le Bleuet 
vivace se contente de lous les 
terrains et de toutes les expo- 
sitions; sa floraison a lieu 
d'avril en juin. C'est encore 
une bonne vieille plante que 
l'on a délaissée à tort. Il en 
existe des variétés à fleurs 
blanches, lilas et roses. Multi- 
plication par division des 
touffes, après la floraison. 

C. Cinerahia L., C. candidis- 
sima. — Plante vivace à feuil- 
lage ornemental, élégamment 
découpé et d'un blanc de 
neige. Originaire de l'Europe méridionale". Elle est fréquem- 
ment employée pour border les massifs ou pour mélanger 
avec d'autres plantes à feuillage coloré. La Centaurée cinéraire 




lileuct vivace (Centaurea), 



M 



96 



LE JARDIN D'AGRÉMENT. 



préfère les terrains légers, même arides, bien qu'elle s'adapte 
aux milieux les plus variés ; on la multiplie de .boutures faites 
en pleine terre de juillet en août. Les boutures, une fois enra- 
cinées, sont rempotées, et on les hiverne sous châssis, en les 
arrosant à peine pendant la mauvaise saison. Cette plante 
n'est pas d'une rusticité absolue; il faut la couvrir de feuilles 
sèches, pour l'abriter contre les grands froids. 

C. r.TMNOCARPA Moris. — Comme la précédente, cette espèce est 
cultivée pour son feuillage, d'un beau blanc, mais beaucoup 
plus découpé. Elle est employée aux mêmes usages et on la 
multiplie de même. 

Centranthus huber D C, Valériane rouge, Barb'e de Jupiter 
(fig. 52). — Plante vivace très répandue dans les jardins et qui 
se trouve souvent à l'état subspontané sur les vieux murs et 

dans les décombres; elle fleurit 
abondamment pendant tout l'été, 
de juin en août. La Valériane rouge 
atteint environ oO centimètres de 
hauteur ; ses Heurs sont roses, 
rouge foncé ou blanches, selon les 
variétés. C'est "une plante très rus- 
liqua qui se plaît surtout dans les 
terrains arides et à bonne expo- 
sition, bien qu'elle réussisse à peu 
près partout. On la multiplie par 
division des touffes, au printemps. 
C. macrosiphon Boiss. Valériane 
à grosses tiycs. — Jolie espèce an- 
nuelle, originaire de l'Espagne, 
d'environ 30 centimètres de hauteur, qui, de juin en juillet, se 
couvre d'un nombre considérable de fleurs d'un beau rouge. Il 
en existe une variété naine, dont la hauteur ne dépasse pas25 cen- 
timètres, et d'autres à fleurs carnées et blanches. La Valériane 
à grosses tiges mérite d'être plus cultivée qu'elle ne l'est. On en 
fait de jolies corbeilles ou des bordures. Semer en mars-avril, en 
pépinière, à bonneexposition, repiquer et mettre en place en mai. 




52. — Valériane rouf.'" 1 
[Centranthus). 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D'ORNEMENT. 97 

Cerasus Avium Mœnch. Merisier, variété à fleurs pleines, Ce- 
risier à fleurs' doubles. — Arbre de nos bois, d'environ 10 mètres 
de hauteur ; sa variété à fleurs pleines est le plus bel arbre d'or- 
nement que l'on puisse cultiver ; ses fleurs, grandes, bien plei- 
nes, d'un blanc 
pur, se montrent 
en grand nombre 
dans le mois de 
mai. Les pépinié- 
ristes greffent 
celte belle variété 
. sur le Merisier 
commun. 

G. Laurocèha- 
sus L. Laurier- 
Cerise, Lauricr- 
A mande (fig. 33). 
• — Arbrisseau ori- 
ginaire du Cau- 
case, qui dépasse 
rarement 3 mè- 
tres de hauteur 
sous le climat de 
Paris. Le Laurier- 
Cerise est surtout 
'remarquable par 
son feuillage per- 
sistant, très am- 
ple, luisant et 
d'un beau vert; il prospère dans tous les terrains et à toutes 
les expositions, même tout à fait à l'ombre. A haute dose, sa 
feuille est vénéneuse, bien qu'on l'emploie quelquefois pour 
donner un goût d'amande aux crèmes et à certains gâteaux. 
Cerisier a fleurs doubles. — Voy. Cf.rasus Avii m. 
Chaenomeles jakwica l'ers. Cognassier du Japon (flg. B4). 
- Arbrisseau originaire du Japon, dépassant rarement l m ,50 
D. Bois. — Le petit jardin, •>■- édit. G 




3. — Laorier-Cerise (Cerasus). 



98 



LE JARDIN D'AGRÉMENT. 



de hauteur, à rameaux un peu épineux, diffus, portant des 
feuilles ovales, luisantes et d'un beau vert ; ses fleurs, grandes 

et très nombreuses, se succè- 
dent depuis février jusqu'en 
juin et présentent les coloris 
les plus riches et les plus 
variés : rouge foncé, rouge 
pâle, rose, blanc, jaune. Il 
en existe aussi des variétés 
à fleurs doubles. Le Cognas- 
sier du Japon est le plus 
bel ornement des jardins à 
la fin de l'hiver et pendant 
une partie du printemps ; il 
pousse vigoureusement dans 
tous les terrains. Aux fleurs 
de cet arbrisseau succèdent 
de gros fruits de saveur acide 
que l'on n'utilise générale- 
ment pas. 

Charnier ops Fort un El 
Hook. Palmier de Chine 
(fig. o5). — Assez rustique 
pour résister à nos hivers, 
sous le climat de Paris, à la 
condition d'être couvert de paille pendant les grands froids. 
Il en existe de superbes exemplaires au Jardin des plantes de 
Paris, que l'on abrite avec de grandes caisses couvertes d'un 
châssis vitré. Le Palmier de Chine a un port superbe; il est 
très décoratif étant isolé sur les pelouses. 
Char de Vénus. — Voy. Aconitum. 

Cheiranthus Cheiri L. Giroflée jaune (fig. 30), Violier, 
Ravenelle, Rameau d'or. — Plante vivace, indigène, commune 
sur les ruines et sur les vieux murs. Cette espèce, comme 
tant d'autres, nous montre combien l'homme peut améliorer 
les plantes par la culture et obtenir des variétés plus en rap- 




— Cognassier du Japon 

(Chs:nomrles). 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D'ORNEMENT. 



99 



port avec ses goûts. La plante sauvage atteint environ 60 cen- 
timètres de hauteur; ses (leurs, relativement petites, sont sim- 
ples et d'un jaune pur. On en a tiré des variétés naines dont 
la taille ne dépasse guère 'S'6 centimètres; d'autres qui présen- 




Fig. 55. — Palmier île Cliine (Chmnxrops). 

tent les coloris les plus variés, comprenant le jaune presque 
blanc, le violet, le brun et tous les intermédiaires ; il y en a 
enfin qui ont les Heurs doubles. La dimension des Heurs a 
aussi augmenté dans de grandes proportions, surtout dans 
les Giroflées dites Allemandes ou iTErfurt. La variété nommée 
Rameau d'or, connue depuis longtemps dans les jardins, a les 
fleurs très pleines et d'un beau jaune orangé. Ces plantes vivent 
plusieurs années et sont des plus précieuses pour orner les 



l: 






«- 



.100 LE JARDIN D'AGRÉMENT. 

jardins ; leur floraison a lieu de mars en mai ; souvent même, 
elle commence dès l'automne, lorsque la température est 

douce ; elles se plaisent 
surtout dans les sols bien 
meubles et à bonne expo- 
sition. L'excès d'humidilé 
leur est préjudiciable. La 
multiplication des variétés 
à fleurs doubles ou pleines, 
\ '• \ qui ne donnent que peu ou 
Ï?~^A point de graines, se fait de 
~é?*- ' boutnres,en prenant, après 
la floraison, les rameaux 
stériles que l'on plante, 
soit en pleine terre, soit en 
pots, à mi-ombre et sous 
cloche. On doit reproduire . 
par le même procédé les 
variétés que l'on consi- 
dère comme intéressantes, 
car la variation est très 
grande par la voie du semis. 
Pour les plantes à cultiver en mélange, le semis est le moyen • 
de multiplication le plus employé. On sème les graines de mai 
en juin, on repique le plant en pépinière et l'on planle à 
demeure à l'automne. 

Chelone barbata Gav. Galane barbue (lig. 57). — Superbe 
plante vivace originaire du Mexique, donnant, de juin en 
septembre, de grandes tiges florales d'environ 1 mètre de 
bailleur, couvertes sur presque la moitié de leur longueur 
d'un nombre considérable de jolies fleurs d'un rouge corail. 
Il en existe des variétés à fleurs écarlates et à fleurs blanches. 
La (iâlane barbue demande un terrain bien meuble, profond 
et sain ; c'est une plante des plus recommandables pour l'or- 
nement des plates-bandes. On la multiplie par division des 
touffes, au printemps. 




Fig. 5tl. — Giroflée jaune simple. 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D'ORNEMENT. 101 

Cheveux de Vénus. — Voy. Nigella damascena. 

Chèvrefeuille. — Voy. Lonicera. 

Chiendent panaché. — Voy. Phalahis arundinacea picta. 

■Chimonanthus fragrans Lincll. — Arbrisseau originaire du 
Japon, d'environ 2 mètres de hauteur. Les fleurs naissent. 
avant les feuilles, de décembre en février ; elles sont d'un blanc 
jaunâtre, lavé de rouge à l'in- 
térieur, et répandent une odeur 
très agréable. Le Chimonanthus 
fragrans est le premier arbris- 
seau qui fleurit dans nos jar- 
dins ; c'est à ce titre qu'il doit 
y occuper une petite place. 
On le plantera de préférence 
en terre de bruyère ou en terre 
meuble et fraîche à exposition 
mi -ombragée. Multiplication 
par marcottage. 

Chrysanthème d'automne. 

— Voy. l'VRETHRUM. 

Chrysanthèmes frutescents, 
Anthémis ou Marguerites en arbre. — On réunit sous ces noms 
plusieurs espèces de Chtysanthemum originaires des Canaries, 
formant des arbustes buissonnants, d'environ 1 à 2 mèlres de 
hauteur, remarquables par leur feuillage découpé et par le 
nombre considérable de fleurs qu'ils produisent pendant tout 
l'été et qui rappellent un peu la grande Marguerite des champs. 
Cesplanies superbes sont des plus précieuses pour l'ornement 
des jardins pendant la belle saison, mais il faut les relever à 
l'automne pour les mettre à l'abri des grands froids pendant ■ 
l'hiver. Ce sont des arbustes rustiques dans la région méditer- 
ranéenne ; on peut donc les conserver facilement sous châssis 
froid ou tout simplement dans une pièce inhabitée, pour les 
mettre en pleine terre vers le 15 mai. On les multiplie de bou- 
tures faites en août. Les Chrysanthèmes frustescenls prospè- 
rent surtout dans les sols meubles et humeux. 

6. 




barbue (Chetone). 






102 



LE JARDIN n AGRÉMENT. 



C. FRUTESCENS L., GRA.NDIFLÛRUM Willd. et KENICULACEOM DC. — 

Ce sont les types botaniques de ces belles plantes. La variété 
Étoile d'or est remarquable par ses grandes et belles lleurs d'un 
jaune d'or: c'est une variété du C. frutescens. Le C. Comtesse 
de Cliambord, à lleurs blanches, dont on voit des exemplaires 
de grandes dimensions dans les expositions, est l'un des plus 
cultivés. Avec de bons composts, des rempotages fréquents, 
des arrosements copieux à l'engrais liquide, des pincements 
habilement pratiqués, on obtient des plantes de plus de 
2 mètres de diamètre montées sur des tiges de l ra ,50 e 
plus de hauteur, et cela en trois ou quatre années. 

Chrysanthemuh cohonarium L. Chrysanthème des jardins 
(fig. 58). — Plante annuelle, originaire de l'Europe méridio- 
nale, d'environ 1 mètre de hauteur, fleurissant abondamment 
depuis juin jusqu'en septembre. Cette espèce est très rustique 
et vient pour ainsi dire sans soins dans tous les terrains et à 
toutes les expositions. Il en existe des variétés à fleurs doubles, 
jaunes ou blanches. Le Chrysanthème des jardins est une 

plante précieuse pour les 
parterres auxquels on ne peut 
consacrer que de rares ins- 
tants; il convient surtout à 
orner les plates-bandes. On 
le sème d'avril en mai, en 
pépinière, et on repique en 







Sa? place dès que le plant est suf- 
lisamment développé, c'est- 
à-dire vers la fin de mai. 

C. cabinatdm Schousb. Chry- 
santhème tricolore (fig. 59). — 
Espèce annuelle, originaire de 
l'Afrique boréale, à tige d'en- 
viron 50 centimètres de hau- 
teur, à fleurs réunies en capi- 
tules très larges, dont le centre brun est entouré de deux bandes 
circulaires, l'intérieure jaune, l'autre blanche. Cette superbe 



5S. — Chrysanthème des jardins 
à fleurs doubles. 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D ORNEMENT. 



103 



plante a donné naissance à plusieurs variétés, les unes à Heurs 
simples, les autres à fleurs doubles, tricolores ou unicolores et 
dans ce cas à ligules (pétales) jaunes ou blancs. Dans la 
variété appelée Chrysanthème tricolore de Rurridge, les capitules 
atteignentde très grandes dimensions et les ligules sont jaunes 
à la base, pourpres dans leur partie moyenne et blanches au 
sommet, formant ainsi trois 
couronnes autour d'un disque 
brun noirâtre. Certaines va- 
riétés de Chrysanthèmes de 
Burridge présentent des capi- 
tules de dimensions remar- 
quables, qui atteignent quel- 
quefois jusqu'à 6 centimètres 
de diamètre. Il en est qui pré- 
sentent aussi des différences 
dans la couleur et dans la dis- 
position des dessins. 

Le Chrysanthème à carène 
est une des plus jolies plantes 
annuelles de nos jardins ; on 
peut s'en servir pour orner les plates-bandes, faire des cor- 
beilles, etc. Sa floraison a lieu en août. Semer en avril-mai en 
pépinière et repiquer en place lin mai. 

Cinéraire maritime. — Voy. Senecio Cineraria. 

Clarkia pllcuella Pursh. Clarine gentille Ifig. 60). — Jolie 
plante annuelle originaire de la Californie, d'environ 40 cen- 
timètres de hauteur, fleurissant de juin en aoiït. Ses fleurs, 
à pétales lobés, en forme de croix, sont purpurines, blanches, 
rose bordé de blanc, simples ou doubles, selon les variétés. Il 
en existe aussi des variétés naines et d'autres à pétales entiers. 
La ClarUie gentille est remarquable par l'abondance et par 
l'élégance de ses fleurs. On peut en faire de charmantes cor- 
beilles et en orner les plates-bandes. Celte plante, supportant 
difficilement les repiquages, doit être semée sur place, en 
mars-avril. 




Chrysanthème tricolore. 









104 



LE JARDIN D'AGRÉMENT. 




C. elegans Dougl. Clarkie élégante. Cette espèce est annuelle 
comme la précédente et elle est originaire de la même région. 
Sa lige peut atteindre 60 centimètres de hauteur; ses fleurs, 
disposées en longues grappes effilées, sont d'un rose violacé et 

ont les pétales entiers. On cul- 
tive surtout les variétés à fleurs 
doubles, roses, carnées ou 
blanches. Culture et emplois de 
la Clarkie gentille. 

Clematis Vitalba L. Herbe 
'aux gueux. — Espèce commune 
dans les haies et les bois de 
nos environs, à tiges s'élevant 
à une grande hauteur dans les 
arbres ; fleurs nombreuses, se 
développant de juilleten sep- 
tembre, auxquelles succèdent 
d'élégantes aigrettes argentées, 
formées par les styles accrus 
et plumeux qui persistent pen- 
dant tout l'hiver et qui sont du plus bel effet. 

C. Flammila L. Clématite odorante. — Tiges de 2 à 3 mètres de 
hauteur. Fleurs nombreuses, blanches, très odorantes, pendant 
presque tout l'été. 

C. Viticella L. Clématite à fleurs bleues. — Originaire de' 
l'Europe méridionale. Tiges de 3 à 4 mètres. En juin-septembre, 
fleurs assez grandes, bleues, violettes, rouges ou blanches, 
simples ou doubles, selon les variétés, qui sont nombreuses. 
C. montana Hamilt. Clématite de montagne. — Originaire des 
monts Himalaya. Plante grimpante très vigoureuse, à tiges 
s'élevant jusqu'à 8 à 10 mèlres de hauteur. En avril-juin, fleurs 
très nombreuses et très .élégantes, larges d'environ 5 centi- 
mètres et d'un blanc pur. 

Clématites a grandes fleurs (fig. 61).— Sous cette dénomi- 
nation, nous réunissons lesC. i-atens Decaisne, C. lanuginosa 
Lindl. et leurs nombreuses variétés obtenues, soitpar sélection, 



Fig. un. — Clarkie gentille. 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D'ORNEMENT. 



io: 



métissage ou par leur hybridation entre elles ou avec d'autres 
espèces. Ce sont les plantes grimpantes les plus belles que 
nous possédions, et l'on ne saurait assez en recommander 
la culture. 

Tout le monde a admiré ces belles plantes dans les exposi- 
tions horticoles dont elles sont l'une des principales attractions. 
Elles réunissent, en effet, des qualités que l'on trouve rare- 
ment associées. Ce sont des plantes d'une culture facile, a 
floraison abondante et prolongée, à fleurs d'une beauté rare 




r'ig. 61. — Clématite h grandes fleurs. 



autant par leurs dimensions que par leurs formes etaussi par 
leurs coloris les plus variés. Il existe, en effet, des variétés 
dont les fleurs ont un diamètre qui dépasse quelquefois 
20 centimètres ; ces fleurs, simples, doubles ou très pleines, sont 
blanc pur, bleu pâle, bleu foncé, violettes, roses, rouges, 
plus ou moins veloutées, unicolores ou panachées. Généra- 
lement, ces plantes. fleurissent de mai en juin et donnent une 
seconde floraison à l'automne. 

Les Clématites sont précieuses pour l'ornement des jardins, 
où l'on peut s'en servir pour garnir les tonnelles, les vieux 
murs, les balustrades de balcons, etc. 

La Clématite odorante est celle qui est le plus répandue; ses 
jolies fleurs blanches, très nombreuses et d'une odeur des 
plus agréables, son extrême vigueur, la faculté qu'elle a de 






M 



! 







106 



LU JARDIN D'AGRÉMENT. 



croître même dans les sols les plus arides, sa taille élevée, la 
recommandent aux amateurs. L'Herbe aux gueux, qui s'accom- 
mode de tous les terrains et de toutes les expositions, dont les 
fleurs nombreuses et les élégants panaches de fruits se 
succèdent pendant plusieurs mois, n'est pas moins recom- 
mandahle. 

La Clématite des montagnes, par ses dimensions autant que 
par la beauté de ses guirlandes de fleurs relativement grandes 
et d'un blanc pur, convient surtout à garnir les hautes murailles, 
les ruines, les vieux arbres, etc. ; elle croit également dans 
tous les terrains. La Clématite à fleurs bleues (Cl. Viticclla) 
peut être employée aux mêmes usages, mais sa taille est 
beaucoup moindre. 

Pour ce qui est des Clématites éi grandes fleurs, leur emploi 
est en rapport avec la dimension de leurs tiges, qui peuvent 
atteindre plusieurs mètres de hauteur dans certaines variétés; 
on en garnit les treillages, les murs, le tronc des arbres ; on en 
fait des colonnes ou des boules a l'aide de tuteurs ou d'arma- 
tures que l'on dispose sur les pelouses et sur lesquels on les 
maintient attachées. Ces Clématites doivent être plantées de 
manière qu'elles ne reçoivent pas les rayons directs du so- 
leil; elles ne prospèrent bien qu'à mi-ombre. Elles préfèrent 
les terrains meubles, légers, profonds et sains. Pour obtenir des 
plantes plus ramifiées et plus garnies, il faut, chaque année, 
les soumettre à une taille qui a pour but de faire disparaître 
les tiges épuisées, ainsi que celles qui sont mal conformées ou 
superflues. Abandonnées à elles-mêmes, les Clématites à 
grandes (leurs s'allongent et restent grêles. En rabattant les 
tiges sur quelques yeux pendant les premières années, on 
obtient un certain nombre de ramifications qui donnent aux 
plantes plus d'ampleur et qui les rendent par conséquent 
beaucoup plus belles. 

Les variétés de Clématites à grandes Ileurs sont très nom- 
breuses et la liste en augmente chaque année. 

La multiplication de ces superbes plantes se fait par 
semis, lorsqu'on veut obtenir de nouvelles variétés, et par 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D'ORNEMENT. 



îo: 



greffe en fente sur les racines d'autres espèces plus vigou- 
reuses, pour conserver les variétés que Ton possède. La greffe 
se pratique au printemps ou à l'automne sur des sujels 
rempotés et préparés d'avance. On repique en godets que l'on 
place sous cloche ou sous châssis. 

Clématite. — Voy. Clematis. 

Cloche— Voy. Campanula Médium. 

Clochette. — Voy. Aqcilegia. 

Cobrea scandens Cav. Cobtx grimpante (flg. 62). — Plante 
vivace grimpante pouvant atteindre G à 8 mètres de hauteur, 




m 



Gobée grimpante. 



originaire du Mexique. Lorsqu'il est placé à très bonne expo- 
sition, le Cobxa peut vivre plusieurs années; cependant on a 
l'habitude de le cultiver comme plante annuelle. La vigueur de 
sa végétation le rend précieux pour garnir rapidement les 
tonnelles, les murs, etc. Ses Heurs, grandes, violettes, en 
l'orme de cloche, sont très ornementales; elles se succèdent 



108 



LE JA.RD1N D'AGRÉMENT. 



de juillet en septembre. Le Cobsea prospère surtout en terre 
meuble, bien fumée et à bonne exposition. Il demande à être 
abondamment arrosé pendant les chaleurs. Semer en mars-avril 
sur couche, repiquer sur couche et mettre en place fin mai. On 
peut marcotter et bouturer pendant toute l'année. 

Cœlestine. — Voy. Ageratum. 

Cœur de Marie. — Voy. Dielytba kormosa. 

Cognassier du Japon. — Voy. Cimcnomeles japonica. 

Coleus Verschaffelti Ch. Lem. (flg. 03). — Plante d'environ 
30 centimètres de hauteur, originaire de l'archipel Indien, 




Fie. 63. 



Coléus hybride. 



cultivée pour son feuillage unicolore ou panaché présentant les 
coloris les plus variés. La multiplication n'en peut être faite 
d'une manière pratique que par boutures prises sur des pieds 
conservés en serre jusqu'au printemps. Cependant, comme on 
•peut se procurer facilement cette espèce, ainsi que le C. Blumei, 
il est rare qu'on ne voie pas certaines variétés adaptées à. là 
culture en plein air pendant l'été concourir à la formation des 
corbeilles dans les petits jardins. 



vil 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D'ORNEMENT. 



109 




Collinsie bicolore. 



Collinsia bicolor Nutt. (fig. 64). — Plante annuelle origi- 
naire de la Californie, de 30 centimètres environ de hauteur, 
donnant abondamment, de juin en 
juillet, des Heurs tubuleuses,.à deux 
lèvres, mi-partie blanche, mi-partie 
rose violacé„d'un charmant effet. La 
Collinsie bicolore peut être em- 
ployée pour garnir les plates-ban- 
des et les corbeilles ; elle préfère les 
terrains légers. Semer de mars en 
mai sur place ou en pépinière ; dans 
ce dernier cas, repiquer en place 
fin mai. Il existe plusieurs variétés 
de cette plante : à lleurs blanches, 
à lleurs blanches et roses, a fleurs 
mullicolores, panachées de blanc, 
de violet, de lilas et de rose, enfin à lleurs marbrées. 
G. VEHNA Nutt. — Charmante espèce qu'il faut semer en 

place en septembre-octobre. 
Fleurit de mars en avril. Il 
peut être employé aux mêmes 
usages que le C. bicolor; on 
doit surtout le cultiver à ml- 
ombre. 

Convolvulus tricolob L 
Belle-de-jour (fig, 65). Su- 
perbe plante annuelle origi- 
naire de l'Europe méridio- 
nale, à tiges diffuses, étalées, 
d'environ 30 centimètres de 
hauteur, se couvrant, de juin 
en septembre, d'un nombre 
considérable de giandes lleurs eu forme d'entonnoir, à centre 
jaune, a partie moyenne blanche bordée d'une large bande 
bleue. La Belle-de-jour présente des variétés a lleurs blanches, à 
fleurs roses et à lleurs panachées; c'est l'une des meilleures 

L). Buis. — te petit jardin, 1 r édit. 7 




Belle-de-jour {Cimouioulu 






no 



LE JARDIN D'AGRÉMENT. 






plantes à cultiver dans les jardins, où elle ne cesse d'épanouir 
ses jolies fleurs pendant toute la belle saison. Elle est peu déli- 
cate et réussit bien dans tous les sols, à la condition qu'elle 
soit semée sur place, car elle ne supporte pas les transplanta- 
tions. Semer d'avril en mai. 

Coquelicot. — Voy. Papaver rh.eas. 

Coquelourde. — Voy. Ltchnis coronaria. 

Corbeille d'argent. — Voy. Arabis alpina et Iberis semper- 

VIRENS. 

Corbeille d'or. — Voy. Alyssum saxatile. 
Corchorus. — Voy. Kerria japonica. 

Coreopsis tinctoriaNuU. Coréopsis élégant (fig. 06). — Char- 
mante plante annuelle originaire de l'Amérique septentrio- 
nale, à tiges d'environ 70 cen- 
timètres de hauteur, donnant 
de juin jusqu'aux gelées un 
très grand nombre de fleurs 
en capitules dont les ligules 
(pétales) sont jaunes avec la 
base et le disque brun mor- 
doré. Cette plante est remar- 
quable par le nombre et l'é- 
légance des fleurs qu'elle pro- 
duit pendant tout l'été. Il en 
existe des variétés très naines, 
dont la hauteur ne dépasse 
pas 2o centimètres et qui sont 
des plus précieuses pour faire 
des bordures. La couleur des fleurs varie également; il y 
en a d'entièrement brunes, de marbrées, etc. Semer à l'au- 
tomne ou de mars eu mai, en place ou en pépinière. Dans ce 
dernier cas, repiquer et mettre en place lorsque le plant 
est suffisamment développé. 

C. coronata Hook. et C. Drummondu Toi t. etGray. — Espèces 
annuelles comme le Coréopsis élégant; comme lui, elles fleu- 
rissent abondamment pendant tout l'été et leur culture est 




Coréopsis élégant. 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D'ORNEMENT. 



Hl 



des plus faciles. Leur taille peu élevée (environ 50 centi- 
mètres) les rend propres à former des bordures. Leurs fleurs 
sont d'un beau jaune. Culture du Goréopsis élégant. 

Corydalis lutea DC. Fumeterre jaune. — Charmante 
plante indigène, vivace, d'environ 25 centimètres de hau- 
teur, formant des touffes com- 
pactes, d'un vert tendre, qui, 
de mai en septembre, se cou- 
vrent de petites Heurs d'un 
beau jaune. Cette plante croit 
naturellement sur les vieux 
murs, qu'elle orne très agréa- 
blement; on peut la cultiver 
dans les plates-bandes, au soleil 
ou à l'ombre, pourvu qu'elle soit 
dans un endroit aéré. Multipli- 
cation par division des touffes, 
au printemps. 

C. ochroleuca Koch. — Ne 
diffère de la Fumeterre jaune 

que par ses Heurs qui sont presque blanches. Emplois et culture 
du précédent. 

C. solida Smith. Fumeterre bulbeuse (flg. 67). — Élégante 
petite plante vivace, indigène, d'environ iîj centimètres de hau- 
teur, donnant, en mars-avril, des fleurs nombreuses, purpu- 
rines et d'un joli effet. 

C. cava Wal. Fumeterre tubéreuse. — Espèce également 
vivace et indigène, qui diffère surtout de la Eumeterre bul- 
beuse par ses Heurs qui sont blanches. Ces deux espèces ont 
le grand mérite de montrer leurs Heurs à une époque à 
laquelle il n'y en a pour ainsi dire pas d'autres dans les jar- 
dins. On peut, en les associant aux quelques petites plantes 
qui fleurissent simultanément, composer d'élégantes cor- 
beilles. Les Eumeterres bulbeuse et tubéreuse prospèrent 
surtout en terre sableuse-argileuse et à exposition ombragée. 
Multiplication par séparation des tubercules à l'automne. 




Corydalide bulbeuse. 



: 



H2 



LE JARDIN D'AGREMENT. 



Cosmos bipinnatus Cav. — Grande plante annuelle origi- 
naire du Mexique, dont les tiges peuvent atteindre l m ,:iO de 
hauteur, à feuilles finement découpées; à capitules assez 
grands, d'un beau carmin pourpré, se succédant dé juin en 
octobre. Le Cosmos bipinnatus esl une jolie plante; on peut 
l'employer à l'ornement des jardins partout où sa taille permet 
de l'admettre. Il en existe une variété à fleurs roses. Semer 




Pig. ti*. — Aubt'pioe (Cralxgun). 

en avril en pépinière et à bonne exposition ; mettre en place 
lin mai. 

Cotoneaster microphyli.a Lindl. et C. rotindifolia l.indl. — ■ 
Petits arbrisseaux originaires des montagnes de Népaul, à 
rameaux rouchés sur le sol, à feuilles persistantes, cultivés 
surtout pour leurs, nombreux petits fruits d'un rouge corail 
qui persistent pendant tout l'hiver. Ces deux espèces sont très 
rustiques; elles croissent dans tous les terrains. On peut les 
employer pour garnir les rochers ou pour border les massifs 
d'arbrisseaux. 

Couronne impériale. — Voy. Fritillaria imperialis. 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D'ORNEMENT. 



113 



Crataegus Oxyacàntha L. Aubépine. Épine blanche (lig. 88). 
— Petit arbre indigène qui a donné naissance à un grand 
nombre de variétés recommandables pour l'ornement des 
jardins au printemps, à fleurs simples ou doubles, blanches, 
roses ou rouges. 

C. Pyracastha Pers. Buisson ardent. — Arbrisseau originaire 
de l'Europe méridionale, de l m ,o0 à 2 mètres de hauteur, a 
feuilles persistantes, petites et d'un vert foncé, à fleurs d'un 
blanc lavé de rose, nombreuses, naissant par bouquets, en mai, 
auxquelles succèdent des fruits de 
la grosseur d'un pois et d'un rouge 
vermillon d'un très bel effet, qui 
persistent durant tout l'hiver. Le 
Buisson ardent est l'un de nos ar- 
brisseaux les plus méritants; lu 
variété Lalandei porte des fruits 
d'un rouge orangé brillant, si nom- 
breux qu'ils couvrent parfois en- 
tièrement les rameaux. Ces piaules 
sont d'aulant plus précieuses 
qu'elles s'accommodent de tous les 
sols et de toutes les expositions. 

Il existe plusieurs autres espèces 
de Cratxgus qui, par leurs jolis 
fruits, peuvent servir à orner les jardins. 

Crcte-de-Coq. — Voy. Celosia cwstata. 

Crocus vehm's AIL Safran printanier (fîg. O'.l). — Jolie 
petite plante bulbeuse, indigène, atteignant à peine 20 centi- 
mètres de hauteur, donnant en mars-avril des Heurs nom- 
breuses, blanches, violettes ou panachées de blanc et de 
violet. 

■ C. versicolor Ker. Safran Albertine; S. Laurette. — Espèce 
à fleurs d'un blanc lavé de violet, avec stries purpurines. 

C. biflorl's Mill. S. Ecossais. — Fleurs blanches, striées de 
violet extérieurement. 

C. luteus Lamk. S. grand jaune. — Fleurs jaune foncé. 




Fi g. 69. — Safran printanii 

■ (Crocus). 



I 






H4 LE JARDIN D'AGRÉMENT. 

C. susianus Ker. S. Drap d'or. — Fleurs jaune d'or, lavées 
de brun sur les trois divisions extérieures et en dehors. 

Ces espèces, et plusieurs autres, sont cultivées dans les jar- 
dins sous le nom de Safrans printaniers. Ce sont des plantes 
très précieuses pour former d'élégantes petites corbeilles ou 
des bordures; lorsqu'elles sont bien associées, leurs fleurs, 
assez grandes et aux coloris les plus variés, produisent un 
très bel effet. 

Malgré le peu de durée de leur floraison, les Safrans printa- 
niers sont très recherchés; ils constituent le principal orne- 
ment des jardins en mars-avril, alors que les fleurs sont si 
rares. 

On doit les planter en septembre-octobre, en terre meuble, 
légère, plutôt sablonneuse, n'ayant reçu comme engrais que 
du terreau de feuilles ou du terreau ordinaire très décom- 
posé, le fumier frais étant défavorable aux plantes bulbeuses. 
Les bulbes sont plantés de manière qu'ils soient recouverts 
de o centimètres de terre et distants les uns des autres d'envi- 
ron 6 centimètres. On couvre la plantation de feuilles sèches 
ou de paille pendant les grands froids. Après la floraison et 
lorsque les plantes ont cessé de végéter, c'est-à-dire lorsque 
les feuilles sont desséchées, on arrache les bulbes, on les nettoie 
en enlevant les vieilles racines, on détache les caïeux (jeunes 
bulbes), puis, bulbes et caïeux sont mis dans un endroit sain, 
à l'abri de l'humidité et du soleil, où ils resteront jusqu'au 
moment de la plantation. Les caïeux, qui sont produits en 
assez grand nombre, servent à multiplier la plante : on doit 
les cultiver à part jusqu'à ce qu'ils soient assez gros pour 
fleurir. 

Il existe un certain nombre d'autres espèces de Crocus, dont 
la floraison a lieu à l'automne et qui peuvent également servir 
à orner les plates-bandes, à faire des bordures, etc. ; nous 
citerons comme appartenant à ce groupe les : 

C. sativus. Safran cultivé, Safran du Gdtinais. — A Heurs 
violet satiné, se montrant en octobre, avant que les feuilles 
soient développées. 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D'ORNEMENT. 



115 



C. speciosus Marsh. — Heurs violet bleuâtre, apparaissant 
en même temps que les feuilles. 

C. nudiflorus Smith. — Fleurs violet foncé, s'épanouissant 
avant le développement des feuilles. 

Ces trois espèces doivent être plantées en mai-juillet. 

Croix de Jérusalem. — Voy. Lychnis chalcedonica. 

Crucianella stylosa Trin. — Plante vivace, originaire de la 
Perse, formant des touffes compactes, peu élevées; fleurs 
nombreuses, en petits bouquets très élégants, d'un beau rose, 
se succédant de mai en juillet. Cette plante convient à orner 
les plates-bandes etàfaire des bordures ; elle est très rustique, 
mais préfère les sols légers. Multiplication par division des 
touffes, au printemps. 

Cupidone. — Voy. Catananche cœrulea. 

Cyclamen europ.eum L. Pain de pourceau, Violette des Alpes. 
— Charmante plante vivace, du Jura et des Alpes, à souche 
tubéreuse, à feuilles arrondies, per- 
sistantes, vertes et marbrées en des- 
sus, purpurines en dessous, donnant 
en septembre-octobre des fleurs d'un 
rose violacé, à gorge purpurine, au 
parfum le plus suave. Il en existe une f 
variété à fleurs blanches. 

C. neapolitanum Ten. (tig. 70). — 
Cette espèce a les feuilles marbrées; 
ses Heurs, plus grandes que celles 
du Cyclamen d'Europe, s'épanouis- . 
sent en septembre-octobre ; elles sont 
d'un rose purpurin, rose pâle ou p 
blanches, selon les variétés. 

Ces deux plantes prospèrent surtout à l'ombre et dans les 
terrains sablonneux additionnés de terreau de feuilles : on 
peut en faire de jolies bordures, des corbeilles dans les par- 
ties mi-couvertes des bosquets. 11 est nécessaire de bien drainer 
le sol avant la plantation, car l'excès d'humidité ne tarderait 
pas à faire pourrir les tubercules. Il est nécessaire, sous le 




/ 




Cyclamen de Naplcs. 



I 



U6 



LE JARDIN D'AGRÉMENT. 



climat de Paris, d'abriter les plantations en les couvrant de 
feuilles sèches au commencement de l'hiver. Multiplication par 
semis dès la maturité des graines : les plantes obtenues ne 
tleurissenl qu'au bout de quatre ans. 

Il existe plusieurs espèces de Cyclamen à floraison prinla- 
nière; mais elles sont trop délicates pour qu'on puisse les 
cultiver en pleine terre sous le climat de Paris. 

Cynoglosse à feuille de Lin etC. printanière. — Voy. Omphalodes. 

Cytisus Laburnum L. Cytise, Faux ébénier. — Petit arbre 
indigène, de 5 à 6 mètres de hauteur, se couvrant, en mai, 
d'un grand nombre de belles grappes de fleurs jaunes. Associé 
aux Lilas et aux Aubépines, le Cytise produit l'effet le plus 
charmant dans les jardins. Il en existe plusieurs variétés. Croît 
dans tous les terrains et à toutes les expositions. 

Le genre Cytise renferme un grand nombre d'espèces orne- 
mentales ; ce sont en général de petits arbrisseaux très propres 
à orner les bosquets. Nous citerons comme étant le plus géné- 
ralement cultivés les C. alpinus, sessilifolius et capitatus, que 
l'on voit fréquemment dans les squares. 

Dahlia variabilis Desf. — Plante vivace à racines tubé- 
reuses, originaire du Mexique. Il en existe des variétés naines, 
dont la taille ne dépasse pas 60 centimètres, tandis qu'elle est 
ordinairement de l m ,S0 ; il y en a à capitules très grands, 
d'autres à capitules très petits (D. Lilliput) ; les fleurs peuvent 
être très régulières et tuyautées ou simplement à pétales 
(ligules) plans (D. Cactus). Toutes les couleurs, sauf le bleu, 
existent dans le Dahlia, qui présente les nuances les plus 
riches et les plus variées. Les fleurs peuvent être unicolores, 
panachées, striées ou maculées. 

Dans ces dernières années, on a beaucoup préconisé la cul- 
ture des Dahlias à fleurs simples, qui présentent des qualités 
remarquables. Ces plantes, en effel, ont un port plus gra'cieux 
que les variétés à fleurs doubles ; leurs fleurs, plus légères, 
sont plus longuement pédonculées et, pour ces deux raisons, se 
prêtent beaucoup mieux à la confection des bouquets. Il en 
existe de très belles variétés aux coloris les plus variés. 



I^H 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D'ORNEMENT. 117 

Une autre race commence à se répandre dans les jardins 
sous le nom de D. Cactus; les capitules (fleurs) ne sont pas glo- 
buleux comme dans les anciennes variétés ; les ligules (pétales) 
sont planes, et diminuent insensiblement de grandeur, au fur et 
à mesure qu'elles se rapprochent du centre du capitule. 

Les Dahlias lléurissent depuis le mois d'août jusqu'aux gelées. 
On coupe les tiges dès qu'elles ont, commencé à être endom- 
magées par les premières gelées, puis on procède à l'arra- 
chage des tuberoules en ayant le soin de faire cette opération 
par un temps sec. Les touffes, munies de la partie inférieure 
de leur tige, sont placées dans une cave ou dans tout aulre 
endroit, à l'abri du froid et de l'humidité, et on les enterre 
dans du sable ou dans de la.terre légère pour leur faire passer 
l'hiver. En avril, si les tubercules n'ont pas développé d'yeux, 
on met les touffes entières sur une couche, sous châssis, et on 
les y laisse jusqu'au moment où les pousses commencent à se 
montrer. On tronçonne alors les tubercules, de manière 
que chaque fragment soit muni d'un bourgeon, et l'on procède 
à la plantation en plein air dans la seconde quinzaine de mai. 
Le Dahlia aime les terrains bien fumés et des arrosemenls 
abondants. 
Dame-d'Onze-heuret. — Voy. ORNiTHOfiALOà umuellatum. 
Daphne Mezereum L. Bois joli. - Élégant arbrisseau indi- 
gène, d'environ 1 mètre de hauteur, dont les rameaux se 
couvrent, de février en avril, de Heurs violettes, odorantes 
auxquelles succèdent de petites baies rouges. Il en existe une' 
variété a lleurs blanches et à fruits blancs, et une autre à 
Heurs rouges. Le Bois joli exige une exposition ombragée et 
un sol frais. 

D. Cneohum L. - Forme un petit buisson d'environ lin cen- 
timètres de hauteur, qui se couvre de jolies fleurs roses eu 
avril-mai et à l'automne. Il est très rustique et exige le même 
sol et la même exposition que le Bois joli. Il yen aune 
variété à fleurs blanches, une autre à feuilles panachées 

Delphinium Ajacis L. Pied-d' alouette desjardmstQg.il) 
- Plante annuelle, indigène, très répandue dans les jardins où 



118 



LE JARDIN D'AGRÉMENT. 



ses tleurs nombreuses, réunies en épidense et allongé, se 
montrent de juin à juillet. Sa taille ordinaire est d'environ 
SO centimètres, mais il en existe des variétés qui atteignent 
1 mètre de hauteur (D. A. majm). Le Pied-d'alouette des 
jardins présente des Heurs simples ou pleines, de couleur 
uniforme ou panachées, dans lesquelles se rencontrent le blanc, 
le brun, le gris de lin, le lilas, le mauve, le rose, le rose carné, 
le violet. Celle piaule est très rustique ; elle peut être cultivée 





pj~ 71 _ — l'ied-d'alouette des 
jardins (Delphinium). 



(,-,„. 72. _ Pied-d'aloueltc à Louquels 
[Delphinium). 



dans les milieux les plus variés, bien qu'elle préfère les 
terrains légers et une bonne exposition. On forme de 1res 
jolies bordures avec les variétés naines. On doit la semer 
en place, de février en avril. Elle ne supporte pas la trans- 
plantation. 

I). orientale Gay (onN.vruM Bouch.) Pied-d'aloueltc a bouquets 
(fia 72).— Cette espèce est souvent cultivée concurremment 
avec la précédente ; elle présente les mêmes coloris et exige 
les mêmes soins. Elle diffère du Pied-d'alouette des jardins 
par ses tiges ramifiées plus écartées et par ses grappes de 
fleurs plus lâches : elle fleurit plus longtemps, supporte 



* 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D'ORNEMENT. 



1I« 



«À, 



mieux les repiquages et ses rameaux lleuris se prêtent mieux 
à la confection de bouquets. 

D. elatum L. Pied-d'alouette vivace. — ■ Superbe plante vivacc 
indigène dont les tiges peuvent atteindre jusqu'à 2 mètres de 
hauteur et dont les fleurs, assez grandes, simples ou doubles 
et d'un beau bleu, forment de longues grappes plus ou moins 
denses qui dépassent quelque- 
fois liO centimètres de lon- 
gueur. Il en existe plusieurs 
variétés remarquables. 

D. kormosum Hort. du Cau- 
case, D. GRA.NOIFLORUM L. et UU 

certain nombre d'autres. — 
Espèces vivaces des plus re- 
commandables. 
Sous le nom de Pieds-d'a- 

LOl'ETTE VIVACES HYJiRIDES, 011 

cultive des variétés et des hy- 
brides (lig. T3) qui consti- 
tuent le plus bel ornement de 
nos jardins; il en est dont la 
dimension des fleurs atteint 
de grandes proportions. Ces fleurs, simples ou doubles, pré- 
sentent les coloris les plus variés, depuis le bleu pâle jusqu'au 
violet foncé en passant par le bleu d'azur. 

On ne saurait assez recommander la culture de ces plantes 
remarquables, dont la rusticité est absolue et qui donnent une 
seconde floraison à l'automne, lorsqu'on a le soin de couper 
l'extrémité des tiges, dès que les premières fleurs sont passées; 
elle prospèrent surtout dans les sols meubles et substantiels; 
on les multiplie par division des touffes ou par semis faits en 
mai-juin, en pépinière; on repique le plant à bonne exposition 
et l'on met en place au printemps. 

Désespoir des peintres. — Voy. Saxifbaga umhrosa. 

Deutzia gracilis Sieb. — Charmant petit arbrisseau origi- 
naire du Japon, ne dépassant pas 73 centimètres de hauteur, 




— Pied-d'alouette vivacc hybride 
(Delphiuium). 






1 



I 



I 



120 



LE JARDIN D'AGRÉMENT. 



donnant en mai-juin un grand nombre de jolies fleurs blanches 
réunies en grappes. Il en existe une variété à fleurs doubles. 
Le Deutzia gracilis convient à orner les bosquets, à former des 
bordures aux massifs d'arbrisseaux, etc. Il croît dans tous les 
terrains, mais préfère les sols siliceux; il exige une exposition 
aéFée. Multiplication par marcottes ou par boutures. 

D. crenata Sieb. — Arbrisseau d'environ 2 mètres de hau- 
teur, originaire du Japon, dont les rameaux terminaux se cou-' 
vren't de Heurs blanches, en mai-juin. Cette belle plante, très 
faÈ répandue dans les jardins, a donné 
■<& naissance à plusieurs variétés,les unes 
à Heurs simples, les autres à fleurs 
doubles, soit blanc pur, soit blanc 
bordé de rose, soit enfin tout à fait, 
roses. Il en existe aussi à feuilles pana- 
chées. Culture de l'espèce précédente. 
Dianthus barbatus L. Œillet de 
poète (fig. 74), Bouquet parfait, Jalousie. 
— Superbe plante vivace, indigène, 
très répandue dans les jardins, où l'on 
s'en sert pour orner les plates-bandes, 
Œillet de poète, composer des corbeilles,, etc. Les 
fleurs de l'Œillet de poète se mon- 
trent de juin en juillet; elles sont très nombreuses et réunies 
en bouquets. 11 en existe un grand nombre de variétés 
présentant les coloris les plus divers : roses, rouges, pourpres, 
violets, blancs; les fleurs, simples ou doubles, sont striées, 
ponctuées, panachées ou marginées. Cette plante est très rus- 
tique; elle s'accommode de tous les terrains et de toutes les 
expositions; on la multiplie par division des touffes, par bou- 
tures après la floraison, ou mieux par semis faits de juin en 
juillet; on repique en pépinière et l'on met en place à l'au- 
tomne ou au printemps. 

D. hispanicus Hort. Œillet d'Espagne. — Plante vivace dont 
l'origine est inconnue, différant de l'Œillet de poète par sa 
taille moins élevée, par ses fleurs d'un beau rouge, plus, 




Fig. 74. 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D'ORNEMENT. 



121 



grandes, non réunies en bouquels, formant au contraire une 
grappe allongée. Sa floraison a lieu de mai en .juin. Multipli- 
cation par division des touffes. 

D. sempebflorens Hort. Œillet flon (flg. 73). — Plante vivace 
qui n'est probablement qu'une forme de la précédente, dont 
elle se distingue par sa taille plus élevée (environ 40 centimètres), 
par ses tiges plus rameuses et par ses fleurs plus grandes, 
d'un rouge carminé, se succédant depuis mai jusqu'aux gelées. 
Cet Œillet est très répandu dans les jardins et il en exisle un 
certain nombre de jolies va- 
riétés présentant comme co- 
loris tous les tons inlermé- 
diaires.enlre le blanc pur, le 
rose clair et le rouge foncé, 
unicolores, panachées, striées 
ou ponctuées. L'Œillet lion se 
multiplie par division des touf- 
fes, ou de boutures, au prin- 
temps. L'Œillel d'Espagne et 
l'Œillet flon ne sont que des 
races horticoles intermédiai- 
res entre l'Œillet de poète et 
l'Œillet de Chine. 

D. chïhknsis L. Œillet de Chine. — lielle plante annuelle ou 
bisannuelle originaire de la Chine, d'environ 30 centimètres 
de hauteur, à Heurs nombreuses, grandes, se succédant de 
juillet à septembre, simples ou doubles, blanches, roses, rouge 
vif, rouge cramoisi, violettes, veloutées, chamarrées, moirées, 
panachées, ponctuées, ocellées, zonées, etc. 11 en existe de^ 
variétés naines dont la taille ne dépasse pas iS centimètres, 
d'autres à fleurs très larges; il y en a enfin à pétales laci- 
niés. Ces diverses formes se reproduisent assez bien par le 
semis. 

L'Œillet de Chine est l'une des plus jolies plantes annuelles 
de nos jardins; il est d'une culture facile et il prospère dans 
tous les terrains, mais surfout dans les sols meubles et humeux. 




SB» 

— Œillet lion {Dianthui 



II 







122 LE JARDIN D'AGRÉMENT. 

Semer sur place de mars en mai et éclaircir en laissant un 

espacement de 13 centimètres entre les pieds. 
D. Caryophyllus L. Œillet des fleuristes. — Superbe plante 

vivace que l'on rencontre quelquefois croissant à l'état sauvage 

sur les murs en ruine et sur les vieux châteaux, et dont les 

fleurs, alors pe- 
tites, rouges, à 
odeur de girofle, 
ne rappellent 
guère les splen- 
dides Œillets de 
nos jardins, aux 
coloris si bril- 
lants et si divers, 
et dont il existe 
de nombreuses 
variétés. Le dia- 
mètre des fleurs 
peut atteindre 
8 centimètres, 
comme cela ar- 
rive pourl'OEilIet 
Souvenir de la 
Malmaison ; 

Kig. 70. — (Killct de fantaisie. quant aux colo- 

ris, on observe depuis le blanc pur, le rose, le rouge, le violet, 
le jaune avec toutes les nuances intermédiaires; les pétales, 
entiers ou fimbriés, sont unicolores ou panachés, striés, flam- 
més, pointillés, etc. On a établi une classification qui permet de 
grouper ces belles plantes et dont voici les principales sec- 
tions : 

I. Œillets de fantaisie (flg. "6). — Groupe renfermant un 
grand nombre de variétés à fleurs généralement doubles et 
bien faites, à pétales entiers ou dentés présentant des colons 
diversement associés. 

1° Œillets Anglais ou CE. de fantaisie à fond blanc, à pétales 




fl 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D'ORNEMENT. 



123 



entiers ou frangés, blancs, lisérés, striés, lignés, poudrés de 
rose, carmin, rouge, pourpre, violet, etc. 

2° Œillets Avranchins et Saxons ou CE. de fantaisie à fond 
jaune. Mêmes variations de forme et de couleur. 

3° Œillets Allemands ou ÛE. de fantaisie, à fond ardoisé, là. 

II. Œillets Flamands. — Groupe très important, composé de 
variétés à fleurs bien pleines, larges, bombées, à fond d'un 
blanc pur, rubané ou lamé d'une ou de plusieurs couleurs, à 
pétales entiers et arrondis, imbriqués en cocarde. A cette caté- 
gorie appartiennent les Œillets bizarres, dont les panachures 
sont formées de trois ou quatre couleurs différentes, alors 
qu'il n'en existe qu'une seule sur le fond blanc dans les 
GE. Flamands proprement dits. 

III. Œillets unicolores, qui ne présentent qu'une seule cou- 
leur. 

IV. Œillets remontants. — Les variétés qui composent ce 
groupe pourraient être rattachées aux sections précédentes si 
on n'examinait que la forme et la couleur de leurs (leurs; ce 
qui les caractérise, c'est la durée de leur floraison, qui se pro- 
longe pendant une grande partie de l'année. A cette section 
appartiennent les Œ. tige de fer, dont les tiges robustes se 
tiennent toujours droites. 

L'Œillet des fleuristes prospère surtout dans les sols argi- 
leux-siliceux meubles, profonds et humeux; il exige, pour être 
conservé en pleine terre pendant un certain nombre d'années, 
d'être un peu abrité pendant l'hiver contre l'humidité et les 
brusques changements de température ; sans cela, les variétés 
délicales dégénèrent rapidement et disparaissent. La multipli- 
cation se fait ordinairement par semis, par bouturage ou par 
marcottes : le premier moyen est employé pour obtenir de 
nouvelles variétés; on sème en avril-juin, à bonne exposition 
et en terre légère, on repique deux fois, puis on élimine les 
plantes à fleurs simples, toujours en grande proportion, au fur 
et à mesure qu'elles fleurissent, pour ne conserver que les 
bonnes variélés. Le bouturage se fait pendant toute l'année 
avec les jeunes rameaux que l'on coupe près d'un nreud et que 



'1 



I 






124 



LE JARDIN D'AGREMENT. 



l'on pique en lerre légère, à mi T ombre, et que l'on couvre de 
cloches. Le marcottage \C\g. 77) sert à reproduire les variétés que 
l'on veut perpétuer; c'est le mode de multiplication employé 
le plus fréquemment ; pour cela, on pratique sur les rameaux, 
que l'on enterre, une incision longitudinale de 2 ou 3 centi- 
mètres destinée à favoriser 
le développement des raci- 
nes ; ces rameaux sont main- 
tenus dans le sol à l'aide de 
petits crochets en bois. Lors- 
que les marcottes sont en- 
racinées, on les sépare du 
pied mère pour les mettre 
en place. 

D. plumarius L. Œillet Mi- 
gnardise. — Plante vivace, 
originaire de l'Europe sep- 
tentrionale, lleurissant de 
juin en juillet, remarquable 
par sa taille peu élevée qui 
la rend très propre à la 
confection de bordures extrêmement florifères. Il en existe 
des variétés à Heurs simples ou doubles, rouges, blanches ou 
roses, d'une odeur très agréable, à pétales frangés ou entiers. 
Les Mignardises d'Ecosse ont les fleurs grandes, d'un blanc plus 
ou moins rosé, avec centre pourpre, leurs pétales sont frangés. 
Les Mignardises anglaises ont les ileurs encore plus grandes, 
présentant des coloris variés; leurs pétales sont entiers. Celte 
section renferme des variétés à fond blanc, à centre violet, 
pourpre, marron, etc. 

Les Mignardises sont des plantes rustiques préférant les 
terrains meubles et légers. Multiplication d'éclats après la flo- 
raison ou de couchages pendant l'été. 

Dielytra spectabilis DG. Cœur de Jeannette (flg. 78). — 
Superbe plante vivace originaire de la Chine, d'environ 7;> cen- 
timètres de hauteur, donnant en mai-juin de longues grappes 




7: — Œillet, marcottage 
en pleine terre. 



H 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D'ORNEMENT. 125 

de fleurs d'un beau rose, dont la forme rappelle un peu celle 
d'un cœur; elle refleurit à l'automne lorsqu'on a le soin de 
supprimer les premières fleurs, dès qu'elles sont passées, et de 
pincer l'extrémité des tiges. Le Cœur de Jeannette est employé 
surtout à orner les plates-bandes ; il préfère les sols légers, mais 




[Fig. 78. — Cœur de Jeannette {Diohjtra). 

peut être planté à toutes les expositions. Multiplication par 
division des touffes, au printemps. 

Diervilla rosea Herincq. Weirjela. — Arbrisseau superbe, 
originaire de la Chine, de l m ,50 à 2 mètres de hauteur, dont 
les fleurs, très abondantes, assez grandes et d'un beau rose, se 
succèdent de la fin d'avril en mai et souvent pendant une 
partie de l'été. Cette espèce, ainsi que les D. jàoponica Tlmnb., 
1). iioriTENsis Sieb. et Zucc, D. ghanmfloba Sicb. et Zucc, a 
donné naissance à un nombre considérable de magnifiques 



■ 
■ 



n 






26 



LE JARDIN D'AGRÉMENT. 



variétés que l'on devrait rencontrer dans tous les jardins. Les 
Diervilla ne sont pas seulement des plantes d'une beauté excep- 
tionnelle; ils sont très rusliques et peuvent être cultivés dans 
n'importe quel sol et à n'importe quelle exposition. lien existe 
des variétés naines, d'autres à feuillage panaché ; les coloris 
qu'elles présentent varient entre le blanc pur, le rose, le rouge 
et le rouge brun. Dans certains cas, la même fleur peut mon- 
trer successivement ces diverses couleurs : d'abord presque 

blanche en s'épanouissant , 
elle devient plus tard rose, et 
enfin rouge pourpre . On com- 
prend combien sont curieux 
les arbrisseaux sur lesquels 
on voit à la fois des fleurs 
en divers états présentant des 
coloris aussi singulièrement 
variés. Les fleurs naissent sur 
le bois d'un an ; il faut par con- 
' séquent, si l'on vent tailler les 
Weigelas, faire cette opéra- 
tion après la floraison, comme 
pour les Lilas, afin que les 
bourgeons aient le temps de 
se constituer pour fleurirl'an- 
née suivante. Ces arbrisseaux 
se multiplient par boutures 
faites souscloche, sous châssis 
ou en plein air, au nord, deluis le mois de juillet, avec des 
pousses de l'année dont on colae une partie des feuilles et que 
l'on pique en terre sablonneuse maintenue constamment 
humide à l'aide d'arrosements.» 

Digitalis purpurea L. DU.iUaMGant de ISotre-Dame (fig. 79). 
— Plante bisannuelle, indigènè\pouvant atteindre jusqu'à 
l-,50 de hauteur, donnant en juin*juillet un grand nombre de 
Ueîirs tubuleuses, réunies en longue grappe unilatérale, d'un 
rose purpurin, à gorge ponctuée de brun ou de pourpre foncé. 




Fig. 79. — Digitale pourprée. 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D'ORNEMENT. 127 

Il en exisle une variété à fleurs blanches. La Digitale convient 
à orner les plates-bandes, à former des corbeilles, etc. ; c'est ' 
une plante superbe qui affectionne les terrains sablonneux et 
secs, mais qui prospère dans tous les sols de jardin, pourvu 
qu'ils soient meubles. Semer en mai-juin, repiquer en pépi- 
nière et mettre en place à l'automne ou au printemps. La 
Digitale est une plante vénéneuse. 

Dimorphotheca pluvialis Mœnch. Souci hygromètre, Souci 
des pluies. — Curieuse plante annuelle originaire du Cap, à 
tiges couchées, ne dé- 
passant pas 40 cen- 
timètres de hauteur, 
à fleurs (capitules) s'é- 
panouissant de juillet 
en août, rappelant 
quelque peu la Grande 
Marguerite , mais à 
centre purpurin et a 
pétales (ligules) blanc 
pur en dessus et pur- 
purins en dessous. Les 
Heurs du Souci hygro- 
mètre s'ouvrent le ma- 
tin et se ferment vers 
trois heures de l'a- 
près-midi ; elles ne 

s'épanouissent que 
lorsque le temps est clair et se referment quand survient la 
pluie. Semer d'avril en mai, en place. 

Doronicum caucasicum Bieb. Boronic du Caucase. — Jolie 
plante vivace à floraison printanière,dont la taille ne dépasse 
pas 30 centimètres. Ses fleurs (capitules), très nombreuses et 
d'un beau jaune, se succèdent d'avril en mai. Le Doronic du 
Caucase est très rustique; on en peut faire de charmantes 
corbeilles en l'associant à des plantes qui fleurissent à la 
même époque, dont malheureusement le nombre est trop 




Fig. 80. — Echévérie glauque. 



128 



LE JARDIN D'AGRÉMENT. 



restreint. Croit danstôusles terrains et à toutes les expositions. 
Multiplication par division des touffes, après la floraison. 

Echevèria secunda Boolh (fig. 80). — Plante grasse origi- 
naire du Mexique, dont les feuilles forment une rosette rappe- 
lant celle de la Joubarbe, mais plus large, et dont les fleurs, 
qui se succèdent pendant tout l'été, sont d'un jaune orangé 
superbe. Cette plante et sa variété glauca ne sont pas rustiques ; 
elles exigent d'être abritées pendant l'hiver, soit sous châssis, 
soit dans une pièce inhabitée. Elles sont très employées dans 
les jardins, soit pour faire des bordures de corbeilles, soit dans 
les. compositions de mosaïques. Multiplication par séparation 
des rejets que produisent les vieilles plantes. 

Emilia sagittata DC. Cacalie écarlate. »- Jolie petite plante 
annuelle originaire des Indes orientales, dont la taille ne 
dépasse pas 50 centimètres, remarquable par l'abondance de 
ses fleurs, rouge cocciné, qui se succèdent depuis juillet jusqu'à 
la fin de septembre. 11 en existe une variété à fleurs jaunes. 
Semer d'avril en mai en place, ou en pépinière, et alors plan- 
ter à demeure de mai en juin. 

Éphémère. — Voy. Tradescantia vihginica. 
Épine blanche. — Voy. Cramgus Oxyacantha. 
Eranthis hyemalis Salisb. Helléborine. — Petite plante vi- 
vace atteignant à peine 10 centimètres de hauteur, dont les 
fleurs, d'un beau jaune, sont les premières à annoncer le re- 
tour de la végétation dans les, jardins; elles se succèdent en 
grand nombre de février en mars, et sont par conséquent très 
appréciées des personnes qui habitent la campagne pendant 
l'hiver. On peut en faire de jolies bordures ou des tapis à 
toutes les expositions, même sous les arbres et sous les ar- 
brisseaux dans les bosquets. L'Helléborine prospère dans tous 
les sols de jardins, mais préfère les terres légères; on la mul- 
tiplie par division des souches, après la floraison. 

Erigeron speciosum DC. Vergerole remarquable (fig. 81). 
— Plante vivace superbe, originaire de la Californie, haute 
d'environ 60 centimètres, ayant à peu près l'aspect de VAster 
Amellus, mais à pétales (ligules) beaucoup plus étroits et plus 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D'ORNEMENT. 129 

nombreux. Ses (leurs, d'un beau bleu violacé, se succèdent 
abondamment de juin en juil- 
let. Cette belle plante n'est pas 
aussi répandue qu'elle le mé- 
rite ; elle peut servir à orner 
les plates-bandes. Multiplica- 
tion par division des touffes, 
au printemps. 

E. glabellum Nutt. Verge- 
role glabre. — Diffère de l'es- 
.pèce précédente par sa taille 
beaucoup moins élevée, ne 
dépassant pas 28 centimètres. 
La. floraison de la Vergerole 
«labre a lieu en même temps 
que celle de la V. remarqua- 
ble; c'est également une 1res belle plant 
tout à faire des bordures. 

Eschscholtzia càlifohmca 




vivace, propre sur- 




\^* 



Cham. Coquelicot jaune (flg. 82). 
— Très belle espèce- cultivée 
comme plante annuelle dans 
les jardins. Quoique le nom de 
Coquelicot jaune lui soit rare- 
ment appliqué, nous le pré- 
férons au nom scientifique 
francisé qui est par trop bar- 
bare. L'Eschsclioltzie forme des 
touffes peu élevées, dont la taille 
ne dépasse pas 30 centimètres, 
lesquelles, depuis mai jusqu'en 
octobre, se couvrent de grandes 
fleurs d'un jaune brillant, à cen- 
Eschscholtzie de Californie. tr e orangé. 11 en existe des va- 
riétés à fleurs safranées, à fleurs 
blanches et à fleurs roses, simples ou doubles ; c'est une plante 
précieuse pour orner les plates-bandes ou pour former des 







\\ 



% 



130 



LE JARDIN D'AGRÉMENT. 



. 



bordures. Elle affectionne les terrains secs et légers et croit 
même dans les sols les plus sablonneux au bord de la mer. 
Semer en mars-avril, sur place. 

Eucharidium grandiflorum Fisch. et Mey. — Charmante 
petite plante annuelle originaire de la Californie, ressemblant 
beaucoup aux Cla.rkia, mais dont la taille ne dépasse pas 
25 centimètres. Culture et emplois du Clarkia pulchella. 

Eutoca vircida Bnth. — Plante annuelle d'environ 40 cen- 
timètres de hauteur, donnant un nombre considérable de 
petites fleurs d'un bleu superbe, se succédant de juillet en 
août. Ornement des plates-bandes. Semer en mars-avril, sur 
place. 

Evonymus japûnicus Thunb. Fusain du Japon. —Arbrisseau 
à feuilles persistantes, très fréquemment cultivé, recherché 
surtout pour son extrême rusticité et pour la facilité de sa 
culture. Le Fusain du Japon peut atteindre jusqu'à 4 mètres 
et plus de hauteur; son feuillage, d'un beau vert en toute 
saison, est très ornemental. Il en existe des variétés remar- 
quables, à feuillage diversement panaché ou marginé de 
jaune d'or et de blanc argenté ; l'une d'elles, nommée Fusain 
à pointes dorées, présente, au printemps, des jeunes pousses 
d'un beau jaune, qui tranchent d'une manière agréable 
sur les autres parties de la plante qui restent vertes. Cette 
coloration se montre dès février ; elle persiste pendant plu- 
sieurs mois et rend cet arbrisseau très ornemental. Toutes 
ces variétés sont très vigoureuses et des plus recomman- 
dâmes. On peut les cultiver à l'ombre aussi bien qu'en plein 
soleil et dans n'importe quel sol. Multiplication par boutures. 
E. radicans Sieb. et Zucc, Fusain rampant. — Cette espèce 
atteint à peine 2S centimètres de hauteur ; ses tiges rampent 
sur le sol en émettant ça et là des racines, ce qui rend la 
plante très précieuse pour former des bordures ou des tapis 
de verdure à l'instar du Lierre. Il en existe des variétés à 
feuilles bordées ou panachées de blanc, de rose ou de jaune. 
Ce sont de jolis petits arbustes parfaitement rustiques, 
venant également bien dans tous les sols et à toutes les 



m 



i 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D'ORNEMENT. 131 

expositions. Multiplication par séparation des tiges enracinées. 
Faux Ebénier. — Voy. Cytisus Laburnum. 
Ferula commumis L. Férule. — Superbe plante vivace for- 
mant d'énormes touffes, à feuillage d'un beau vert et très fine- 
ment découpé, et dont la tige florale peut atteindre jusqu'à 
2 m ,50 de hauteur. Cette plante produit un très bon effet 
lorsqu'elle est isolée sur les pelouses; elle prospère surtout 
dans les terres meubles et profondes. Multiplication par semis 
faits dès la maturité des graines; mettre en place avant que 
les racines, qui deviennent énormes, aient pris trop de déve- 
loppement. 
Filipendule. — Voy. Spir^a Filipfnuula. 
Flambe, Flamme. — Voy. Inis. 
Flèche d'eau, Fléchière. — Voy. Sagittaria. 
Fleur de veuve. — Voy. Scabiosa atropurpurea . 
Flox. — Voy. Piilox. 

Forsythia viridissima Lindl. — Arbrisseau de la Chine 
septentrionale, d'environ 2 m ,50 de hauteur, dont les 
rameaux se couvrent, en mars-avril, d'un nombre considérable 
de fleurs jaunes, eu forme de petites cloches, lesquelles appa- 
raissent avant le développement des feuilles. C'est l'un des 
plus beaux ornements des bosquets au printemps. Le Form/- 
ihia doit être taillé après la floraison, comme le Lilas ; on le 
multiplie par boutures qui s'enracinent facilement. 

F. susprnsa Vahl. et F. Kortunei Lindl. — Ces deux plantes 
sont originaires de la Chine et du Japon. Ce sont des arbris- 
seaux buissonnants, à rameaux grêles, longs et retombants, 
très recommandables par leur extrême floribondité, leur 
vigueur et leur rusticité. Comme l'espèce précédente, ils se 
couvrent de fleurs jaune d'or depuis le mois de mars jus- 
qu'en avril. Multiplication des plus faciles par boutures et 
par marcottes qui s'enracinent très rapidement. 
Fougère mâle. — Voy. Polystichom Fii.ix bas. 
Fougère royale. — Voy. Osmunba regalis. 
Fritillaria imperiai.is L. Fritillaire, Couronne impériale 
(lig. 83). — Belle plante bulbeuse, originaire d'Orient, don- 




132 LE JARDIN D'AGRÉMENT. 

nant en avril une tige d'environ 1 mètre rie hauteur, terminée 
par un petit bouquet de feuilles au-dessous desquelles pendent 
plusieurs grandes fleurs- ressemblant à des Tulipes renversées 
el d'un rouge brique. La Couronne impériale produit un bel 

effet dans lés parterres ; elle exige 
un sol profond, meuble, bien 
sain et une exposition aérée. 
Cette plante est très rustique ; on 
doit la relever tous les deux ou 
trois ans, vers le mois de juillet, 
alors qu'elle a cessé de végéter, 
pour détacher les caïeux qui ser- 
vent à la multiplication. On doit 
replanter de suite les gros bulbes 
qui, s'ils restaient trop long- 
temps hors du sol, ne fleuriraient 
pas l'année suivante. Il en existe 
plusieurs variétés.' 
■ Fritillairè. — Voy . Fritillaria . 
Fuchsia. — Charmants arbrisseaux, la plupart originaires 
du Chili et du Mexique, dont les jolies fleurs, pendantes, simples 
ou doubles, offrent les coloris les plus variés. Il existe dans les 
jardins un nombre considérable de variétés qu'il est souvent 
difficile de rattacher aux espèces botaniques; les unes pré- 
sentent des fleurs unicolores, les autres ont le calice et la 
corolle de couleurs différentes. Parmi les espèces le plus 
Généralement connues, nous citerons : 

° F. cocciNEAÂit. — Arbrisseau pouvant atteindre l m ,ïiO 
de hauteur, donnant pendant l'été un grand nombre de 
petites fleurs à calice rouge cocciné et à corolle violette ; 

F. GLOB09A Lindl. — Arbrisseau pouvant atteindre 2 mètres 
de hauteur, à fleurs globuleuses, à calice rouge pourpre et 
à corolle violette ; 

F. fulgens Moç. et Sessé. - A feuilles très larges, ovales, 
en cœur, à fleurs* réunies en grappes, d'un rouge vermillon et 
dont le calice est très long et cylindrique ; 



83. - Couronne impériale 
{Fritillaria). 



1 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D'ORNEMENT. 



133 



F. cracilis Lindl. — Du Chili, à rameaux très grêles et à 
(leurs petites, effilées; mais d'une abondance extrême. C'est 
le plus rustique des Fuchsia. Il forme dans le sud-ouest de la 
France et sur le littoral de la Manche, jusqu'à Cherbourg, 
d'énormes buissons qui se couvrent de (leurs pendant toute 
la belle saison. 

Les Fuchsia peuvent servir à l'ornementation des parterres 
pendant l'été, à la condition de les planter à mi-ombre et dans 
un sol meuble, substantiel et 
frais. Il est nécessaire de les 
relever à l'automne pour les 
mettre en pots, et les hiver- 
ner dans un endroit éclairé, à 
l'abri du froid et del'humidité. 
Les Fuchsia se multiplient de 
boutures faites sur couche, au 
printemps, l'enracinement se 
fait très rapidement. Pendant 
l'été, le bouturage se fait à 
l'air libre. 

Fumeterre bulbeuse, Fume- 
terre jaune, F. tubéreuse. — 
Voy. Cohydalls. 

Funkia dvata Spreng. Hémërocalle bleue (tig. 84). — Belle 
plante vivace originaire de la Chine, à feuilles ovales cordi- 
formes, fortement nerviées, à tige florale d'environ ÎJO centi- 
mètres de hauteur, portant un certain nombre de (leurs, lubu- 
leuseset d'un bleu violacé, qui s'épanouissent de mai en juillet. 

F. sobcordata Spr. Hémërocalle du Jupon. — Feuilles plus 
grandes que celles de l'espèce précédente, plissées, d'un vert 
gai. En juillet-septembre, fleurs plus- grandes que celles de 
IHémérocalIe bleue, mais moins nombreuses, blanches et 
formant un épi unilatéral . 

F. lancifolia Thunb. — Espèce à feuilles plus étroites et 
à fleurs bleuâtres. Il en existe une variété à feuilles rubanées 
de blanc. 

U. Bois. — Le petit jardin, '2° édit, S 




llénierocalle lileui'. 



I 



! 

I 



134 



LE JARDIN D'AGRÉMENT. 






F. Sieboldiana Lodd. — Espèce à fleurs blanchâtres, remar- 
quable par ses feuilles ovales, glauques à la face inférieure. 
Les Funkia sont de fort jolies plantes qui conviennent sur- 
tout à orner les parties ombragées et fraîches des jardins. Les 
F. subcordata et lancifolia doivent être couverts de feuilles 
sèches pendant l'hiver. Ces plantes forment de charmantes 
bordures. On les multiplie par division des touffes, au prin- 
temps. 

Fusain. — Voy. Evonyuus. 

Gaillardia picta Sweet. (G. Drommondii DC). Gaillarde peinte 

(fig. 8a). — Superbe plante 
vivace originaire du Mexique, 
à rameaux couchés, puis dres- 
sés, d'environ 50 centimètres 
de hauteur. Capitules nom- 
breux, se succédant de juin- 
juillet en septembre, grands, 
à disque d'abord jaune, puis 
brun, entouré de pétales (ligu- 
. les) purpurins, bordés de jaune 
au sommet. Il existe nombre 
de variétés, les unes présen- 
tant des fleurs unicolores, 
purpurines, les autres à fleurs bicolores, dont les pétales ont 
une partie blanche et une partie rouge. Dans la variété Aurore 
boréale (fig. 86), les Heurs de la circonférence des capitules 
sont longuement développées en entonnoir et forment une 
élégante collerette comme dans le Bleuet. 

Le G. p. Lorenziana, ou à fleurs doubles est une ravissante va- 
riété dans laquelle la plus grande partie des fleurs des capi- 
tules sont développées et présentent des coloris très divers, 
allant du jaune pâle au jaune orangé plus ou moins vineux 
et au pourpre foncé. Cette variété a donné naissance à des 
sous-variétés remarquables par la dimension de leurs fleurs, 
qui peuvent atteindre jusqu'à 8 centimètres de diamètre. 
Les Gaillardes sont des plantes d'un mérite exceptionnel 




Fig. 85. — Gaillarde peinte. 



i 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D'ORNEMENT. 135 

pour l'ornement des jardins; quoique vivaces, on les cultive le 
plus généralement comme plantes annuelles. On les sème 
sous châssis, en février-mars, on les repique sous châssis et 
on les met en pleine (erre en avril-mai. Le semis ne reprodui- 




se*- *?**..- 

Fig. S6. — Gaillarde peinte « Aurore boréale ». 

saut pas toujours exactement les variétés, il faut multiplier 
celles que l'on veut conserver, au moyen de boutures que l'on 
fait sous cloche au premier printemps ou à la fin de l'été, et 
qui reprennent facilement. Les Gaillardes aiment les terres 
légères et humeuses. 

Galanc barbue . — Voy. Cmklone bahbata. 

Galanthus wvalis L. Perce-neige (lig. 87). — Petite plante 
bulbeuse indigène, d'environ 15 centimetres.de hauteur, fleu- 
rissant en février-mars, ce qui constitue son principal mérite ; 
ses fleurs, peu nombreuses, sont petites, en forme de clo- 



I 



136 



LE JARDIN D AGRÉMENT. 



H 








Fig. 87. — Perce-neige (Galanthui 



cheltes pendantes, blanches, avec une tache verte à l'extré- 
mité des trois divisions intérieu- 
res. Il en existe une variété à fleurs 
doubles. 

Le Perce-neige convient surtout 
à former des bordures ou de petits 
groupes dans les parties fraîches 
et ombragées desjardins, en l'asso- 
ciant aux quelques plantes à florai- 
son printanière qui sont citées 
dans ce livre. On peut laisser les 
bulbes en place pendant plusieurs 
années et ne les relever que lors- 
qu'ils ont tout à fait cessé de vé- 
géter ; on sépare lescaïeux ou pe- 
tits bulbes qui servent à la multiplication et on replante 
immédiatement le tout, soit dans un autre endroit, soit sur 
le même emplacement, après 
avoir renouvelé la terre. 

Galega officinalis L. Rue 
de Chèvre (fig. 88). — Plante, 
vivace souvent cultivée dans 
les jardins sous le nom im- 
propre de Sainfoin d'Espa- 
gne. Cette espèpe est origi- 
naire de l'Kurope méridio- 
nale; elle forme des touffes 
compactes qui atteignent 
souvent jusqu'à l m ,S0 de- 
hauteur. Fleurs petites, en 
épis nombreux, bleues ou 
blanches selon les variétés. 
Croit dans tous les terrains 
et à toutes les expositions, 
touffes au printemps. 
Gant de Notre-Dame. — Voy. Digitalis purpurea 




Galéga officinal. 



Multiplication par division des 



fl 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D'ORNEMENT. 137 

Gaura Lindheimeri Engelm. et Gray. — Belle plante vivace 
originaire de l'Amérique septentrionale, de 1^,50 et plus de 
hauteur, se couvrant, de juin en septembre, d'un nombre con- 
sidérable de fleurs d'un blanc rosé, disposées en longues grappes 
légères et llexueuses, très élégantes. Le Gaura de Lindheimer 
convient à orner les plates-bandes ; associé à d'autres plantes, 
il donne aux corbeilles une légèreté incomparable ; aussi est- 
il recherché pour cet usage. On le cultive souvent comme 
plante annuelle en le semant en avril, en pépinière et à bonne 
exposition, ou mieux sous châssis; on met le plant en place 
en mai. Il faut couvrir les touffes avec des feuilles sèches 
pendant l'hiver, pour les garantir du froid. 
Gazon. — Voy. article spécial, p. 40. 
Gazon d'Olympe, — Voy. Armeria mahitima. 
Gazon turc. — Voy. Saxifraga hypnoides. 
Genêt d'Espagne. — Voy. Spartium junceum. 
Gentiana acaulis L. Gentiane acaule (fig. 80). -Petite plante 
alpine vivace, gazonnante, pro- 
pre à faire des bordures dans 
les parties mi-ombragées des 
jardins. La Gentiane sans tige 
est remarquable par ses fleurs 
d'un bleu superbe, très grandes 
comparativement aux dimen- 
sinns de la plante entière, lon- 
gues de 5 centimètres sur 4 de 
diamètre, en forme de cloche. 
La lloraison a lieu en mai- 
juillel. Multiplication par divi- 
sion des touffes, au printemps. 
Cette jolie petite plante ne réussit bien que dans les terres 
argilo-siliceuses. 

Géranium sajsguineum L. Géranium sanguin. — Plante vi- 
vace, indigène, d'environ 30 centimètres de hauteur, rameuse, 
à fleurs purpurines se succédant de mai en juin, donnant 
souvent une seconde floraison à l'automne. 




Fig. 89. — Gentiane acaule. 






138 



LE JARDIN D AGRÉMENT. 




G. pratense L. G. des prés. — Espèce à fleurs assez grandes, 
bleues, blanches, simples ou doubles, selon les variétés. 

G. platypetalom Fisch. et Mey. (fig. 90). — Belle plante ayant 
le port des précédentes, mais à fleurs mesurant 3 centimètres 
et plus de diamètre, el d'un bleu violacé superbe. 
G. macrorhizum L. Espèce à fleurs rouge carmin. 
Toutes ces plantes, et plusieurs autres espèces du même 

genre, fleurissent de mai en 
juin, et conviennent bien à l'or- 
nement des jardins ; elles sont 
très rustiques et se plaisent 
dans tous les terrains et à tou- 
les les expositions, quoiqu'elles 
préfèrent la lumière et les 
sols légers. Multiplication par 
division des touffes, au prin- 
temps. 

Géranium. — On désigne im- 
proprement sous ce nom les 
plantes aux coloris éclatants et 
variés si généralement em- 
ployées dans l'ornementation 
des jardins. Ce sont des Pelargonium. Voy. ce mot. 
Gerbe d'or. — Voy. Solidago. 
Gesse. — Voy. Lathyrus. 

Gilia tricolor Benth. — Charmante plante annuelle origi- 
naire de la Californie, à tiges couchées ne dépassant pas 
40 centimètres de hauteur, à feuillage très découpé. Fleurs 
nombreuses, petites, réunies par bouquets de 5 ou 6, s'épa- 
nouissant de juillet en août, à fond jaune, à gorge purpurine 
et à limbe d'un bleu pâle. Il en existe plusieurs variétés, à 
fleurs blanches, roses ou bleues ; il y a aussi des variétés dont 
la taille ne dépasse pas 25 centimètres (G. tricolore nain com- 
pact). Les Gilia forment des bordures qu'il est nécessaire de 
voir de près, mais qui sont des plus élégantes. Semer sur 
place de mars en mai. 




Fig. 90. — Géranium 



larges pétales. 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D'ORNEMENT. 



139 



G. coronopifolia Pers. (Syn. : Ipomopsis elegans Mieux.). — 
De l'Amérique septentrionale. Plante bisannuelle, de 7.'i cen- 
timètres à 1™,20 de hauteur, à fleurs tubuleuses, rouge écarlate, 
rouge vif ou jaunâtre, selon les variétés, disposées en longues 
grappes dressées et s'épanouissant de juin en octobre. Cette 
belle plante redoute l'humidité excessive; on doit la semer en 
août, à bonne exposition. 

Giroflée jaune. — Voy. Ghbiranthds Cheiri. 
Giroflée de Mahon. — Voy. Hesperis maritima. 
Giroflée Quarantaine. — Voy. Matthiola annca. 
Gladiolus. Glaïeul. — On cultive quelquefois dans les jar- 
dins les G. commu.ms L. et G. byzantin us, à fleurs peu grandes, 
roses, rouges ou blanches selon les variétés. On suppose que 
les Glaïeuls à grandes fleurs, dits Glaïeuls de Gand [G. ganda- 
vensis Hort.), G. hybrides, sont issus du G. cardinalis Curt. croisé 
par le G. psittacinus Hook., plantes originaires du Cap du 
Bonne-Espérance. 

Le Glaïeul de Gand (flg. 91) a été mis au commerce par 
VanHoutte; il a donné naissance à un nombre considérable 
de variétés, remarquables autant par les dimensions de leurs 
fleurs que par la richesse et la diversité des coloris, qui com- 
prennent toutes les nuances entre le rouge, le rose, le violet, 
le jaune et le blanc. Les fleurs, rarement unicolores, sont pa- 
nachées, maculées, flammées, striées de tons plus clairs ou 
plus foncés. 

Une race nouvelle de Glaïeuls a été obtenue par M. Lemoine, 
l'habile horticulteur de Nancy, auquel nous devons un bon 
nombre déplantes intéressantes, en hybridant le G. purpureo- 
AURATOsHook. f., de Natal, par une variété du Glaïeul de Gand. 
Les deux premiers hybrides ont figuré à l'Exposition universelle 
de Paris en 1878, et aujourd'hui les catalogues des horticulteurs 
enénumèrent une série importante sous le nom de Glaïeuls de 
Lemoine (G. Lemoinci). Ces plantes présentent aussi des coloris 
brillants, autrefois inconnus dans les Glaïeuls, lesquels varient 
entre lecramoisi, l'écarlate, l'orangé, le jauned'or, le carmin et 
le violet ; ces fleurs portent en outre de larges macules pourpre 



140 



LE JARDIN D AGREMENT. 






brun à la base des divisions internes. Le G. Lemoinei, croisé à . 
son tour par le G. Saundersii Hook. t., du Cap, a donné nais- 
sance à une m ce caractérisée par de très grandes Heurs : 

les G. nanceianus. 
La floraison des 
Glaïeuls a lieu de 
juillet en octobre. 
La culture des 
Glaïeuls est des 
plus faciles. Après 
avoir fait un choix 
de variétés belles 
et vigoureuses, on 
plante lesbulbes en' 
mars-avril, dans 
une terre neuve, 
saine, n'ayant re- 
çu comme engrais 
que du terreau ou 
du fumier très dé- 
composé, en les 
enterrant de 1 à 
8 centimètres eten 
ménageant un es- 
pacement d'envi- 
ron 20 centimètres 
entre eux. Lorsque 
la floraison est pas- 
sée, on casse l'ex- 
trémité des tiges, afin que les bulbes ne s'épuisent pas à 
former des graines, si l'on n'en a pas l'emploi; les feuilles ne 
tardent pas à jaunir et l'on peut alors procéder à l'arrachage. 
Les bulbes récoltées sont mis à se ressuyer dans un lieu aéré, 
à l'abri du soleil, puis serrés dans un endroit sec où ils 
resteront protégés contre le froid jusqu'au moment de la 
plantation. 




91. — Glaïeul de Gand. 



1 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D'ORNEMENT. 141 

La multiplication se fait avec les caïeux que l'on sépare des 
gros bulbes et que l'on cultive à part jusqu'à ce qu'ils soient 
de force à fleurir, ce qui arrive au bout de deux à quatre 
années. 

L'essentiel est de ne pas cultiver les Glaïeuls deux années de 
suite .à la même place et d'éviter l'emploi de fumier frais 
comme engrais. Les bulbes sont très recherchés des vers blancs, 
auxquels on doit faire une chasse incessante jusqu'à leui 
disparition. Le semis n'est pratiqué que par l'obtention de 
nouvelles variétés. 
Glaïeul. — Voy. Gxadiolus. 
Glaïeul bleu. — - Voy. Iris germamica. 
Glycine. — Voy. Wistaria. 

Godetia rubiconda Lindl. (Syn. G. amœna G. Don) ; Enothère 
pourpre. — Belle plante annuelle originaire de la Californie, 
d'environ 00 centimètres de hauteur, donnant, de juin en août, 
un grand nombre de fleurs larges d'environ 4 centimètres, en 
forme de coupe, d'un beau rose violacé, portant une tache pur- 
purine à la base de chaque pétale ; il existe une variété dans 
laquelle les macules sont plus larges et de couleur plus accen- 
tuée (Godélie éclatante); cette variété a elle-même donné nais- 
sance à une autre, dont les Heurs sont doubles et très remar- 
quables. Une autre race à fleurs d'un blanc carné et à pétales 
maculés de pourpre porte le nom de Godétte de Schamin. Mais 
ces plantes sont dépassées par les superbes variétés issues de 
la Godélie de Whitney(G. Whitnbyi Hort.), lesquelles sont plus 
naines et ont des fleurs qui atteignent jusqu'à 6 centimètres 
de diamètre. Le 6. W. brillant a les fleurs d'un rouge éclatant; 
le G. Lady Albemarle (flg. 92) les a d'un rouge brillant un peu 
violacé ; enfin, elles sont d'un blanc pur dans les variétés 
Duchesse d'Albany et Duchesse de Fife. 

Les Godetia sont des plantes d'un mérite exceptionnel pour 
l'ornement des jardins. Presque tous présentent cet avantage 
que leurs rameaux, coupés et mis en bouquets, dans l'eau, se 
maintiennent très longtemps, et qu'ils continuent même à 
épanouir leurs boutons à fleurs. Leur culture est des plus fa- 



1,1 



142 



LE JARDIN D AGRÉMENT. 



ciles : il suffît de les semer de mars en mai, sur place, et d'éclair- 
cir afin que les plantes puissent se développer librement et 
vigoureusement. Les chaleurs les fatiguent souventlorsqu'elles 




'.jt** - *-^" 

Fig. 92. — Godétie Lady Albemarlc. 

sont cultivées en terrain sec et léger ; elles préfèrent les sols 
consistants, frais et humeux. Elles sont souvent attaquées par 
la puce de terre ou altise. 

Gourde pèlerine. — Voy. Lagenaria. 

Groseilliers d'ornement. — Voy. Ribes. 

Gueule-de-Lion, Gueule-de-Loup. — Voy. Antirrhinum majds. 

Gynerium argenteum Nées. Herbe à plumets (fig. 93). — 
Herbe vivace originaire du Paraguay, formant des touffes 
énormes. Hampes florales de 2 mèlres et plus de hauteur, 
terminées par des panicules ou plumets d'un aspect soyeux et 
argenté d'un effet très ornemental. Ces magnifiques panaches 
se montrent de septembre en octobre et sont recherchés pour 
faire des bouquets perpétuels: ceux qui sont portés par les pieds 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D ORNEMENT. 



143 



mâles sont beaucoup plus volumineux et plus légers que ceux 
des pieds femelles. Il en existe une variété à plumets roses. 
Cette belle plante convient surtout à décorer les pelouses, sur 
lesquelles elle produit le meilleur effet lorsqu'elle est plantée 
eu touffe isolée. Il est nécessaire d'attendre la fin de l'biverpour 
couper les feuilles et les tiges 
tlorales qui peuvent garantir la 
souche contre les froids. Sous 
le climat de Paris, il est néces- 
saire de relever ces feuilles à 
l'entrée de la mauvaise saison, 
après avoir supprimé dans la 
touffe tout ce qui pourrait se 
décomposer et déterminer la 
pourriture, puis de les rap- 
procher à l'aide de liens pour Û 
les envelopper d'une chemise lii'jJS 
de paille que l'on entoure de 
feuilles sèches à la base. 

Le Gynérium prospère sur- 
tout dans les sols légers et secs ou, dans tous les cas, bien 
ameublis. 

Multiplication par division des touffes, à l'automne (les éclats 
conservés en pots sous châssis pendant l'hiver sont mis en place 
en avril); ou bien par semis faits en mars-avril sur couche ; 
on repique le plant sur couche pour mettre en place lin mai. 
Gypsophila paniculata L. ÇEUlet d'amour, Brouillard. — 
Ifelle plante vivace originaire de la Sibérie, formant des touffes 
très rameuses et très élégantes d'environ 1 mètre de hauteur. 
De juin en août, Heurs blanches, extrêmement petites, mais très 
nombreuses, portées sur des rameaux grêles, d'une légèreté 
incomparable et des plus précieuses pour la composition des 
bouquets. La Gypsophile se plaît dans tous les terrains; elle 
est très rustique ; on la multiplie, soit par semis faits d'avril 
en juin, en pépinière, pour repiquer en pépinière et mettre en 
place au printemps ; soit par division des touffes au printemps. 




plumets (Gynérium) 






I 






144 



LE JARDIN D'AGRÉMENT. 



G. elegans Bieh. — Espèce annuelle, du Caucase, d'environ 
oO centimètres de hauteur. Même emploi que la précédente. 
Semer en avril-mai, sur place. La floraison a lieu en juillet- 
août. 
Haricot cVEspagJie. — Voy. Phaseolus multiflorus. 
Hedera Hélix L. Lierre. — Arbrisseau grimpant indigène, 
dont les usages sont très nombreux dans les jardins, où l'on 
s'en sert pour garnir les vieux murs, le tronc des arbres dénu- 
dés, elc. ; on en fait aussi des bordures toujours vertes. Le'Lierre 

a l'avantage d'être très rus- 
tique et de croître dans n'im- 
porte quels terrains etdans les 
endroits les plus ombragés. Il 
ne redoute que l'exposition en 
plein soleil et les sols trop 
secs. Il existe un grand nom- 
bre de variétés de cette plante, 
les unes à feuilles entières, 
quelquefois très grandes, les 
autres petites, laciniées, di- 
gilées, palmées, sagittées; il 
y en a également de pana- 
chées, argentées, dorées, ma- 
culées, tricolores, etc. Multi- 
plication par marcottes, ou par boutures qui s'enracinent faci- 
lement à l'automne. 

Hedysarum coronarium L. Sainfoin d'Espagne (fig. 94). — 
Plante vivace, de l'Europe méridionale, d'environ d mètre de 
hauteur; en juin-juillet, fleurs en épis assez longs, d'un rouge 
brillant, blanches dans une variété. Le Sainfoin d'Espagne est 
une jolie planle; il prospère surtout dans les terrains frais, 
mais profonds et meubles et à bonne exposition. Semer en 
avril-mai, en pépinière, repiquer en pépinière et mettre en place 
à l'automne ou au printemps suivant. Il est prudent de couvrir 
les touffes avec des feuilles sèches à l'entrée de l'hiver. 

Helianthus annuus L. Soleil, Tournesol. — Grande plante 




Sainfoin d' Espagne. 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D'ORNEMENT. 



1 I 



annuelle originaire du Pérou, pouvant atteindre jusqu'à 2 m ,b0 
de hauteur, dont les Heurs sont réunies en capitules énormes, 
mesurant jusqu'à 40 centimètres de diamètre. Cetle espèce a 
donné naissance à plusieurs variétés, de taille élevée ou 
naines, à fleurs simples ou doubles, à feuilles panachées, etc. 
La variété à fleurs 
en boule est certai- 
nement l'une des 
plus belles. Le So- 
leil croit dans tous 
les terrains ; mais 
pour se développer 
vigoureusement, il 
a besoin d'engrais 
et d'arrosements co- 
pieux. Une bonne 
exposition lui est 
nécessaire. Semer 
en avril -mai, sur 
place ou en pépi- 
nière ; dans ce der- 
nier cas, repiquer en 
place en mai-juin. 

H. MULT1FL0RUS L. 

Soleil vivace [variété 
à /leurs pleines). — 
Belle plante vivace, 
très rustique, originaire de l'Amérique septentrionale, de 
1 mètre à l m ,2b de hauteur, donnant, en aoùl-septembre, un 
grand nombre de capitules beaucoup plus petits que ceux de 
l'espèce précédente, également jaunes et d'un effet très orne- 
mental. Le Soleil vivace à fleurs doubles convient à orner 
les plates-bandes; on le multiplie par division des touffes, 
au printemps. 

il. L.ETiFLORusPers. — Espèce vivace de l'Amérique septentrio- 
nale, à tiges atteignant 2 mètres de hauteur. C'est une fort 
D. Bois. — Le pelil jaeilin, 2 e édit. H 




Immortelle à bradées {Helickrysum). 



14B 



LE JARDIN D'AGRÉMENT. 



belle plante dont les fleurs (capitules), larges de 8 à 10 cen- 
timètres, s'épanouissant en août-septembre, sont très recher- 
chées pour la confection des bouquets. 

Helichrysum bracteatum Willd. Immortelle à bractées 
(fig. 95). — Belle plante annuelle originaire de l'Australie, d'en- 
viron 1 mètre de hauteur, à fleurs (capitules) nombreuses, se 
succédant de juillet en octobre. Cette espèce et l'Immortelle à 
grandes /leurs (H. macranthum) ont donné naissance à des 
variétés naines dont la taille ne dépasse pas 40 centimètres; 
il en existe à (leurs doubles, d'un jaune doré, orangé ou cuivré, 
blanches, roses, violettes, etc., qui conservent leur couleur 
étant séchées, et qui peuvent par conséquent servir à former 
des bouquets perpétuels. 

Les Immortelles à bractées conviennent à orner les plates- 
bandes; elles prospèrent surtout en sols légers et à exposition 
ensoleillée. Semer en mars-avril, à bonne exposition, et repi- 
quer en place en mai. 
Héliotrope. — Voy. Heliotropium. 
Héliotrope d'hiver. — Voy. Nardosmia fragrans. 
Heliotropium peruvianom L. Héliotrope. — Arbuste aux 
petites fleurs lilas, agréablement parfumées. Cette belle plante 
est des plus précieuses pour orner les jardins, où sa florai- 
son se prolonge depuis le mois de juin jusqu'aux gelées. 11 
en existe plusieurs variétés à fleurs d'un bleu foncé, violet 
foncé, bleu pâle ou presque blanches, etc. 

Les Héliotropes se recommandent autant par la nuance de 
leurs fleurs que par la délicieuse odeur qu'elles exhalent, soit 
pour orner les plates-bandes, soit pour la plantation des cor- 
beilles; il est nécessaire de les abriter l'hiver, comme les 
Pelargonium, soit sous châssis, soit dans une pièce inhabitée; 
mais, comme les plantes obtenues de semis pratiqués de 
bonne heure arrivent à fleurir dès le mois de juin, il est 
possible de les cultiver comme plantes annuelles. 11 faut 
alors semer les graines sur couche, en mais, repiquer sur 
couche, et mettre en place en mai-juin. On peut aussi faire, 
à l'automne, des boutures qui reprennent avec la plus grande 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D'ORNEMENT. 



facilité, et que l'on conserve sous châssis jusqu'à la fin de 
l'hiver, en ayant soin de ne pas les arroser trop. 

Helleborus mger L. Rose de Noël. — Plante vivace 
indigène, d'environ 2o centimètres de hauteur, à Heurs assez 
grandes, de 
8 à 10 centimè- 
tres de diamètre, 
s'épanouissant 
de décembre en 
février -mars, 
époque pen- 
dant laquelle il 
n'existe pas d'au- 
tres Heurs dans 
nos parterres. 
La Rose de Noël 
a les fleurs d'un 
blanc rosé, mais 
on cultive main- 
tenant un grand 
nombre d'espè- 
ces, de variétés, 
de métis et d'hy- 
brides de cou- 
leurs 1res va- 
riées (fig. 96) , 
allant du blanc pur au rose vineux et au rouge pourpre plus 
ou moins foncé ; il en existe également à Heurs jaunâtres et 
verdàties ou diversement panachées-. 

Les Hellébores sont des plantes très précieuses pour orner les 
jardins pendant la mauvaise saison, et on ne saurait trop en re- 
commander la culture. Elles sont très robustes et très rustiques, 
croissent dans tous les sols et à toutes les expositions, mais 
préfèrent les terrains frais et consistants, argileux ou calcaires, 
et une exposition ombragée. On les multiplie par division des 
touffes, au printemps, après la floraison. 




Hellébores ( Btlleborus). 






148 



LE JARDIN D'AGRÉMENT. 



Helléborine. — Voy. Eranthis hyemaus. 

Hemerocallis i lava L. Hdmérocalle jaune (R%.Ql). Lis jaune.— 
vî\- Belle plante vi- 

vace originaire 
de l'Europe mé- 
ridionale, d'en- 
viron 1 mètre de 
hauteur, à raci- 
nes- tubéreuses; 
à feuilles longues 
et étroites, en 
touffes assez vo- 
lumineuses. En 
mai-juin, fleurs 
rappelant, com- 
me forme, celles 
du Lis, maisjau- 
nes, et plus pe- 
tites. 

Fig. 07. - Hémérocalle jaune. _, FULVA L- ~ 

, , Espèce à fleurs 

plus grandes, jaune fauve, à feuilles plus larges. Il en existe 
une variété à fleurs doubles et 
une à feuilles panachées. 

Les Hémérocalles sont des 
plantes très rustiques et très or- 
nementales; elles croissent à 
toutes les expositions et dans 
tous les terrains, pourvu qu'ils 
soient profonds, meubles et 
frais. Multiplication par divi- 
sion des touffes. 

Hepatica triloba Chaix. Hé- 
patique printaniëre (fig. 98). — 
Charmante petite plante vivace, 
indigène, formant des touffes de 1S centimètres de hauteur, 





l'ig. 98. — Hépatique printanière. 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D'ORNEM ENT. 149 

qui, en février-mars, se couvrent d'un nombre considérable 

de jolies fleurs d'environ 2 centimètres de diamètre, bleues, 
blanches ou roses, selon les variétés. Il existe des variétés à 
fleurs doubles, bleues et roses. Les Hépatiques ne réussis- 
sent bien que dans les terrains frais et sains et à une expo- 
sition mi-ombragée. Multiplication par division des touffes, 
à l'automne. 
Herbe à plumets. — Voy. Gynkrium argenteum. 
Herbe à la ouate. — Voy. Asclepias Cohndti. 
Herbe aux r/ucux. — Voy. Clematis Vitalba. 
Hesperis maritima Lamk. Giroflée Je Mahon, Julienne de 
Mahon. — Petite plante annuelle, indigène, de 23 centimètres 
environ de hauteur, à fleurs d'abord roses, puis violettes, 
se succédant de juin en juillet. Il en existe une variété 
à fleurs blanches. La Giroflée de Mahon est très répandue 
dans les jardins; elle est recherchée pour la rapidité de 
sa croissance et sa rusticité qui permettent de l'employer à 
former, en pou de temps, d'élégantes bordures, dans n'im- 
porte quels terrains, même dans les plus légers etles plus arides. 
Les plantes obtenues de semis faits en mars-avril, en place, 
fleurissent de juin en juillet; en faisant un nouveau semis à 
cette dernière époque, on obtient une floraison à l'automne. 
H. matronalis L. Julienne des jardins. — Belle plante vivace 
d'environ 1 mètre de hauteur, dont les fleurs, assez analogues 
à celles des Giroflées, sont odorantes et s'épanouissent de mai 
eu juillet. Les variétés à fleurs doubles sont les plus estimées : il 
y en a de blanches, de violettes et de rougeàtres, d'un très bel 
effet. Ces plantes prospèrent dans tous les sols et à toutes les 
expositions; cependant elles préfèrent les terrains frais, sub- 
stantiels et profonds et une exposition ombragée. Multipli- 
cation par division des touffes, au printemps. 

Hibiscus syriacus L. Althca en arbre, Mauve en arbre (fig. 99). 
— Un des plus beaux arbrisseaux de nos jardins. Il est origi- 
naire d'Orient, atteint environ 2 mètres de hauteur, et se cou- 
vre, en août-septembre, d'un grand nombre de Heurs rappe- 
lant celles de la Rose trémière, mais plus petites, bleuâtres, 



150 



LE JARDIN D AGRÉMENT. 



violettes, pourpres, roses, rouges, blanches, simples ou doubles, 
unicolores ou diversement panachées. Il en existe aussi une 
variété à feuilles panachées. L'Althéa en arbre est très rustique ; 

il prospère surtout dans les sols 
légers et aune exposition chaude. 
Comme les fleurs ne se montrent 
que sur les bourgeons de l'année, 
ilesthon de tailler, au printemps, 
avant la pousse, les vieux ra- 
meaux, pour ne conserver que 
les branches principales. On ob- 
tient ainsi des arbrisseaux d'un 
port plus régulier, tout en favo- 
risant la floraison. 
Hortensia. — Voy. Hydrangea. 
HoteiaJAPOMCADcne(fig. 100). 
— Jolie plante vivace ne dépas- 
sant pas 50 centimètres de hau- 
teur, à feuillage finement dé- 
coupé, gracieux, d'un beauyert; 
à Heurs très petites, d'un blanc 
pur, réunies en grappes ramifiées 
et dressées, très élégantes, s'épa- 
nouissant en juin-juillet. Cette 
plante prospère surtout en terre 
légère et à mi-ombre, elle est fré- 
quemment cultivée en pots, pour 
l'ornement des appartements et 
des fenêtres. Multiplication par division des touffes, au prin- 
temps. 
Houblon. — Voy. Humulus Lupulus. 
Houx. — Voy. Ilex aquifoliuii. 

Humulus Lupulus L. Houblon. — Plante vivace, grimpante, 
souvent employée pour garnir les tonnelles. Croit dans tous les 
sols et à toutes les expositions. Multiplication facile par divi- 
sion des touffes. 




ïi'J. — Hibiscus s 



PLANTES ET ARBRISSEAUX ORNEMENT. 



151 



H. JAPOmcos Sieb. et Zucc. Houblon du Japon. — Espèce 
introduite par le Jardin des Plantes de Paris, qui en a reçu les 
graines du D r Bretschneider. Le Houblon du Japon est une 
plante annuelle très vigoureuse, atteignant rapidement de 
très grandes dimensions, à beau feuillage, ample et dense, 
ayant sur le Houblon commun l'avantage de ne pas être 
attaqué par les puce- 
rons. Semer en mars- 
avril, sur place. 

Hyacinthus orikn- 
talis L. Jacinthe. — 
Belle piaule bulbeuse, 
originaire d'Orient. 11 
en existe actuellement 
plus de 2000 variétés, 
présentant des fleurs 
plus ou moins gran- 
des, simples ou dou- 
bles, aux coloris les 
plus riches et les plus 
variés, dans lesquels 
on observe toutes les 
nuances, du bleu, du 
violet, du jaune, du rose, du rouge, allant du blanc jusqu'aux 
teintes les plus foncées. 

Nous engageons les amateurs qui s'intéressent à ces superbes 
plantes, à visiter les collections étiquetées qui sont mises 
sous les yeux du public au Jardin des Plantes de Paris et dans 
lesquelles ils pourront faire un bon choix. 

Les Jacinthes ont été divisées en deux groupes : les J. de 
Hollande, les plus belles et les plus nombreuses, et les J. de 
Paris, à grappes grêles et peu fournies, mais plus rustiques 
que les précédentes. 

La culture des Jacinthes, en pleine terre, est généralement 
considérée comme difficile et bien des personnes hésitent à 
faire concourir ces plantes à l'ornement de leurs jardins. 




«X^ --L' ~"~' Jr"-'-~- ' ' 

bÏ£. 100. — Huteid. 






152 



LE JARDIN D'AGRÉMENT. 



C'est une erreur regrettable, que ne justifient pas les quelques 
soins nécessaires pour obtenir un excellent résultat. 

La plantation des bulbes de Jacinthes se fait depuis le 
1»" octobre jusqu'au milieu de novembre; comme pour toutes 
les plantes bulbeuses, un terrain léger, perméable, plutôt 
sablonneux, dans tous les cas bien ameubli par des labours, est 
celui qui leur convient le mieux. On ne doit employer comme 
fumure que des engrais très décomposés, jamais de fumier 
frais. On plante les oignons à 10 centimètres de profondeur 
en les espaçant les uns des autres d'environ l S centimètres' 
Pendant les fortes gelées, il est prudent de recouvrir la plan- 
tation d'une couche de feuilles sèches, qu'on enlève à la fin 
de l'hiver. Au mois de mai, on répand du paillis exempt 
de crottin ou de la tannée pour garantir les bulbes contre 
le soleil, et on arrose en cas de sécheresse trop prolongée. 
La floraison a lieu de mars à la fin d'avril; lorsqu'elle est ter- 
minée, il est bon de couper les tiges à fleurs afin d'éviter la pro- 
duction des graines qui épuise toujours un peu les bulbes. 
L'arrachage des oignons a lieu lorsque les feuilles jaunissent, 
c'est-à-dire en juillet ; on les laisse se ressuyer à l'air, puis on 
les serre dans un endroit bien sec et aéré, où ils restent jusqu'à 
l'époque de la plantation. C'est à ce moment que l'on détache 
les caïeux, que l'on cultive à part jusqu'à ce qu'ils soient de force 
à fleurir. Au moment de la floraison, il est nécessaire de 
maintenir, à l'aide de tuteurs, les liges qui pourraient se briser 
sous le poids des fleurs. Cette précaution est indispensable 
pour les variétés à fleurs doubles. 

Hydrangea japonica Sieb. et Zucc. Hortensia, Rose du Ja- 
pon (fig. 101). — Arbuste d'environ 1 mètre de hauteur, à feuilles 
grandes, semi-persistantes et d'un beau vert, panachées dans 
certaines variétés, à fleurs très nombreuses, formant de 
volumineux bouquets. Dans la plante typique, l'inflorescence 
est aplatie et formée de petites fleurs entourées par une cou- 
ronne de fleurs beaucoup plus grandes et stériles. Dans ÏH.j. 
var. Hortensia, toutes les fleurs sont stériles et leur ensemble 
constitue une boule énorme, compacte, du plus bel effet. La 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D ORNEMENT. 



1S3 



lloraison a lieu de juin en octobre; les fleurs, d'abord d'un 
beau rose, deviennent violacées, puis d'un blanc sale. Dans 
l'ouest de la France, l'Hortensia a souvent les Heurs bleues; 




loi. 



Hortensia {Hydrangea) 



il atteint, dans cette région, des dimensions beaucoup plus 
grandes qu'aux environs de Paris. Il existe plusieurs variétés 
de cette belle plante. Les Hortensias exigent un sol frais et 
une exposition mi-ombragée. La terre de bruyère leur convient 
tout particulièrement. 

Hypericum calycinum L. Millepertuis à grandes /leurs. — 
Plante vivace originaire d'Orient, d'environ 30 centimètres de 
hauteur, à rameaux retombants, garnis de feuilles persistantes 
d'un beau vert; en juillet-septembre, Heurs solitaires, de 7 
à 8 centimètres de diamètre, d'un jaune brillant, renfermant 

9. 






154 



LE JARDIN D AGRÉMENT. 



un 1res grand nombre d'étamines de même couleur. Cette 
plante forme des bordures superbes dans les sols frais et à mi- 
ombre. Cultivée à l'ombre, elle est remarquable par son feuil- 
lage, mais elle fleurit moins abondamment que dans les 
expositions un peu ensoleillées. Multiplication par division 
des touffes, au printemps. 




Fig. 101. — Tlilaspi eu ombelle (Iberis). 



Iberis sempervireks L. Corbeille d'argent. Téraspic vivace. 
— Plante originaire de Candie, formant des touffes compactes 
qui ne dépassent pas 50 centimètres de hauteur, à feuilles 
épaisses, étroites, persistantes, à Heurs très nombreuses, en 
petits bouquets convexes, blanches, se succédant d'avril en 
juin. Cette espèce est très rustique et croit dans tous les 
terrains et à toutes les expositions. On en forme des bordures 
superbes, que l'on maintient régulières en les tondant après la 
floraison. Multiplication par division des touffes, à l'automne. 

I. umbellata L. Thlaspi en ombelle. Téraspic (fig. 102). — 
Espèce annuelle, originaire de l'Europe méridionale, d'envi- 
ron 40 centimètres de hauteur, à feuilles non dentées, à fleurs 
nombreuses, réunies en bouquets étalés, se succédant de 
juin en août, violet purpurin, violet foncé, lilas, carnées ou 



PLANTES ET ARBMSSEAUX D'ORNEMENT. 



ISo 






blanches, selon les variélés. Il en existe des variétés naines. 
Semer en mars-avril, en place ou en pépinière; dans ce der- 
nier cas, repiquer en place en avril-mai. 

I. amara L. Téraspic blanc. — Espèce indigène, annuelle, qui 
diffère de la précédente par ses feuilles toutes lancéolées, celles 
du sommet des tiges, un peu dentées, et par ses fleurs, blanche?, 
en inflorescence en tète d'abord aplatie, puis devenant co- 
nique, formant enfin des grappes cylindriques qui peuvent 
alteindre jusqu'à 10 centimètres de longueur (ynr. fiesperidiflora). 
Les Téraspics sont des plantes précieuses pour l'ornement des 
jardins. Cette dernière espèce se cultive comme la précédente. 

Ilex aquifolil'M L. Houx. — Arbre touffu, indigène, à 
feuillage persistant, d'un vert brillant, hérissé et épineux; 
Heurs petites, blanchâtres, se montrant en mai-juin, aux- 
quelles succèdent des baies rouges, de la grosseur d'un pois, 
mûrissant à l'automne et qui persistent sur l'arbre pendant 
tout l'hiver. Cet arbre, très ornemental et très rustique, 
a donné naissance à un grand nombre de variétés, les unes à 
feuilles larges ou étroites, entières, contournées, sinueuses, 
crispées, hérissées, ciliées, dentées, les autres à feuilles 
panachées, marginêes de blanc ou de jaune, etc. 

Immortelle annuelle. — Voy. Xesanthemom a.n.mum. 

Immortelle blanche. — Voy. Antennarm mahu aiutacea. 

Immortelle à bractée». — Voy. Helichrysum bracteatdh. 

Immortelle rose. — Voy. Acrocumium rosëum. 

Impatiens Balsamina L. Balsamine. — Plante annuelle 
originaire des Indes orientales, d'environ oO centimètres de 
hauteur, très fréquemment cultivée dans les jardins où elle a 
donné naissance à de nombreuses variélés qui diffèrent entre 
elles, soit comme taille, soit par la couleur des fleurs, unico- 
lores, panachées ou striées, simples ou doubles, parmi les- 
quelles la race appelée Balsamine à fleurs de Camellia a atteint 
le plus haut degré de perfection. On rencontre dans la Balsa- 
mine les coloris les plus brillants et les nuances intermédiaires 
les plus délicates comprises entre le blanc, le rose, le rouge, 
le carmin et le violet. 



156 



LE JARDIN DÉCRÉMENT. 



Les Balsamines sont d'un repiquage facile ; on peut même 
les transplanter au moment de leur floraison sans qu'elles en 
souffrent; cela permet de les conserver en pépinière jusqu'à 
cette époque. Les fleurs se succèdent de juin en septembre 
Cette plante réussit surtout dans les terres fortement fumées ■ 
elle exige de copieux arrosements pendant les chaleurs- on 
doit semer les graines en avril-mai, en pépinière, repiquer en 
pépinière en espaçant suffisamment le plant, et mettre en place 
fin mai ou au moment de la floraison. 

1* glanddligeha Royle. Balsamine de Royle. — Grande plante 
annuelle originaire des Indes orientales, à tiges robustes pou- 
vant atteindre jusqu'à 2 mètres de hauteur et qui, de juillet en 
septembre, se couvrent de fleurs rouge violacé, ressemblant à 
celles de la Balsamine simple, mais un peu plus petites Cette 
plante prospère surtout dans les sols légers et à mi-ombre- 
son principal mérite est de croître rapidement. Semer en 
avril-mai, en place ou en pépinière ; dans ce dernier cas 
repiquer en place, en mai-juin. 
Ipomsea parpurea. — Voy. Pharbitis. 

Iris. - Ce genre renferme un nombre considérable d'espèces 
ornementales. 

Les Iris bulbeux se cultivent comme les Jacinthes, voy. Hv\- 
ci.nthus; à ce groupe appartiennent les I. d'Espagnè{\. Xiphium 
L.) et 1. d'Angleterre (I. hphioides Ehrh.) (tig. i03), dont il 
existe un grand nombre de variétés. Ces plantes atteignent en 
moyenne 50 centimètres de hauteur ; elles donnent, en juin- 
juillet, de grandes fleurs violettes, bleues ou blanches avec 
des tons plus ou moins foncés et diversement combinés 
auxquels s'associe le jaune. 

Les Iris a rhizome forment un groupe très nombreux en 
espèces parmi lesquelles nous citerons surtout : 

I. pum!la L. Petite Flambe. - Espèce qui ne dépasse pas 
15 centimètres de hauteur, très propre à former des bordures 
Ses grandes fleurs se succèdent d'avril en mai. Plante très 
rustique. Variétés à fleurs violet foncé, bleu pâle, jaunes 
blanc et jaune; ' 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D'ORNEMENT. 



157 



I. CH,M. EIR1S Bertol< _ p eu différeQt du éc . den( 

laune pale; mêmes emplois; 
I. vARiEeATA L. - Plante d'environ GO centimètres de 




Iris xiphioîcie. 



hauteur; en mai-juin, ileurs jaune pâle, veinées de pourpre 
fonce, portant de nombreux poils jaune d'or ■ 

I. BELccA Hort., à pétales purpurins, à sépales jaune 
orange, veinés de pourpre brun ; 

I. germant L. Grande Flamme, Glaïeul bleu (B« 104) _ 
D environ 80 centimètres de hauteur. En mai-juin, fleurs 
superbes violettes, très odorantes. L'une des espèces les plu 
belles et les plus répandues. Il en existe une variété à fl urs 
blanches et une à Ileurs bleues. 



138 



LE JARDIN D'AGRÉMENT. 
Iris de Florence. — Voisin du précédent ; 



I. FLORENTIN* L. 

lleurs blanches ; 
I. pallida Lamk. — Espèce peu distincte de 17. germanica ; 

(leurs bleu pale ; 
I. plicata Lamk. ; I. Swerti Lamk. ; sambucina L. ; 

VERSICOLOR, etC 

Ces belles plantes et leurs variétés sont très précieuses pour 
orner les jardins au commencement 
de l'été; il existe peu de lleurs aussi 
décoratives et présentant une telle 
richesse et une telle diversité de co- 
oris ; elles sont très rustiques et 
peuvent être cultivées dans tous les 
sols et à toutes les expositions. Mul- 
tiplication par division des souches, 
à l'automne. 

Jacinthe. — Voy. H yacinthus orien- 
talis. 

Jasmin Trompette. — Voy. Tecoma 

RADICANS. 

Jasmin de Virginie. — Voy. Tecoma 

RADICANS. 




104. — Iris gBrmaniea, 



Jasminum officinale L. Jasmin. — Arbrisseau à longs 
rameaux sarmenteux, verts, portant des feuilles à sept 
petites folioles; lleurs blanches, délicieusement parfumées, 
se succédant de juillet jusqu'aux gelées. Cette belle plante ne 
réussit bien, sous le climat de Paris, que plantée en plein 
soleil et en terre légère. Tailler au printemps. Multiplication 
par boutures et par marcottes. 

.1. NUDiFLORUM Lindl. Jasmin jaune. — Espèce très buisson- 
nante et à rameaux retombants, qui dépasse rarement 
2 mètres de hauteur; ses lleurs, jaunes et sans odeur, se 
succèdent de février en mars; c'est le principal mérite de 
cette plante qui, d'ailleurs, est très rustique. On peut la 
cultiver dans les sols les plus arides et à toutes les expositions. 

Jonc fleuri. — Voy. Butomus umbelutus. 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D'ORNEMENT. 



139 



Joubarbe. — Voy. Sempervivum. 

Julienne de Malion. — Voy. Hespkris maritima. 

Julienne des jardins. — Voy. Hesperis matronalis. 

Kalmia latifolia L. — Bel arbrisseau rustique originaire 
de l'Amérique septentrionale, d'environ 2 mètres de hauteur, 
donnant, en juin, un grand nombre de Meurs roses très élé- 
gantes. Emplois et culture des Rhododendrons. 

Kerria japonica DC. Corchorus. — Arbrisseau buissonnant 
originaire du Japon, de l m ,'iO à 2 mètres de hauteur. De 
février en juin, et quelquefois plus longtemps, Heurs nom- 
breuses, d'un jaune brillant. H en existe une variété à Heurs 
doubles, ressemblant à de petites roses, et une autre à feuilles 
panachées. La variété à fleurs doubles est souvent cultivée; 
c'est une plante vigoureuse, ornementale, qui se plait à mi- 
ombre et dans les sols légers. Se bouture facilement. 

Lagenaria vulgarisL. Gourde depèlerin.— Planleannuelle, 
grimpante, originaire des régions tropicales, souvent cultivée 
comme curiosité pour garnir les tonnelles et les treillages. 
Ses grandes feuilles et ses Heurs blanches, frangées, sont 
assez ornementales. Fleurit de juillet en septembre. Ses fruits 
mûrissent à l'automne; ils présentent une grande diversité de 
formes. Semer en avril, en place, à bonne exposition et dans 
un sol copieusement fumé; des arrosements abondants sont 
nécessaires. 

Lamium maculatum L. Lamier taché. — Jolie plante vivace 
indigène, d'environ 30 centimètres de hauteur, remarquable 
par son feuillage panaché de blanc argenté, de vert et de rose. 
Ses fleurs, très nombreuses, se succèdent d'avril en juillet; 
elles sont d'un beau rose. Cette plante croit dans tous les sols 
et à toutes les expositions ; elle prospère surtout à mi-ombre. 
Multiplication par division des touffes. 

Lathyrus odoratus L. Pois de senteur (flg. 105). — L'une des 
plantes annuelles grimpantes les plus répandues dans les 
jardins, et l'on peut dire aussi, l'une des plus jolies. Le Pois de 
senteur est originaire de l'Europe méridionale; ses tiges, de 
l m ,30 à 2 mètres de hauteur, portent des feuilles terminées en 






160 



LE JARDIN U AGHÉMENT. 



vrilles; ses fleurs, 1res nombreuses, s'épanouissent en juillet- 
août; elles répandent une odeur très suave, analogue à celle de 
la fleur d'oranger; leurs coloris varient du blanc au rose, au 

rouge et au violet ; 
il en existe des va- 
riétés à fleurs pana- 
chées. Semer en 
place, en mars-avril. 

L.LATIFOLIUsL.POfS 

vivace. — Très belle 
plante vivace ayant 
à peu près les mê- 
mes dimensions que 
le Pois de senteur, 
mais formant des 
touffes plus volumi- 
neuses, qui se cou- 
vrent de nombreux 
bouquets de Heurs 
roses ou blanches, 
selon les variétés, inodores, se succédant de juillet en septem- 
bre. Multiplication par division des touffes, au printemps, ou 
par graines que l'on sème sur place, en avril-mai. 
Laurier- Amande, Laurier-Cerise. — Voy. Cerasus Lauro- 

CERASUS. 

Laurier de Saint- Antoine. — Voy. Epilûbium spicatom. 

Lavatera trimestris L. Mauve fleurie. — Belle plante 
annuelle originaire de l'Europe méridionale, d'environ 1 mètre 
de hauteur, donnant, en juillet-septembre, de grandes fleurs 
larges d'environ 5 centimètres, d'un beau rose. Il y en a une 
variété à fleurs blanches. La Mauve fleurie prospère dans 
tous les terrains, pourvu qu'ils ne soient pas trop compacts. 
C'est une plante recommandable. Semeren avril-mai, en place. 

Leptosiphon androsaceus Benth. (flg. 106). — Jolie petite 
plante annuelle, d'environ 2b centimètres de hauteur, origi- 
naire de la Californie ainsi que les autres espèces de ce genre, 




105. — Fois de senteur 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D'ORNEMENT. 161 

réunies en petits 



En juillet-septembre, fleurs nombreuses 
bouquets, blanches, 




lavées de bleu ou 
de purpurin, très 
élégantes , mais 
ne s'épanouissant 
qu'au soleil. Le 

L. DENSIFLORUS est 

une espèce voisine; 
il forme des touffes 
un peu plus larges 
et un peu plus éle- 
vées; ses fleurs, nom- 
breuses, sont d'un 
blanc rosé et de- 
viennent d'un bleu 
clair en vieillissant. 
Il en existe une va- 
riété à fleurs blan- 
ches. Semer sur pla- 
ce, en mars-avril, en 

terre légère et à bonne exposition. Les L. , ARWLO rus Benth. 

barman^ ^ ' '" L -™ Benth - 6t !e "'' S ™ riétés *™< de 
cl a mantes plantes qu. ne dépassent pas !0 centimètres de 

Hauteur, et qui, lorsqu'elles sont cultivées en terrain léger et 
nP.i/psn S ° lei1 ' Se °° UVrent d ' Un nombre considérable de 

m p, T r ° Se Vlf ' JaUn6S ' jaUne doré > mordOT «. »«" 

mon, etc. On peut en former de ravissantes bordures. Même 
culture que le L. andmsaceus. 

semblT/r VERNUJI L NM0k du P^MPS- ~ Plante res- 

^le fleunt a la même époque et peut être employée aux 
mêmes usages. Même culture. ' 

L ™dm L. - Fl eurs pIu8 ,, randeS; réunieg ^ nombpÈ 

■ ou 4 au sommet des tiges, s'épanouissant en mai-juin Cul- 
ture du Perce-Neige. «««juin, uii- 



Leplosiplion à /leur cl'Audrosace. 



162 



LE JARDIN D AGRÉMENT. 



Lierre. — Voy. Hedeha Hélix. 

Ligustrum. Troëne. — Ce genre comprend un certain nom- 
bre d'arbrisseaux, employés dans la plantation des bosquets. 

L. vulgare L. Troène commun. — Les branches, buisson- 
nantes, atteignent de 2 à 3 mèlres de hauteur, et se couvrent, 
en juin-juillet, de petites grappes de fleurs blanches. A ces 
fleurs, dont l'odeur miellée ne plaît pas à tout le monde, suc- 
cèdent de petits fruits noirs. Il en existe une variété à feuilles 
panachées, une à fruits blancs, etc. 

L. ovalifolium Hassk. — Du Japon. Plus répandu dans les 
jardins ; ses feuilles, plus ornementales, sonl semi-persistantes ; 
il y en a également une variété à feuilles panachées. 

L. japonicum Thunb. et lucidum Ait. — A grandes feuilles 
d'un beau vert. Ce sont des arbrisseaux de 3 à 4 mètres, dont 
les grandes paniculesde fleurs ne se montrent qu'à l'automne. 

L. siNEKSB Lour. — De la Chine. Est remarquable par l'abon- 
dance de ses fleurs, d'un blanc pur, s'épanouissant en juillet. 

Ces trois dernières espèces sont les plus belles du genre. 
Les Troènes croissent dans tous les sols et à toutes les 
expositions. 

Lilas. — Voy. Syringa vulgaris. 

Lilium. Lis. — Ce genre comprend les plantes bulbeuses 
les plus belles; leurs fleurs, quelquefois très grandes, présen- 
tent des coloris variés et exhalent souvent le parfum le plus 
suave. 

11 en existe un nombre considérable d'espèces qui, malheu- 
reusement, ne sont pas toutes également rustiques. Parmi 
celles qui supportent sans aucun abri nos hivers les plus 
rigoureux, on peut citer : 

Lilium candidcm L. Lis blanc. — Superbe espèce trop connue 
pour que nous la décrivions; elle a donné naissance à plu- 
sieurs variétés : à fleurs doubles, à fleurs panachées de pourpre 
et à feuilles panachées. Le Lis blanc s'accommode de tous les 
terrains, pourvu qu'il soit planté à bonne exposition ; on le 
multiplie par séparation des caïeux, opération qu'on ne doit 
faire que tous les quatre ou cinq ans, afin de ne pas déranger 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D'ORNEMENT, 163 

les touffes que l'on empêcherait de fleurir en la répétant plus 
souvent. 

L. tigrinum Gawl. lis tigré. — De la Chine et du Japon . A fleurs 
jaune orangé, ponctuées de pourpre hrun; c'est aussi une belle 
espèce rustique, fleurissant en juin-juillet. Culture du Lis 
blanc. 

L. croceum Chaix. Lis safrané (fig 
Heurs d'un rouge orangé, ponc- 
tuées de purpurin ; est encore plus 
rustique que le précédent; il peut 
être cullivé dans tous les terrains 
et à n'importe quelle exposition, 
même à l'ombre. Il forme des 
touffes superbes. Il eu existe 
plusieurs variétés. Multiplica- 
tion du Lis blanc. 

Deux autres espèces, certaine-' 
ment les plus belles du génie, 
mais plus délicates que les pré- 
cédentes, sont également très 
répandues. Ce sont : le L. doré di 
japon (Lilium auratum Lindl.) et 

le LlS DES JARDINIERS (i, SpefioSUIIl 

Thunb., L. lancifolium Mort.), tous les deux originaires du 
Japon. Les fleurs du Lis doré (fig. 108), portées au nombre de 
3-5 sur une tige d'environ 1 mètre de hauteur, sont en forme de 
cloche et mesurent jusqu'à 20 centimètres de diamètre ; elles 
sont blanches avec des bandes jaune d'or et des ponctuations 
ou taches rouge pourpre; elles sont très odorantes. Il fleurit 
en juillet-aoï'it. Le Lis des jardiniers est une plante d'environ 
1 mètre de hauteur, portant de f à 15 Heurs, très ouvertes, a 
divisions roulées en dehors, mesurant environ lo centimètres 
de diamètre, roses ou blanches avec des taches rouges ou 
blanches, selon les variétés. Fleurit en avril-septembre. 

Ces deux espèces sont fréquemment cultivées en pots 
pour orner les appartements et les fenêtres. Un peut les 




— Lilium croceunii 



164 



LE JARDIN D'AGRÉMENT. 



faire figurer dans les jardins en les plantant dans les massifs 
de terre de bruyère, avec les Rhododendron. On doit alors 
mettre les bulbes en terre, de mars en mai, à une profondeur 

d'environ 30 centimè- 
tres. Après la floraison, 
et lorsque la végétation 
est achevée, on les re- 
lève pour les rempo- 
ter et les mettre dans 
un endroit sec, à l'abri 
du froid, où ils pas- 
sent l'hiver. 

Lin rouge. — Voy. 

LlNUM GRANDIFLORUM. 

Lin vivace. — Voy. 

LlNUM PERKNNE. 

Linaria iupartita 
Willd. — Plante an- 
nuelle originaire de 
l'Afrique boréale, d'en 
viron 30 centimètres de 
hauteur, dont les nom- 
breuses petites fleurs, 
d'un violet purpurin, 
réunies en longs épis, 
se succèdent de juillet 
en septembre. Il en 
existe une variété à 

fleurs blanches et une à fleurs roses. Semer sur place, en 

terre bien meuble, en avril-mai. 
L. maroccana Hort. Thompson. — Charmante plante annuelle 

qui ressemble à la précédente dont elle a les dimensions. Il en 

existe plusieurs variétés : à fleurs violettes, lilacées, roses ou 

blanches; culture du L. bipartita. 
L. reticulata Desf., var. aureo-purpurea. — Ravissante 

plante annuelle originaire du Portugal, à fleurs nombreuses, 




Cl. 

Kig. 1(18. — Lis à bandes dorées. 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D'ORNEMENT. • 165 

d'un rouge brun velouté et à gorge jaune. Cette espèce est la 
plus belle du genre. Culture des précédentes. 

L. Cymbalaria Mill. Cymbalaire. — Petite plante indigène, 
vivace, aux liges grêles, couchées ou un peu grimpantes, aux 
feuilles nombreuses, d'un vert gai, à petites ileurs violacées 
se succédant d'avril à octobre. La Cymbalaire convient à 
orner les vieux murs et les rocaille»; on en fait aussi de jolies 
garnitures de suspensions. Multiplication par division des 
touffes, pendant toute l'année. 

Linum grandiflokum Desf. Lin à fleurs rouges (fig. 109). — 
Très belle plante 
annuelle origi- 
naire d'Algérie, 
formant des touf- 
fes de 23 centi- 
mètres de hau- 
teur, à fleurs très 
nombreuses, 
grandes, d'un 
rouge brillant, se 
succédant de 
juilletenseptem- ksj 
bre. Le Lin rouge 
a produit une 
variété à Heurs 
roses. Culliver en 
terre légère et à 
bonneexposition. 
Semer en avril- 
mai, sur place, cette plante ne supportant pas les repiquages. 
L. perenne L. Lin vivace. — Jolie espèce à Heurs bleues, 
très fugaces, mais qui se renouvellent sans cesse depuis le 
commencement de juin jusqu'à la lin de juillet. Elle forme 
d'élégantes toufTes à tiges grêles el llexueuses, qu'il est bon 
de changer de place tous les ans, à la fin de l'été, pour obte- 
nir une meilleure floraison, et qu'on divise pour les mulli- 




Fig. 109. — Lin à grandes fleur 






w 



166 



LE JARDIN D AGRÉMENT. 



plier. On peut aussi en semer les graines en'pépinière, en mai- 
juin, repiquer en pépinière et mettre en place à l'automne ou 
au printemps. La variété dite Lin de Sibérie est peu différente. 
Lis. — Voy. Lilium. 
Lis d'eau. — Voy. Nymphéa alba. 
Lis jaune. — Voy. Hemerocallis flava. 
Liseron (Petit) à fleurs pleines. — Voy. Calystegia pubescens. 
Lobelia F.rinus L. Lobélic (fig. 110). — Très jolie petite 

plante, vivace en serre ou sous 
C^ châssis, mais souvent cultivée 
comme plante annuelle dans les 
petits jardins, les pieds obtenus 
de semis faits au printemps pou- 
vant fleurir dès le commence- 
ment de l'été. Le Lobelia Erinus 
est originaire de l'Afrique aus- 
irale; il forme des touffes com- 
pactes ne dépassant guère 1S cen- 
timètres de hauteur et qui se 
|g^ couvrentd'élégantes petites fleurs 
ileues , depuis juin jusqu'aux 
gelées. C'est une excellente 
plante pour bordures. Il en existe 
des variétés à fleurs purpurines, blanches, panachées de 
blanc sur fond bleu; on en connaît aussi une à fleurs doubles. 
La variété nommée Crystal Palace a les Heurs bleu foncé; ses 
tiges et ses feuilles sont teintées de rouge brun. Lorsqu'on 
dispose d'une serre ou de châssis, le meilleur moyen pour 
obtenir des plantes de couleur et de taille uniformes, ce qui est 
indispensable pour former des bordures bien régulières, est de 
bouturer, à la fin de l'été et en automne, les pieds que 
l'on veut reproduire; les boutures, mises en pots, sont con- 
servées à l'abri du froid pendant l'hiver et dans une situation 
bien éclairée. On peut aussi relever quelques pieds que 
l'on abrite pendant la mauvaise saison et sur lesquels on 
prend des boutures au printemps. Le semis dorme des plantes 




Fig. 110. — Lobelia Krine. 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D ORNEMENT. 



167 



qui diffèrent, non seulement par la teinte plus ou moins foncée 
des feuilles et des fleurs, mais aussi par la taille, ce qui est 
un grave inconvénient; on le pratique, soit en mars-avril, sur 
couche, pour repiquer le plant sur couche et le mettre en 
place fin mai, soit en avril-mai, à bonne exposition, pour 
repiquer en pépinière et mettre en place dans les premiers 
jours de juin. Ne récolter les graines que sur des pieds bien 
sélectionnés. 

LOBELIA FULGENS Willd., ^PLE.NDENS Willd., CARD1.NALIS L., 

syphilitica L. ou Cardinales et leurs hybrides. — Très belles 
plantes vivaces, de 70 centimètres à 1 mètre de hauteur, à 
fleurs variant du rouge éclatant au rose, au violet, au bleu et 
au blanc. Elles sont malheureusement trop délicates pour 
être cultivées en pleine terre; il est nécessaire de les abriter 
sous châssis pendant l'hiver, sous le climat de Paris. 

Lonicera Caprifolium L. Chèvrefeuille des ja7'dins. — Bel 
arbrisseau grimpant dont les tiges peuvent atteindre '6 mètres 
de hauteur. En mai-juin, fleurs nombreuses, jaune blanchâtre 
à l'intérieur, rougeàtres extérieurement, odorantes. Il en existe 
plusieurs variétés à fleurs pâles, à fleurs presque rouges, etc. 
Parmi les autres Chèvrefeuilles cultivés, nous citerons encore 
les L. etrusca Santi, très florifère ; L. Periclvmenum !.. Chè- 
vrefeuille des bois; L. flava Sims, très belle espèce dont 
les tigesne s'élèvenl guère audelà de 2 m , 80, à fleurs odorantes, 
en bouquets assez volumineux, d'abord d'un jaune clair, puis 
orangées : L. brachypoda et surtout sa variété rclivulata, à 
feuilles veinées de jaune sur fond vert pâle. 

L. semperyirens L. (coccinea Pers. ; L. fuchsioides Hort.) — 
Superbe espèce de l'Amérique septentrionale, à longues 
tiges volubiles, à fleurs de couleurrouge écarlate très brillant. 
Fleurit de juin en octobre. A cultiver en situation mi ombragée. 

L. tartarica L. Chamécerisier de Tartarie. — Cette espèce, 
et toutes celles du même groupe, forment des arbrisseaux 
buissonnants, non grimpants. Le Ch. de Tartarie atteint 
environ 2 m ,o0 de hauteur; il convient à orner les bosquets ; 
ses fleurs, assez grandes, nombreuses, s'épanouissent en mai ; 



<K.* 



168 



LE JARDIN D'AGRÉMENT. 



elles sont jaunâtres, rouges ou blanches, selon les variétés. 
L. fhagrantjsswa Paxt., de l»,bO à 2 mètres de hauteur 
fleura en février-mars ; ses fleurs sont blanches et exhalent 
une délicieuse odeur de fleur d'oranger. 

L. Stanmshh Lesc. - Arbrisseau de 2 mètres ; il fleurit de 
janvier en mars; ses fleurs, inodores, sont blanches. 

Lunaria diennis Mœnch. Monnaie du pape. Monnoyère 

(fig. 111). —Plante bisannuelle 
indigène, assez ornementale, de 
1 mètre et plus de hauteur, à 
fleurspetites,maisnombreuses, 
d'un violet purpurin, réunies 
en longues grappes dressées, 
s'épanouissant de mai en juin 
et auxquelles succèdent des 
fruits aplatis et arrondis, dont 
la forme rappelle celle d'une 
pièce de monnaie. 

Cette plante se plaît dans tous 
les sols ; elle préfère cependant 
les terrains meubles et frais. 
Semer en juin-juillet, en pépi- 
nière, repiquer en pépinière et mettre en place à l'automne 
ou au printemps. 

Lupinus polyphyllus Dougl. Lupin vivace. — Belle plante 
vivace originaire de l'Amérique septentrionale, d'environ 
1 mètre de hauteur, formant de fortes touffes qui, en juin- 
juillet, se couvrent de longs épis de fleurs bleues, blanches ou 
panachées de bleu et de blanc, selon les variétés. Gomme les 
autres espèces de Lupins, cette plante prospère surtout dans 
les terres non calcaires, silico-argileuses, ou bien meubles et 
fraîches et à bonne exposition. Semer en avril-mai, en place. 
L. nanus Dougl. Lupin nain. — Petite espèce annuelle, de 
la Californie, haute de25 cenlimètres,à fleurs très nombreuses, 
bicolores, blanc et bleu, se succédant de juin en juillet. Il en 
existe une variété à fleurs blanches. 




Fi£. 111. — Lunaire. 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D'ORNEMENT. 160 

L. mutabilis Sweet. Lupin à fleurs changeâmes. — Espèce 
de la Colombie, de 1 mètre et plus de hauteur ; en juillet-sep- 
tembre, fleurs très odorantes, en grappes, d'un blanc légère- 
ment bleuâtre en s'épanouissant, puis d'un bleu violacé en 
vieillissant. 

Ces deux dernières espèces doivent être semées sur place, 
en avril-mai. 

Lychnis chalcedonica L. Croix 
de Jérusalem (flg. 112). — Plante 
vivace originaire de l'Asie Mineure, 
d'environ 1 mètre de hauteur, don- 
nant, de juin en août, des fleurs 
nombreuses, réunies en bouquets, 
à cinq pétales disposés en forme de 
croix de Malte, rouge écarlate, car- 
nées ou blanches, simples ou dou- 
bles, selon les variétés. La Croix de 
Jérusalem est une fort belle plante 
qui affectionne les terrains meu- 
bles, substantiels et frais, et qui 
prospère surtout à bonne exposi- 
tion. Multiplication par division des 
touffes,à l'automne ou au printemps. 

L. viscaria L. œillet de janséniste. Bourbonnaise. — Plante 
vivace indigène, atteignant au plus 50 centimètres de hauteur, 
dont il existe deux belles variétés a fleurs doubles, blanches et 
roses. Fleurit de mai en juillet. Ces plantes sont des plus 
ornementales. Multiplication par division des touffes, au prin- 
temps. 

L. coRONAHu Lamk. Coquelourde, Œillet de Dieu. — Plante 
vivace originaire de l'Europe méridionale, de 50 à 00 centi- 
mètres de hauteur, à tiges et à feuilles cotonneuses. De juin 
en août, fleurs rouge purpurin, blanc pur ou blanches avec 
centre rose. Il en existe une variété à fleurs doubles. Préfère 
les terres légères. Semer en mai-juin, en pépinière, repiquer 
en pépinière et mettre en place au printemps. On peut aussi 
D. Sois. — Le petit jardin, 2 e édit. 10 




l-'ig. 111 — Croix de Jérusalem 
[Lyclinis). 






A 



170 



LE JARDIN D'AGRÉMENT. 



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Bé* Sen/r an VrZT^T ^ "* * ^ fra "" 

la précédent! ; en ju n et "o T T^ ^' ava « l ■« P<>ri de 
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cultiver. qu'en terre de b " ère et H " v "* PeUt * 
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l'ouest de ] a France elle I7rr ^^ réUSSit bien da '^ 

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les plus répandues les h! .* " . CUer ° nS ' parrai 

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dès le mois e ™a- n ; fa, Un ^ P"' S ' é P a "--nt 

T -=?^u&ssi u sr^ 

plusieurs variétés. " en exlsle 






PLANTES ET ARBRISSEAUX D'ORNEMENT. Ht 

Mahonia aquifolium Pursh. - Arbrisseau de l'Amérique 
septentrionale, dont les tiges atteignent 1 à 2 mètres de hau- 
teur, à feuilles persistantes, un peu épineuses, formées d'une 
demi-douzaine de folioles ; en avril-mai, fleurs nombreuses, 
petites, d'un beau jaune, réunies en grappes denses. Fruits 
charnus, noirs. 

Le Mahonia peut être cultivé dans les terrains les plus 
arides et aux expositions les plus ensoleillées. 
Maïs panaché du Japon. — Voy. Zka Mays. 
galope trifida Cav., var. grandiflora. Malope à grandes 
Heurs (fig. 113). - Belle plante annuelle originaire de l'Algérie 
d'environ 1 mètre de hauteur, 
dont les grandes fleurs, rose 
purpurin, rouges ou blanches, 
ressemblant à celles des Mau- 
ves, se succèdent sans inter- 
ruption de juillet en septem- 
bre. Semer en place, en avril- 
mai. 

Malus. Pommier. — Nous 
n'avons pas à parler ici des 
variétés fruitièresdu Pommier 
dont il est question dans une 
autre partie de ce livre, mais 
des espèces et variétés orne^ 
mentales qui souvent sont 

d'une grande beauté et qu'on ne rencontre que trop rarement 
dans les jardins. 11 s'agit, notamment, du Pommier à bouquet, 
Malus spkctabilis Desf., originaire de la Chine et du Japon 
arbre peu élevé qui, en avril, se couvre de grandes fleurs' 
s.mples, semi-doubles ou pleines, d'un blanc rosé et dont 
les boutons sont rouges. Cet arbre appartient au groupe des 
Vomnuers dits bacciféres ou microcarpes, groupe formé par 
plusieurs espèces dont les fleurs, plus ou moins grandes 
sont très nombreuses et très jolies. A ces fleurs succèdent 
des fruits dont la grosseur varie entre celle d'un pois et 




Fig. 113. - Malope \ Irucs lobos. 



172 



LE JARDIN D'AGRÉMENT. 



celle d'une noix, et qui sont diversement colorés de rouge 
vif, de pourpre noir ou de blanc jaunâtre, d'un très bel effet. 
Ces petits arbres sont des plus précieux pour orner les bos- 
quets. 

Les principales espèces sont, après le M. spectabilis, les 
M. baccata Desf., cerasiff.ra Spach, M. floribunda Sieb., du 
Japon, à fleurs très nombreuses, rouge vif, en bouton, puis 
roses, portées sur des rameaux grêles etflexueux. 
Marguerite. — Voy. Bellis pkrennis. 

Marguerite en arbre. — Voy. Chrysanthèmes frutescents. 
Matricaire mandiane. — Voy. Matricaria parthenioides. 
Matthiola annua L. Giroflée Quarantaine (lig. i 14). — Plante 

bisannuelle, indigène, 
ayant donné naissance 
à un grand nombre de 
variétés qui diffèrent les 
unes des autres par leur 
port plus ou moins 
trapu, par les dimen- 
sions des fleurs, leur 
degré de duplicature , 
et enfin par les coloris 
variés qu'elles présen- 
tent et parmi lesquels on 
observe le rouge, le rose, 
le blanc, le lilas, le violet 
etle jaune, avec un grand 
nombre de nuances in- 
termédiaires. On sème la 
Quarantaine : 1° en fé- 
vrier-mars, sur couche, 
on repique sur couche ou 
en pleine terre, en terrain meuble et à bonne exposition, 
et l'on met en place au début de la floraison, de façon à pou- 
voir éliminer les plantes à Heurs simples qui sont toujours 
nombreuses dans les semis; 2° en avril-mai, en place ou en 




Fig. 114. — Giroflée Ouarantiine. 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D ORNEMENT. 



173 



pépinière. Dans le premier cas, là floraison a lieu de juin en 
août; dans le second, de juillet en septembre. 

M. r.it.ECA Sweet. Giroflée grecque. — Diffère de la précé- 
dente par ses feuilles qui sont glabres au lieu d'être velues, 
d'un vert gai, rappelant celles de la Giroflée jaune [Cheiranthus 
Cheirï). Il en existe aussi nombre de variétés cultivables 
comme la Quarantaine. 

M. incana DC. Giroflée des jardins. — Plante bisannuelle 
et quelquefois même vivace, alors que les précédentes sont 
cultivées comme plantes annuelles. La culture de celle espèce 
n'est possible, sous le climat de Paris, que lorsqu'on dispose 
de châssis pour abriter, pendant l'hiver, les pieds obtenus de 
semis pratiqués, en mai-juin, en pépinière et à bonne exposi- 
tion. Les plantes mises en place au printemps fleurissent de 
mai à octobre. 

M. fenkstkalis IL Br. Giroflée Coeardeau. —Exige les mêmes 
soins. 

Mauve en arbre. — Voy. Hibiscus syriacus. 

Mauve fleurie. — Voy. Lavatera trimestris. 

Mélisse turque. — Voy. Dracocephalum Moldavica. 

Menyanthes trifoliata L. Trèfle d'eau. — Plante aqua- 
tique vivace, indigène, à feuilles d'un vert gai, à Heurs d'un 
blanc rosé, élégamment frangées, se succédant d'avril en juin. 
La plante entière ne dépasse pas 2rî centimètres de hau- 
teur. Planté dans des pots ou dans des baquets immergés 
dans l'eau, le Trèfle d'eau convient à l'ornement des bassins. 
La souche ne doit pas être recouverte de plus de 10 à 20 cen- 
timètres d'eau. Multiplication par division des touffes. 

Mignardise. — Voy. Diantiius plumarius. 

Mille feuille à fleurs roses. — Voy. Achillea Millefolium. 

Millepertuis à grandes fleurs. — Voy. Hypericum calycinum. 

Mimulus moschatus L. Musc. — Petite plante vivace ori- 
ginaire de l'Amérique boréale, haute de 10 à 13 centimètres, 
velue, visqueuse sur toutes ses parties, exhalant une forte 
odeur de musc, donnant de mai en octobre un grand nombre 
de petites fleurs jaunes, peu ornementales. Le Musc est sur- 

10. 



174 



LE JARDIN D AGREMENT. 




tout cultivé pour son odeur; il ne réussit bien qu'à rai-ombre, 
en terre de bruyère ou en terre légère. 

M. luteus L., variegatus, Mimule arlequin, elM. cupreus Hook. 
Mimule cuivré (fig. 1 lo). — Très jolies plantes vivaces, cultivées 

dans les jardins comme plantes 
annuelles, originaires du Chili 
et de la Californie, dépassant 
rarement 30 centimètres de hau- 
teur, très ramifiées, dont la 
floraison extrêmement abon- 
dante a lieu de juin en août. Ces 
Mimules ont donné naissance à 
un grand nombre de variétés 
dont les fleurs varient du rouge 
cuivré velouté au rouge cra- 
moisi et au jaune pâle presque 
ïr : - blanc, couleurs sur lesquelles se 
détachent, en dessins plus ou 
moins irréguliers et bizarres, 
des ponctuations, des macules et des mouchetures plus pâles 
ou plus foncées. Il en existe une variété à fleurs doubles. Ces 
plantes forment de ravissantes bordures dans tous les terrains 
meubles et frais. Semer en mars-avril sur couche, repiquer 
sur couche et mettre en place en mai. Bouturer les variétés 
que l'on désire conserver et les abriter sous châssis pendant 
l'hiver. 

Mirabilis jalapa L. Belle-de-Nuit (fig. 116). —Plante vivace 
à racines tubéreuses, originaire du Pérou, de \ mètre de 
hauteur, mais dont il existe des variétés naines ne dépassant 
pas 30 centimètres. De juillet jusqu'aux gelées, fleurs nom- 
breuses, en forme d'entonnoir, rouges, roses, jaunes, blanches 
ou panachées de ces diverses couleurs, s'épanouissant le soir 
vers S heures et se fermant le lendemain dans la matinée, 
dès que la lumière devient un peu intense. 11 en existe une 
variété à feuilles panachées. Bien qu'on pourrait relever, à 
l'automne, les tubercules pour les conserver comme ceux 



Fig. 115. — Mimule cuivré. 




Fig. itii. — BeiU-de-Nuit 
[Mirabilis). 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D'ORNEMENT. 173 

du Dahlia, on préfère ressemer la Belle-de-Nuit chaque 

année, à moins qu'on ne veuille 

conserver certaines variétés, le 

semis ne les reproduisant pas tou- 
jours fidèlement. Semer en avril- 
mai, en place ou en pépinière ; dans 
ce dernier cas, repiquer, et planter 
à demeure en mai. La Belle-de- 
Nuit se plaît dans les sols meubles 
et profonds. Ornement des plates- 
bandes et des massifs. 

Miroir de Venu*. — Voy. Specu- 
laria Spéculum. 
Moldavique. — Voy. Dracocbpha- 

LUM MoLDAVICA. 

Monarda didyma L. Monarde émrlate (fig. 117). —Belle 
plante vivace, de l'Amérique septentrionale, formant des touf- 
fes de 70 à 80 centimètres de 
hauteur, ù fleurs nombreu- 
ses, réunies en têtes terminant 
les tiges, d'un rouge vif, s'é- 
panouissanl en juin-juillet. 
Cette plante est très rustique; 
elle se plaît surtout dans les 
terrains meubles et frais et à 
mi-ombre; on ne saurait trop 
la recommander pour l'or- 
nement des plates - bandes. 
i| Multiplication par division des 
touffes, au printemps. 
Monnaie du pape, Monnuyère. 

— Voy. LuNARIA B1BNNIS. 
Muflier. — Voy. Antirrhinum majus. 
Muguet (Petit). — Voy. Asperula odorata. 
Muscari comosum L., var. monstrucsum. Lilax de terre, Jacinthe 
chevelue. — Plante bulbeuse indigène ne dépassant pas 35 cen- 







176 



LE JARDIN D AGRÉMENT. 



timètres de hauteur, donnant, en mai-juin, une énorme inflores- 
cence formée de fleurs et de petites ramilles plus ou moins 
contournées, d'un bleu violacé et d'un aspect plumeux très 
élégant. La Jacinthe chevelue croît dans tous les terrains, 
pourvu qu'ils soient meubles et bien drainés; elle produit un 
très bon effet lorsqu'elle est plantée en groupes ou en bor- 
dures. On la multiplie en arrachant les bulbes, à la fin de l'été, 
pour séparer les caïeux, que l'on cultive à part jusqu'à ce qu'ils 
soient de force à fleurir ; les gros bulbes doivent être replantés 
de suite. Il est bon de ne faire cette opération que tous les 
trois ou quatre ans, afin de ne pas fatiguer la plante. 

Myosotis palustris With. Souvenez-vous de moi; Ne m'ou- 
bliez pas ; Plus je vous vois, plus je vous aime, etc. — Char- 
mante petite plante vivace indigène, des terrains marécageux, 
à cultiver en pots, dans les bassins, de manière que la base 
des tiges soit seule submergée. Le Myosotis peut aussi être 
cultivé à l'ombre, en terrain entretenu humide. Fleurit de juin 
en octobre. Multiplication par division des touffes. 

M. alpestris Schmidl. Myosotis alpestre. — Plante vivace 
indigène, formant des touffes compactes d'environ 33 centi- 
mètres de hauteur. Cette espèce est très précieuse pour orner 
les jardins au printemps, concurremment avec le Silène pen- 
dant, la Pâquerette, les Primevères et les Pensées. Ses fleurs, 
extrêmement nombreuses, se succèdent d'avril en juin. Il en 
existe une variété à fleurs blanches, une à fleurs roses; il y 
a enfin des variétés naines et compactes des plus recomman- 
dables. Le Myosotis alpestre est très rustique ; il croit dans 
tous les terrains et à toutes les expositions; on ne le cultive 
guère que comme plante annuelle et on l'arrache après la 
floraison, en conservant quelques pieds de choix destinés 
à produire les grains nécessaires pour les semis ultérieurs. 
On en fait de charmantes corbeilles et des bordures. Semer 
de mai en juillet, en pépinière, à mi-ombre, repiquer à mi- 
ombre et mettre en place à l'automne ou au printemps, en 
espaçant les pieds d'environ 25 centimètres. 

Narcissus poeticus D. Narcisse des Poètes. — Belle plante 






PLANTES ET ARBRISSEAUX L) ORNEMENT. 



177 



bulbeuse indigène, très rustique, formant des touffes d'envi- 
ron 40 centimètres de hauteur, à Heurs penchées, blanches, 
munies, au centre, d'une petite couronne jaune orangé, lisérée 
de purpurin. Cette espèce convient à orner les plates-bandes; 
sa floraison a lieu en avril-mai. Il en existe une variété à 
(leurs doubles. Cultiver en terre légère, et n'arracher que tous 
les quatre ou cinq ans pour séparer les caïeux qui servent à 
la reproduction. Cetle opération doil être faite à l'automne et 
on doit replanter de suite les gros bulbes. 

N. Pseudo-Nahcissus L. Porillon, variété à 
(fig. 118). — Superbe espèce as- 
sez répandue dans les jardins où 
elle fleurit en mars-avril. Fleurs 
grandes, bien pleines, à pétales 
jaune orangé à la base, jaune 
clair au sommet. Le Narcisse 
orange Phénix (N. incomparabilis 
Mill.) est une variété vigoureuse, 
à fleurs d'un jaune très pâle avec 
languettes jaune orangé. Culture 
et multiplication du Narcisse des 
poètes. 

Il existe un grand nombre 
d'autres espèces de Narcisses, 
mais elles sont trop délicates pour être cultivées en plein air 
sous le climat de Paris. 

Nardosmia fbagrams Cass. Hélioti-ope d'hiver. — Plante 
vivace, indigène, de 30 centimètres de hauteur, à feuilles larges 
et arrondies, à fleurs lilacées, en capitules formant des épis 
courts, dressés, s'épanouissant de décembre en janvier, avant 
le développement des feuilles, et répandant une délicieuse 
odeur d'Héliotrope. Cette plante se plaît surtout dans les en- 
droits ombragés et dans les sols frais. Multiplication des plus 
faciles par division des touffes. 

Nemophila insignis Dougl. Hémophile remarquable (fig, 1 1'.)). 
— Jolie plante annuelle, originaire de la Californie, à rameaux 




lis. — Porillon ; 
pleines {Narciss 



178 



LE JARDIN D AGRÉMENT. 



couchés, formant des touffes assez denses qui, de juin en 
août, se couvrent de fleurs en forme de coupe, de 2 centi- 
mètres et demi 
dediamètre,d'un 
beau bleu d'azur 
et à centre blanc. 
11 en existe des 
variétés à fleurs 
blanches, àfleurs 
bleues bordées 
de blanc et enfin 
à fleurs pana- 
chées. La Némo- 
phile est une 
bonne plante 
pour bordures. 
Culliver en terre 
légère et à expo- 
sition ensoleillée. 
Semer surplace, 
de mars en mai. 
Ne m'oubliez pas. — Voy. Myosotis palustris. 
Nénufar blanc. — Voy. Nymph.ea alba. 
Nez-coupé. — Voy. Staphylea pinnata. 

Nicotiana Tabacum L. Tabac (fig. 120). — Grande plante 
annuelle originaire de l'Amérique méridionale, atteignant 
2 mètres et plus de hauteur, à feuilles très amples et d'un 
port très ornemental. 11 en existe plusieurs variétés, à feuilles 
plus ou moins grandes, à fleurs d'un rose plus ou moins 
foncé ou rouges, s'épanouissant de juillet en octobre et for- 
mant de grandes grappes terminales dressées. Le Tabac du 
Maryland (N. macrophylla Spreng.) n'est qu'une variété 
robuste de la précédente. 

Le Tabac est souvent cultivé pour son port superbe; sa cul- 
ture, en tant que plante industrielle, est interdite aux parti- 
culiers, à moins d'autorisation spéciale; cependant, par tolé- 




Fig. 119. — Némophile remarquable. 



PLANTES ET ARBRISSEAUX DORNEMENT. 179 

rance, la loi permet aux amateurs d'en avoir quelques pieds. 
Semer en avril-mai, à bonne exposition et en terrain bien 
meuble et bien terreauté, repiquer et mettre en place au com- 
mencement de juin. Cette plante n'acquiert tout son déve- 
loppement que dans les sols pro- 
fonds, riches en engrais; elle exige 
de copieux arrosements. Les grai- 
nes, très petites, doivent être à 
peine recouvertes de terre lors- 
qu'on les sème. 

Nierembergia gracilis Hook. 
— Plante, vivace en serre, origi- 
naire de Buenos-Ayres, cultivée 
souvent comme plante annuelle de 
pleine terre, à rameaux très grêles, 
formant de petites touffes buis- 
sonnantes, compactes, de 25 centi- 
mètres de hauteur, donnant, de juin 
jusqu'aux gelées, des Heurs nom- 
breuses, en forme de coupe, lilas clair avec stries plus foncées 
disposées en étoile, à centre jaunâtre. Cetle jolie pelite plante 
est précieuse pour former des bordures qui se couvrent de 
fleurs pendant toute la belle saison. Semer en mars, sous 
châssis et en pots, repiquer et mettre en place fin mai. Le plus 
habituellement, on conserve quelques vieux pieds en serre 
froide ou sous châssis, pendant l'hiver, afin de les bouturer au 
printemps. 

N. fhutescens Durieu. — Espèce du Chili qui diffère de la 
précédente par ses dimensions un peu plus grandes et par son 
port plus dressé. Les fleurs, de couleur plus pâle, sont plus 
larges et également très jolies. Même emploi et même culture 
que le N. gracilis. Ces deux plantes prospèrent surtout dans 
les terrains légers et à bonne exposition. 

Nigella dajuscena L. Nigelle de Damas (fig. 121), Cheveux 
de Vénus. — Plante annuelle de 50 centimètres de hauteur, à 
feuilles très finement découpées. Fleurs de 3 à 4 centimètres 




120. — Tabac commun 
(Nicotinna). 



180 



LE JARDIN D AGRÉMENT. 



de diamètre, nombreuses, bleu pâle ou blanchâtres, entourées 
d'une collerette, verte, à découpures capillaires, légères et très 
élégantes. La lloraisou a lieu en juin-juillet. Il existe une 
variété naine et une aulre à fleurs doubles. 
IN. hispamca L. N. d'Espagne. — Fleurs plus grandes que 




F'ig. 1S1. — Nigelle de Damas 



Fig. \il. — Nénufar blanc (Ni/mphxa). 



celles de l'espèce précédente, bleues, blanches ou violet pour- 
pré. Les Nigelles se sèment sur place, en mars-avril. 

Nymphtea alba L. Nymphéa, Lis d'eau, Nénufar blanc 
(fig. 122). — Indigène. C'est la plus belle plante aquatique de 
plein air que l'on puisse culliver dans les pièces d'eau un peu 
profondes. Ses larges feuilles, arrondies, luisantes et d'un 
beau vert, flottent à la surface de l'eau; ses grandes fleurs, 
d'environ 8 centimètres de diamètre, sont bien pleines et d'un 
blanc pur; elles se succèdent de juin en septembre. Cette 
superbe plante a donné naissance à une variété à fleurs 
légèrement teintées de rose, qui a été introduite dans les 
jardins sous le nom de N. Caspary. 

N. odorata Ait. Nénufar odorant. — De l'Amérique septen- 
trionale. 11 a les feuilles rouges au revers; ses fleurs, blanches, 
ressemblant à celles du Nénufar blanc, répandent une 
agréable odeur de vanille. Cette espèce a produit plusieurs 



PLAINTES ET ARBRISSEAUX D'ORNEMENT. 181 

variétés : le N. odohata minor et le N. odohata rosëa, celte 
dernière à fleurs roses, ravissantes. 

M. Latour Marliac a obtenu toute une série de superbes 
Nymphéa par sélection, ou par hybridation des espèces pré- 
cédentes avec d'autres, dont quelques-unes originaires de 
régions chaudes. 

Lorsqu'on n'a pas de bassin, on peut cultiver les Nymphœa 
dans de petites cuves garnies d'un peu de terre au fond et 
remplies d'eau ordinaire, de fontaine ou de pluie. Le récipient 
peut être placé sur le sol ou enterré jusqu'à sou orifice. Les 
rhizomes doivent être plantés au printemps, soit dans la vase 
du fond des bassins, soit dans des pots ou dans des paniers 
qu'on plonge dans l'eau. Lorsque les plantes sont jeunes, elles 
ne doivent être que faiblement recouvertes d'eau ; on ne les 
submerge profondément que lorsque les rhizomes sont arrivés 
à une grosseur moyenne. Les N. alba et odorata sont très 
rustiques. 

Œillet d'amour. — Voy. Gypsophila paniculata. 

Œillet de Chine. — Voy. Dianthus chinensis. 

Œillet de Dieu. — Voy. Lychnis coronaria. 

Œillet Flon. — Voy. Dianthus semperflorbns. 

Œillet dinde. — Voy. Tagetes patoxa. 

Œillet de janséniste.— Voy. Lychms Viscaria. 

Œillet des jardins. — Voy. Dianthus Caryophyllos. 

Œillet mignardise. — Voy. Dianthus plumarius. 

Œillet de poète. — Voy. Dianthus babbatus. 

Œnothera sdaveolens Desf. (GE. grandiflora Wdkl.) 
llg. l23).Mnothère odorante. — Plante bisannuelle originaire de 
l'Amérique septentrionale, d'environ ^ m ,^M de hauteur- 
fleurs s'ouvrant le soir et se fermant le lendemain, dans là 
matinée, de 8 à 9 centimètres de diamètre, jaunes, exhalant une 
odeur analogue à celle de la fleur d'oranger, se succédant de 
juillet en septembre et formant de longues grappes dressées. 
Semer sur place ou en pépinière, en avril-mai. 
_ Œ. speciosa Nuit. — Belle plante vivace originaire de 
l'Amérique septentrionale, très traçante, formant des touffes 
II. Bois. — Le petit jardin, 2" édit. M 






ia-2 



LE JARDIN U AGRÉMENT. 











Fig. li'i. — Boothèro odorante. 



buissonnantes de 50 centimètres et plus de hauteur, à fleurs 
nombreuses, de 6 à 8 centimètres de diamètre, d'abord d'un 
blanc pur, devenant d'un blanc rosé en vieillissant, se succé- 
dant de j uillet en octobre. Cette 
espèce est très rustique; elle 
convient à l'ornement des pla- 
tes-bandes, surtout dans les sols 
^^ ^Ajajaf- légers et à bonne exposition. 

Multiplication par division des 
touffes, au printemps. 

CE. MACROCARPA Pursll. — 

Plante vivace originaire de l'A- 
mérique septentrionale, à tiges 
épaisses, couchées, ne dépas- 
sant pas 30 centimètres de hau- 
teur, à grandes tleurs jaunes, 
superbes, de 6 à 8 centimètres 
de diamètre, s'épanouissantsuc- 
cessivement de juillet en octobre. Cette belle plante exige 
d'être cultivée en terre légère et à bonne exposition. Multipli- 
cation par division des touffes, au 
printemps. 

Omphalodes li.mfolia Mœnch. 
Cynoglosse à feuilles de Lin. — Char- 
mante petite plante annuelle ori- 
ginaire de l'Europe, dont les tiges, 
ramifiées et dressées, ne dépassent 
pas 3o centimètres de hauteur. De 
juin en août, fleurs nombreuses, 
blanches, en petites grappes légères 
dont l'ensemble est très élégant. 
On en fait de jolies bordures. Se- p ig _ ,j 4 . 
mer en mars-avril, sur place. 

0. verna Mœnch. Cynoglosse printanière (fig. 124). — Espèce 
vivace indigène, à tiges peu élevées, dont l'ensemble atteint à 
peine ILS centimètres de hauteur, et dont les gracieuses petites 




■ Cyaoglosse priulatiierc. 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D'ORNEMENT. 183 

fleurs, d'un bleu d'azur, s'épanouissent de mars en niai et 
rappellent beaucoup celles du Myosotis, quoique plus grandes. 
Cette plante est précieuse pour orner les jardins au prin- 
temps; on la multiplie par division des touffes à l'automne, 
ou au printemps avant la floraison. Cultiver à mi-ombre 
et en terrain frais. 

Opuntia vulgaris Mill. Raquette commune, Nopal vulgaire 
(ftg. 125). — Petite plante 
grasse à tiges épaisses, for- 
mées d'articles aplatis, ova- 
les, charnus, couverts de 
bouquets de poils très ténus, 
quelquefois accompagnés 
d'aiguillons assez robustes. 
En juillet-août, fleurs nom- 
breuses, jaune pale, aux- 
quelles succèdent de petits 
fruits comestibles qui sont 




tî5. — Raquette {Opuntia). 
les parties de l'Amérique 



recherchés par les indigènes dans 

septentrionale où croît la plante. Cette' espèce est rustique 
sous le climat de Paris ; on peut en orner les racailles et la 
planter dans tous terrains bien exposés et bien drainés. Les 
poils des tiges pénètrent dans la peau et occasionnent de vives 
démangeaisons : on doit donc ne toucher à cette plante qu'avec 
certaines précautions. Multiplication par bouturage des rami- 
fications qui s'enracinent très facilement. 

0. Rahnbsquiana Engelm. - Espèce voisine de la précé- 
dente. Mêmes emplois et même culture. 

OreiUe-d'Ours. - Voy. Paimoi.aAuhicoxa. 

Ornithogalum umbellatum L. Dame-iï onze- heur es, Belle- 
douze-heure*. - Plante bulbeuse indigène, d'environ 1S cen- 
timètres de hauleur, dont les fleurs, blanches, en forme 
d étoiles, réunies en ombelle, s'ouvrent vers onze heures du 
matin et se ferment dans le milieu de l'après-midi. La floraison 
a heu en mai-juin. Culture des Narcisses. 

Orpin. — Voy. Sedum. 



184 



LE JARDIN D AGRÉMENT. 










Osier fleuri. — Voy. Epilobium spicatum. 

Osmunda regalis L. Osmondc, Fougère royale. — Plante 
vivace indigène, d'environ l ra ,S0 de hauteur, d'un port 
superbe. C'est une des plus belles Fougères rustiques. Cul- 
tiver dans les parties ombragées des jardins, à l'exposition 
du nord et en sol frais. 

Pœonia Mootan L. Pivoine en arbre (fig. 126). — Superbe 
plante originaire de la Chine et du Japon, formant un buisson 



r^"°p^\ 




Fig. \±ù. — Pivoine en arbre (Pxonia). 

de 1 mètre à l m ,o0 dehauteur, à tiges ligneuses. Cet arbuste, l'un 
des plus beaux de nos jardins, a donne naissance à unnombre 
considérable de variétés, à fleurs demi-pleines ou pleines, de 
dimensions énormes, blanches, carnées, lilacées ou roses, du 
plus bel effet ornemental. La Pivoine en arbre et ses variétés 
papaveracea, Banksii, grandis, etc., est très rustique; elle 
prospère surtout dans les terres substantielles et meubles et à 
mi-ombre. La floraison ayant lieu en mai, il arrive fréquem- 
ment que lesboutons à fleurs se trouvent détruits parles gelées 
tardives; il est utile, sous le climat de Paris, d'abriter les 
planles avec des paillassons ou des toiles maintenues au-dessus 
d'elles à l'aide de bâtons piqués en terre. Grâce à cette simple 
précaution, on peut obtenir tous les ans une magnifique flo- 
raison. 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D"ORNEMENT. 



18a 




P. ûfficinalis Retz. Pivoine des jardins, Pivoine femelle 
(fig. 127). — Espèce indigène, vivace, à tiges herbacées formant 
des touffes compactes d'environ 7b centimètres de hauteur, à 
très belles fleurs d'au moins 10 centimètres de diamètre, très 
pleines dans un certain nom- 
bre de variétés, rouges, rouge 
écarlate, rouge cramoisi fon- 
cé, roses, carnées, blanches 
ou panachées. Cette belle es- 
pèce, très rustique, se plait 
dans tous les terrains et à 
toutes les expositions: c'est =j^ 
l'une des plantes les plus pré- 
cieuses pour les jardins. Elle 
fleurit en avril-mai. Multipli- '^fjj- 
cation en août-septembre en 
séparant les tubercules, de 
manière que chaque partie F 
soit munie d'un œil au collet. 
Pour avoir des touffes plus fournies et plus florifères, il est 
bon de ne faire celte opération que tous les cinq ans. 

P. albiflora Pall. Pivoine à odeur de Rose, Pivoine de Chine. 
— Espèce à floraison tardive (mai-juin), qui se dislingue par ses 
liges rameuses, portant plusieurs fleurs au lieu d'une seule. 
Elle a donné naissance à un très grand nombre de variétés 
remarquables par leurs Heurs très grandes, agréablement 
parfumées, simples, doubles ou pleines, aux pélales entiers ou 
frangés, de coloris très divers, blanches, saumonées, carnées, 
roses, rouges, rouge violacé, etc., unicolores ou panachées. 
La Pivoine de Chine esf certainemenl l'une des plus belles 
plantes vivaces de nos jardins. Elle est d'une rusticité absolue. 
Il exisle plusieurs autres espèces de Pivoines herbacées, très 
rustiques, aussi faciles à cultiver que les précédentes, notam- 
ment: P. corallina Retz. Pivoine mâle, à (leurs d'un ronge pur- 
purin, s'ëpanouissant en mai ; P. pabadoxa Andr., dont il 
existe plusieurs belles variétés à Heurs très pleines et apétales 



1*27. — Pivoine officinale [Pxonia). 



ISO- 



LE JARDIN D AGHEMENT. 





entiers ou frangés, rouges, rouge violacé, roses, etc. ; P. tenui- 
folia L. Pivoine Adonis, belle espèce à feuilles très finement 
découpées, à fleurs rouge cramoisi. 11 en existe une variété 
à fleurs pleines. 

Pain de pourceau. — Voy. Cyclamen europ.eum. 

Palma Chrisll. — Voy. Ricinus communié. 

Palmier de Chine. — Voy. Cham.f.rofs Fortunei. 

Papaver Rh/F.as L. Coquelicot. — Plante annuelle indigène, 
dont les variétés à fleurs doubles ou pleines, rouges, roses, 
carnées ou blanches, unicolores ou panachées, sont très orne- 
mentales, mais ne se reproduisent malheureusement pas 
exactement par le semis. Il ne faut récolter les graines que 
sur des plantes bien sélectionnées. Semer de mars en mai, sur 
place. 

P. somniferum L. Pavot des jardins. — Une des plus belles 
plantes annuelles d'ornement. Il en existe un nombre consi- 
dérable de variétés qui diffèrent, soit par leur taille pLus ou 
moins élevée, soit par les dimensions, la forme et le degré de 
duplicature des fleurs dont les pétales sont, tantôt entiers, 
tantôt plus ou moins frangés. Leurs coloris, riches et variés, se 
reproduisent assez lidèlement par le semis. La floraison des 
Pavots ne dure malheureusement que très peu de temps; elle 
a lieu de juin en juillet. Semer en mars-avril, sur place, et 
éclaircir en laissant un espacement de 30 centimètres entre 
les pieds. 

P. orientale L. Pavot d'Orient. — Superbe plante vivace 
formant des touffes énormes, d'au moins 1 mètre de hauteur, 
donnant, en mai-juin, de très grandes (leurs mesurant ordinai- 
rement 12 centimètres de diamètre et d'un rouge vermillon. 
Le Pavot d'Orient produit un très bon effet lorsqu'il est isolé 
sur les pelouses ou planté dans le milieu des plates-bandes. Il 
croît dans tous les terrains, pourvu qu'ils soient bien sains. 11 
est difficile de le multiplier par division des touffes, car il sup- 
porte mal la transplantation ; le mieux est d'en semer les graines 
en pots et de mettre en place à l'automne ou au printemps, en 
touchant le moins possible aux racines. 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D'ORNEMENT. 



187 




Pavot ù bractées (Pupave- 



P. bhacteatum Lindl. Pavot à bractées (flg. 128). — Ne diffère 
du précédent que par la présence de petites feuilles qui sont 
situées sur le pédoncule, au-dessous du calice, et par ses 
fleurs plus grandes et d'un rouge vif. Cette magnifique espèce 
fleurit aussi en mai-juin. Cul- 
ture et emplois du Pavot 
d'Orient. 

P. croceum Ledeb. Pavot 
safrané. — Plante vivace ori- 
ginaire de l'Altaï, d'environ 
35 centimètres de hauteur, 
dont les fleurs, qui se succè- 
dent de juin en août, ressem- 
blent beaucoup à celles du Co- 
quelicot, mais sont d'un jaune 
orangé. Cette jolie espèce pros- 
père surtout dans les terres f lgt 
légères. Semer en avril-mai, 
sur place. Comme les espèces précédentes, cette plante ne peut 
être que difficilement multipliée par division des touffes. 

Pâquerette. — Voy. Bellis perennis. 

Passe-Rose. — Voy. Alth.ea rosea. 

Passiflora cœrulea L. Fleur de la Passion (iîg. 129). — 
Plante grimpante à tiges ligneuses, originaire du Brésil et du 
Pérou. Cette belle liane tire son nom de la forme curieuse des 
organes de sa fleur qui rappellent les instruments de la Pas- 
sion. Les liges peuvent atteindre à 8 mètres de hauteur; 
elles sont garnies de feuilles palmées d'un vert foncé. Les 
Heurs, larges de à 8 centimètres, ont les pétales d'un blanc 
verdàtre ; le pistil et les étamines sont entourés d'une cou- 
ronne formée de fîlamenls moins longs que les pétales, 
bleus à l'extrémité et pourpres à la base. La Fleur de la Pas- 
sion, délicate sous le climat de Paris, convient à garnir les 
murs exposés au midi ; il lui faut de la chaleur el un sol léger. 
Sa floraison a lieu pendant tout l'été et une grande partie de 
l'automne. 



I 



m 



LE JARDIN D'AGRÉMENT. 










Pavot. — Voy. Papa ver. 

Pécher de Chine à fleurs doubles.— Voy. Persica vulgaris, var. 

Pelargonium. — Les planles qui composent ce genre sont 
le plus habituellementdésignées, d'une manière impropre, sous 
le nom de Géranium, qui s'applique à d'autres végétaux avec 




F%, 12'J. — Fleur de la Passion [Pbtsiflora . 



lesquels il importe de ne pas les confondre. Les Géraniums 
(voy. ce mot) sont des plantes qui, pour la plupart, sont origi- 
naires des régions tempérées, vivaces ou annuelles, rustiques 
sous notre climat et à fleurs régulières ; les Pélargonium, au 
contraire, habitent les régions chaudes, surtout le Cap de 
Bonne-Espérance; ils exigent un abri pendant l'hiver, sont 
ordinairement frutescents, et leurs fleurs ont les pétales de 
dimensions inégales, du moins dans les planles non modifiées 
par la culture. 

Les Pélargoniums sont maintenant répandus dans tous les 
jardins; ils y occupent, sans contredit, le premier rang 
comme plantes ornementales. La vogue dont ils jouissent, à 
juste titre, est due autant à leurs qualités exceptionnelles 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D'ORNEMENT. 



1S9 



comme lloribondité, richesse et variété de coloris, qu'à la 
facilité de leur culture. 
Les Pêlargoniums à grandes fleurs sont surtout des plantes 




Pélarguniums /.uuules. 



d'appartement, de serre froide et d'orangerie; les P, des jar- 
dins, dits P. tonales (fîg. 130), sont des hybrides obtenus par 
le croisement des P. zonale Willd., inqcwans Ait. entre eux 
et avec d'autres espèces. 



I 



11. 



100 



LE JARDIN U AGRÉMENT. 



Le nombre des variétés de Pélargoniums des jardins est très 
considérable ; les unes ont des fleurs très grandes, simples ou 
doubles, réunies en bouquets plus ou moins volumineux, aux 
coloris parfois si éclatnnts qu'ils éblouissent la vue; les autres 




Fip. 131. — Pélargoniuni ;i feuilles de Lierre. 

présentent, au contraire, un feuillage richement panaché 
qui les rend très propres à former des bordures ou des 
corbeilles et avec lesquels on obtient les contrastes les plus 
variés. 

Les Pélargoniums à feuilles de Lierre, P. lateripes L'Hérit. 
et peltatum Soland (flg. 131), sont moins cultivés que les pré- 
cédents; leurs longues tiges, grêles, ne permettent guère -do 
les employer que pour garnir les vases suspendus dans les- 
quels ils produisent le meilleur effet; on peut encore en 
former des bordures, en orner les rocailles, etc. 11 en existe 
des variétés à fleurs simples, à fleurs doubles, de coloris 
variés et à feuilles panachées. 

Malheureusement, toutes ces belles plantes ne sont pas rus- 






PLANTES ET ARBRISSEAUX D'ORNEMENT. 



191 



tiques, et les moindres gelées détruisent les ravissantes cor- 
beilles encore en pleine floraison à la fin de l'automne. Les 
propriétaires de grands jardins et qui possèdent, ,i défaut de 
serre, un certain nombre de châssis, peuvent conserver leurs 
Pélargoniums en faisant, pendant le cours de l'été, des boutures 
qu'ils abritent du froid durant l'hiver; mais l'amateur qui ne 
dispose que d'un petit parterre, et dont le matériel horticole 
est presque nul, se voit, chaque année, obligé d'acheter des 
plantes pour remplacer celles que l'hiver a détruites. 

Lorsqu'on possède une pièce inhabitée, un sous-sol, une 
cave, secs, très éclairés, aérés, et où la température ne s'abaisse 
pas au-dessous de zéro, la conservation des Pélargoniums 
devient alors chose possible. Dans la seconde quinzaine d'oc- 
tobre, on y rentre un certain nombre de pieds représentant 
les diverses variétés que l'on cultive ; ces plantes sont rempotées 
dans des vases étroits afin de pouvoir en mettre le plus 
grand nombre possible dans l'espace dont on dispose; on 
débarrasse alors les liges de leurs feuilles et de tout ce qui 
pourrait engendrer la pourriture pendant les cinq mois de 
l'hiver durant lesquels on ne devra pour ainsi dire pas les 
arroser. 

Lorsqu'on dispose de châssis ou de serres, on fait en août- 
septembre des boutures, en prenant, à cet effet, des tiges bien 
saines munies de 3 ou 4 yeux, auxquelles on coupe les feuilles, 
à l'exception de la terminale ; ces boutures sont placées sous 
châssis, soit en pleine terre, soit dans de petits godets, en 
employant un compost formé de terre de jardin, de terreau et 
de terre de bruyère, le tout par tiers ; on donne de l'ombre en 
couvrant les châssis avec des claies, chaque fois qu'il y a à 
craindre les effets des rayons brûlants du soleil, puis, au bout 
d'une huitaine de jouis, on commence à soulever les châssis 
pour donner un peu d'air. Un mois après, on procède à 
un premier rempotage, dans des vases de (i à 7 centimètres 
de diamètre et dans une terre analogue à celle que nous avons 
indiquée plus haut. Les pots sont alors placés dans une serre 
.ou mis sous châssis sur couche froide, en entourant les coffres 






192 



LE JARDIN U AGRÉMENT. 



de feuilles sèches ou de fumier sec, de paille ou de tannée. 
Les soins, durant l'hiver, consistent à donner de l'air chaque 
fois que la température extérieure le permet, à couvrir les 
châssis, pendant les grands froids, avec des paillassons qu'il 
est nécessaire d'enlever lorsque cela est possible pour qu'ils 
n'interceptent pas la lumière, ce qui, au bout d'un certain 
temps, déterminerait l'étiolement des plantes. Lesarrosements 
doivent être très modérés, destinés seulement à empêcher le 

dessèchement des 
racines. La tem- 
pérature ne doit 
pas être inférieure 
à 2 degrés au-des- 
sus dezéro; elle ne 
doit pas dépasser 
+ S à 8, car elle 
provoquerait l'en- 
trée en végétation 
des plantes. Au 
mois de mars, on 
procède à un se- 
cond rempotage 
dans des vases 
plus grands, et 
entîn, après avoir 
graduellement ha- 
bitué les plantes à 
la température ex- 
térieure, en aérant le plu s souvent possible, on les laisse exposées 
à l'air jusqu'au moment de la plantation, qui s'effectue dans la 
seconde quinzaine de mai. Les jeunes sujets sont soumis à des 
pincements destinés à leur faire prendre la forme que l'on 
désire. En résumé, pour conserver des Pélargoniums pendant 
l'hiver, il faut les placer dans un endroit bien éclairé et bien 
aéré, à l'abri de la gelée et de l'humidilé. On ne sème les grai- 
nes de Pélargoniums que pour obtenir des variétés nouvelles. 




Fig. 13::. — Peutstémon hybride. 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D'ORNEMENT. 



193 



Pensée. — Voy. Viola tricolor hortensis.- 
Pentstemon Hartwegh Benth. — Superbe plante vivace 
qui a donné naissance à des vanélés et à des hybrides 
(P. hybrides) (flg. 132) très recherchés, mais non rustique 
sous le climat de Paris. On la reproduit chaque année par 
boutures laites en juillet-aoïit, 
abritées sous châssis pendant 
l'hiver et mises en pleine terre 
en avril-mai. Culture et em- 
plois des Pélargoniums. Le 
genre Pentstemon renferme 
un bon nombre d'espèces orne- 
mentales, dont quelques-unes 
supportent notre climat. On 
peut ciler comme étant de 
ce nombre: les P. barbatus 
Roth. (synonyme Ghelone bar- 
bata [voy. Chelone}), ovatus 
Dougl., plante de !J0 à 60 cen- 
timètres de hauteur, à fleurs 
bleuâtres. Ces deux espèces 
se multiplient par division des 
touffes. 
Perce-Neuje. — Voy. Galan- 

THUS N'IVALIS. 

Persica vulgaris Mill. var. 
(flg. 133). — Sous le nom de 
Pêchers de Chine, on cultive 
dans les jardins plusieurs 
belles variétés de Pêchers à 
Heurs doubles ou pleines. Ces 
arbrisseaux sont remarqua- 
bles par l'abondance et l'élégance de leurs Heurs, rose pâle, 
rose vif, rouge cocciné ou blanches, qui s'épanouissent en 
mars-avril, époque à laquelle ils constituent certainement 
l'un des plus beaux ornements de nos jardins. Il en existe 




Pécher ù Heurs doubles 
[Persica). 






104 



LE JARDIN D AGRÉMENT. 



une variété qui présente, sur le même rameau, des. Heurs 
blanches, blanches panachées de rouge et entièrement rou- 
ges, ce qui produit un etlet des plus singuliers. Les Pêchers 
de Chine exigent un sol bien meuble, une exposition chaude 
et abritée du vent; leurs fruits, sans être délicieux,. sont man- 
geables. 

Persicaire d'Orient. — Voy. Polygonuu orientale. 

Pervenche. — Voy. Vinca. 

Pétunia hyctagihifloha Juss. Pétunia blanc. — Plante vivace 
en serre ou sous châssis, mais généralement cultivée comme 
[liante annuelle, ainsi que le P. violacea Lindl., espèce à Heurs 
violettes qui, avec la précédente, a donné naissance à de 
nombreuses variétés et hybrides d'une grande valeur orne- 
mentale. Le semis ne reproduisant pas fidèlement les variétés, 
on se sert du bouturage pour conserver les plantes remar- 
quables. Le même procédé de reproduction est aussi employé 
pour les variétés à Heurs pleines, qui ne donnent pas de 
graines. Les boutures doivent être faites à l'automne, placées 
en serres ou sous châssis pendant l'hiver et plantées à demeure 
en mai. Les soins à donner sont les mêmes que ceux indiqués 
pour les Pélargoniums. 

Les P. blanc et violet sont originaires de l'Amérique méri- 
dionale ; leurs liges, rameuses et couchées, ne dépasspnt 
guère 50 centimètres de hauteur; leurs (leurs, en l'orme 
d'entonnoir, larges d'environ o centimètres, se succèdent avec 
la plus grande abondance depuis juin jusqu'à la fin de 
l'automne. Ce sont des plantes extrêmement précieuses et 
d'une culture des plus faciles. 

La variation a atteint de très grandes proportions dans les 
Pétunias hybrides. 11 en existe à Heurs énormes, dont le 
diamètre dépasse 10 et même 12 centimètres, à limbe plus ou 
moins chiffonné, quelquefois très élégamment frangé : ces 
ileurs simples, doubles ou pleines, présentent des coloris très 
variés; allant du blanc au violet purpurin, en passant par 
toutes les nuances du rose et du lilas ; elles sont unicolores ou 
panachées, striées, nuancées, oculées, étoilées (lig. 134), etc. 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D'ORNEMENT. 193 

Il existe enfin des variétés formant des touffes plus ou moins 
compactes, à tiges couchées ou dressées. 

Les Pétunias sont précieux pour la garniture des jardins ; 
on les emploie, soit en corbeilles, soit en bordures,. garnitures 
de vases, de treillages, etc. 

Semer en plein air, en avril-mai, à bonne exposition, eu 
terre légère et bien terreautée, les graines que l'on aura re- 




cueillies sur des exemplaires de choix; lorsque I (; plant esl 
suffisamment développé, mettre eu place, en espaçant b-s 
pieds, d'environ 50 centimètres. I. a graine, étanl très fine, doit 
être à peine recouverle de terre. Comme nous l'avons indiqué 
plus haut, les variétés de choix ou à fleurs pleines doivent 
être reproduites par le bouturage. 

Phataris arundinacea L., var. picta. Chiendent panaché. 
Roseau panaché. Ruban de bergère. — Herbe vivace indigène 
1res rustique, donl le feuillage, élégamment rubané dé vert, 
de blanc jaunâtre ou île rose, est souvent employé pour garnir 
les bouquets. Cetle jolie plante croit dans tous les sois et à 
toutes les expositions. Multiplication facile par division des 
touffes, au printemps. 

Pharbitis hispida Cboisy (Ii>ou.r.\ porpurba Lamk.), Volu- 









1% 



LE JAHD1N D AGRÉMENT. 



bilis (fig. 135). — Plante grimpante, annuelle, originaire de 
l'Amérique méridionale, très répandue dans les jardins. De 
juillet en septembre, fleurs nombreuses, grandes, en forme 

d'entonnoir, blanches, 
roses, rouges, violettes, 
panachées ou striées, etc. 
Semer sur place, en avril- 
mai. 

Phaseolus multiflo- 
bus L. Haricot d'Espagne. 
Haricot à fleurs rouges. — 
Plante grimpante, vivace, 
originaire de l'Amérique 
méridionale, ordinaire- 
ment cultivée comme 
plante annuelle. Ses ti- 
ges, volubiles, atteignent 
3 mètres et plus de hau- 
teur ; ses fleurs, réunies 
en petites grappes, se 
succèdentdejuin en sep- 
tembre : elles sont, sui- 
vant les variétés, rouge 
écarlate, blanches ou bi- 
colores, avec une partie 
rouge et l'autre blanche. 
Les graines, très grosses, 
sont d'un rouge vineux 
marbré de brun ou blan- 
ches. Le Haricot d'Espa- 
gne croit très rapidement; c'est une des plantes grimpantes 
les plus précieuses pour garnir les tonnelles, les treillages, etc. 
Semer en place, en mai. 

Philadelphie coronarius L. Seringat (fig. 136). 
arbrisseaux les plus répandus dans les jardins. Cette plante 
est originaire de l'Europe australe ; ses Heurs, blanches, très 




136. — Seringat (Pliiladelphus). 



L'un des 



PLANTES ET AlIBRISSEAUX D'ORNEMENT. 



197 



abondantes, s'épanouissent en juin et exhalent un parfum 
pénétrant ; elle est très rustique et s'accommode de tous les 
terrains et de toutes les expositions, formant des buissons 
touffus, de 2 mètres à 2 m ,50 de hauteur. Il en existe une 
variété à fleurs doubles. L'odeur que répandent les fleurs 
du Seringat est si forte qu'elle est désagréable à certaines 
personnes, auxquelles nous recommandons la culture des 

PlIILADELPHUS INODORUS L. et GRA.NDIFLOBDS Willd., à fleilI'S plus 

grandes et sans parfum. 

Phlox Drummondii Hook. Phlo.v de Drummond (flg. 137). — 
L'une des plus belles plantes 
annuelles de pleine terre. Elle 
est originaire de l'Amérique 
septentrionale ; ses tiges, ra- 
meuses, atteignent environ 
50 centimètres de hauteur ; 
elles se terminent par d'élé- 
gants bouquets de (leurs assez 
grandes, présentant les coloris 
les plus divers, allant du blanc 
au rose, au lilas, au rouge et 
au violet avec toutes les 
nuances intermédiaires et les 
panachuresles plus variées. La 
lloraison est abondante depuis 

le mois de juin jusqu'à la lin de septembre. 11 y a des variétés 
à Heurs oculées, c'est-à-dire qui présentent au centre une 
tache plus pâle ou plus foncée qui se détache sur la couleur 
du fond; il y en a destriées, d'éfoilées; il en existe enfin 
dans lesquelles les plantes ne dépassent pas 30 centimètres 
de hauteur. Dans les Phlox de Drummond à grandes /leurs, la 
dimension des Heurs a presque doublé ; dans une autre race 
encore peu répandue, les pétales sont frangés ou atténués 
en longue pointe ; dans ce dernier cas, ils forment par leur 
ensemble une étoile à cinq branches. On sème les Phlox 
de Drummond sur place, en avril-mai, et on éclaircit en 







198 



LE JARDIN D'AGRÉMENT. 



laissant un espacement de 20 centimètres entre les pieds. 

Phlox vivaces hybrides (fig. 138). — On réunit sous ce nom 

un grand nombre de variétés superbes issues des P. paniculata 

!.. et maculata L., espèces vivaces, originaires de l'Amérique 

septentrionale, 
dont la taille at- 
teint environ! mè- 
tre, et dont les 
Heurs, très nom- 
breuses, légère- 
ment odorantes, 
disposées en vo- 
lumineuses grap- 
pes pyramidales 
d'un très bel effet, 
s'épanouissent gé- 
néralement en 
juillet-août. Les 
Phlox vivaces hy- 
brides sont des 
plantes d'un mé- 
rite exceptionnel, 
dont on ne saurait 
assez recomman- 
der la culture; il 
en existe un nom- 
bre considérable de variétés. Les principaux coloris que pré- • 
sentent leurs Heurs sont: le blanc pur, blanc avec centre rose, 
blanc à centre rouge, blanc lilacé à centre violet, lilas, rose 
lilacé avec centre blanc, rose clair, rose vif, rouge clair, rouge 
foncé, rouge orangé, pourpre, pourpre violacé foncé ; il y a 
enfin des fleurs panachées et striées. 

Les Phlox ufcaoes hybrides peuvent être cultivés dans tous 
les terrains, mais ils préfèrent les sols meubles et frais; ils 
sont très rustiques et on les multiplie par division des touffes, 
au printemps. Il faut les arracher pour les changer de place 




Kiir. 13». — l'ulox vivaces hybrides. 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D'ORNEMENT. 



199 



tous les deux ou trois ans, car ils finiraient par épuiser le sol, 
ce qui rendrait leur végétation moins vigoureuse. 

P. subulata L. — • Petite plante vivace originaire de l'Amé- 
rique septentrionale, à tiges couchées, atteignant à peine 
15 centimètres de hauteur, formant des bordures compactes, 
ravissantes par le nombre .considérable de fleurs roses qu'elles 
donnent en avril-mai. Cette charmante espèce se plaît surtout 
dans les sols légers et sablonneux et à bonne exposition. .Mul- 
tiplication par division des touffes, après la floraison. 

P. verna Sweet, de l'Amérique septentrionale. — C'est une 
élégante petite plante vivace à rameaux couchés, ne dépassant 
pas 10 à 1S centimètres de hauteur, à feuilles de la base 
ovales allongées et à fleurs d'un beau rose, réunies en bouquets 
par six ou huit, et s'épanouissant en avril-mai. Emplois et 
culture du P. subulata. 

Phormium tenax Forst. Phormium, Lin de la Nouvelle- 
Zélande. — Superbe plante vivace à feuilles longues de 1 mètre 
à i m ,!i0, rubanées, coriaces, persistantes, réunies en 
touffe volumineuse. Employé pendant l'été pour orner les 
jardins, il produit un bel effet, étant isolé sur les pelouses. Il 
faut le rempoter à la fin de l'automne et l'abriter durant l'hiver 
dans une pièce inhabitée, une remise ou un endroit quel- 
conque où les grands froids ne se font pas sentir. Cette plante 
passe l'hiver en pleine terre dans l'ouest de la France. 

Pied-d' Alouette. — Voy. Delphinium. 

Pivoine de Chine. — Voy. Pyv.oNu albiflora. 

Pivoine femelle. — Voy. P.konia officinalis. 

Pivoine mâle. — Voy. PjEOSia corallina. 

Platycodon automnale Decaisne. — Belle plante vivace 
originaire de la Chine, à tiges hautes d'environ 60 centi- 
mètres, terminées par des grappes de fleurs à peu près 
semblables à celles de la Campanule à feuilles de Pêcher, 
d'un beau bleu, mesurant au moins 5 centimètres de 
diamètre, s'épanouissant en août-septembre. Il en existe 
plusieurs variétés, à fleurs bleues ou blanches, simples ou 
doubles. 



■ 




200 



LE JAKUIN D AGRÉMENT. 



P. gra.ndiflorum U C. — Espèce qui diffère de la précédente 
par ses fleurs plus grandes. 

Les Plalycodons sont des plantes très recommandables ; ils 
prospèrent surtout à mi-ombre et en terre légère. Multiplica- 
tion par division des touffes, au printemps. 

Podolepis gracilis Grah. — Charmante plante annuelle 
originaire d'Australie, d'environ 50 centimètres de hauteur, à 
tiges grêles, portant un grand nombre de fleurs réunies en 




Fig. 139. — Polémoine bleue. 



Pie. U 



Persicaire d'Orient. 



capitules, roses ou blancs, se succédant de juillet en septem- 
bre. Cette jolie espèce ne prospère que dans les sols légers et 
à bonne exposition. Semer en mai, sur place. 

Pois de senteur. — Voy. Lathyrl's odoratus. 

Pois vivace. — Voy. Lathyrus latifûlius. 

Polemonium cœruleusi L. Valériane grecque, Pok'moine bleue 
(fig. 139). — Plante vivace originaire de l'Europe australe, haute 
d'environ 50 centimètres, donnant de juin en juillet un grand 
nombre de fleurs, assez grandes, réunies en bouquets, d'un beau 
bleu ou blanches selon les variétés. Fréquemmentcultivée dans 
les jardins pour l'ornement des plates-bandes, elle se plaît 
surtout dans les sols légers. Il faut l'arracher pour la changer 




PLANTES ET ARBRISSEAUX D ORNEMENT. 



•201 



de place et pour renouveler les touffes au moins tous les 
deux ans. Multiplication par division des touffes. 

Polygonum orientale L. Persicaire d'Orient (fig. 140), Bâton 
de Saint-Jean. — Grande plante annuelle, de 2 à 3 mètres de 
hauteur. De juillet en octobre, Heurs nombreuses, petites, 
rouge brillant ou blanches, réunies en épis pendants d'un bel 
effet. Disséminée dans les massifs d'arbrisseaux, sur les 
pelouses ou dans le milieu des plates-bandes, cette plante est 
très ornementale. Semer en avril, en pépinière, et mettre en 
place en mai. 

Polystichum Filix mas Roth. Fougère mâle. — Belle Fou- 
gère indigène, propre surtout à orner les parties ombragées 
et fraîches des jardins. 

Pommier* d'ornement (microcarpes ou baccifères'i. — 
Voy. Malus. 

Pontederia cor data L. — Celle plante aquatique de plein 
air. Originaire de l'Amérique 
septentrionale. Ses feuilles sont 
cordiformes; ses Heurs, d'un 
beau bleu, sont réunies en épis 
cylindriques et se succèdent 
de juin en août. Cette plante 
convient à orner les bassins, 
mais il ne faut pas que sa sou- 
che soit recouverte de plus de 
5 ou fi centimètres d'eau. Pour 
la garantir contre le froid, il 
suffit de plonger assez profon- 
dément dans l'eau, avant 
l'hiver, les pots dans lesquels 
elle est plantée. Multiplication par 

Populage. — Voy. Caltha palustris. 

Porillon. — Voy. Narcissus Pseudo-Narcisses. 

Portulaca grandiflora Lindl. Pourpier a grandes fleurs 
(fig. 141). — Ravissante petite plante vivace originaire de 
l'Amérique méridionale, généralement cultivée comme plante 




— Pourpier à grandes 
[Portulaca.). 

division des touffes. 






202 



LE JARDIN D'AGRÉMENT. 



annuelle, à tiges charnues., couchées, d'environ 18 centimètres 
de hauteur, munies de petites feuilles épaisses, cylindriques. 
De juillet en septembre, fleurs assez grandes et très nom- 
breuses, simples, doubles ou pleines, présentant les coloris 
les plus brillants, variant du blanc au rose, au rouge, au 
violet, à l'orangé et au jaune, unicolores, panachées ou striées. 
Le Pourpier à grandes fleurs ne réussit bien que planté en 
terre légère et en plein soleil. Ses variétés se reproduisent 
assez tidèlement par le semis. Semer en pépinière, à bonne 
exposition, en avril-mai ; mettre en place en juin, en espaçant 
les. pieds d'environ IS centimètres. 
Potentilla atrosanguinea. Lodd. — Belle plante vivace ori- 
ginaire du Népaul, 
dont les tiges attei- 
gnent 60 centimètres 
de hauteur, et dont 
les fleurs, nombreu- 
ses, assez grandes, 
d'un rouge pourpre 
presque noir, se suc- 
cèdent de juin en 
juillet-août. Sous le 
nom de Potentilles à 
fleurs pleines, on cul- 
tive dans les jardins 
un certain nombre de 
plantes, variétés ou 
hybrides, dont les 
fleurs, doubles ou 

Pnmevôre desjardias {Primula). „, • ,, . , 

' pleines, ressemblent a 
de petiles roses et présentent des coloris variant depuis le jaune 
jusqu'au pourpre noir, en passant par l'orangé et le rouge. Ces 
superbes plantes prospèrent surtout dans les sols meubles et 
frais; on les multiplie, au printemps, par division des touffes. 
Sous le climat de Paris, il est prudent de couvrir les touffes 
de paille ou de feuilles sèches lorsque les hivers sonl rigoureux. 




Fig. u-r. 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D'ORNEMENT. 



203 



Pourpier à grandes fleurs. — Voy. Portulaca srandiflora. 

Primevère. — Voy. Primula. 

Primula variabilis Goupil (P. elatioii Hort.) Primevère des 
jardins (fig. 142). — Plante vivace indigène, d'environ l.'i cen- 
timètres de hauteur, dont les hampes sont' terminées par 
des bouquets de fleurs assez grandes, jaune pâle dans le type 
■sauvage, mais qui, dans les jardins, présentent les coloris les 
plus variés et dans lesquels on remarque surtout des tons 
jaunes, cuivrés, rouge brique, saumonés, bruns, pourpre 
velouté, rouge écarlate, lilas, violets, etc. Les fleurs sont uni- 
colores ou panachées, striées, étoilées, oculées, etc. Il en 
existe des variétés à fleurs doubles, à corolles emboîtées les 
unes dans les autres. 

Ces plantes sont d'autant plus précieuses qu'elles fleurissent 
de mars en mai, époque pendant laquelle les fleurs sont fort 
rares dans les jardins. On en fait de ravissantes corbeilles, 
des bordures, etc. ; elles prospèrent dans tous les sols, pourvu 
qu'ils soient substantiels, meubles et frais. Replanter tous les 
trois ou qualre ans. Multiplication par division des touffus, 
après la floraison. 

P. orandiflora Lamk. — Espèce indigène, qui diffère sur- 
tout de la précédente par ses fleurs naissant directement du 
milieu des feuilles, au lieu de former des bouquets au sommet 
d'une hampe commune. On en cultive un certain nombre de 
variétés, dont quelques-unes à fleurs pleines fort belles, 
jaunes, blanches, rosées, carnées, violettes et même bleues. 

La Primevère a grandes fleurs ou P. sans tige ne dépasse pas 
10 centimètres de hauteur; on peut donc l'employer à former 
des bordures autour des corbeilles plantées avec l'espèce pré- 
cédente. Même culture. 

P. Auricula L. Auricule (fig. 143)^» Oreille-d'ours. — Plante 
vivace originaire des parties montagneuses de l'Europe, cul- 
tivée depuis fort longtemps dans les jardins, où elle a donné 
naissance à un nombre considérable de variétés qui ont l'ait les 
délices de nos pères. Sous notre climat, cette plante n'est 
vraiment belle que traitée comme les plantes alpines, c'est- 









204 



LU JARDIN D AGIIÉMENT. 



à-dire cultivée en pots et abritée sous châssis pendant l'hiver, 
alin de la soustraire aux alternatives dégel et de dégel et aux 

excès d'humi- 
dilé.Bonnombre 
d'autres belles 
espèces de Pri- 
mula, notam- 
ment le P. japo- 
MCAA.Gray, sont 
malheureuse- 
ment délicates. 
Prunier à trois 
lobes. — Voy. 
Prunus triloba. 
Prunus trilo- 
ba Lindl. — Su- 
perbe arbrisseau 
originaire de la 
Chine, de 2 mè- 
tres à 2 m ,50 de 
hauteur, très rus- 
tique, qui, en 
mars, se couvre de grandes (leurs, doubles, d'un beau rose. 
C'est l'une des plus belles plantes dont on puisse recom- 
mander la culture dans les jardins. 

P. Pissarui Carr. — Petit arbre introduit de la Perse, dont 
la taille peut atteindre 4 ou o mèlres, remarquable par son 
feuillage d'un beau rouge pourpre, couleur qui persiste pendant 
toute l'année. Ornement des bosquets. 
Ptarmica. — Voy. Achillea Ptarmica. 
Pyramidale. — Voy. Campanula pyramidalis. 
Pyrethrum Parthe.nium L., var. aureum, Pyrèthre doré 
^ fîg- 144). — Plante cultivée pour son feuillage, formant des 
touffes compactes, naines, d'un jaune doré, très propre à for- 
mer des bordures ou des motifs de mosaïculture que l'on peut 
tailler à volonté. Cette plante est très rustique; on la multiplie 




Fig. 14 



Auiicule liégeoise. 



PLANTES ET ARBRISSEAUX ORNEMENT. 



20b 



facilement par division des touffes. La variété selaginoides est 
encore plus naine; ses feuilles, à bords dentés, ont quelque 
peu l'aspect de celles de certaines Sélaginelles ou Lycopodes. 
Dans ces deux plantes, les fleurs sont insignifiantes. 
P. PARTHKNtFOLiDM Willd. (Matricaria prxalta). Matricaire Man- 




ia. — Pyrèthre de 



diane. —Arménie, Caucase, Perse. Plante vivace, aromatique, 
1res répandue dans les jardins, à fleurs blanc pur, se succédant 
avec abondance de juin en septembre. Croît sans soins dans 
tous les sols et à toutes les expositions. 

P. Tchihatchewi Boiss. — Plante vivace originaire de l'Asie 
Mineure, rampante, gazonnante, à feuillage finement découpé, 
persistant. Celte espèce convient à former des tapis ou gazons 
dans les endroits arides où rien autre ne peut pousser. 

P. carnkdm Bieb. et P. roseuh M. Bieh.,Pyrèthres roses, Pyrè- 
thres des jardins (fig. 145). —Belles plantes vivaces originaires 
du Caucase, à feuillage linement découpé, à fleurs (capitules) 
assez grandes, rappelant par leur forme et leurs dimensions 
certaines variétés de Reines-Marguerites. Les Pyrètbres des 
D. Bois. — Le petit jardin, 2° édit. 12 






206 



LE JARDIN D AGREMENT. 




jardins sont tFès recommandables pour l'ornementation des 
plaies-bandes; il en existe un grand nombre de variétés à fleurs 
doubles ou pleines de coloris rose foncé, rose lilacé, rose 
tendre, rouge pourpre, rouge clair, lilas, blanc pur, etc. La 
floraison a lieu d'avril en mai. Multiplication par division des 
touffes, après la floraison. 

P.. sinense Sab. et C. inuicum Cass. Chrysanthèmes d'automne. 
— Plantes vivaces originaires de la Chine et du Japon, qui ont 




Fig. 14,ï. 



l'yrèthre rose. 



Fig. 146. 



— Chrysanthème japonais 
iPyrethrum). 



donné naissance à de nombreuses variélés d'une grande 
beaulé, recherchées pour l'ornement des jardins. Il en est 
qui fleurissent à la fin de l'été, d'autres au commencement de 
l'automne; il y en a enfin dont la floraison est très tardive. Les 
capitules, de forme et de dimensions très variables, sont plus 
ou moins pleins, à pétales (ligules) plans ou tuyautés, entiers 
oulaciniés, dressés ou courbes, contournés ou chiffonnés; les 
coloris principaux qu'ils présentent sont le blanc, le rouge, le 
rose, le pourpre, le violet, le brun et le jaune avec les nuances 
intermédiaires les plus variées, souvent associées et pro- 
duisant alors des tons d'une richesse absolument sans égale. 
Si l'on ajoute à cela que les Chrysanthèmes sont très 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D'ORNEMENT. 207 

rustiques, d'une culture extrêmement facile, qu'ils fleurissent 
à une époque où il n'y a plus de fleurs dans les parterres, que 
leurs fleurs coupées 
et mises en bouquets 
dans l'eau se con- 
servent 1res long- 
temps, on s'expli- 
que la vogue dont 
ils jouissent. 

Les variétés de 
Chrysanthèmes 
d'automne ont été 
réunies en plusieurs 
groupes suivant la 
forme des fleurs; 
les principaux sont : 
Les ('/(. Japonais 
(fig. 146), les plus 
recherchés ; leurs 
capitules sont por- 
tés sur des pédon- 
cules longs et grêles, 
ce qui les rend très 
propres à la confec- 
tion des bouquets; 
ils atteignent dés 
dimensions très 
grandes, dépassant 
lo et même 20 cen- 
timètres de diamè- 
tre; leurs pétales (ligules) sont étroits, longs, plans ou tubu- 
leux, plus ou moins tordus et déjetés dans tous les sens, ce 
qui donne à l'ensemble un aspect particulier et une très 
grande légèreté. On trouve dans cette section 1rs coloris les 
plus variés. 

Les Ch. Chinois (fig. 147), qui rappellent par leur forme régu- 




iii' Chinais [Pyrethritm] 






R.*- 



2(18 



LK JAKUIN D AGKÉMIiNT. 




lière la fleur de la Reine-Marguerite. Les capitules sont grands 
et les pétales plans et imbriqués. A ce groupe appartiennent 
les Cli. incurvés et récurvés. Ce sont des plantes superbes. 
Les Ch. Pomponx (fig. 148) sont des plantes généralemenl plus 
naines que les précédentes, plus ramifiées, 
à capitules ne dépassant pas 3 centimètres 
de diamètre, de forme bombée. Les variétés 
, qui appartiennent à ce groupe sont moins 
recherchées que celles des deux autres; les 
coloris qu'elles présentent sont moins va- 
riés. La taille peu élevée de certaines d'entre 
elles permet cependant d'en former de ravis- 
santes corbeilles ou des bordures. 

Pour avoir de beaux Chrysanthèmes d'au- 
tomne tleurissant abondamment, il est in- 
dispensable de ne pas conserver de vieilles 
plantes; il faut même renouveler les pieds 
8. — chrysun- chaque année par le bouturage ou par sépa- 
ration des pousses les plus vigoureuses, que 
l'on détache des touffes, soit vers le lo no- 
vembre, soit au mois d'avril. Ces éclats enracinés sont mis 
en pots dans de la terre de jardin additionnée de terreau et 
hivernes sous châssis si le morcellement des touffes a été 
pratiqué en novembre; en mai, on plante en pépinière à l'air 
libre, puis jusqu'au moment de la mise en place qui peut n'être 
faite qu'au commencement de la floraison; lorsqu'on n'opère 
la multiplication qu'au printemps, il est indispensable, sous 
le climat de Paris, découvrir les touffes de paille ou de feuilles 
sèches pour les garantir du froid pendant l'hiver; les éclats 
peuvent alors être plantés en pépi nière en les espaçant de25 cen- 
timètres en tous sens. On peut aussi bouturer les Chrysan- 
thèmes, opération qui se fait habituellement au mois d'avril, 
en se servant de l'extrémité des jeunes pousses que l'on 
repique en terre légère, sous cloche, à froid. Pour obtenir des 
C. d'un port plus trapu et plus régulier, on soumet les jeunes 
plantes à des pincements réitérés, afin de les faire ramifier; 



PJg. u 

Ihùme l-'ompoii 
[Pyret hrunt) . 



PLANTES ET ARBRISSEAUX I) ORNEMENT. 



209 



mais ces pincements doivent être suspendus vers le milieu du 
mois de juin, ou alors on s'expose à supprimer des boutons 
à ileurs. 

Les Chrysanthèmes ne se développent bien qu'à bonne expo- 
sition ; ils croissent dans tous les terrains, pourvu qu'ils ne 
soient pas trop humides; les engrais leur sont nécessaires si 
on veut leur voir prendre un grand développement, Grâce à 
une culture appropriée, à des engrais particuliers, à des pin- 
cements raisonnes, certains amateurs obtiennent des Ileurs de 
dimensions vraiment phénoménales, atteignant jusqu'à 40 cen- 
timètres de diamètre; mais il s'agit là d'une culture trop 
spéciale pour qu'elle puisse être décrite ici. Il est bon, toutefois, 
de mettre en garde les personnes qui croiraient pouvoir obtenir 
des fleurs ayant de semblables dimensions en cultivant, par les 
procédés habituels, des variétés qui ont fait leur admiration dans 
les expositions. (Pour l'emploi des C. en corbeilles, voy. p. 239.) 

Quarantaine. — Voy. Matthiola anni;a. 

Rameau d'or. — Voy. Ciieiranthus Giieiri. 

Ranuuculus asiaticus L. Renoncule des jardins (fig. 149). — 
lîelle plante vivace origi- 
naire d'Orient, à racines 
tubéreuses connues sous le 
nom de griffes.. Tiges de 
2.'i à 30 centimètres de hau- 
teur, terminées par de 
grandes Ileurs, simples, 
doubles ou pleines, s'épa- 
nouissant en mai ou juin. 
11 en existe un grand nom- 
bre de variétés présentant 
les coloris les plus divers, 
allant du blanc au rose, 
au rouge, au brun et au 
jaune, lesquels, en s'asso- 
ciaut, forment des tons intermédiaires très variés ou des 
panachures sur fond plus pâle ou plus foncé. Cette plante est 

12. 




Fig. 149. — Renoncule des janlus 
[Ranunciilus). 



210 



LE JARDIN 1) AGRÉMENT. 



des plus recommandables. pour l'ornement des jardins; il est 
regrettable de la voir à peu près abandonnée aujourd'hui. 
Les soins qu'elle réclame sont les mêmes que ceux indiqués 
pour l'Anémone des lleuristes. Voy. ce mot. 

R. repens L., var. à fleurs pleines, Bouton d'or, Bassin d'or. 
— Jolie plante vivace indigène, à tiges rampantes, dont l'en- 
semble ne dépasse pas 20 centimètres de hauteur. De mai en 
juillet, Heurs nombreuses, bien pleines, d'un jaune d'or ver- 
nissé. Cette espèce se plaildanstous les terrains, mais surtout 
dans ceux qui sont argileux et humides. Multiplication très 
facile par division des touffes. 

R. acris L., var. à fleurs pleines, Bouton d'or. — Espèce qui 
atteint des dimensions plus élevées que la précédente; ses 
fleurs sont plus petites. Cultiver dans les sols consistants et 
frais, mais non humides. 

R. BULBOsus L., var. à fleurs pleines, Pied de coq. — Espèce 
à souche bulbeuse, de 2o à 30 centimètres de hauteur, à Heurs 
un peu plus grandes que dans les deux espèces précédentes, 
mais d'un jaune moins brillant. La Renoncule bulbeuse fleurit 
de mai en juillet; on peut la cultiver dans les terrains légers. 
Multiplication par division des touffes, au printemps. 

Raquette. — Voy. Opuntia. 

Ravenelle. — Voy. Cheirantius Cheiri. 

Reine-Marguerite. — Voy. Callistephls chinensis. 

Renoncule. — Voy. Ranunculus. 

Reseda odorata L. Réséda. — Plante vivace originaire 
de l'Afrique boréale, ordinairement cultivée comme plante 
annuelle. Il en existe une variété à grandes fleurs et une à grosses 
inflorescences (Réséda pyramidal) plus recherchées que le lype. 
Le Réséda vient dans tous les terrains et à toutes les exposi- 
tions, mais il préfère les sols légers et humeux et une situation 
aérée et bien ensoleillée. Semer sur place de mai en juin. 
Supprimer les rameaux défleuris afin de provoquer le dévelop- 
pement de nouvelles fleurs. 

Rheum officinale H. Bâillon. Rhubarbe officinale (fig. 159). 
— Superbe plante vivace originaire des montagnes du Thibet, 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D'ORNEMEMT. 211 

remarquable par ses feuilles amples, élégamment dentées, for- 
mant des touffes volumineuses d'unbon effet lorsqu'elles sont 
disposées en groupes isolés surles pelouses. L'es tiges florales de 
cette espèce atteignent de 2 mètres à 2 m ,50 de hauteur. La 
Rhubarbe officinale est très rustique ; elle eroîl dans tous les 




Fig. ISO. — Rhubarbe officinale [Hlieum . 

terrains, mais elle préfère les sols siliceux, profonds et frais. 

R. palmatum L. et UNDULATOM L. — Peuvent être également 
employés à l'ornementation des jardins. 

Rhododendron. — Ce genre renferme un grand nombre 
d'arbrisseaux à feuillage généralement persistant, à Heurs 
très grandes, superbes, formant d'énormes bouquets, s"épa- 
nouissant au printemps. Malheureusement toutes les espèces 
ne sont pas rustiques sous le climat de Paris. Il résulte des 
recherches de M. Ch. Ralletque c'est le R. catawbiense Mieux., 
originaire des parties élevées de la Caroline du .Nord, ainsi 



w 



212 



LE JARDIN D AGRÉMENT. 




que ses variétés et ses hybrides avec le R. pchNTicuM L. et 
autres types, qui résistent le mieux à notre climat. Ces ma- 
gnifiques arbrisseaux atteignent de l m ,50 à 2 mètres de hau- 
teur; ils sont d'une culture facile à la condition d'être plantés 
à mi-ombre, en terre de bruyère ou siliceuse qu'il est néces- 
saire de maintenir toujours fraîche par des arrosements fré- 
quents pendant l'été. 

R. DAHURicuM L. — Espèce originaire de la Sibérie, de 
\ mètre de hauteur, à feuilles caduques. A la fin de l'hiver, 
(leurs petites, mais nombreuses et d'un rose violacé. 

Le groupe des Rhododendrons, plus généralement connu 
sous le nom d'AzALEA, renferme aussi des espèces et des 
variétés rustiques, aussi faciles à cultiver que les précédentes. 
De ce nombre sont : 

R. molle {Azalée de Chine), plusieurs jolies variétés; 

R. AHŒNUM LATERITIUM, LEDIFOLIUM, OBTUSUM, VITTATUM, etc. J 

d'Asie. 

H. calenuulaceum, nudiflorum, viscosum, etc., originaires de 
l'Amérique septentrionale ; enfin l'Azalée politique (Azalea 
pontica L.) dont il existe de belles variétés. 

Rhubarbe. — Voy. Rheom. 

Ribes sanguineum Pursh. Groseillier sanguin. — Bel arbris- 
seau originaire de l'Amérique septentrionale, de l m ,oû 
à 2 mètres de hauteur, donnant, en avril-mai, de nombreuses 
grappes de fleurs pendantes, d'un rouge vif, auxquelles suc- 
cèdent des fruits noirâtres qui ne sont pas comestibles. 

R. malvaceum. — Espèce très voisine de la précédente ; a les 
fleurs rose pâle, réunies en grappes plus courtes. Il en existe 
des variétés à fleurs pleines et à fleurs blanchâtres. 

R. Gordonianum Lem. — Hybride du R. sanguineum et du 
R. aureom ; ses fleurs sont d'un rouge cuivré. Les Groseilliers 
d'ornement sont très rustiques ; ils prospèrent dans tous les 
terrains et à toutes les expositions, sauf dans les endroits 
1res ombragés. Ils constituent, au printemps, l'un des plus 
beaux ornements des jardins. On doit les tailler après la 
lloraison, en supprimant le moins possible de rameaux. 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D'ORNEMENT. 



a 3 



Ricinus cohmunis L. Ricin, Palma Christi (flg. 151). — Belle 
plante, vivace en serre, cultivée comme plante annuelle dans 
les jardins. Le Hicin est originaire de l'Inde; ses tiges peuvent 
atteindre 2 m ,o0 de hauteur; elles sont garnies de grandes 
feuilles palmées et dentées, d'un 1res bel effet. Les fleurs ne 
sont pas ornementales ; elles s'é- 
panouissent en août-septembre : 
les mâles sont situées à la par- 
tie inférieure des grappes, les 
femelles au sommet. Le Hicin 
a donné naissance à plusieurs 
variétés, à feuilles et à tiges 
d'un vert blanchâtre, rouge san- 
guin, noirâtres, également re- 
commandâmes. Semer en avril- 
mai, sur couche, ou simplement 
en plein air et en place, en ter- 
rain bien humeux. Pour croître 
vigoureusement, cette plante 
exige des engrais abondants, 
des arrosements copieux et une exposition chaude 

Roses. — La Rose a été nommée, avec juste raison, la Heine 
des fleurs. Il n'est pas de jardin, si petit qu'il soit, dans 
iequel on n'en rencontre plusieurs variétés, et il n'existe pas 
de plante qui ait un aussi grand nombre d'admirateurs. 

Les Roses des jardins sont, ou des variétés ou des hybrides 
de diverses espèces du genre Rosa. Nous indiquerons les 
principaux groupes horticoles, de manière à guider les ama- 
teurs dans le choix des variétés et à faire connaître les soins 
qu'elles réclament. 

Rosiers thè, Ro&a indira L. — Arbrisseaux à liges atteignant 
souvent 2 mètres et plus de hauteur, couvertes de gros ai- 
guillons crochus, brunâtres. Feuilles à folioles allongées et 
luisantes. Les fleurs, ordinairement peu pleines, sont d'un 
blanc jaunâtre ou jaune plus ou moins carné, plus rarement 
rouges, portées sur des pédoncules grêles qui souvent fié- 







214 



LE JARDIN D'AGRÉMENT. 








dussent sous leur poids. Elles exhalent une odeur qui rappelle 
celle" du thé. Sans être grimpants, les Rosiers thé ont des 
rameaux qui s'allongent quelquefois beaucoup ; ce sont des 
plantes relativement délicates et qui gèlent à une température 
de 10 degrés au-dessous de zéro. Ils fleurissent abondamment 
pendant toute la belle saison, mais à la condition d'être 
placés à une bonne exposition. Sous le climat de Paris, il est 
nécessaire de les cultiver francs de pied et de couvrir les 
touffes avec des feuilles sèches pendant l'hiver, ou simplement 
de les butter. 

Rosiers de l'île Bourbon, R. indica, var. borboniana. — 
Arbrisseaux non grimpants, mais à rameaux plus robustes que 
dans la section précédente, portant des épines courtes, élar- 
gies à la base, crochues au sommet. Feuilles à folioles épaisses, 
d'un vert sombre, ovales-arrondies. Fleurs peu odorantes,' 
présentant le plus généralement les nuances intermédiaires 
entre le rose pâle et le rouge, -se succédant pendant toute la 
belle saison. Les Rosiers de l'île Bourbon, plus rustiques que 
les précédents, peuvent supporter 16 degrés au-dessous de 
zéro. 

Rosiers hybrides remontants. — Les variétés qui appar- 
tiennent à ce groupe sont les plus rustiques connues ; la plu- 
part peuvent supporter de 18 à 20 degrés au-dessous de zéro-; 
leurs rameaux sont ordinairement moins allongés que dans 
les sections précédentes; ils sont couverts d'aiguillons de 
iorme variable, souvent réduits à l'état de poils rigides et 
glanduleux; les feuilles sont molles, gaufrées et d'un vert 
tendre. Les Rosiers hybrides remontants sont d'une culture 
facile; ils ont l'avantage de donner deux floraisons dans la 
même année, l'une au commencement de l'été, l'autre à 
l'automne, cette dernière d'autant plus belle qu'on supprime 
avec plus de soin les fleurs passées, afin d'empêcher la 
fructification et pour provoquer le développement de nouveaux 
bourgeons florifères. Fleurs superbes, odorantes, très variées 
comme formes et comme coloris. Les premières variétés de 
cette race, produit du croisement des H. indica ou semper- 



PLANTES ET ARBRISSEAUX U ORNEMENT. 



!1S 



florens par le R. gallica, ont été désignées sous le nom de 
fi. de Portland ou il. perpétuels., 

Rosiers de Noisette, R. Noiseltiana Redouté. — Variétés à 
rameaux très allongés, presque sarmenteux, garnis d'aiguil- 
lons. Fleurs peu odorantes, généralement réunies en bouquets, 
apparaissant après la première floraison des Hybrides remon- 
tants. Feuilles à folioles ovales-allongées, luisantes. Les Rosiers 
de Noisette commencent à souffrir à 10 degrés au-dessous de 
zéro. On suppose que les fi. Noisettiana sont le produit 
d'un croisement entre le R. Thé (fi. indica) ou leR. de Kengale 
(fi. semperflorens) avec le R. musqué (R. moschata). 

Rosiers multiflores, R. multiflora Thunb. — Variétés peu 
nombreuses, sarmenteuses, peu résistantes aux froids. Fleurs 
disposées en bouquets. Ces Rosiers sont propres à palisser sur 
les murs ou sur les treillages à bonne exposition ; ils ne Ueu- 
rissent qu'une fois dans l'année. Ne réussissent bien qu'étant 
cultivés francs de pieds. 

Rosiers lu Bengale, R. diversifolia Vent. — Ne supportent 
guère plus de 10 degrés au-dessous de zéro, vigoureux surtout 
francs de pied. Tiges peu élevées, munies d'aiguillons peu nom- 
breux. Fleurs peu pleines se succédant pendant presque toute 
l'année, inodores. C'est à ce groupe qu'appartient là Rose 
verte, variété curieuse, mais sans intérêt pour l'ornement des 
jardins. 

Rosiers capucine, fi. Eglaiiteria L. — Arbrisseaux peu élevés, 
peu délicats, bien caractérisés par la couleur jaune pur de 
leurs fleurs, dont l'odeur est désagréable. Il n'en existe qu'un 
très pelit nombre de variétés. Le fi. Persian Yellow, à Heurs 
pleines, de couleur jaune pur, et le fi. Capucine, à fleurs simples, 
jaunes, avec le revers des pétales rouge capucine, sont les plus 
répandus. Les Rosiers Capucine ne fleurissent qu'une fois 
dans l'année. 

Rosiers pompon, fi. Lawrenceana Sweet. — Arbuste très nain, 
à fleurs extrêmement petites, bien pleines, sans odeur. Va- 
riétés peu nombreuses, sensibles aux froids, très remontantes. 

Rosiers a cent feuilles, R. gallica, var. Centifolia. — Arbris- 



216 



LE JAHDIN D AGRÉMENT. 



seaux de l m ,bO de hauteur, à tiges munies d'aiguillons gros 
et crochus, mêlés à d'autres, fins et droits. Non remontants. 
Rustiques. Réussissent surtout francs de pied; se multiplient 
difficilement de boutures, mais se reproduisent facilement 
par marcottage ou par division des touffes. 

Rosiers moussus, R. gallica, var. cenlifolia muscosa. — Ne 
sont que des variétés du Rosier à Cent feuilles. Arbrisseaux 
peu élevés et peu vigoureux, à tiges garnies d'aiguillons grêles 
et presque droits. Pédoncules et calices couverts de nombreux 
poils glanduleux qui font paraître les fleurs comme entourées 
d'une mousse plus ou moins abondante. 

Rosiers de Provins, R. gallica L. — Plantes très rustiques, 
mais peu recherchées ; à ce groupe appartiennent cependant 
un certain nombre de variétés à fleurs panachées. Les Rosiers 
de Provins ont été autrefois très en vogue ; on les a aban- 
donnés surtout parce qu'ils ne sont pas remontants. 

Les fi. Ayrschire, toujours vert, à feuilles de Ronce sont 
des arbrisseaux grimpants dont les rameaux atteignent de 
grandes dimensions et qui sont recherchés pour garnir les 
façades de maisons, les tonnelles, etc. Les fi. Banks, très ré- 
pandus dans le midi de la France, sont trop délicats pour le 
climat de Paris. 

Le nombre des variétés de Roses est si considérable que 
l'amateur est presque toujours fort embarrassé pour faire un 
choix. Il existe bien des catalogues d'horticulteurs spécialistes, 
mais il est rare d'y trouver indiquée la valeur de chacune 
d'eMes par rapport aux autres. Le Jardin des plantes et le 
jardin du Luxembourg, à Paris, mettent sous les yeux du 
public des collections étiquetées avec soin et dont nous re- 
commandons la visite aux amateurs. En voyant les variétés cul- 
tivées les unes à côté des autres, on est mieux à même de les 
comparer et de les juger. Les expositions peuvent également 
rendre de grands services sous ce rapport. 

Sans avoir la prétention d'indiquer les meilleures sortes, 
nous donnons ci-après une liste de 100 belles Roses choisies 
dans les différents groupes que nous avons énumérés; 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D'ORNEMENT. 



2V, 



Abël Carrière (Hybride remontant). Fleur grande, pleine, bien 
faite, de forme creuse, cramoisi pourpre à reflets violets et noi- 
râtres, centre rouge feu. 

Aimée Vibert (Noisette). Réussit dans les terres les plus mauvaises. 
Plante rustique et vigoureuse. Fleur moyenne, très pleine, d'un 
blanc pur, très odorante. 

Alfred Colomb (Hybr. rem.). Fleur grande, pleine, de belle forme, 
rouge feu vif. 

Anna de Diesbach (Hybr. rem.). Fleur rose. 

Baron Nathaniel de Rothschild [Hybr. rem.). Fleur grande, très bien 
faite, cramoisi vif uniforme. 

Baronne A. de Rothschild (Hybr. rem.). Fleur très grande, déforme 
parfaite, d'un roee tendre glacé, superbe. 

Baronne Prévost (Hybr. rem.). Fleur grande, très pleine, plate, 
d'un beau rose vif, très odorante. Variété vigoureuse, très répandue 
dans les jardins. 

Beauté de l'Europe (Thé). Fleur très grande, pleine, bien faite, 
jaune foncé, revers des pétales jaune cuivré. 

Beauty of Stapleford (Hybr. de Thé). Fleur très grande, pleine, 
bien faite, centre rose foncé, pourtour rose tendre. 

Belle de Baltimore (Multi flore). Rameaux sarmenteux; fleurs 
petites, pleines, blanches, â reflet jaunâtre. 

Bengale cramoisi supérieur (Bengale). Arbrisseau peu élevé; fleur 
moyenne, pleine, cramoisi vif. Très répandue. 

Boule de Neige (Hybr. rem. . Fleur moyenne, bien faite, blanc pur. 

Bouquet d'Or (Noisette). Rameaux sarmenteux ; fleur grande, 
pleine, bien faite, jaune foncé, centre jaune cuivré. 

Ca.moens •Hybr. de Thé). Fleur moyenne, pleine, rose vif, à fond 
jaune souvent rayé de blanc. 

Capitaine Christy (Hybr. rem.) Fleur très grande, pleine, incarnat 
très tendre, centre plus foncé. 

Céline Forestier (Noisette). Fleur moyenne, pleine, jaune d'or. 
Variété vigoureuse. 

Charles Margot™ {%4i\ rem.). Fleur très grande, pleine, carmin 
éblouissant, centre rouge vif. Plus vigoureuse greffée que franc de pied. 

Chromatella (Noisette). Variété à rameaux allongés. Ne réussit 
bien que palissée sur mur ou treillage à bonne exposition. Craint 
le froid. Fleur très grande, très pleine, de forme parfaite, d'un beau 
jaune vif. 

Devoniensis (Thé). Fleur grande, blanc jaunâtre, centre plus foncé, 
parfum extrêmement suave. 

Docteur Andry (Hybr. rem.). Fleur grande, pleine, rouge carmin 
foncé vif. 

Docteur Hogg (Hybr. rem.). Fleur 
leuse, violette, â reflet bleuâtre. 



grande, pleine, de forme globu- 



I). Bois. — Le petit jardin. 2 e édit. 



13 



218 



LE JARDIN D AGHÉMENT. 






DucDECAZEs(//t/6e. rem.). Fleurgrande, pleine, globuleuse, pourpre 
foncé. 

Ducher (Bengale). Fleur moyenne, pleine, bien faite, blanc pur. 
Plus vigoureuse franc de pied que greffée. 

Duchesse de Vali.ombrosa (Hybr. rem.). Fleur grande, pleine, bien 
faite, rose tendre, centre plus foncé. 

Dupuy Jamain (Hybr. rem.). Fleur grande, pleine, rouge cerise 
vif. 

Edouard Morren (Hybr. rem.). Fleurgrande, très pleine, rose car- 
miné très tendre. 

Elisa Boei.le ( Hybr. rem.). Fleur moyenne, bombée, blanc légère- 
ment rosé passant au blanc pur. 

Emotion (Bourbon). Fleur grande, pleine, rose tendre. 

Empereur nu Maroc (Hybr. rem.). Fleur moyenne, pleine, bien faite, 
rouge noirâtre velouté et nuancé de carmin. 

Etoile de Lyon (Thé). Fleur très grande, très pleine, très bien 
faite, jaune soufre, centre jaune vif, très odorante, superbe. 

Eugène Appert (Hybr. rem.). Fleur grande, pleine, bombée, pétales 
étroits et repliés, rouge cerise velouté, reflété de noir, revers des 
pétales carminés. 

Félicité Perpétue. Grimpante, très vigoureuse, très florifère. Fleur 
blanc rosé. 

Géant des batailles (Hybr. rem.). Fleur grande, pleine, cramoisi 
velouté. 

Général Jacqceminot (Hybr. rem.). Variété vigoureuse, l'une des 
plus florifères et des plus répandues dans les jardins. Fleur grande, 
à pétales peu serrés, gracieuse, rouge vif velouté, d'un grand effet, 
très odorante. 

Gloire de Dijon (Thé). Variété superbe, rustique, très vigoureuse, 
très florifère. Fleur très grande, très pleine, jaune nankin saumoné, 
délicieusement parfumée. 

Gloire de Ducher (Hybr. rem.). Fleur très grande, très pleine, 
rouge pourpre, pourtour ardoisé. 

11er Maiesty (Hybr. rem.). Fleur très grande, d'un beau rose tendre 
satiné, d'un parfum très fin. 

IIermosa (Benqale). Fleur moyenne, pleine, bienfaite, rose tendre. 
Variété de taille peu élevée, rustique, très florifère, plus vigoureuse 
franc de pied que greffée. 

Homère (77i<?). Fleur grande, pleine, globuleuse, rose vif, centre 
carné. 

Jean Ducher {Thé). Fleur grande, pleine, globuleuse, pourtour 
jaune saumoné, centre rose. 

John Hopper (Hybr. rem.). Fleur grande, pleine, bien faite, rose 
carminé vif. Remontante, vigoureuse. 

Jules Margotun (Hybr. rem.). Superbe variété, très remontante, 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D'ORNEMENT. 



219 



vigoureuse et très florifère. Fleur très grande, pleine, rose carmin 
éclatant. 

Jllius Finuer (Hybr. rem.). Fleur moyenne, pleine, de forme par- 
faite, rose carné tendre. 

Lady Mary Fitz Willam (Hybr. de Thé). Fleur très grande, pleine 
blauc carné. Très belle. 

La France (Hybr. de Thé). Variété superbe, très florifère. Fleur 
très grande, pleine, très odorante, blanc argenté à l'intérieur, rose 
lilacé à l'extérieur. 

La Grifferayb (Multiflore). Plante vigoureuse à rameaux allongés, 
très florifère. Fleur moyenne, pleine, pourpre carminé vif. 

Lamahque (Noisette). Variété à tiges allongées, un peu délicate, ne 

réussissant bien que palissée sur un mur à bonne exposition et 

franc de pied. Fleur grande, très pleine, blanc légèrement jaunâtre. 

La Rosière {Hybr. rem.). Fleur grande, pleine, rouge amarante 

feu. 

La Rubanée [Provins). Fleur presque pleine, rose violacé largement 
rubané et ligné de blanc. 

Loris Van Houtte (Hybr. rem.). Belle variété. Fleur grande, pleine, 
rouge l'eu amarante, bordé de cramoisi foncé. 



Louise Odier (Bourbon) 



vif. 



Fleur moyenne, pleine, bieu faite, rose 
rem,). Fleur grande, pleine, bien faite, 



Fleur 
e rha- 



Mabel MuRISSON [Hybr. rem 
blanc pur. 

Madame Bérard (Thé). Variété rustique. Fleur grande, très pleine 
bien faite, rose pâle. 

Madame Edouard Orv (Mousseux). Variété remontante 
grande, bieu faite, d'un beau rose. 

Madame Eugène Verdier (Thé). Fleur grande, bien faite, jaun 
mois foncé, très odorante. 

Madame Lacharme (Hybr. rem.). Fleur très grande, pleine, d'abord 
rose pâle, puis d'un blanc pur. 

Madame Lombard (Thé). Fleur grande, pleine, rouge vif, plus pâle 
à l'automne. 

Madame Marie Gaiinier (Hybr. rem 
faite, blanc argenté, centre incarnat 

Madame Mélame Viunehon ^//yfir. rem.). Variété très llorifère. Fleur 
grande, pleine, d'un beau rose lilacé, pétales extérieurs argentés. 

Madame Pierre (Jgeh (Hourbon). Fleur moyenne, pleine, globuleuse, 
blanc crème, pétales jaspés et bordés extérieurement de rose tendre 
lilacé. 

Madame Trifle (Thé). Variété rustique. Fleur 
faite, jaune saumoné. 

Madame Victor Verdier (Hybr. rem.). Fleur grande, pleine, rose 
cerise vif. 



Fleur grande, pleine, b: 



grande, pleine, bieu 



220 



LE JARDIN D AGREMENT. 




Mademoiselle Augustine Guinoiseau ou La France à fleurs blanches 
(Ilybride.de Thé). 

Mademoiselle Thérèse Levet (llybr. rem.). Fleur grande, pleine, 
.bien faite, rose tendre. 

Massa Charta (Hybr. rem.). Fleur très belle, rose. 

Maréchal Niel (Thé). Fleur grande, pleine, jaune foncé vif. 

Marie Baumann (Hybr. rem.). Fleur moyenne, pleine, rouge. 

Marie Van IIoutte (Thé). Fleur jaune, lavée de rouge. 

Mélanie Soupert (Thé). Fleur grande, pleine, de forme parfaite, 
blanc pur. 

Merveille de Lyon (Hybr. rem.). Variété très florifère. Fleur très 
grande, très bien faite, blanc pur, centre légèrement lavé de rose. 

Mistress Bosanquet (liourbon). Plante vigoureuse, très florifère. 
Fleur moyenne, blanc légèrement carné. 

Monsieur Boncenne (Hybr. rem.). Fleur grande, pleine, pourpre 
noirâtre velouté. 

Mousseline (Mousseux). Variété remontante. Fleur grande, pleine, 
d'abord d'un blanc rosé, puis blanc pur. 

Ophirie (Noisetle). Rameaux sarmenteux. Très vigoureux et très 
florifère. Réussit mieux franc de pied que greffé. Fleur moyenne, 
pleine, jaune nankin cuivré et rose tendre. 

Panachée a fleur pleine (Provins). Fleur pleine, bien faite, blanche, 
bordée, striée et rubanée de carmin clair. 

Paul Neyron (Hybr. rem.). Rustique, vigoureux. Fleur extraordi- 
nairement grande, pleine, bien faite, rose foncé superbe. 

Pauline Labonté (Thé). Fleur grande, bien faite, rose carné satiné. 

Persian Yellow (Capucine). Variété non remontante, mais fleuris- 
sant abondamment au printemps, surtout étant greffée. Fleurs 
moyennes, chiffonnées au centre, jaune d'or. 

Pompon rijou (Pompon). Fleur très petite, presque p!eine,.rose pale. 
Plante très naine, très florifère, mais délicate. 

Président Tiiiers (%*?•. rem.). Fleur grande, pleine, très bien faite, 
rouge brillant. 

Queen of the Queens (Hybr. rem.). Fleur grande, pleine, rose tendre- 

Reine Blanche (Mousseux). Belle variété. 

Reine Marie-Henriette (Thé). Sarmenteux. Fleur rouge. 
' Reine Victoria (Bourbon). Fleur grande, pleine, bien faite, rose 
vif. 

Rêve d'Or (Noisetle). Arbrisseau sarmenteux, vigoureux. Fleur 
grande, pleine, bien faite, jaune chamois. 

Richard Wallace (Hybr. rem.). Fleur très grande, pleine, de forme 
parfaite, rose vif légèrement liséré de blanc. 

Rose du Roi (La) (Perpétuelle), La plus cultivée. Floraison abon- 
dante et continue. Fleur moyenne, à pédoncule très court, épais. 
Fleur cramoisi vif. 



F 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D'ORNEMENT. 221 

Rcbbks {Thé). Fleur grande, pleine, blanc légèrement rosé, centre 
aurore. 

Safrano (Thé). Arbrisseau vigoureux, à feuillage pourpre. Fleur 
moyenne, jaune saumoné et nankin. 

Soupert et Nôrrrao (Mousseux). Remontant, très recommandable. 

Souvenir d-Arthur de Sansal {llijbr. rem.). Fleur moyenne, pleine, 
de belle forme, rose tendre. 

Souvenir de la Malmaison (Bourhon). Superbe variété réussissant 
bien surtout franc de pied. Fleurissant jusqu'aux gelées. Fleur très 
grande, très pleine, de forme parfaite, blanc légèrement carné. 

Souvenir de la Reine d'Angleterre (Hybr. rem.) .Fleurs en bouquets, 
grandes, assez pleines, carmin clair. Variété vigoureuse. 
• Souvenir d'un Ami {Thé). Belle variété vigoureuse. Fleur très 
grande, pleine, rose tendre. 

Souvenir de William Wood {Hybr. rem.). Fleur grande, pleine, 
pourpre noirâtre. L'une des Roses les plus foncées. 

Triomphe de l'Exposition (Hybr. rem.). Variété plus vigoureuse 
greffée que franc de pied. Très remontante. Fleur grande, pleine, 
bien faite, rouge carminé vif lavé de pourpre velouté. 

Tlrner's Crimson'Rambler (înultitlore sarmenteuxi. Fleurs abon- 
dantes, carminées. 

Victor Vbbdikb {Hybr. rem.). Relie variété très florifère. Fleur très 
grande, pleine, rose nuancé de carmin, 

William Allen Riciiardson {Noisette). Belle variété, bien remon- 
tante. Fleur grande, pleine, jaune orange. 

On peut cultiver les Rosiers dans tous les terrains, et à 
loutes les expositions, sauf dans les endroits très ombragés 
el peu aérés. Les conditions de milieu qui leur sont le plus 
favorables sont : un sol profond, meuble, frais el fertile et 
une exposition bien aérée, mais un peu abritée des rayons du 
soleil pendant les heures les plus chaudes. Pour les espèces 
grimpantes, les murs exposés à l'est ou à l'ouest sont ceux qui 
conviennent le mieux. 

Le meilleur moment pour la plantation est le mois de no- 
vembre, avant les grands froids; les variétés délicates, comme 
les Thés, les Bengales, etc., doivent être, de préférence, plan- 
tées en février. Il ne faut pas enterrer profondément les ra- 
cines, et ne pas employer de fumier frais, pour mélanger a la 
terre; il est préférable de couvrir le sol d'une couche de 
fumier consommé qui maintient le pied des plantes dans 






LE JARDIN D AGRÉMENT. 



un bon état de fraîcheur, tout en donnant l'engrais nécessaire. 
La plantation des Rosiers doit être faite de telle sorte que les 
Heurs soient à la portée de la main, afin qu'on puisse facile- 
ment les examiner de près, les sentir, ou les cueillir. En 
massifs, ils perdent beaucoup de leurs mérites. Leur vraie 
place est, selon nous, dans les plates-bandes où on peut les 
disposer en mettant dans le milieu les variétés sur tiges et 
sur les côtés les francs de pied ou d'autres plantes basses. 

Ce sont les Rosiers Bengale qui fleurissent les premiers ; en 
juin, les premières fleurs des hybrides remontants s'épa- 
nouissent à leur tour; ces variétés donnent à l'automne une 
seconde floraison, qui est d'aulant plus belle qu'on a enlevé 
avec plus de soin les fleurs passées, pour empêcher la fructi- 
fication et favoriser le développement de nouveaux bourgeons 
florifères; les Cent-Feuilles et les Provins fleurissent dans le 
milieu de l'été ; enfin les Thés ont une floraison ininterrompue 
depuis le milieu de l'élé jusqu'au commencement de l'hiver. 

La taille du Hosier doit être l'aile dans le courant du mois 
de mars. Elle a pour but : d'abord, la formation des plantes 
en favorisant l'émission de rameaux propres à constituer la 
charpente; puis la suppression des branches malades ou qui 
pourraient être avantageusementremplacées, et aussi de celles 
qui, par leur trop grand développement, rompraient l'équi- 
libre entre les diverses parties dont l'ensemble doit être d'une 
forme aussi agréable que possible. 

Les fleurs se développani sur les bourgeons de l'année, il 
faut supprimer tous les jeunes rameaux qui ont fleuri l'année 
précédente, afin d'en faire émettre de nouveaux qui donnent 
une floraison meilleure. La longueur à laisser aux tiges que 
l'on conserve varie suivant le degré de vigueur des variétés. 
Une taille trop courte provoque le développement du bois au 
détriment de la floraison ; une taille trop longue rend la végé- 
tation moins vigoureuse et détermine l'apparition de fleurs, 
nombreuses il est vrai, mais imparfaites. La moyenne est de 
tailler sur trois ou quatre yeux ; cependant, les variétés 
vigoureuses doivent être taillées plus long. 



? 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D'ORNEMENT. 



223 



Le Rosier peut être cultivé franc de pied ou sur tir/e. 
Le Rosier sur tige a l'avantage de ne pas encombrer les 
plaies-bandes, ce qui permet d'y placer d'autres plantes. Il 
peut être cultivé dans les sols de qualité inférieure où les 
francs de pied ne réussiraient pas. Cette forme permet, en 
outre, d'avoir les fleurs plus à la portée des regards. Les 
variétés de végétation peu vigoureuse ou régulière, comme les 
hybrides remontants, donnent les résultats les meilleurs lors- 
qu'elles sont greffées sur tiges. 

Les Rosiers francs de pied poussent plus vigoureusement; 
on peut les rajeunir à l'aide des drageons qu'ils émettent 
constamment, et leur multiplication est très simple par la 
division des touffes. On peut les conserver plus longtemps que 
les Rosiers tiges qui prennent, au bout d'un certain nombre 
d'années, l'apparence de chicots. Les Rosiers grimpants, les 
Cent-Feuilles, les Provins, les Thés, les Rengales et les 
Noisettes réussissent mieux francs de pied. Ces variétés déli- 
cates peuvent être rabattues, et leur souche peut donner nais- 
sance à de nouvelles tiges, dans le cas où la gelée détruirait 
les parties aériennes soumises à l'influence du froid; pour les 
variétés de taille peu élevée, il est plus facile de les abriter 
en les couvrant de terre ou de paille à l'approche de l'hiver. 
La greffe des Rosiers tiges se fait ordinairement sur V Églan- 
tier commun (Basa canina L. et autres espèces indigènes). 
L'Églantier reprend très facilement; on doit choisir des 
sujets de bonne forme, d'environ 1 mètre de hauteur, âgés de 
2 à 3 ans, ce que l'on reconnaît à l'écorce qui ne doit pas 
<Hre luisante et verie, mais légèrement, rugueuse et grisâtre : 
leur grosseur ne doit pas dépasser celle du petit doigt. On 
doit les planter dès qu'on les reçoit, en ne leur conservant 
qu'un léger talon, et en supprimant la plus grande partie de 
la souche avec un instrument bien tranchant, de manière à 
former une plaie aussi nette que possible. La plantation des 
Églantiers se fait à la fin de l'hiver, en février-mars; les soins 
à donner pendant la végétation consistent à supprimer avec 
soin les pousses qui se développent pour n'en conserver que 



224 



LE JARDIN D'AGRÉMENT. 



deux ou trois au sommet de la tige et autant que possible 
opposées. La greffe en écusson est celle qui est le plus habi- 
tuellement pratiquée pour le Rosier; on peut la faire dès le 
mois de juin, à œil poussant, mais la greffe à œil dormant lui 
est préférée, et c'est de la fin de juillet en août l'époque la 
plus favorable pour cette opération; la soudure a lieu avant 
I hiver, mais l'œil ne pousse qu'au printemps suivant et il n'y 
a pas à craindre qu'il soit détruit par le froid. Nous' ren- 
voyons le lecteur à la page 39, où nous avons décrit la manière 
de pratiquer la greffe en écusson. 

Les rameaux ne doivent être taillés au-dessus de l'écusson 
que lorsque celui-ci s'est développé et a atteint une longueur 
d'au moins la centimètres. On doit les courber en les- incli- 
nant vers le sol quelques jours avant l'écussonnage et 
les maintenir dans cette position jusqu'au moment de la 
taille. 

On pose habituellement deux greffes sur un même sujet, 
afin d'arriver plus rapidement à former une belle tète : ou 
choisit pour cela les deux rameaux les plus vigoureux et au- 
tant que possible opposés. Dans le cas où l'Églantier n'a pas 
de rameau? convenables pour être greffés, on place un écusson 
de chaque côté de la tige elle-même. Pour obtenir une prompte 
ramification, on pince la greffe au-dessus de la Iroisième ou 
de la quatrième feuille qu'elle développe. 

Les Rosiers greffés doivent être débarrassés soigneusement 
des gourmands qui naissent sur le sujet et qui se développent 
au détriment de la greffe. 

Les Rosiers, sauf les Provins et les Cent-Feuilles, se multi- 
plient facilement de boutures. La meilleure époque pour faire 
cette opération est le mois de septembre. On prend de préfé- 
rence des rameaux ayant porté des fleurs et munis de trois 
yeux, les pousses vigoureuses émettant plus difficilement des 
racines; on supprime le limbe des feuilles inférieures, et on 
ne laisse subsister qu'une faible portion de celui de la feuille 
terminale. Les boutures sont coupées de manière à présenter 
autant que possible un talon, empâtement ou point d'atfache 



PLANTES ET ARBRISSEAUX DORNEMENT. 



22b 



du rameau sur la branche qui- le portait, puis on les plante 
verticalement, en les enterrant peu profondément, dans un 
bout de planche, à bonne exposition et dans un sol léger et 
bien ameubli. Les plantations sont abritées avec des cloches, 
que l'on couvre de paille ou de feuilles dans les premiers jours, 
alin d'intercepter les rayons du soleil qui dessécheraient tout. 
Après une vingtaine de jours, on soulève les cloches, pour 
donner de l'air, puis, à l'approche des froids, on les abaisse et 
on les couvre de leuilles sèches pour les abriter contre les 
intempéries. Au printemps, les boutures entrent en végétation ; 
elles peuvent être mises en place quelque temps après. Le 
bouturage est utile surtout pour les Rosiers tiges, car les 
francs de pied peuvent être plus facilement reproduits par 
division des touffes, soit en séparant les drageons et les 
gourmands, soit en éclatant les tiges qui reprennent sans 
difficulté, à la condition qu'elles soient munies de quelques 
racines. Ces dernières opérations se font à la fin de l'hiver, 
au moment des labours. La multiplication par semis est 
surtout employée pour l'obtention de variétés nouvelles; les 
graines sont simplement semées en pleine terre, sous cloche, 
dès leur maturité; plus tard, elles germeraient très irrégu- 
lièrement. 

Rose d'Inde. — Voy. Tagetes erecta. 

Ruse de Socl. — Voy. Heixeborus nigeh. 

Rose Crémière. — Voy. Alth.ka rosea. 

Rosmarinus uffici.nalis L. Romarin. — Arbusle indigène 
de l m ,;iO de hauteur, aromatique, dont les feuilles sont persis- 
tantes. Fleurs bleu pâle, s'épanouissant en mars-avril. Réussit 
surtout dans les terres légères, et à bonne exposition. Multi- 
plication de marcottes et de boutures. 

Ruban de bergère. — Voy. Puai.aius ahdndinacba picta. 

Rue de Chèvre. — Voy. Galega ufficinalis. 

Safran. — Voy. Crocus. 

Sagittaria sagitt.efolia L. Sagittaire. Fléchière. — Plante 
aquatique vivace, indigène, d'environ 75 centimètres de 
hauteur; feuilles rubanées lorsqu'elles sont submergées, en 

13. 



226 



LE JARDIN D AGRÉMENT. 



forme de fer de flèche lorsqu'elles se développent au-dessus 
de l'eau; fleurs blanches, en épi, s'épanouissant en juin-juil- 
let. Il en existe une jolie variété à fleurs pleines. 

S. sinensis Sims. S. de la Chine. — Superbe espèce, bien su- 
périeure à la précédente, à fleurs d'un blanc pur. La variété 
à Heurs pleines est certainement l'une des plus belles plantes 
aquatiques de plein air. Quoique moins rustique que la Sa- 
gittaire commune, elle peut supporter' facilement nos hivers 
lorsqu'on a la précaution d'en submerger assez profondément 
les souches, à l'entrée de la mauvaise saison. 

Les Sagittaires peuvent être plantées au fond des petits 
bassins, ou dans des pots que l'on plonge dans l'eau, de 
manière que le collet des plantes soit recouvert d'environ 
15 à 25 centimètres. Multiplication par division des touffes, 
au printemps. 

Sainfoin d'Espagne. — Voy. Hedysarum coronamum. 
Salpiglossis si.nuata Ruiz et Pav. (fig. 152). — Charmante 

plante annuelle originaire du 
Chili, de 75 centimètres à 
t mètre de hauteur, à fleurs 
en forme d'entonnoir, riche- 
ment colorées : nuancées, 
striées, chamarrées de blanc, 
de jaune, de violet, de rose et 
de brun avec des tons mor- 
dorés et veloutés d'un très 
bel effet. Le Salpiglossis pré- 
sente un 1res grand nombre 
de variétés que le semis ne 
reproduit pas toujours très 
fidèlement ; il mérite d'être 
recommandé aux amateurs, 
autant pour la beauté de ses fleurs que pour l'abondance de 
la floraison qui a lieu de juin en août. Il existe des variétés 
naines. Semer en avril-mai, sur place, en terre légère et 
à bonne exposition. 




Fig. 152. — Salpiglossis variés. 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D ORNEMENT. 



Sambucus nigra L. Sureau. — Arbrisseau ou petit arbre 
indigène s'accommodant de tous les sols et de toutes les expo- 
sitions, d'une végétation très rapide et pouvant être multiplié 
avec facilité. Le Sureau commun, grâce à ses qualités mul- 
tiples, est souvent cultivé dans les jardins ; il a donné nais- 
sance à des variétés beaucoup plus ornementales que le type 
de l'espèce, à feuilles laciniées, panachées ou jaune d'or, très 
recommaudables. 

Santolina GhamjECYpabisshs L. Santoliuc. — Plante origi- 
naire de l'Europe australe, à tiges ligneuses à la base, formant 
de petites touffes compactes, de 50 centimètres de hauteur, à 
feuilles petites, dentées, cotonneuses. En juillet-août, fleurs 
nombreuses, jaunes, réunies en petits capitules. La Santoline 
peut servir à former des bordures dans les sols arides, elle se 
prête très bien à la tonte. Multiplication facile de marcottes 
ou de boutures. 

Saponaria officinaus L. Saponaire. Savonniére. — Plante 
vivace indigène, d'environ 75 centimètres de hauteur, com- 
munément cultivée dans les jardins, où ses fleurs, d'un rose 
pâle, se montrent de juillet en septembre, lien existe une 
variété à fleurs pleines qui est très recommandable. La Sapo- 
naire se plait dans tous les terrains et à toutes les expositions. 
Multiplication très facile par division des touffes. 

S. CALABRir.v Guss. Saponaire de Calabre. — Plante annuelle 
d'environ 15 centimètres de hauteur, à liges couchées, se cou- 
vrant d'une multitude de petites fleurs, rose vif ou blanches, 
qui se succèdent de juin en septembre. Cette charmante 
espèce se prête surtout à la formation de bordures; elle réussit 
très bien dans les terres meubles. Semer en mars-avril, en 
pépinière, mettre en place en mai. 

S. ocimoides L. — Espèce vivace indigène, à tiges rameuses 
et couchées, ne dépassant pas quelques centimètres de hauteur, 
disparaissant sous le nombre des fleurs, petites, d'un rose 
plus ou moins vif, qui se montrent de mai en juillet. Celte 
plante affectionne surtout les sols légers et arides. Multipli- 
cation par division des touffes, au printemps, ou de graines 






228 



LE JARDIN D'AGRÉMENT. 




semées dès leur maturité, en terre légère et à bonne exposilion. 
Saxifraga hypnoides L. Gazon turc. — Plante vivace indi- 
gène, à tiges radicantes, rameuses, portant des feuilles per- 
sistantes, divisées en lanières plus ou moins nombreuses; 
elle forme des touffes très denses d'un beau vert, dont la 

taille ne dépasse pas 10 centi- 
mètres. Fleurs petites, blanches, 
abondantes, s'épanouissant en 
mai-juin. Le Gazon turc est fré- 
quemment employé pour faire 
de charmantes bordures, et des 
tapis qui restent verts pendant 
toute l'année; il croît dans tous 
les sols et à toutes les exposi- 
tions, mais préfère, cependant, 
les terrains frais, un peu ombra- 
gés. Multiplication très facile par 
division des touffes, au printemps. 
S. umbrosa L. Désespoir despein- 
tres. — Élégante plante vivace 
indigène, à feuilles persistantes, réunies en rosettes du 
centre desquelles naissent, en mai-juin, des tiges florifères 
d'environ 1 o centimètres de hauteur, terminées par un grand 
nombre de petites fleurs, disposées en grappes, blanches, 
pointillées de purpurin et de jaune. Cette Saxifrage prospère 
surtout dans les terrains frais, un peu ombragés. Multiplica- 
tion par division des touffes. 

S. sarmëntosa L. (fig. 133). — Plante vivace originaire de la 
Chine et du Japon, émettant, comme le Fraisier, de nombreux 
rejets (stolons) qui se terminent par des rosettes de feuilles 
arrondies, dont la partie supérieure est panachée de vert, de 
blanc et de rose. Des rosettes centrales naissent des tiges 
florales de 25 centimètres de hauteur, portant un grand 
nombre de petites fleurs blanches, tachées de jaune. Cette 
plante est surtout cultivée pour son beau feuillage; comme 
l'espèce précédente, elle prospère dans les sols un peu frais 




Fig. 153. 



Saxifrage sarmenteuse. 



1 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D ORNEMENT. 



229 



et à mi-ombre. La S. sarmenteuse est très recherchée pour la 
culture en vases suspendus. Multiplication des plus faciles par 
séparation des rejels enracinés. 

S. cohdifolia Haw. Saxifrage à feuilles en cœur (flg. lo4). — 
Superbe plante vivace originaire de la Sibérie, à feuilles 
amples, persistantes, luisantes. Fleurs d'un beau rose tendre, 
très nombreuses, réunies en 
bouquets étalés, s'épanouissanl 
en avril-mai. 

S. crassifolia L. Saxifrage de 
Sibérie et S. ligulata Wall. — 
Espèces voisines, mais à Heurs 
d'un rose plus foncé. 

Ces trois dernières espèces 
sont précieuses pour orner les 
parterres au printemps, leur 
floraison ayant lieu dès que les 
grands froids cessent de se faire 
sentir. Leur culture est des plus 
faciles; elles croissent dans tous 
les sols et à toutes les expo- 
sitions, quoique les terrains un peu frais et un peu ombragés 
leur soient plus favorables. Multiplication par division des 
touffes. Ces Saxifrages peuvent être employées à former des 
corbeilles, ou plantées dans les plates-bandes avant l'hiver. 
Lorsque leur floraison est achevée, on les arrache pour les 
mettre en pépinière d'attente dans une partie quelconque du 
jardin, de manière à permettre de cultiver d'autres plantes 
sur l'emplacement qu'elles occupaient. Leur floraison est 
cependant plus abondante lorsqu'on les laisse en place pen- 
dant plusieurs années. 

Scabiosa atropurpurea L. Scabieuse, Fleur de veuve. — 
Belle plante annuelle originaire de l'Europe méridionale, très 
répandue dans les jardins, et qui a donné naissance à des 
variétés remarquables par les dimensions de leurs fleurs, 
leur duplicature, et la richesse des coloris qu'elles présentent, 




V 




230 



LE JARDIN D'AGRÉMENT. 



variant du blanc au rose carminé, au lilas et au pourpre noir 
velouté. Il existe également des variétés naines. 
Les Scabieuses à grandes fleurs doubles sont des plantes 




Fig. 155. — Scliizanthe à feuilles pinnées. 

extrêmement recommandables; elles sont très rustiques et se 
plaisent dans tous les sols et à toutes les expositions. Semer 
en avril-mai, sur place ou en pépinière; dans ce dernier cas, 
repiquer en place, en mai-juin. 

Schizanthus pinnatus Ruiz et Pav. (fig. 155). — Plante an- 
nuelle originaire du Chili, d'environ 50 centimètres de hau- 
teur, à feuilles finement découpées. De juin en septembre, 
fleurs nombreuses, lilas clair, à gorge jaune, ponctuée de 
pourpre et entourée de quatre taches violettes. Cette panachure 



\ 



F 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D ORNEMENT. 



231 



est très bizarre et produit un joli effet. Il en existe plusieurs 
variétés dont les fleurs ont l'apparence de petits papillons volti- 
geants (var. papilionaceiis). Semer sur place, en avril-mai, en 
terre légère et à bonne exposition. Ornement des plates- 
bandes. 

S. retcsus Hook. — Espèce à fleurs plus grandes et plus 
richement colorées que celles de la précédente, mais mal- 
heureusement plus délicate. Ses pétales, élégamment et 
curieusement découpés, sont d'un beau rose; celui du milieu 
est taché de jaune. Cette plante, vraiment très remarquable, 
a donné naissance à plusieurs variétés, à fleurs blanches, 
rose vif, ou lilas, de taille plus ou moins élevée. Semer en 
avril-mai, en place ; floraison en mai-juillet. 

Scilla siiiiRiCA Andr. (lig. 150). — Jolie petite plante bul- 
beuse dont la taille ne dépasse 
pas 20 centimètres, recherchée 
surtout pour sa floraison hâtive, 
qui a lieu en mars-avril. Ses 
fleurs, en forme de petites clo- 
chettes, sont d'un bleu intense. 
Associée aux Safranset au Perce- 
Neige, elle peut servir à constituer 
de charmantes petites corbeilles 
ou des bordures. 

Cette plante doit être cultivée 
dans un sol léger et même sa- 
blonneux; il est nécessaire de la 
laisser en place et de ne la re- 
lever que tous les trois ou quatre ans, après la floraison, 
pour replanter immédiatement les bulbes après avoir séparé 
les caïeux. Plusieurs autres espèces de Scilles pourraient aussi 
contribuer à orner les jardins. 

Scolopendrium officinarlm Smith. Scolopendre. — Fougère 
indigène de 2r> à 30 centimètres de hauteur, à feuilles entières, 
luisantes et d'un beau vert, propre surtout à orner les parties 
ombragées et humides des jardins. 11 en existe plusieurs variétés. 




Scille de Sibérie. 



2 H 2 



LE JARDIN D AGRÉMENT. 






Orpin 
Kèv 



Sedum fabarium Ch. Lem. (S. spectabile Bor.). Orpin à 
feuilles de Fève (fig. 157). — Plante vivace originaire du 
Japon (?), très rustique, d'environ 40 centimètres de hauteur, 

donnant, en août-septembre, un 
nombre considérable de petites 
fleurs d'un beau rose, réunies en 
énormes bouquets. Ornement 
des plates-bandes dans tous les 
sols et à toutes les expositions. 
Multiplication par division des 
touffes, au printemps. 

Le S. sarmentosum Bunge, de 
la Chine septentrionale, à feuilles 
étroites, marginées de blanc, est 
souvent employé pour former des 
s motifs de mosaïculture; il exige 
d'être abrité sous châssis pendant 
l'hiver. 
Sieboldi Sweet, du Japon, et sa variété à feuilles 
panachées, convient surtout à orner les vases suspendus ; ses 
rameaux retombants se couvrent, en septembre-octobre, d'élé- 
gants bouquets de fleurs roses. Comme la précédente, cette 
espèce est trop délicate pouf être cultivée en pleine terre, 
sans abri, sous le climat de Paris. 

Sempervivum tectorum L. Joubarbe des toits. — Plante 
grasse indigène, vivace, à feuilles formant des rosettes du 
centre desquelles s'élèvent des tiges florifères hautes d'en- 
viron 2o centimètres, se terminant par une dizaine de' fleurs 
roses qui se succèdent de juin enjuillel. Cette plante, ainsi que 
beaucoup d'autres espèces du même genre, est fréquemment 
employée en mosaïculture. L'une des Joubarbes les plus recher- 
chées après la J. des toits est la J. toile d'araignée (S. arachnoi- 
deum L.). La taille peu élevée de ces plantes, leur végétation 
lente les rendent très propres à ce genre de décoration. Multi- 
plication facile par séparation des rejets, qui, souvent, sont pro- 
duits en grand nombre, lorsque les rosettes adultes fleurissent. 



Fig. 157. 



Le S. 



\ 



1 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D-ORNEMENT. 



233 



Senecio elegans L. Séneçon d'Afrique (fig. 158). — Plante 
vivace en serre, originaire de l'Afrique australe, cultivée 
comme plante annuelle de plein air. Tiges rameuses, hautes 




Fig. 158. — Séneçon élégant. 



de bO centimètres, donnant de juin en octobre un grand 
nombre de fleurs (capitules) simples ou doubles, blanches, 
carnées, lilacées ou violettes. Cette jolie espèce doit être semée 
en avril-mai, en place, en terre légère bien terreautée et à 
bonne exposition. On peut aussi la reproduire de boutures 
faites à l'automne et conservées sous châssis pendant l'hiver. 
S. Cinërahia L. Cinéraire maritime. — Plante vivace origi- 
naire de la région méditerranéenne, à liges ligneuses à la 
base, formant des touffes ramifiées; les feuilles, irrégulièrement 



234 



LE JARDIN D'AGRÉMENT. 



et profondément découpées, sont couvertes d'un duvet fin et 
abondant qui donne à la plante un aspect blanchâtre. 

La Cinéraire maritime se prête bien aux pincements; aussi 
est-elle fréquemment employée pour former des bordures 
de corbeilles, la couleur de son feuillage faisant contraste 
avec les teintes des autres plantes. Sous le climat de Paris, 
cette plante doit être reproduite de boutures que l'on fait à 
l'automne, et que l'on met en place au printemps, après les 
avoir hivernées sous châssis. 
Seringat. — Voy. Philadelphie coronabius. 
Silène pendula L. Silène pendant (fig. 159).— Charmante 

plante annuelle originaire de 
l'Europe méridionale et orien- 
tale, à tiges très rameuses, 
couchées, ne dépassant pas 
2.'i centimètres de hauteur, se 
couvrant d'un nombre considé- 
rable de (leurs roses, rouges ou 
blanches, selon les variétés. Il 
en existe des variétés naines et à 
port compact très recherchées ; 
il y ena aussi à fleurs doubles. 
On sème le Silène pendant en 
juillet-août, en pépinière; on 
repique en pépinière et l'on plante à demeure à l'automne 
ou au printemps, en laissant entre les pieds un intervalle 
d'environ 30 centimètres; la floraison a lieu d'avril en juin. 
Lorsque le semis est effectué en mars-avril, en place, la 
floraison a lieu en juillet-août. Cette plante est surtout pré- 
cieuse pour orner les parterres, au printemps ; on en fait de 
jolies corbeilles ou des bordures. 

S. Armeria L. S', à bouquets. — Jolie plante annuelle indi- 
gène, d environ bû centimètres de hauteur, donnant, de juin 
en août, un grand nombre de petites fleurs d'un beau rose, 
carnées ou blanches, réunies en bouquets. Cette espèce est 
très rustique; elle se plaît dans tous les sols et à toutes les 




169. — Silène pendant. 



1 



\ 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D'ORNEMENT. 



23o 




d'or ilu Canada 



expositions ; on ne saurait trop en recommander la culture 
dans les petits jardins. Semer en place, en avril-mai. 
Soleil. — Voy. Helianthus. 

SolidagO CAN'ADENSIS L. 

Verge d'or du Canada (H g. ffiO), 

Gerbe d'or du Canada. — Belle 

plante vivace originaire de 

l'Amérique septentrionale, 

haute de 1 mètre à l ra ,.'iO, 

donnant, en août-septembre, 

d'énormes gerbes formées 

d'un nombre considérable de 

petits capitules d'un jaune 

d'or. Cette espèce, ainsi que 

plusieurs autres du même 

genre, est très rustique et 

peut être cultivée dans tous 

les sols et à toutes les expositions. Multiplication facile par 

division des touffes, au printemps. 

Souci. — -Voy. Calendula officinalis. 

Souci d'eau. — Voy. Caltha paldstms. 

Soucipluvial. — Voy. Dimorphotheca pluvialis. 

Spartium jcnceum DC. Genêt d'Espagne. — Arbrisseau de 
2 à 3 mètres, à rameaux jonciformes, verts; feuilles rares, très 
petites. En juillet-août, fleurs nombreuses, en grappes, d'un 
beau jaune. Le Genêt d'Espagne ne iéussit bien que dans les 
sols légers et à bonne exposition. 

Specularia Spéculum L'Hér. Miroir de Vénus. — Plante 
annuelle indigène, à rameaux couchés ne dépassant pas 
2'6 centimètres de hauteur, très propre à former des bordures 
qui, en juin-juillet, se couvrent de fleurs violettes ou blanches, 
selon les variétés. Semer sur place, en avril-mai. En semant 
en septembre, la floraison a lieu de mai en juin. 

Spirœa Filii'ENûula E. Filipendide. — Plante vivace indi- 
gène, à feuilles élégamment découpées comme celles de cer- 
taines Fougères ; a fleurs très nombreuses, réunies en bouquets 






■ 



236 



LE JARDIN D'AGRÉMENT. 



rameux au sommet de tiges d'environ 50 centimètres de 
hauteur. On cultive surtout la variélé à fleurs pleines, qui est 
certainement l'une de nos plus jolies plantes vivaces de 
plates-bandes. La floraison a lieu en juin-juillet. Très rus- 
tique et peu délicate, cette plante s'accommode de tous les 
sols et de toutes les expositions. Multiplication 1 par division 
des touffes, au printemps. 

On cultive dans les jardins un grand nombre de jolis ar- 
brisseaux appartenant au genre Spirœa. Ce sont en général des 
plantes peu délicates, prospérant dans tous les sols, ce qui, 
joint à l'abondance de leur floraison et à la beauté de leurs 
fleurs, les rend d'une haute valeur pour orner les bosquets et 
quelquefois même les plates-bandes. Nous citerons surtout 
les S. callosa Thunb., arbrisseau de i mètre, à fleurs rouges 
ou blanches, selon les variétés; S. chailedryfolia L., 1 à 
2 mètres, fleurs blanches, en mai-juin; S. Fortunei Planch., 
50 centimètres à i m ,50, fleurs nombreuses, rouges ou blan- 
ches, s'épanouissant de juillet en septembre, superbe espèce ; 
S. hypericifolia L.,. l» f 60.à 2 mètres, en avril-mai, fleurs 
petites, blanches, en bouquets ; S. prunifolia Sieb. et Zucc, 
petit arbrisseau buissonnant, fleurs doubles, l'une des plus 
jolies espèces, S. salicifolia L., 1 mètre à 1">,50, en juillet-août, 
fleurs nombreuses, petites, en épis très denses, blanches' 
carnées, roses ou rouges : la variété Billardi, à épis volumineux 
et d'un rouge vif, est très recommandable ; S. sorbifolia L., 
l m ,50 à 2 mètres, feuilles à folioles nombreuses et dentées, 
en juin-juillet fleurs petites, blanches, en bouquets terminaux. 
On cultive encore les S. opulifolia, ulmifolia, à fleurs blanches 
s'épanouissant en mai-juin, etc. 

Staphylea pinnata L. Faux-Pistachier, Nez-coupé. — Arbris- 
seau de 2 à 3 mètres et plus, originaire de l'Europe méri- 
dionale, dont les feuilles ont de 5 à 7 folioles oblongues lan- 
céolées, dentées ; d'avril en juin, fleurs blanches, en grappes 
pendantes. Le Faux-Pistachier est très ornemental et très 
rustique. 
Statice latifolia Smith (fig. 161). — Belle plante vivace 



\ 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D ORNEMENT. 



237 



originaire de la Russie australe, à feuilles larges, réunies en 
touffes du centre desquelles naissent, de juillet en septembre, 
des tiges florales hautes d'environ 70 centimètres, terminées 
par des myriades de petites fleurs, bleues ou violacées, dis- 




1 



Fig. 161. — Stalice à larges feuilles. 



posées en amples panicules rameuses, étalées, d'une rare élé- 
gance, qui conservent fort longtemps leur couleur, et que l'on 
peut employer à la formation de bouquets perpétuels. 

Le Slatice à larges feuilles convient principalement à l'or- 
nement des plaies-bandes ; il prospère surtout dans les sols 
légers, siliceux. Multiplication de semis faits, d'avril en juin, 
en pépinière ou de préférence en pots ; repiquer en pépinière 
et mettre en place au printemps suivant. 

Struthiopteris cermanica Willd. — Belle fougère très rus- 
tique, s'accommodant de tous les sols et de toutes les expo- 
sitions, propre surtout à orner les parties ombragées et 
fraîches des jardins. 



238 



LE JARDIN D'AGRÉMENT. 



Sureau. — Voy. Sambucus nigra. 

Symphoricarpos racemosa Mich. Symphorine, Arbre aux 
perles. — Arbrisseau très répandu dans les jardins, originaire 
du Canada, de l-.SO à 2 mètres de hauteur, donnant, pendant 
tout l'été, des fleurs petites, roses, peu ornementales, aux- 
quelles succèdent à l'automne des grappes de fruits blancs, de 
la grosseur de petites cerises et qui persistent pendant l'ont 
l'hiver. La Symphorine est très rustique; on peut la cultiver 
même dans les sols les plus arides. 

Syringa vulgahis L. Lilas. — Superbe arbrisseau; le plus 
bel ornement des bosquets au printemps. Il n'est pas de 
jardin qui n'en possède au moins quelques exemplaires. Il a 
le grand mérite d'être très rustique et de pouvoir être cul- 
tivé dans n'importe quel sol. Il faut tailler les Lilas immé- 
diatement après leur floraison pour enlever les fleurs passées, 
les rameaux gourmands ou mal conformés. On ne conservé 
que les rameaux bien constitués, et on les taille au-dessus du 
cinquième œil à partir de leur point d'attache sur les branches 
principales; on provoque ainsi le développement de bourgeons 
qui fleurissent au printemps suivant. Abandonnés à eux- 
mêmes, les Lilas deviennent trop toulfus et ne portent qu'un 
petit nombre d'inflorescences maigres à l'extrémité de ra- 
maux courts et branchus. Le Lilas a donné naissance à un 
grand nombre de variétés à fleurs lilas, violettes, roses, rouges 
ou blanches, simples, doubles ou pleines. Le Lilas Charles A', à 
thyrses énormes, compacts, de forme pyramidale, d'un beau 
violet, et le L. de Marly sont certainement les plus beaux 
parmi les variétés à grosses inflorescences. Dans les variétés 
à inflorescences légères, on peut citer : Varin, à fleurs violettes 
formant de longues grappes sous le poids desquelles les ra- 
meaux se courbent gracieusement ; Sauge à fleurs violacées 
disposées de la même manière que dans la Tariété précédente. 
Le Lilas à fleurs blanches, que l'on vend en si grande abon- 
dance pendant l'hiver à Paris, est produit par la culture forcée 
en serre de Lilas à fleurs rouges ou violettes, surtout de la 
variété nommée L. de Marly. 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D ORNEMENT. 



230 



Tabac. — Voy. Nicotiana tabaciim. 

Tagetes patcjla I.. Œillet d'Inde (lig. 162). — Plante an- 
nuelle très répandue dans les jardins, originaire du Mexique, 
de taille plus ou moins élevée (20 à 60 centimètres) selon les 
variétés, à ileurs (capilules) nombreuses, simples ou pleines, 
jaune pâle, jaune orangé, bru- 
nes ou panachées, se succé- 
dant sans interruption de juil- 
let en octobre. L'Œillet d'Inde 
est une plante précieuse pour 
l'ornement des petits parter- 
res ; il est d'une culture facile, 
se plait dans tous les sols et à 
toutes les expositions, quoi- 
qu'il préfèreles terres meubles 
et humeuses et une situation 
chaude et aérée. Il n'est pas 
de plante qui supporte plus fa- 
cilement la transplantation. 
Semer en avril-mai, en pépi- 
nière, à bonne exposition ; repiquer, puis mettre en place en 
juin ou au moment de la floraison. 

T. erecta L. Rose dinde. — Plante annuelle originaire du 
Mexique, formant des touffes qui atteignent jusqu'à 1 mètre 
de hauteur, à capitules volumineux, de à 7 centimètres de 
diamètre, très pleins dans certaines variétés, d'un beau jaune 
citron ou jaune orangé. Même culture que l'Œillet d'Inde. 

T. signata Baril. Tayète tachée (lig. 16:i). — Jolie espèce à 
feuillage léger, élégamment découpé, à fleurs beaucoup plus 
petites que dans les deux espèces précitées, jaune orangé taché 
de purpurin. La variété pumila est l'une des plantes les plus 
précieuses pour former des bordures ; elle se couvre de fleurs 
depuis le mois de juillet jusqu'aux gelées. Culture de l'Œillet 
d'Inde. Espacer les pieds d'environ 40 centimètres en faisant 
la plantation. 

Tecoma radicans Juss. Bignonia, Jasmin trompette, Jasmin de 




- CEiltet d'Inde double 

( Tagetes). 



240 



LE JARDIN D'AGRÉMENT. 



Virginie (flg. 164). — Belle liane originaire de l'Amérique sep- 
tentrionale, dont les tiges grimpantes s'attachent aux arbres 
et peuvent atteindre jusqu'à 10 mètres de hauteur. Feuilles 
composées de 9 à 11 petites folioles, ovales, dentées. En août- 
septembre, fleurs en grappes, à l'extrémité des rameaux qui 




Fig. 163. — Tagète tachée naine. 

s'étendent de tous côtés, d'un rouge vif, grandes, longuement 
lubuleuses et évasées en entonnoir. Celle superbe plante 
grimpante a donné naissance à plusieurs variétés, dont une 
à floraison hâtive, les autres à fleurs jaunes, rouge foncé ou 
rouge pourpre. Le Jasmin de Virginie convient à orner les murs, 
les tonnelles, elc. ; il prospère surtout dans les sols légers et à 
bonne exposition. Multiplication d'éclats ou de marcottes. 

T. grandifloba Delaun. — Espèce originaire du Japon, dif- 
férant de la précédente par sa taille moins élevée, son feuillage 
plus ample et d'un vert plus foncé ; enfin par ses fleurs plus 
larges, à tube plus court, jaune orangé. Cette plante a donné 
naissance à diverses variélés. 

Les Técomas doivent être taillés chaque année sur le vieux 
bois qui donne des pousses vigoureuses se terminant par de 
superbes bouquets de fleurs. 

Téraspic. — Voy. Ibf.ris. 



\ 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D'ORNEMENT. 



241 



Thuya orieistalis L., var. nana. — Arbrisseau toujours 
vert, à rameaux très nombreux, fins, à feuillage dense, se 
formant en boule compacte ne dépassant guère 2 ou 3 mètres 
de hauteur. .Cette plante et sa variété à feuilles panachées de 







Fig. 164. — Jasmin trompette (Tecoma). 

jaune doré au printemps, sont très propres à orner les 
jardins. Elles prospèrent surtout dans les sols légers. 

Thym. — Voy. Thymus vulgaris. 

Thymus vulgaris L. Thym. — Petit arbuste originaire de 
l'Europe méridionale, de 15 à 20 centimètres de hauteur, à 
odeur aromatique, très prononcée, souvent employé pour 
former des bordures. Réussit surtout dans les terrains secs et 
à bonne exposition. Multiplication par division des touffes, au 
printemps. 

Tigridia pavonia Red. (fig. 165). — Superbe plante bulbeuse 
originaire du Mexique, d'environ 50 centimètres de hauteur, 
dont les fleurs, peu nombreuses et malheureusement très 
fugaces, sont d'une rare beauté. Ces Heurs atteignent de 
10 à 1 5 centimètres de diamètre ; elles sont étalées et creusées 
en coupe : les pétales extérieurs à base violette, cerclés de 
D. Bois. — Le petit jardin, U e édit. 14 






242 LE JARDIN D'AGRÉMENT. 

jaune, maculés de rouge écarlate et à extrémité d'un rouge 
brillant ; les intérieurs jaunes, tachés de pourpre. La floraison 
a lieu en juillet-août. Cette plante a donné naissance à plu- 
sieurs belles variétés. Culture des Glaïeuls. 

Tournesol. — Voy. Helianthus annuus. 

Tradescantia virginica L. Éphémère de Virginie (fig. 16fi). 
— Plante vivace originaire de l'Amérique septentrionale, 
haute de KO à 60 centimètres, dont les fleurs, à 3 pétales, 




Fig. 165. — Tigridiaà grandes fleurs. 



100. 



Kphémère de Virginie. 



très nombreuses, bleues, violettes, lilas, roses ou blanches 
selon les variétés, se succèdent sans interruption de mai en 
août. D'une rusticité à toute épreuve et d'une culture facile, 
les Tradescantia s'accommodent de tous les sols et de toutes 
les expositions. Multiplication par division des touffes, au prin- 
temps. 

Trèfle d'eau. — Voy. Menyanthes thifoliata. 

Tritoma uvahia Gawl. (Kniphofiaaloides) (fig. 167). — Superbe 
plante vivace originaire de l'Afrique australe, formant des 
touffes volumineuses, d'environ 1 mètre de hauteur, à feuilles 
longues et étroites, à fleurs tubuleuses, pendantes, réunies en 
gros épis au sommet des tiges florales, d'un rouge corail pas- 
sant au jaune orangé, s'épanouissant en août-septembre et 






1 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D'ORNEMENT. 



243 



durant fort longtemps. Le Tritoma est l'une de nos plus belles 
plantes vivaces; il produit surtout un très bon effet lorsqu'il 
est planté en touffes isolées sur les pelouses. Il en existe plu- 
sieurs variétés. 

Il craint les grands froids et l'excès d'humidité ; aussi est-il 
nécessaire d'abriter les souches 
avec une couverture de feuilles 
sèches ou de paille à l'approche 
de la mauvaise saison. Multi- 
plication par division des touf- 
fes, au printemps. 

Troène. — Voy. Ligcstrum. 

Trollius europ.eus L. Trolle 
d'Europe, Boule d'or. — Plante 
vivace indigène, de 40 centi- 
mètres de hauteur, donnant eu 
mai-juin des fleurs assez gran- 
des, globuleuses, ayant une 
douzaine de pétales d'un beau 
jaune d'or. Il en existe une va- 
riété à fleurs jaune pale. Cette plante convient à orner les 
plates-bandes ; elle prospère surtout dans les sols légers et à 
une exposition un peu ombragée. Mulliplication par division 
des touffes, au printemps. Le T. asiaticus et ses variétés 
peuvent être cultivés dans les mêmes conditions. 

Tropaeolum mails L. Capucine. — Belle plante annuelle, 
grimpante, originaire du Pérou ; ses tiges peuvent atteindre 
2 à 3 mètres de hauteur ; ses fleurs se succèdent en abon- 
dance depuis juin jusqu'en septembre. Il existe un très 
grand nombre de variétés de Capucines, à fleurs jaune pâle, 
jaune verdàtre, jaune orangé, jaune saumoné, rouges, brunes, 
panachées, etc. 

T. minus. Capucine naine. — A également donné naissance à 
des coloris très divers. Cette espèce est surtout employée, en 
raison de sa petite taille, à former des bordures ou des 
corbeilles très élégantes. 




Fig. ItiT. — Tritum.i faux aloÊs 



244 



LE JARDIN D AGRÉMENT. 










Sous le nom de Capucines hybrides du T. lobbianum, on 
cultive plusieurs variétés qui atteignent de grandes dimensions 
et dont les fleurs présentent des coloris brillants, variant 
depuis le blanc presque-pur jusqu'au rouge écarlate. 

T. PEREGMNUM Jacq. Capucine jaune canari, Capucine voyageuse. 
— Espèce originaire du Mexique, dont les tiges, grimpantes, 
peuvent atteindre 3 ou 4 mètres de hauteur, à feuilles 
découpées en 5 ou 7 lobes au lieu d'être entières comme dans les 
espèces précédentes; produisant, dejuilletj'usqu'auxgelées.des 
fleurs petites, jaune pâle, à pélales inférieurs frangés. 

Les Capucines doivent être semées en mars-avril, en place 
ou en pépinière ; dans ce dernier cas, on repique à demeure en 
mai. 

Tubéreuse bleue. — Voy. Agapanthcs umbellatus. 

Tulipa Gesneriana L. Tulipe des jardins. — Au xvi" et au 
xvn e siècle, la Tulipe excita un enthousiasme tel qu'il n'en 
existe peut-être pas d'autre exemple dans les annales de 
l'Horticulture; des bulbes furent payés 10 000 et même 
l.'iOOO francs. Ch. Lemaire raconte qu'à Lille, le propriétaire 
d'une excellente brasserie céda cet établissement, estimé 
30 000 francs, pour un bulbe de Tulipe. 

La Tulipe a donné naissance à un nombre considérable de 
variétés ; on en connaît plus de 1 500 ayant chacune leur nom, 
à fleurs simples, doubles ou pleines, hâtives ou tardives, 
unicolores ou panachées. Les T. simples tardives sont le plus 
généralement appréciées ; elles sont réunies en deux grands 
groupes : les T. flamandes, à fond blanc; les T. bizarres, à 
fond jaune. Leur floraison a lieu en mai. 

Les emplois, la culture et la multiplication des Tulipes 
étant analogues à ceux de la Jacinthe, nous renvoyons le 
lecteur à l'article Hyacinthus, afin d'éviter des répétitions. 

T. suaveolens Roth. T. odorante, T. duc deThol. — Espèce 
de dimensions moindres que la précédente, à fleurs odorantes, 
de couleur rougè cocciné, jaunes à la base et au bord des 
pétales, s'épanouissant en mars-avril. Cette jolie plante à 
floraison hâtive a donné naissance à des variétés à fleurs 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D'ORNEMENT. 



245 



simples, doubles ou pleines, unicolores, jaunes, rouge écarlate, 
blanc rosé, blanc pur ou panachées. 

T. turcica Roth. T. dragonne, T. perroquet, T. flamboyante. — 
Espèce très remarquable par ses grandes (leurs, apétales épais, 
dont les bords sont frangés ou laciniés d'une manière irrégu- 
lière, de couleur uniforme, rouge ou jaune ou panachées, 
bordés ou flammés, soit de l'une de ces nuances, soit de vert 
ou d'orangé. 

Tussilage odorant. — Voy. Nardosmia fragrans. 

Valériane à grosses tiges. — Voy. Centranthus macrosiphon. 

Valériane grecque. — Voy. Polf.monium cœruxeum. 

Valériane rouge. — Voy. Centranthus ruber. 

Verbena Aubletja L. Verveine de Miquclon. — Plante 
annuelle originaire de l'Amérique septentrionale, à tiges 
rameuses, dressées, d'environ 40 centimètres de hauteur, 
terminées par des bouquets de fleurs de couleur rose purpurin 
qui se succèdent abondamment et sans interruption de juin 
jusqu'en octobre. La variété Drummondii a les fleurs violettes. 
Cette jolie plante prospère surtout dans les sols légers el a 
bonne exposition. Semer en place, en mars-avril, ou en pépi- 
nière, pour repiquer en place dès que le plant est muni de 
quelques feuilles. 

V. erinoides Lamk. — Espèce annuelle originaire du Brésil, 
à fleurs d'un rouge violacé. Même culture que la précédente. 

V. tenera Spreng. — Espèce vivace en serre, mais qui peut 
être cultivée comme plante annuelle de plein air, originaire 
du Brésil, à tiges couchées ne dépassant pas 213 centimètres de 
hauteur, à fleurs d'un rose violacé, en bouquets qui s'allon- 
gent peu à peu pour ^former des épis à la fin de la floraison. 
Cette espèce fleurit abondamment de juin à octobre ; sa taille 
peu élevée la rend très propre à former des bordures. La 
variété Mahoneti a les fleurs d'un rose carminé sur lequel se 
détachent des raies blanches disposées en étoile. C'est une 
plante charmante. Culture du V. Aubletia. 

Verveines des jardins, V. hybrides (fig. 168). — Plantes ra- 
vissantes dont l'origine n'est pas très bien connue, mais qui 

14. 






246 



LE JARDIN II AGRÉMENT. 






paraissent avoir été obtenues par le croisement de plusieurs 
• sprces originaires de l'Amérique méridionale [V.chamœilryfolia 
Juss. ; phlogiflora Chain., teucrioides Oi 11. et Hook. et incisa 
Hook.). Il en existe un grand nombre de variétés recherchées 
pour l'ornement des jardins; leurs tiges couchées, d'environ 

2"> centimètres de hauteur, se 
couvrent pendant la belle saison 
de superbes bouquets de fleurs 
à odeur douce, aux coloris les 
plus brillants, variant depuis 
le blanc jusqu'au rouge pourpre 
foncé en passant par le rose, 
le bleu et le violet. Une race 
spéciale, qui porte le nom de 
V. italiennes, comprend des 
variétés panachées très remar- 
quables. 

Les Verveines hybrides ser- 
vent à former de charmantes 




Fie. tes. 



Verveine des jardins. 



corbeilles; on peut les employer aussi en bordures. Elles 
prospèrent surtout dans les sols légers, en situation aérée et 
ensoleillée. Un bon paillis et des arrosements copieux durant, 
les chaleurs favorisent leur développement. La multiplication 
de ces plantes s'obtient au moyen de boutures ou de mar- 
cottes faites pendant l'été et conservées sous châssis pen- 
dant l'hiver, car le semis ne reproduit pas exactement les 
variétés; toutefois, ce dernier moyen de reproduction peut 
être employé lorsqu'on ne dispose pas de châssis ; les 
graines sont alors semées en plein air, mais à bonne exposi- 
tion, en avril-mai, et l'on met en place, lorsque le plant est 
suffisamment développé, en espaçant les pieds d'environ 
25 centimètres. 

Verge d'or. — Voy. Solidago. 

Veronica spicata L. — Plante vivace indigène, d'environ 
30 centimètres de hauteur, à fleurs petites, très nombreuses, 
bleues, blanches ou roses, selon les variétés, et réunies en 



1 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D'ORN'EMEXT. 247 

longs épis. Floraison en juillet-août. Cette espèce est très 
rustique; elle convient à l'ornement des plates-bandes. Multi- 
plication par division des touffes, au printemps. 

V. LONCiFOLiA L. Véronique maritime (fig. 169). — Plante 
vivace originaire de l'Europe et de l'Asie Mineure, pouvant 
atteindre 1 mètre de hauteur, à 
lleurs bleues, en épis longs 
d'environ 20 centimètres, se 
montrant à la même époque 
que celles de l'espèce précé- 
dente. Même culture. 

Y. prostrata L. ( V. Teucrium, 
var. prostrata). V. couchée. — 
Jolie espèce formant des touf- 
fes denses, d'environ 11) centi- 
mètres de hauteur, qui, de mai 
en juin, se couvrentde myriades 
de petites lleurs bleues, roses 
ou blanches selon les variétés. „■ ... 

rig. lo'.l 

La Véronique couchée croit dans 

les sols les plus arides; on en fait des 

Multiplication par division des touffes, au printemps. 

V. speciosa Cunningh. Véronique en arbre. — Arbuste 
superbe, originaire de la Nouvelle-Zélande, de 1 à 2 mètres de 
hauteur, à tiges rameuses portant des feuilles persistantes, 
obovales, épaisses, luisantes et d'un vert foncé, à lleurs petites, 
nombreuses, réunies en épis denses, se succédant du mois 
d'août jusqu'aux gelées, violettes, bleu clair, roses, rouges ou 
blanches, selon les variétés. Cette plante supporte parfois 
nos hivers, lorsque les froids ne sont pas trop rigoureux et lors- 
qu'elle se trouve dans une situation abritée; c'est dire qu'elle 
n'est pas très délicate, et qu'en la relevant à l'automne il est 
facile de la conserver dans un endroit sec, suffisamment 
éclairé, où la température ne s'abaisse pas au delà de quelques 
degrés au-dessous de zéro. Elle est d'une culture extrême- 
ment facile et prospère dans tous les sols et à toutes les expo- 




. — Véronique maritime. 

bordures ravissantes. 



I 



248 LE JARDIN D AGREMENT. 

skions. On la multiplie par le bouturage des jeunes rameaux 
qui s'enracinent rapidement. 

Verveine. — Voy. Verbena. 

Viburnum Opulcs L.,var. sterilis, Boule-de-Neige (lig. 170). 




Fig. 170. — Boule-de-Neige (Viburnum). 

— Arbrisseau de 3 à 4 mètres de hauteur, dont le type sau- 
vage est originaire d'Europe. Comme dans l'Hortensia, la 
culture a fait prendre aux inflorescences un développement con- 
sidérable, les (leurs, devenues toutes stériles, étant beaucoup 
plus grandes que dans le type sauvage. Très répandu dans les 
jardins, dont il est l'un des plus beaux ornements à l'époque 
de sa lloraison qui a lieu en mai-juin, ce superbe arbrisseau 






PLANTES ET ARBRISSEAUX D ORNEMENT. 



249 



s'accommode de tous les terrains, mais prospère surtout 
dans ceux qui sont un peu frais. 

V. macrocephalum Fortune. — Plante originaire de la Chine, 
d'environ 1 mètre de hauteur, buissonnante, donnant des 
inflorescences énormes, beaucoup plus volumineuses que 
celles de la Boulc-de-Neiye ordinaire, comparables à celles de 
l' Hortensia. Cette magnifique espèce prospère surtout dans les 
sols légers et à bonne exposition abritée. 

Vigne vierge. — Voy. Ampélopsis. 

Vinca major L. Grande Pervenche. — Belle plante vivace in- 
digène, à feuilles ovales, persistantes, d'un vert foncé, à tiges 
stériles allongées, rampantes ou grimpantes, à tiges fertiles 
dressées, d'environ 50 centimètres de hauteur, portant, de 
mars en juin, des fleurs assez grandes, bleu pâle ou blanches. 
Il en existe une variété à feuilles panachées. La Grande Per- 
venche convient à orner les parties ombragées, fraîches et 
même humides des jardins. 

V. mlnor L. Petite Pervenche (lîg. 171). — Jol 
rameaux stériles très nom- 
breux, rampants, portant des 
feuilles plus petites que celles 
de l'espèce précédente, à ra- 
meaux fertiles ne dépassant 
pas 20 centimètres de hau- 
teur. La floraison de la Petile 
Pervenche a lieu de mars en 
juin. Cette plante est très 
propre à former des bordures 
et des tapis dans les endroits 
ombragés. Il en existe plu- 
sieurs variétés à Heurs sim- 
ples ou pleines, blanches, vio- 
lacées, rouges, et enfin à feuil- 
les panachées. Cette dernière 
n'est vraiment jolie qu'à la condition d'être cultivée en terrain 
sec, à bonne exposition. 



lie espèce a 




171. — Petite Pervenche. 
( Vinca). 



r-, 



250 



LE JARDIN D AGRÉMENT. 



V. herbacea Waldst. et Kit. — Plante à rameaux couchés, 
radicants, tous fertiles, à feuilles petites, étroites; ses fleurs 
se succèdent d'avril en mai, elles sont d'un bleu foncé. Cette 
espèce peut être cultivée en plein soleil. 

Les Pervenches sont d'une multiplication facile par la sépa- 
ration des rameaux enracinés. 

Viola thicolor L., var. maxima. Pensée. — Relie plante 
que l'on rencontre dans tous les jardins où ses superbes 
Heurs, aux coloris les plus variés, se succèdent pendant toute 
la belle saison. La Pensée à petites fleurs, autrefois très cul- 
tivée, a pour ainsi dire disparu de nos parterres, où elle a fait 
place à une autre race dont les fleurs sont beaucoup plus 
amples et d'autant plus estimées que leur contour est plus 
régulier, leurs coloris vifs et tranchés, qu'elles sont munies 
d'un masque bien marqué et se tiennent bien droites. 

Il existe un grand nombre de variétés de Pensées dont les 
coloris varient du blanc au jaune et au violet foncé presque 
noir en passant par le bleu pâle, avec des tons intermédiaires 
très nombreux, purpurins, lilacés, cuivrés, etc.; il en est 
d'unicolores, de panachées, marbrées, striées. Dans une race 
appelée Pensées à grandes macules, le masque a pris un très 
grand développement. 

Les Pensées unicolores sont celles qui se reproduisent le 
plus exactement par le semis; on peut, en les associant avec 
goût, en composer des corbeilles superbes. 

Pour reproduire les variétés de choix, il est nécessaire, soit 
de séparer à l'automne les jeunes tiges munies de racines que 
produisent les vieilles touffes, soit de bouturer des rameaux à 
la fin de l'été. Les plantes ainsi obtenues doivent être mises 
en place avant l'hiver. 

La meilleure époque pour effectuer les semis est de juillet en 
août; on les fait en pépinière, à bonne exposition et en terre 
meuble et bien substantielle; on repique le plant dès qu'il est 
muni de quelques feuilles, puis on le met en place en l'arra- 
chant en motte, à l'automne ou au printemps, en ménageant 
un espacement d'environ 30 centimètres entre les pieds. 



1 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D'ORNEMENT. 231 

Pour obtenir des plantes plus parfaites, on recommande de 
ne semer que les graines qui mûrissent les premières, parce 
que les fleurs qui s'épanouissent au commencement de la sai- 
son sont toujours plus grandes et de coloris plus vifs que 
celles qui sont produites lorsque la floraison est plus abon- 
dante. 

La Pensée donne des Heurs d'autant plus belles qu'elle est 
cultivée dans un sol plus riche en engrais; elle prospère 
cependant dans tous les terrains et à toutes les expositions; 
les sols arides ou humides à l'excès et les situations très 
ombragées lui sont, seuls, défavorables. 

V. odorata L. Violette odorante. - Charmante plante vivace 
indigène, à tiges rampantes, dontles Heurs, agréablement par- 
fumées, simples ou doubles, violettes, blanches ou roses, 
s'épanouissent en mars-avril. La Violette odorante a donné 
naissance a un certain nombre de races très intéressantes qui 
sont : 1° la V. des quatre savons, à fleurs un peu plus grandes 
et plus odorantes que dans le type primitif, se succédant depuis 
septembre jusqu'en mai, excepté durant les grands froids qui 
empêchent leur épanouissement. Il en existe plusieurs va- 
riétés à fleurs simples ou pleines, violettes, blanches ou rou- 
geâtres; 2° la V. de Parme, race plus délicate, à fleurs grandes, 
pleines, d'un bleu très pâle, longuement pédonculées, a 
odeur caractéristique. 

La Violette prospère surtout dans les sols meubles et frais 
à une exposition mi-ombragée; la V. des quatre saisons est un 
peu plus délicate que la Violette odorante ordinaire ; la V. de 
Parme ne réussit bien qu'à la condition d'être cultivée en ter- 
rain léger, à très bonne exposition. Il est même nécessaire, 
sous le climat de Paris, d'en couvrir les toulfes de paille ou de 
feuilles sèches pendant l'hiver, ou mieux, de l'abriter sous 
châssis. Multiplication par division des toulfes après la 
floraison. 

Violette. — Voy. Viola odorata. 

Violette des Alpes. — Voy. Cyclamen. 

Violette marine. — Voy. Cahpanula Médium. 



252 



LE JARDIN D AGREMENT. 



Viscaria. — Voy. Ltcbnis. 

Volubilis. — Voy. Pharbitis. 

Weigela. — Voy. Diervilla. 

Wistaria chinensis DC. Glycine (fig. 172). — Liane 
superbe, à rameaux volubiles, pouvant atteindre de très gran- 
des dimensions, à feuilles composées de plusieurs folioles 
d'un vert pâle, donnant en avril-mai un nombre considérable 




liljcine ( Wistaria), 



de belles Heurs réunies en longues grappes pendantes d'un 
très bel effet. Une seconde floraison a souvent lieu à l'automne. 
Il en existe une variété à fleurs blanches et une à Heurs 
doubles. Lorsque cette plante acquiert des dimensions telles 
qu'il est nécessaire de la soumettre à la taille, on doit ne cou- 
per que les pousses d'un an. Les fleurs ne se développent que 






f 



PLANTES ET ARBRISSEAUX D'ORNEMENT. 253 

sur les rameaux de trois ou quatre ans, et il est par consé- 
quent nécessaire de ménager le vieux bois. La Glycine est 
très rustique; elle prospère surtout dans les sols légers, mais 
fertiles, et à bonne exposition. 

Le W. frutescens DC. et ses variétés sont aussi de fort 
belles plantes. 

Xeranthemum a.nnuum L. Immortelle annuelle (fig. 173). _ 
Jolie plante annuelle originaire de l'Europe méridionale, de 
50 centimètres de hauteur, à Heurs 
réunies en capitules nombreux, 
munis de nombreuses écailles sca- 
rieuses, blanches ou rose violacé, 
selon les variétés, conservant long- 
temps leur couleur, même après 
avoir été coupés et mis en bou- 
quets. Semer en mars-avril, en 
place, en terrain meuble et à bonne 
exposition. 

Yucca. — Connus impropre- 
ment sous le nom d'Aloès. Plantes 
remarquables par la beauté de 
leur port, leur feuillage toujours 
vert et par leurs grandes Meurs d'un 
blanc pur, réunies eu énormes inflorescences de 1 mètre et 
même plus de hauteur. Les Yuccas prospèrent surtout dans les 
sols légers; ils produisent un très bel effet lorsqu'ils sont 
plantés en groupes isolés sur les pelouses. On peut les cul- 
tiver à n'importe quelle exposition, pourvu qu'elle soit aérée. 
Le Y. flaccida Carr. et surtout le Y. filamentosa L., de 
LAmérique septentrionale, sont les espèces qui, parmi les 
plus répandues dans les jardins, résistent le mieux à nos 
hivers. 

Le Y. gloriosa L. et ses variétés sont un peu plus délicats. 

Zea Mays L., variegata. Maïs à feuilles panachées. — Belle 

plante annuelle, à feuillage ornemental largement rubané de 

blanc sur fond vert. Le Mais panaché atteint L m ,50 et même 

D. Bois. — Le petit, jardin, 2' édit. \;, 




'&smTj 



173. — Immortelle anuuelle 

(Xeranthemmn). 



254 



LE JARDIN D AGRÉMENT. 



plus de hauteur. Semer en pleine terre, en mai, à très bonne 
exposition, et mettre en place, en sol humeux, dès que le 
plant a quelques feuilles. Cette plante exige des arrosements 
copieux pour atteindre tout son développement. 
Zinnia elegans Jacq. Zinnia (fig. 174). — Superbe plante 

annuelle, originaire du Mexique, 
de 50 à 75 centimètres de hau- 
teur, remarquable par l'abon- 
dance, la beauté et la durée 
de ses fleurs (capitules), qui se 
succèdent de juin en octobre. Il 
existe un grand nombre de 
variétés présentant les coloris 
les plus variés, parmi lesquels 
le blanc, le jaune, le chamois, 
l'orangé, le cocciné, le pourpre, 
le rose, le violet, etc. Les Zin- 
nias à fleurs doubles peuvent 
être mis au rang des plus belles 
plantes de nos jardins ; il en est des variétés dont les fleurs 
atteignent jusqu'à 8 centimètres de diamètre. Une terre 
meuble, fraîche sans être trop humide, et une exposition 
aérée plaisent particulièrement aux Zinnias. Semer en avril- 
mai, en pépinière, à bonne exposition et en terre légère, 
repiquer en pépinière dès que le plant a quelques feuilles, et 
mettre en place en mai, en arrachant les pieds en mottes et 
en ménageant entre eux un espacement de 50 centimètres. 




Fig. 174. 



Zinnia ù fleurs doubles. 



I 



CHAPITRE IV 

LES PETITS ARBRES, ARBRISSEAUX ET PLANTES 
D'ORNEMENT D'APRÈS LEUR DESTINATION 

1° Arbres et arbrisseaux cultivés pour leurs fleurs. 



Althéa en arbre, voy. Hibiscus. 
Amandier nain, voy. Amygdalus. 



Aubépine, voy. Cratsegus. 
Bois-Joli, voy. Daphne. 



PETITS ARBRES, ARBRISSEAUX ET PLANTES D'ORNEMENT. 25a 



Boule-de-Neic.e, voy. Viburnum. 

Cbanothus. 

Cerisier à fleurs doubles, voy. 

Cerasus. 
Cognassier du Japon, voy. Clur- 

nomeles. 
Corchorus, voy. Kerria. 
Cytise, voy. Cytisus. 
Deutzià. 

Faux-Pistachier, voy. Staphylea. 
Forsythia. 

Genêt d'Espagne, voy. Spartiurn. 
Groseilliers, voy. Hibes. 



Hortensia, voy. llydrangea. 

Lilas, voy. Syringa. 

Maiionia. 

Pêchers à Meurs doubles, voy. 

Persica. 
Pommiers d'ornement, voy. Malus. 

PhUNOB TRH.OBA. 

Rhododendron. 

Kosiers. 

Seringat, voy. Philadelphie. 
Si'irkks, voy. Spirsea. 
YVeigela, voy. Diervilla. 



2° Arbres et arbrisseaux cultivés pour leurs fruits persistant 
pendant l'hiver. 



Buisson ardent, voy. Cralœgus 

Pyracantfia. 
Cotoneaster micro phy lia et ro- 

tundifolia. 



Herbe aux Gueux, voy. Clematit 

Vitalba. 
Houx. voy. liez Aquifolium. 

Svmi'iiohine, voy. Sympboricar- 
/ios racemosus. 



3° Petits arbres et arbrisseaux à feuilles persistantes. 



Al CUBA. 

Buis, voy. liuxus. 

Fusain do Japon, voy. Evony- 

IIIUS. 

Houx, voy. Ite.c. 



Laurier- Ckrise, voy. Cerasut 

Lauroeerasus. 
Lierre, voy. Heilera. 
Thuya. 
Troènes, voy. Ligustrum. 



4° Plantes grimpantes. 



Aristoloche, voy. Aristotoc/tia. 

Capucink.s, voy. Tropmolwn. 

Chêvhei-euille, voy. Lonieevu. 

Clématites, voy. Çlematïs. 

Cor.ea. 

Fleur de la Passion, voy. Passi- 

/lura. 
Glycine, voy. Wistaria. 
Gourde pèlerine, voy. Làgenaria. 
Haricot d'Espagne, v. Phuseolus. 
Houblon, voy. Bumulun. 



Jasmin, voy. Jnsminum officinale. 
Jasmin de Virginie, voy. Tecoma. 
Lierre, voy. Hedera. 
Liseron (Petit), à fleurs pleines, 

voy. Calyslegia. 
Pois de senteuh, voy. Lathyrue 

odoralus. 
Pois vivace, voy. Lathyrus lati- 

folius. 
Vignk-vieroe, voy. Ampélopsis. 
Volubilis, voy. Pharbitis. 



256 



LE JARDIN D AGRÉMENT. 



5° Plantes aquatiques. 



Al'ONOGBTON. 

Jono FLEURI, voy. liutomus. 
Myosotis palustims. 
Nénuphar, voy. Xymp/ixa. 



PoNTEDERIA COHDATA. 

Sagittaires, voy. Sagiltaria. 
Souci d'eau, voy. Caltha. 
Thèflb h'eau, voy. Menyantlies. 



i 



CHAPITRE V 

COMPOSITION DE CORBEILLES ET DE MASSIFS POUR 
LES DIVERSES SAISONS DE L'ANNÉE 

Fin de l'Hiver | Février-Mars . — Quelques Heurs commencent 
à s'épanouir dans les parterres. Certaines espèces comme les 
Hellébores, les Violettes, V Héliotrope d'hiver, ornent depuis 
quelque temps les plates-bandes ; il en est d'aulres qui, à cette 
époque, se prêtent très bien à la formation de petites cor- 
beilles et qui produisent un agréable effel lorsqu'elles sont 
convenablement associées au double point de vue de la taille 
et des couleurs ; de ce nombre sont : Le Crocus rouge (Bulbn- 
codium), VHelléborine (Eranthis), le Perce-Neige (Galanthus), 
la Nivéole de printemps (Leucoium), les Safrans printaniers 
(Crocus), la Scille de Sibérie et la Soille à deux feuilles. 

Printemps. — Le nombre des plantes qui fleurissent au 
printemps est assez considérable, et, si l'on a le soin de faire 
des plantations à l'automne, on peut avoir, dans cette saison, 
des plates-bandes et des corbeilles assez bien garnies, qui 
charmeront les regards jusqu'au mois de juin, époque à 
laquelle les plantes àlloraisou estivale se montrerontàleurtour. 

On peut former de charmantes corbeilles avec des Pensées, 
en mélange ou par couleurs séparées, avec le Myosotis des 
Alpes, bleu et blanc, les diverses variétés de Pâquerettes à 
fleurs doubles, de Silène pendant, de Primevères, de Giroflée 
jaune, de liarkhausia, de Saponaire de Calabre, etc. 

Les Anémones, Jacinthes, Renoncules, Tulipes concourent 
aussi, pour une large part, à la garniture printanière des 
jardins; malheureusement, elles ont le défaut d'occuper le 



COMPOSITION DE CORBEILLES ET DE MASSIFS. 2;i7 

terrain assez longtemps après leur floraison, car il ne faut les 
arracher que lorsque leurs bulbes ou tubercules sont parvenus 
à complète maturité. 

Citons encore V Arabelte des Alpes, VAubriètia, Vlris nain et 
ses variétés, la Corbeille d'Or (Alyssum), la Corbeille d'Argent 
(Iberis), le Doronic du Caucase, la Saxifrage de Sibérie, etc., qui 
se transplantent facilement et qui sont de charmantes plantes. 

Parmi les arbrisseaux, le Bois-Joli (Daphne), le Chimonanthus, 
le Rhododendron dahuricum, les Forsythia, le Magnolia Yulan, 
les Ribes montrent les premiers leurs fleurs et sont bientôt 
suivis par- les Lilas, certaines Spirécs, le Prunus triloba, les 
Pêchers de Chine, les Pivoines en arbre, les Pommiers baccifères, 
le Kerria, les Weigela. 

Été. — La composition des corbeilles et des massifs n'est 
pas toujours chose facile. Ceux qui ne sont plantés que 
d'une seule espèce ou d'une seule variété ont bien leur 
mérite, mais il est rare qu'on s'en tienne à ceux-là seulement, 
et, pour obtenir de la variété, certaines personnes en arrivent 
à faire les associations les plus bizarres et du plus mauvais 
goût. Lorsqu'on veut planter une corbeille multicolore, il faut 
non seulement se rendre bien compte de la taille que doit 
atteindre chaque sorte de plante, afin de mettre au centre les 
plus grandes que borderont les plus basses, mais il faut 
aussi associer judicieusement les couleurs pour obtenir les 
plus gracieux elTets en tenant compte de la loi du contraste 
simultané des couleurs dont les principes ont été posés par 
Chevreul. C'est ainsi que le bleu s'associe très bien avec 
l'orangé : plus le bleu sera foncé, plus l'orangé devra se rap- 
procher du jaune. Cette dernière couleur s'harmonise par- 
faitement avec le violet. 

Le rouge avec le vert pâle, le rose avec le vert .foncé pro- 
duisent également le meilleur effet. 

Le blanc peut être employé avec n'importe quelle couleur. 
Il est indispensable de faire porter son choix sur des plantes 
a (loraison simultanée, de ne pas planter à l'ombre des plantes 
qui exigent une exposition ensoleillée et vice versa. 






288 



LE JARDIN D'AGRÉMENT. 



I 



Nous donnons ci-dessous des listes de plantes classées par 
taille, les unes propres à occuper le centre des corbeilles, les 
autres convenant surtout à former des bordures. Il en existe 
un bon nombre, parmi ces dernières, que l'on pourrait 
associer pour composer de petites corbeilles : elles forment 
d'excellentes bordures pour des plantes plus hautes qu'elles, 
mais elles pourraient également occuper le centre de cor- 
beilles bordées par d'autres plus naines. De ce nombre sont 
les Géraniums, les Bégonias, les Héliotropes, les Verveines, les 
Coléus, etc. 

Grandes plantes. — Cannas, Dahlias, Maïs panaché, Per- 
sicaire d'Orient, Ricin, Soleils (Helianthus), Tabac. 

Plantes de taille moyenne. — Agératum, Anthémis (Chry- 
santhèmes frutescents), Balsamine, Bégonias tubéreux, B. sem- 
perflwens, Calcéolaire, Chrysanthèmes annuels (Ch. carinatum 
et eoronarium) , Chrysanthèmes d'automne, Crête de coq, 
Dahlia blanc nain, Digitale, Doronic, Fuchsias, Géranium 
{Pelargonium) nombreuses variétés, Giroflée Quarantaine, 
Giroflée jaune, Gaura, Héliotrope, Mufliers {Antirrhinum), 
Œillet des fleuristes, Œillet de poète, Œillet d'Inde, Pétunia, 
Phlox de Drummond, Reine-Marguerite, Rose d'Inde, Sca- 
bieuse. Tulipes, Véronique ligneuse, Zinnias, etc., elc. 

Plantes pour bordcres ou pour petites corbeilles. — Agé- 
ratum nain, Alysse odorant, Arabette des Alpes, Aspérule 
odorante, Aubriétie, Beyonia semperflorens blanc et rose, 
Belle-de-Jour (Convolvulus tricolor), Buis, Campanule des 
monts Carpalhes, Coléus, Coréopsis de Drummond, Cinéraire 
maritime, Cynoglosse printanière, Gazon d'Olympe (Armeria), 
Géraniums nains, G. à feuilles panachées, G. Lierre, Hélio- 
trope, Helléborine, Hépatique, Iris nains, Iberis, Joubarbes, 
Julienne de Mahon, Lamier taché, Lobélias, Mimules, Myosotis, 
Némophile, Œillet d'Inde nain, Œillet Mignardise, Pâque- 
rettes, Pensée, Phlox subulé, P. prinlanier, Pélunia, Pourpier 
à grandes fleurs, Pyrèthre doré, Primevères, Pyrèthre de 
Tchihatcheff, Reine-Marguerite naine, Saxifrages, Safrans, 
Scille de Sibérie, Silène pendant, Tagète mouchetée naine, 



COMPOSITION DE CORBEILLES ET DE MASSIFS. 259 

Santoline, Thym, Véronique couchée, Verveines hybrides, 
Violette, etc., etc. 

Automne. — Lorsque les premiers abaissement de la tem- 
pérature ont détruit les massifs de Géraniums et autres plantes 
sensibles à la gelée, il ne reste plus dans les parterres que les 
Chrysanthèmes d'automne, dont certaines variétés résistent 
même à — 5°, et permettent par conséquent de prolonger 
sensiblement la durée de l'ornementation des jardins. Nous 
donnons ci-dessous quelques exemples de composition de 
corbeilles qui ont été mis sous les yeux du public par le 
Jardin des plantes de Paris (1), qui a montré tout le parti que 
l'on peut tirer de ces superbes plantes. L'emploi des Chry- 
santhèmes en corbeilles est d'autant plus facile que ces plantes 
peuvent être transplantées alors même qu'elles commencent à 
fleurir, à la condition de les arracher en motte. 



l le saison ) 

(septembre-octobre). ) 



Madame Castex Desgranges. 



2 e saison 
(octobrei. 



Souvenir du directeur Hardy. 
i Sœur Mélanie. 
' Deuil du président Carnot. 
I Deuil de Thiers. 
' Samson. 
Président Grévy. 
La variété Président Grévy, de très bonne tenue et de taille 
moyenne, peut être employée seule, sans bordure. 



3 e saison 
(novembre). 



I Mquiqui. 

) Julia Lagravère. 

i Marguerite. 

{ Mont d'Or. 



Chacune de ces variétés peut être employée seule. Les 
deux premières peuvent aussi être bordées de Mont d'Or. Ce 
dernier fait à lui seul de ravissantes corbeilles. Il se tient fort 
bien et sa taille réduite permet de l'employer dans une foule 
de combinaisons. C'est une variété extrêmement recomman- 
dable sous ce rapport. 

(I) Cet établissement expose chaque année dans ses plates-bandes 
plus de 1000 variétés nommées de Chrysanthèmes. 



TROISIÈME PARTIE 
LE POTAGER FRUITIER 



CHAPITRE I 
LA DISPOSITION DU POTAGER FRUITIER 

-D est très utile que Je Potager fruitier soit clos de murs 
surtout au nord, à l'est et à l'ouest. Les murs n'ont pas Tel'- 
lement pour objet de garantir les cultures contre les dépré- 
dations ; ,1s constituent un excellent abri contre les veii s 
froids ou violents, toujours si préjudiciables, et permetten 

o°b te': n a i C a ,r f e t deS "*?" ^ **"*' ^^M pou 

obtenir la parfaite matunté de certains fruits 

J-es murs doivent avoir de 2 à 3 mètres de hauteur ; il 
est utile qu ils soient crépis, de manière à ne pas offrir d'abri 
aux.nsectes, et munis au sommet d'un charron d'au a, 
P us large que les murs sont plus élevés, afin que les eaux 

uv.ales se trouvent rejetées à une oertaine distance du 
pied des arbres plantes au-dessous. Il est nécessaire que les 
matériaux de construction permettent d'enfoncer facilement 
des clous dans les murs; dans le cas contraire, on doit en 
revêtir la surface de treillages en bois.de lattes ou de fils de 
fer permettant d'attacher les branches des arbres, pour les 
maintenir dans la position qu'on veut leur faire prendre 

On ménage au pied des murs une plate-bande large de 
2 mètres, le long de ceux qui regardent le sud et l'est, de 
1 , 50 au pied de ceux exposés à l'ouest, et de 1 mètre seule- 
ment .a 1 exposition du nord, de manière à avoir des espaces 

la\u. r tr.v aUt r n ! PlUS grandS qU ' ilS S0 ' U P' US favorab ^ » 
la culture (Voy. Cotières, p. 10). 

Les murs exposés à I'est seront garnis d'espaliers de Pêchers, 



DISPOSITION DU POTAGER FRUITIER. 



261 



de Vignes et d' Abricotiers ; ceux du sud-est et du sud, de 
Pêchers et Vignes; ceux du sud-ouest, de Pêchers, de Vignes et 
d'Abricotiers ; ceux de I'ouest, de Poiriers, Pruniers, Cerisiers ; 
ceux du nord-ouest et du nord, de Poiriers, Pommiers, Pruniers; 
ceux du nord-est de Poiriers, Cerisiers, Pruniers, Abricotiers. 

Une allée de ceinture, assez large, parallèle aux murs, dé- 
limitera le reste du jardin qui devra être divisé en carrés ou 
en rectangles plus ou moins nombreux, proportionnellement 
à sa l'orme et à sa grandeur, par des allées longitudinales et 
transversales, bordées de plates-bandes larges de 2 mètres. 
Ces plates-bandes- sont destinées à recevoir, au centre, des 
contre-espaliers ou des arbres fruitiers plantés à une distance 
suffisante les uns des autres pour que l'air et la lumière 
puissent circuler autour d'eux, et aussi de manière que 
l'ombre qu'ils projetteront soit le moins possible préjudiciable 
aux cultures environnantes. Elles peuvent être bordées par 
des Pommiers en cordons horizonlaux, et, si on le préfère, 
servir à la culture de plantes d'ornement. 
■ Les carrés ou rectangles intérieurs seront réservés à la cul- 
ture des plantes potagères ; ils devront à cet effet être divisés 
à leur tour en planches larges de i m , 40 au plus, selon le 
genre de plantes qu'on aura à y cultiver ; ces planches de- 
vront préférablement être dirigées de l'est à l'ouest, 

Un emplacement sera ménagé pour faire les semis et les 
repiquages, en pépinière, de plantes ornementales; un autre, 
placé le plus loin possible de la maison d'habitation, sera des- 
tiné à recevoir les engrais jusqu'au moment de leur utilisation : 
on le dissimulera avec soin par des plantations d'arbrisseaux 
touffus et suffisamment élevés. 

Nous ne saurions trop recommander aux amateurs de faire 
avec le plus grand soin le choix des variétés d'arbres fruitiers 
lorsqu'ils désirent faire des plantations. Telle sorte, qui donne 
d'excellents produits dans une région, peut n'en donner que 
de médiocres dans une autre ; la nature du sol, l'exposition 
ont aussi une très grande influence. De même que des plantes 
vigoureuses plantées dans un sol fertile poussent à bois sans 



15. 



262 



LE JARDIN FRUITIER. 



donner de fruits, de même des arbres à végélation lente 
s'épuiseraient rapidement dans un terrain de mauvaise qua- 
lité. En tenant compte de ce qui précède, le choix devra por- 
ter en outre sur des variétés d'un mérite reconnu, à époques 
de maturité différentes, de manière à être pourvu de fruits 
pendant un temps le plus long possible, car rien n'est plus 
désagréable que d'avoir pendant un moment des fruits en telle 
quantité qu'on ne sait comment les utiliser et d'en manquer 
complètement ensuite. 

Les engrais à décomposition lente, comme les gadoues ou 
boues de villes, sont nécessaires aux arbres fruitiers ; dans les 
terres légères, on emploie de préférence le fumier de vache; 
le fumier ordinaire pailleux convient aux sols argileux et 
compacts; des binages répétés et un bon paillis favorisent 
également leur végétation. 

Sous prétexte de bon marché, il ne faut pas acheter des 
arbres qui ne présenteraient aucune garantie de détermina- 
tion, car ce n'est qu'après plusieurs années de culture que le 
contrôle devient possible, et les échecs sont d'autant plus 
désagréables qu'il faut un temps très long pour les réparer. Les 
arbres destinés aux plantations doivent n'avoir qu'un an de 
greffe, et il est indispensable qu'ils soient parfaitement sains 
et bien nommés. 



CHAPITRE II 
LA TAILLE DES ARBRES FRUITIERS 

La taille des arbres fruitiers a pour but de faire prendre 
aux arbres une forme symétrique qui permet de les cultiver 
dans un emplacement ou dans des conditions déterminées, de 
manière à utiliser le mieux possible l'espace dont on dispose; 
elle permet en outre d'obtenir une fructification égale et des 
fruits d'un volume moyen en déterminant la production régu- 
lière d'un nombre de rameaux à Heurs tel qu'il n'y ait pas 
une année de surproduction avec des fruits médiocres suivie 



TAILLE DES ARBRES FRUITIERS. 



263 



d'une année de non-production, comme c'est le cas pour les 
arbres abandonnés à eux-mêmes. 

La première condition pour tailler des arbres fruitiers est 
de savoir distinguer les boutons à bois des boutons à fleurs. 

Les boutons à bois sont étroits et pointus, contrairement aux 
boutons à fleurs qui sont renflés et ovoïdes. 

Dans le Poirier, les boutons à fleurs sont généralement 
placés sur de petites brandies, courtes, épaisses, peu consis- 
tantes, à peau ridée, nommées lambourdes (Voy. tig. 123). 

La sève circule d'autant plus facilement dans une branche que 
celle-ci a une position plus verticale. On peut donc, grâce à ce prin- 
cipe, amoindrir ou augmenter la vigueur de certaines parties 
d'un arbre en les courbant ou en les dressant. Une branche 
dans laquelle la sève circule facilement émet des rameaux à 
bois ; au contraire, si la circulation de la sève est contrariée, si 
la végétation se trouve ralentie par une cause quelconque, ce 
sont des rameaux à fruit que l'on obtient. 

On rétablit également l'équilibre entre les diverses parties 
d'un arbre en taillant court les rameaux des parties les plus 
vigoureuses et en taillant long ceux des parlies faibles. Les 
rameaux taillés court émettent des pousses vigoureuses très peu 
fructifères; les rameaux taillés long donnent des pousses peu 
vigoureuses et très fructifères. 

Dans un arbre fruitier (Poirier), on considère : 

1° La tige, partie centrale terminée à la base par les racines, 
au sommet par la /lèche, et dont la partie qui se trouve le plus 
rapprochée des racines porle le nom de collet: 

2° Les bray\ches latérales, qui portent généralement les 
productions fruitières; leur disposition sur la tige doit être 
régulière, de manière que l'équilibre de l'arbre soit bien 
établi ; 

3° Les rameaux sont les ramifications des branches laté- 
rales; ils sont le résultat des pousses ou scions de l'année pré- 
cédente. Lorsque l'arbre pousse régulièrement, c'est sur eux 
qu'on pratique la taille. Les rameaux anticipés sont le produit 
d'yeux qui se sont développés l'année même de leur for- 



.264 



LE JARDIN FRUITIER. 



mation; ils prennent donc toujours naissance sur les 
rameaux. Ils peuvent être provoqués par un pincement ou se 
développer naturellement. Les rameaux el les rameaux anti- 
cipés se trouvent garnis d'yeux à leur extrémité ; 

4° Vœil ou bourgeon est l'élément de toute production II 
ex.ste sur tous les arbres et sur toutes leurs parties à différents 
états; selon les espèces, il peut exister longtemps sans se 
développer, ou il se développe promptement. 

La pousse de l'année ou scion est destinée à donner le bois 
ouïe fruit, suivant les circonstances. 

L'œil affecte deux formes : il est conique lorsqu'il termine 
le rameau, ,1 prend alors le nom de terminal; aplati quand 
. il se trouve à la circonférence, il se nomme alors latéral. A la 
base de chaque œil et de chaque rameau, il existe deux yeux 
supplémentaires ou sous-yeux, très petits, placés un de chaque 
côté, ne se développant ordinairement que lorsqu'un accident 
est arrivé à l'œil principal ou que celui-ci est mal conformé • 
les scions qu, en proviennent sont moins vigoureux que ceux 
produits par ce dernier. 

Les yeux occupent quatre positions qu'il est utile de dis 
tinguer: devant et derrière, suivant qu'ils font face ou non à 
l'observateur; dessus et dessous, selon leur position sur la 
branche ; 

5° Les yeux latents. Ces yeux, peu apparents, ne se trouvent ' 
que sur le vieux bois ; ils restent inactifs quelquefois pendant 
plusieurs années et ne se développent qu'après une taille 
faite au-dessus d'eux ou par suite de l'affaiblissement de 
1 extrémité d'une branche. 

Ces sortes d'yeux sont d'une grande ressource pour recons 
tituer les parties dénudées des arbres fruitiers ■ 

6» Le gourmand est un rameau qui a pris un accroissement 
en disproportion avec ceux qui l'avoisinent. On le reconnaît à 
ses dimensions; les yeux situés près de la base des rameaux 
gourmands sont très petits et éloignés les uns des autres'- 
ceux de la partie supérieure, au contraire, sont gros et soutire' 
développés en faux rameaux. Le gourmand naît sur la ve°nt 



TAILLE DES ARBRES FRUITIERS. 



26a 



sur le dessus des branches près des coudes, là 
où la circulation de la sève est ralentie; il pré- 
sente un assez fort empâtement dès sa nais- 
sance. Par suite de cette position, il tend à 
prendre de la force au préjudice des autres 
branches et à détruire l'équilibre de l'arbre. 

On prévient les désordres que les gourmands 
peuvent occasionner par le pincement, qu'il 
est quelquefois nécessaire de répéter, afin de 
maîtriser leur vigueur. On ne doit pas en 
rencontrer sur les arbres bien soignés ; 

7° La brindille (flg. 173) est un petit rameau 
grêle, allongé, flexible, ayant de m ,10à m ,15 
de longueur, dont les yeux sont petits. On la 
trouve sur toutes les parties des branches; 
elle a peu de disposition à pousser fortement 
et est une des premières ressources, pour la 
fructification; on la conserve donc sur les 
arbres jeunes et vigoureux jusqu'à ce que les 
productions fruitières soient abondantes. On 
la met facilement à fruit en l'arquant et en 
éborgnant l'oeil terminal. Si celui-ci a pris le 
caractère d'un bouton à fruit, on le conserve 
et l'on n'arque pas. Sur les arbres fertiles, il 
n'est pas nécessaire de la laisser, à moins 
qu'elle ne soit dans un vide; alors on la taille 
à deux yeux pour eu former une branche à 
fruits ; 

8° Le dard est un petit rameau ayant de 1 à 
8 centimètres de longueur, placé à angle 
droit sur les branches, le plus ordinairement 
terminé par un œil conique, mais qui finit 
par s'arrondir pour prendre les caractères 
d'un bouton à fruit. Rarement il acquiert 
un grand accroissement; aussi ne le taille-t-on 
pas. Il lui faut plusieurs années pour donner Fig - 



175. — brindille. 



266 



LE JARDIN FRUITIER. 






da fruit. La première année, ce n'est qu'un œil un peu allongé, 
qui, au lieu de se développer en bourgeon, reste stationnaire' 
accompagné de trois feuilles. La deuxième année, l'œil, déjà 

plus volumineux et plus 
rond qu'un œil à bois or- 
dinaire, s'allonge un peu 
et se vide circulairement ; 
il est accompagné de qua- 
tre ou cinq feuilles. Les 
années suivantes, le petit 
dard continue à grandir 
un peu et l'œil se trans- 
lorme en bouton au milieu 
d'une rosette de cinq ou six 
feuilles. C'est un des orga- 
nes principauxpourla fruc- 
tification ; on ne le sup- 
prime donc pas, à moins 
qu'il n'y en ait plusieurs sur 
le même poinL : il est d'ail- 
leurs peu abondant surles 
jeunes arbres. II arrive 
parfois que, sur des arbres 
féconds, le petit dard se 
mette à fruit l'année même 
où il se développe; 

9° Le bouton à fleur est 
destiné à donner le fruit. 
Dans les arbres à fruits à 
pépins, il se trouve sur le 
vieux bois ; ce n'est que 

Fig. 176. — Coursoone porlant des lambourdes, lorsque l'espèce est très fer- 
tile que le jeune bois en 
porte. L'époque à laquelle on commence à apercevoir les bou- 
tons à fleurs est le mois d'août; 

10° La lambourde (Rg. 176) est le dard terminé par un bouton; 




TAILLE DES ARBRES FRUITIERS. 



267 



11° La bourse est Je point où étaient attachés les fruits ou les 
fleurs. C'est un organe essentiellement fertile qui tend cons- 
tamment à donner des fruits, quoiqu'on puisse cependant lui 
faire donner du bois au besoin; 

12° La branche à fruit ou coursonne [Courson) (flg. 170), dans 
le Poirier, est ordinairement âgée de plusieurs années et les 
diverses opérations de la taille doivent avoir pour but d'en favo- 
riser le développement en les répartissant aussi égalementque 
possible sur les branches de charpente, car ce sont elles qui 
constituent la partie fructifiante des arbres; elle doit être 
tenue aussi courle que possible; néanmoins, il est quelques 
espèces chez lesquelles sa longueur varie de m ,10 à m ,20. 
Son caractère principal est d'être garnie de lambourdes, de 
bourses, de boutons à fruits, avec de petits dards et quelquefois 
de petites brindilles. Une branche de cette nature, une fois 
qu'elle a donné du fruit, en donne toujours, sauf les accidents 
de saison. Elle doit être ménagée et ne pas produire trop 
abondamment, autrement elle s'épuiserait promptemenl. 

Les fruits à noyau naissent sur les rameaux développés 
l'année précédente et qui, après avoir fructifié, deviennent par 
ce fait à jamais stériles; aussi est-il nécessaire de soumettre les 
arbres à fruits à noyau à un mode de taille qui assure chaque 
année le renouvellement des rameaux fructifères (1). 

Les rameaux ou scions abandonnés à eux-mêmes ne tarde- 
raient pas à se convertir en gourmands; la sève se portant 
vers leur sommet, pour en déterminer l'élongation, ferait que 
les yeux situés à leur hase ne produiraient que du bois. Il 
faut les pincer, les casser ou les tailler au vert pour faire trans- 
former ces yeux en dards. Ces diverses opérations ont une 
très grande importance ; elles se pratiquent pendant le cours 
de la végétation, c'est-à-dire de (in avril en août. 

Vébouryeonnement a pour but de supprimer tous les scions 
inutiles afin de favoriser le développement de ceux que l'on 



[t) Ce tableau des parties consécutives des arbres est extrait en 
partie du Traité de la taille des arbres fruitiers par J.-A. Hardy. • 






268 



LE JARDIN FRUITIER. 



conserve. Cette opération se fait également pendant le cours 
de la végétation. 

Lorsqu'un arbre porte un trop grand nombre de fruits, il 
est nécessaire d'en supprimer, alors qu'ils sont encore peu dé- 
veloppés; sans cela ils se nuiraient réciproquement et n'attein- 
draient qu'un volume médiocre. 

Lorsque les arbres sont trop vigoureux et qu'ils ne peuvent 
être mis à fruit, on peut ralentir leur végétation et les rendre 
par conséquent fertiles en enlevant en partie la terre qui 
recouvre les racines principales qu'on. laisse exposées à l'air. 
L'écorce du tronc et des branches principales des vieux 
arbres doit être grattée et nettoyée, pour faire disparaître les 
parasites qui s'y sont établis et les plaques fendillées qui ne 
servent qu'à abriter les insectes, leurs œufs et les spores des 
cryptogames. Après cette opération, que l'on exécute pendant 
l'hiver, on la badigeonne avec un lait de chaux. 

CHAPITRE III 
LES FORMES DES ARBRES FRUITIERS 

Le plein vent ou haute tige (fig. 177). - L'arbre est abandonné 
a lui-même lorsque les branches principales de sa charpente 
ont été formées, les plus basses se trouvant à environ 2 mètres 
du sol. Cette forme ne convient guère qu'aux vergers ou aux 
grands jardins. Elle occupe beaucoup de place et l'ombre 
qu'elle projette est des plus préjudiciables aux cultures envi- 
ronnantes. On la rencontre cependant fréquemment dans les 
petits jardins, parce que les arbres soumis à cette forme 
vivent longtemps, exigent peu de soins et produisent beaucoup. 

La pyramide (fig. 178) . — Vieille et bonne forme appliquée sur- 
tout au Poirier; elle a l'avantage de pouvoir être cultivée dans 
les plates-bandes où elle tient relativement peu de place, de 
laisser facilement circuler l'air et la lumière dans ses diverses 
parties, de ne projeter que peu d'ombre et de produire abon- 
damment. 



M 

I 

I 



FOI! M ES DES ARBRES FRUITIERS. 



269 



La pyramide ou cône consiste en une tige principale, verticale, 
garnie latéralement, depuis 30 centimètres au-dessus du sol 
jusqu'au sommet, de brandies espacées les unes des autres 



v£ °H 




Fig. 177. — Arbre fruitier en plein vent. 



d'environ 30 centimètres (Poiriers), diminuant peu à peu de 
longueur au fur et à mesure qu'elles sont insérées plus haut, 
ayant une direction oblique et formant par leur ensemble un 
cône dont la plus grande largeur doit avoir environ le tiers de 
la hauteur totale. 

Lacolonne ou fuseau (fig. 179}. — Cette forme peut être appli- 
quée au Poirier et au Pommier. Elle a l'avantage de tenir 
inoins de place que la pyramide et de produire plus rapide- 
ment ; par contre, elle dure moins longtemps et ne convient 
qu'aux variétés peu vigoureuses. La colonne ne diffère de la 
pyramide que par ses branches latérales que l'on maintient 
tiès courtes. 

Le vase (fig. 180).— D'une tige centrale naissent, à environ 



270 



LE JARDIN FRUITIER. 






do centimètres au-dessus du sol, des branches qui s'étendent 
d'abord horizontalement, puis se relèvent verticalement de 




Fig. 178. — Poirier laillé en pyramide. 

manière à donner à l'ensemble de l'arbre la forme d'un vase. 



4 



FORMES DES ARBRES FRUITIERS. 



271 



Les branches doivent être espacées les unes des autres d'envi- 
ron 30 centimètres; on les maintient en les attachant sur des 
cerceaux fixés sur des pieux plantés dans le sol. Cette forme 




Fig. 179. 
Poirier en fuseau. 



Fig. 180. — Poirier en forme de vase. 



est à juste titre très estimée : elle laisse largement circuler 
l'air et la lumière dans toutes les parties de l'arbre. 

Le buisson ou cépée, applicable au Groseillier, au Framboi- 
sier, etc. — Du collet delà plante ou un peu au-dessus du sol 
partent des rameaux qui se dirigent dans tous les sens, et 
qu'il suffit de diriger de manière qu'ils ne se gênent pas 
mutuellement. 






1 



272 LE JARDIN FRUITIER. 

Le cordon horizontal (flg. 181) s'applique surtout au Pom- 




Fig. 18). — Pommier en cordon horizonlal. 

mier greffé sur paradis et aux variétés de Poirier peu vigou- 
reuses, greffées sur Co- 



mmmmsinaKmmm ■rnwÉniriiïniBa 




Le candélabre. 



gnassier. C'est une forme 
recommandable pour 
border les allées. Elle con- 
siste en une tige d'abord 
dressée verticalement, 
puis coudée à une cer- 
taine hauteur, et main- 
tenue dans une position 
horizonlale en la fixant 
sur un (il de fer. On 
plante les arbres à 2 ou 
3 mètres de distancé les 
uns des autres et leurs 
tiges, en se rejoignant, 
forment une longue guir- 
lande ininterrompue , 
d'un joli effet. 

Les palmettes, candéla- 
bres, etc., et autres formés 
plates, sont d'autant plus 
recommandables qu'elles 
s'appliquent à tous les 
arbres fruitiers et per- 
mettent de .cultiver, dans 



notre région, des variétés dont les fruits ne mûriraient pas ou 



FORMES DES ARBRES FRUITIERS. 



273 



mûriraient incomplètement en plein vent, et qui, au contraire, 
placés en espalier le long des murs, trouvent là une somme 
de chaleur suffisante pour donner des produits de qualité 
supérieure; de ce nombre sont les Pêchers, la Vigne, certains 
Abricotiers, Pommiers, Poiriers, etc. On néglige trop d'utiliser 
les murs, et il y aurait souvent grand profit à couvrir d'espaliers 
lesfacades de maisons, les murailles de toutes espèces de cons- 



^r-SkS 




Fig. 183. — !.a palmette simple. 

tructions, lorsqu'elles sont situées à bonne exposition, en don- 
nant aux arbres des formes en rapport avec les espaces à 
garnir. 

La forme la plus simple de l'espalier est le cordon vertical, 
qui permet de planter les arbres très rapprochés, et qui donne 
rapidement un rendement moyen, la formation de la char- 
pente s'obtenant en quelques années. Comme la colonne, 
cette forme ne convient qu'aux variétés peu vigoureuses ; elle 
ne peut être employée que pour garnir des murs assez élevés, 
car son élongation se trouve considérablement activée par la 
suppression presque complète des branches latérales. Dans le 
cas où l'on se trouve forcé de la rabattre trop, on provoque le 
développement du bois au détriment de la fructification. 

La forme en U, suffisamment désignée par son nom, est fré- 
quemment employée ; c'est certainement l'une des meilleures. 






I 



274 



LE JARDIN FRUITIER. 



Le candélabre (lig. 182 ) est formé d'un nombre de branches 
latérales van.ntde 3 à 6, distribuées régulièrement sur TtJ- e 
pr.nc.pale. Upalmette simple (fig. 183 )° a un plus g ZÏnom. 
bre de branches placées sur le tronc; la paLJ Verrue 
diffère de la précédente que par ses branches relevées r 

STdle TTioTrT ,onsueur - 0n fait *»™ - 

mettes de b, ,, 8, 10, 12 branches et même davantage 

Les contre-espaliers sont constitués parla réunion d'arbres 
fru.t.ers de formes plates, paUnettes ou candélabres dispose 
en ndeau dans les plates-bandes au lieu d'être plantée e lo„! 
d un mur comme les espaliers proprement dits. Les arb e . ont ° 
dans ce cas, ma.nteuus à 1 aide de charpentes et de tre 1 a .« 
ou s.mp lem eut par des fils de fer fixés a des poteaux Tchate 
extrême. Les contre-espaliers ont l'avantage de donne Z 
un même espace de terrain un nombre de branches ruc 
.hantes beaucoup plus considérable qu'avec les grandes forme" 
(pyram.des vases, etc.). ,1s permettent d'obtenir éga lem'n 
beaucoup plus rap.dement la production maximum des aXes 
En parlant de chaque sorte d'arbre, nous verrons que les 

"I^me'r 068 ' ° bSerVer ^^ ^ Plantati ° n de ^»e d" 









CHAPITRE IV 
LA PLANTATION DES ARBRES FRUITIERS 

La plantation des arbres fruitiers doit être faite de préfé 
rence du 1 octobre au i« décembre. On aura creusé d'avant 
de trous arges et profonds pour que les racines tro Uven ! 
autour d'elles un sol bien meuble dans lequel elles pu7s e „ 
aclement pénétrer et qui tiendra en réserve des enTa s à 
^compos^on lente, tels que os, chiffons, etc., qu - on fZl 

Une mauvaise pratique consiste à enterrer profondément 
les racnes des arbres ; il i mporte , au contnii ^ ™ ™ 
a une fa.ble d.stance au-dessous du niveau du sol et maintenue 



ABRICOTIER. 



275 



dans leur position naturelle. Il faut surtout éviter d'enterrer 
la greffe, qui devra se trouver à 5 centimètres environ au-dessus 
de la terre. Plus le sol est compact et humide, moins les 
arbres doivent être enterrés. 

La plantation des espaliers se fait de manière que le collet 
se trouve placé à environ 15 centimètres de distance des murs 
sur lesquels le sommet des jeunes arbres doit seul toucher. 

Pour les autres soins à prendre en faisant les plantations, 
voy. p. 32. 

Lorsque, pour une cause ou pour une autre, on se trouve 
obligé de surseoir à la plantation d'arbres déjà arrachés, 
on doit les mettre en jauge, c'est-à-dire très rapprochés les 
uns des autres dans une tranchée, avec les racines recouvertes 
de terre. 

CHAPITRE V 

LES ARBRES FRUITIERS, CULTURE, CHOIX DE 
BONNES VARIÉTÉS 



Abricotier. — Quoique plus rustique que le Pêcher, il a sou- 
vent sa récolte compromise par les gelées qui surviennent au 
moment de la floraison, qui est très précoce. Il est d'autant 
plus difficile d'obvier à cet inconvénient qu'il est nécessaire 
de le cultiver en plein vent pour que ses fruits atteignent toute 
leur beauté et toute leur qualité : cultivé en espalier, comme 
le Pêcher, ses fruits sont beaucoup moins savoureux. On doit 
cultiver l'Abricotier, surtout en haute tige, à une exposition 
très chaude, abritée contre le vent du nord. 

Cet arbre prospère dans les mêmes terrains que ceux exi- 
gés par le Pêcher. Cultivé en plein vent, il croît pour ainsi 
dire sans soins. En espalier, on peut le soumettre aux mêmes 
formes que le Pécher, mais comme il n'y a pas à palisser les 
rameaux, un intervalle de 30 centimètres entre les branches 
de charpente est suffisant. La branche à fruit se traite comme 
celle du Pécher. 









276 



LE JARDIN FRUITIER. 



■ 

> 



Généralement, l'Abricotier est greffé sur Prunier 
Bonnes variétés. - Les meilleures sont : Abricot'péche mû- 
rissant en août-septembre ; Gros Saint-Jean, recommandable 
surtout par époque de sa maturité, qui a lieu au commence- 
ment de juillet; Royal, juillet-août. 
Cassissier. — Voy. Groseillikr. 

Cerisier. - Le plus rustique denosarbres à fruits à noyau 
Il cro.t dans tous les sols et à toutes les expositions. Seuls les 
terra.ns marécageux et froids lui sont contraires 

Ce bel arbre doit être surtout cultivé dans les grands jardins et 
dans les vergers où l'on peut le soumettre aux grandes formes 
de plein vent qui lui sont le plus favorables. Dans le jardin 
on peut le soumettre à la forme en vase. En plantant en espa- 
lier, aux exposilions chaudes, les variétés précoces, on avance 
de quinze jours la saison des fruits, et comme d'autre part 
cet arbre s accommode on ne peut mieux de la position au 
nord, on peut prolonger d'un mois la récolte en y plantant 
des variétés tardives. J ' aludtu 

La culture en espalier permet d'abriter facilement les ré- 
coltes contre les ravages des oiseaux. Il suffit pour cela de tendre 
des lo, es devant les arbres.au moment de la maturité des fruit. 

Les formes auxquelles on peut le soumettre s'obtiennerit 
comme nous l'indiquons plus loin pour le Poirier (p 284) \J n 
Cerisier couvre une surface d'environ 15 mètres carrés 
despalier. 

Greffé sur Merisier, le Cerisier est propre à former des 
hautes tiges ; sur Sainte-Lucie ou Mahaleb, il est moins vi^ou 
reux et doit être préféré pour les petites formes : vases e°spa 
liera, etc. Ce dernier sujet réussit dans les terrains le's plus 
arides. ' 

Bonnes variétés. - Anglaise hâtive ou Royale. Fruit "ros 
rouge foncé, mûrissant en juin, très bon. Excellente variété' 
très fertile. ' 

Impératrice. Très bonne variété, assez analogue à la précé 
dente, mais mûrissant dès le commencement de juin Très 
propre à cultiver en petites formes. 



g— ^ 



FRAMBOISIER. 



277 



Montmorency de Sauvigny. Mûrit en juillet. Plus belle que 
la Montmorency ordinaire, de saveur acidulée comme elle. 

Guigne précoce. Fruit moyen, pourpre noir à la complète 
maturité, mûrissant lin mai. Variété très précoce. 

Bigarreau gros rouge. Fruit gros, très bon, mûrissant en juin. 

Bigarreau Napoléon. A gros fruit rose, mûrissant en juin- 
juillet et d'excellente qualité. 

Figuier. — Arbre délicat sous le climat de Paris. Il esl 
nécessaire de le placer à exposition chaude et abritée ; on le 
plante en février-mars. Pour le garantir du froid, on abaisse 
les branches vers le sol afin de les couvrir de terre, dans la pre- 
mière quinzaine de novembre; grâce à cette manière de faire, 
les figues-fleurs que portent les rameaux, à l'automne, ne 
souffrent pas du froid ; elles continuent à se développer 
lorsque l'arbre est déterré (en avril) et leur maturité a lieu en 
juillet. Les figues-fleurs qui naissent au printemps sur les ra- 
meaux mûrissent en septembre-octobre. Les variétés les plus 
recommandables pour la région parisienne sont : Blanquette 
d'Argenteuil, Dauphme, Violette ronde et Violette longue. 

Framboisier. — Comme le Groseillier, le Framboisier est 
peu difficile sur la qualité du terrain ; il n'y a guère que dans 
les sols très arides qu'il donne de mauvais résultats. On peut le 
cultiver dans les endroits frais el ombragés des jardins, même 
sous les arbres, à la condition pourtant qu'il y trouve assez 
d'air et de lumière pour ne pas s'étioler. On le plante souvent 
le long des murs situés au nord, exposition peu favorable au 
développement d'autres plantes. 

On multiplie le Framboisier à l'aide des nombreux drageons 
qu'il émet et qui reprennent facilement. Il est nécessaire de 
le replanter tous les trois ans, car il épuise assez rapidement 
le sol. La plantation se fait en ménageant un espacement 
d'un mèlre entre les touffes. 

Les soins à donner consistent en binages et en fumures. 

Le Framboisier ne donne de fruits que sur les rameaux nés 
l'année précédente ; la taille consiste donc à supprimer ceux 
qui ont donné des produits et à rabattre sur 73 centimètres 

D. Bois. — Le petit jardin, 2 e édit. 10 






218 



LE JARDIN FRUITIER. 



environ les cinq ou six pousses conservées, qui fructifieront 
dans Je cours de la saison. Les bourgeons qui se développe- 
ront plus tard formeront le remplacement. 

Bonnes variétés. - Ordinaire à gros fruit. Très répandue 
iruit rouge. 
Hornet. Très gros, fruit rouge. 
Ordinaire à gros fruit jaune. 

Merveille des quatre saisons. Variété remontante fruit rouge 
Surpasse merveUle. Variété remontante, fruit jaune 
Groseillier (Ribes). - Genre formé d'espèces arbustives 
buissonnantes, dont trois sont cultivées pour leurs fruits dans 
les jardins. 

Ce sont : le G. à grappes, le Cassissicr et le G. épineux qui 
produit la groseille à maquereau. 

Ces trois petits arbrisseaux croissent dans tous les sols et 
a toutes les expositions; ordinairement on les plante dans les 
endroits pour ainsi dire impropres à d'autres cultures et on 
les abandonne à eux-mêmes. Plantés dans un sol meuble et 
Trais, a une exposition mi-ombragée, et taillés chaque année 
pour dim.nuer la longueur des rameaux à bois et pour sup- 
pr.mer les rameaux qui, faisant confusion, empêchent la lu- 
mière de circuler, on obtient une plus belle et plus abon- 
dante fructification. 

La multiplication de ces plantes se fait par bouturage et 
par marcottage. 

La forme en cépée ou buisson est celle à laquelle ces arbris- 
seaux s'adaptent le mieux. 

Les jeunes plantes sont taillées à environ 2b centimètres du 
sol, de manière à faire naître trois rameaux qui, amputés 
sur deux yeux, forment en se développant les six branches 
de charpente. 

Les fruits naissent sur le bois de l'année précédente, à la 
base des rameaux ; ils sont portés sur de nombreuses petites 
lambourdes. 

Les rameaux de prolongement doivent être taillés selon 
leur vigueur, à la moitié ou au tiers de leur longueur; les 



: 



PÊCHER. 279 

rameaux latéraux sont coupés à 1 ou 2 centimètres au-dessus 
des bourgeons de la base. 

Les branches épuisées par une production de 3 ou 4 années 
peuvent être recépées et remplacées par les rameaux qui se 
développent souvent sur les vieilles branches, lesquels sont 
supprimés avec soin lorsqu'on n'a pas à les utiliser ainsi. 

Bonnes variétés. — 1° Groseillier a grappes : Groseille grosse 
rouge ordinaire, Groseille grosse blanche, Groseille de Hollande 
blanche. 

2° Cassissier : Cassis ordinaire; Cassis de Naples, à gros grain. 

3° Groseillier épineux: Companion, fruit rouge; London, 
fruit énorme, rouge foncé; Snowdrop, fruit blanc; Leader, 
fruit jaune ; Telegraph, fruit vert. 

Pêcher. — Bien que peu difficile sur la qualité du terrain, 
il prospère principalement dans les sols profonds, meubles, 
un peu calcaires ; il ne donne que des résultats médiocres 
dans les terrains arides, et surtout dans ceux où l'humidité est 
surabondante. 

Greffé sur Amandier, il réussit surtout dans les sols pro- 
fonds, sains et bien drainés. Sur Prunier, il est moins vigou- 
reux, mais il résiste mieux dans les terrains humides. 

Sous le climat de Paris, le Pêcher ne mûrit bien ses -fruits 
que lorsqu'il est cultivé en espalier. La meilleure exposition 
est le levant; au midi, on ne peut guère cultiver que des 
variétés tardives ou très vigoureuses. On ne plante à l'ouest 
que lorsqu'on ne peut pas l'aire autrement. 

Formes. — Les arbres peuvent être soumis à des formes 
variées; pour les petits jardins, on choisira de préférence le 
candélabre à 3 ou à o branches, la palmelte simple, et surtout 
la forme en U et le cordon oblique, plus -faciles à obtenir et à 
entretenir. 

Distances auxquelles il faut planter les diverses formes de Pêchers. 

Cordon oblique simple u m ,7."> 

Forme en L' 1 mètre. 

Candélabre à trois branches I m ,ô0 

à cinq branches '.""..Ml 






280 



LE JARDIN FRUITIER. 



m 



Les branches de charpente s'obtiennent comme celles du 
Poirier (Voy. p. 280), avec cette seule différence que la dis- 
tance à réserver entre elles doit être de 50 centimètres au lieu 
de 30, afin.de permettre le palissage des rameaux 

Les fruits à noyau naissent toujours sur le bois de l'année pré- 
cédente et le, rameaux qui ont fructifié deviennent, par ee fait, à 
jamais stériles. ' 

La taille du Pêcher doit commencer dès la première année 
de plantation; elle consiste donc à préparer chaque année des 
rameaux à fruit qui deviendront inutiles après la fructifica- 
fon et qu'il faudra dès lors supprimer en favorisant le 
développement, à la base de chacun d'eux, de scions destinés 
a prendre leur place l'année suivante, et que l'on nomme 
pour cette ra.son scions (bourgeons) de remplacement. 

La taille du Pêcher doit être faite assez tard, et seulement 
lorsque les boutons à fleur sont bien apparents 

Les coursonnes doivent être situées à lb ou 20 centimètres 
de distance les unes des autres sur les branches de charpente ■ 
on les soumet ordinairement à la taille dite en crochet. Dans 
les arbres soumis à ce mode de taille, la branche à fruit se 
compose de deux rameaux : l'un, destiné à porter les fruits 
doit être taillé long, sur 2 à S boutons à fleurs; l'autre aussi 
rapproché que possible de la branche de charpente, doit 
être taillé court afin de provoquer l'émission d'un œil à sa 
base, lequel constituera le remplacement pour l'année sui- 
' vante (lig. 184). 

. Les rameaux simples doivent être taillés longs, pinces et 
arqués pendant le cours de la végétation, afin de faire déve- 
lopper les yeux de la base. On choisit alors comme remplace- 
ment le bourgeon situé le plus près de la branche de charpente 
au-dessus duquel on pratique la taille. 

Le Bouquet de mai est un rameau court présentant au som- 
met plusieurs boutons à fleurs; on le rencontre surtout au- 
dessous des branches obliques ou horizontales et vers leur- 
"aisance. C'est une bonne production qui donne les plus 
beaux fruits : on ne la soumet à aucune taille. 



PECHER. 



281 



Le Rameau chiffon ou Branche chiffonne est très grêle et 
garni de boutons à Heurs sur toute sa longueur. S'il est muni 
de boutons à bois à la base, on le taille de manière à les faire 




Fig. 184. — Palissage à la loque. 

développer; dans le cas contraire, on le supprime après la 
récolte des fruits. 

Après la floraison, on raccourcit les longues brindilles 
dépourvues déjeunes fruits, on supprime les pousses inutiles 
et enfin on palisse, opération qui a pour but de fixer sur le 
mur à. l'aide d'une bandelette d'étoffe et de clous tous les 
scions conservés et ceux qui naîtront, au fur et à mesure de 
leur développement (fig. 184). Lorsque les murs sont revêtus 

10. 



282 



LE JARDIN FRUITIER. 



de treillages, les scions sont fixés à l'aide de ligatures faites 
avec de 1 «mer. On évite ainsi que les uns se brisent sous le 
poids des fruits, et cela permet d'augmenter ou de diminuer 
a vigueur des autres, suivant qu'on les placera dans une posi- 
tion plus ou moins verticale ou horizontale. Il est nécessaire 
pour obtenir de belles pêches, de supprimer les jeunes fruits 
surabondants, au moment où ils atteignent le volume d'une 
noisette de manière à ne pas en laisser plus d'une douzaine 
par mètre de longueur de branche. Un peu avant l'époque de 
leur maturité, ,1 est bon d'exposer les fruits à l'action des 
rayons du soleil en supprimant successivement les feuilles 
qui les masquent : on les obtient ainsi beaucoup plus colorés 
Lorsque des gelées sont à redouter, au moment de la flo- 
raison des Pêchers, il est indispensable de placer, devant les 
espabers, des auvents, des toiles ou des paillassons pour les 
abriter. 

Les Brugnons diffèrent des Pêches proprement dites par 
leur peau lisse au lieu d'être veloutée. La chair est adhérente 
au noyau. Dans les Nectarines, la peau est lisse et la chair se 
détache du noyau. 

Bonnes variétés a cultiver en espalier. _ Amsden. Fruit 
moyen, bon, très précoce, mûrissant au commencement de 
juillet, a chair assez fine, juteuse, sucrée. Arbre très vigou- 
reux, très fertile. Cultiver à l'exposition du levant ou à dé- 
faut, du midi. 

Précoce Béatrice. Fruit moyen, de très bonne qualité 
mûnssant à la fin de juillet; chair fine, fondante, sucrée' 
vineuse. Arbre vigoureux et fertile. Cultiver à la même expo- 
sition que la variété précédente. 

Précoce de Haie. Fruit moyen, excellent, mûrissant en 
juillet-août. 

Mignonne hâtive. Fruit gros, très bon, mûrissant en août- 
chair fine, fondante, parfumée. Arbre vigoureux, très fertile' 
Levant. 

Belle Beausse. Fruit gros, de 1res bonne qualité, mûrissant 
au commencement de septembre. 



POIRIER. 



283 



Grosse mignonne. Fruit gros, très bon, mûrissant au com- 
mencement de septembre. Arbre vigoureux, très fertile. 
Levant. 

Galande. Fruit gros, 1res bon, mûrissant fin août; chair fine, 
fondante, sucrée et parfumée. Levant. 

Reine des Vergers. Fruit gros, très bon, mûrissant en sep- 
tembre. Arbre rustique, fertile, pouvant être cultivé à l'expo- 
sition du midi. 

Salway. Fruit gros, de saveur abricotée, mûrissant en 
octobre. Arbre vigoureux, fertile, pouvant être cultivé à l'ex- 
position du midi et même de l'ouest. 

Brugnon Lord Napier. Fruit gros, rouge violacé, mûrissant en 
août el de 1res bonne qualité. 

Brugnon gros violet. Fruit assez gros, très bon, mûrissant 
au commencement de septembre. Midi. 

Brugnon Victoria. Fruit assez gros, très bon, mûrissant lin 
de septembre. Levant. 

Poirier, — Le Poirier est généralement greffé, soit sur Co- 
gnassier, soil sur franc (Poirier venu de semis). 

Greffé sur Cognassier, il donne plus rapidement ses pro- 
duits qui sont plus beaux et de meilleure qualité. Les racines 
du sujet sont chevelues et plongent peu dans le sol; les arbres 
greffés dessus prospèrent surtout dans les terrains fertiles et 
frais, et leur peu de vigueur les rend très propres à constituer 
des formes de dimensions restreintes. 

Sur franc, le Poirier est plus long à se mettre à fruit, ses 
fruits sont de moins bonne qualité, mais il pousse beaucoup 
plus vigoureusement, ses longues racines pivotantes allant 
chercher à une grande profondeur les éléments nutritifs 
nécessaires à la plante. Les arbres greffes sur franc con- 
viennent aux grandes formes; ils doivent être plantés de pré- 
férence aux autres dans les sols arides et de mauvaise qualité : 
ils vivent plus longtemps que ceux greffés sur Cognassier. 

Le Poirier prospère surtout dans les terrains argilo-siliceux 
ou argilo-calcaires ; le sable, la craie, les sous-sols humides ne 
lui conviennent guère et il ne vit qu'un temps très court lors- 



284 



LE JARDIN FRUITIER. 



qa il est planté dans des terrains de cette- nature. On ne le 
soumet guère à la forme en haute tige que dans les vergers ou 
sur le bord des champs; la forme en pyramide et celle en 
colonne sont le plus généralement adoptées pour les jardins 
Formes. -Obtention des branches de charpente. - La pyramide 





Fig. 185. — Formation de 
M pyramide (1" année). 



Fig. 186. — Formation 
de la pyramide (î« année) 



a de grands avantages, mais il faut bien reconnaître aussi 
qu'elle est difficile à obtenir, qu'elle exige des soins incessants 
pendant de nombreuses années, qu'on n'obtient le maximum 
de la production qu'au bout d'une dizaine d'années et qu'enfin 
elle ne dure guère au delà de quinze ans après sa formation. 
Pour former une pyramide, on plante un jeune arbre ayant 



POIRIER. 



28o 



un an de greffe (flg. 188}, puis, au printemps, on le taille de 
manière à conserver six yeux bien constitués, cinq destinés à 
donner des branches latérales dont la plus basse devra être 
située à 30 centimètres du sol; le sixième, situé au sommet, 
servira au prolongement de la tige principale; le scion qui 
naît de ce dernier œil doit être redressé de manière à prendre 
une direction verticale. Au lieu de tailler immédiatement au- 
dessus de l'œil, on laisse une longueur de tige (onglet) d'environ 
10 centimètres en supprimant les yeux qui s'y trouvent. Cet 
onglet servira plus tard de tuteur pour redresser le scion ter- 
minal et le fixer dans la position qu'il devra prendre jusqu'à 
ce qu'il soit suffisamment développé pour se maintenir de 
lui-même, époque à laquelle l'onglet devra être supprimé. 

A la fin de l'année, les cinq premières branches de la char- 
pente sont ainsi obtenues. Pendant la végétation, on veille 
à ce qu'elles se développent également, en pinçant celles qui 
auraient une tendance à s'allonger trop, et on supprime 
les scions supplémentaires. Le scion terminal est abandonné 
à lui-même, à moins cependant que sa trop grande élonga- 
tion nuise à la croissance des rameaux latéraux, auquel cas il 
est soumis au pincement en lui laissant une longueur d'en- 
viron 70 centimètres. 

La seconde année (fig. 186), la partie terminale doit être 
encore rabattue sur six yeux destinés à fournir une nouvelle 
série de cinq branches elle rameau de prolongement ; maiscette 
fois, l'œil terminal devra être situé du côté opposé à l'empla- 
cement de celui de l'année précédente, afin que la tige cen- 
trale ait une direction autant que possible verticale. Les bran- 
ches latérales seront taillées sur environ le tiers ou la moitié 
de leur longueur, et d'autant plus longues qu'elles seront 
situées plus près du sol, de manière à commencer à donner à 
l'arbre une forme conique; on ménagera également, à l'extré- 
mité de chacune d'elles, un œil destiné à leur élongation. 
Avec des baguettes ou des liens en osier, on les éloignera ou 
on les rapprochera de la tige principale, afin qu'elles se 
trouvent disposées symétriquement. 



286 



LE JARDIN FRUITIER. 






La troisième année, une nouvelle série de branches se 
trouve obtenue et ainsi de suite jusqu'à ce que l'arbre soi 
complètement formé, ce qui arrive à la sixième ou à la sep- 
tième année. Lorsque la végétation est vigoureuse, il ne faut 
pas tailler trop sous peine de provoquer seulement .déve- 
loppement du bois. En taillant trop court .es branches latéral^ 

îallon r 7 " ^^ ^ ^ ««» Papale et on détermin 

allongement démesuré de la flèche dont on arrête, au con- 
traire, Je développement en taillant trop .on" 

La forme en colonne est certainement des plus recom- 
mandab.es pour les petits jardins; elle occupe peu de place ce 
qu. permet de cultiver dans un espace restreint un al 
grand nombre de variétés ; elle est facile à obtenir et réclame 
peu de soins. Elle se compose simplement d'un axe ou ti»e 
principale, garni de productions fruitières. La hauteur à donner 
aux colonnes doit toujours être en rapport avec la vigueur des 
variétés qu on soumet à cette forme et aussi avec le de»ré de 
ertihte du sol dans lequel elles sont placées. Les arbres cl- 
ivé* ainsi doivent être greffés sur Cognassiers, à moins toute- 
fois quon a.t à les planter dans un terrain de mauvaise 
qualité Les variétés peu vigoureuses sont celles qui donnent 
Jes résultats les meilleurs. 

La forme en vase s'obtient en amputant un jeune sujet à 
30 ou 40 centimètres du sol, en conservant trois ou quatre 
yeux disposés de manière que les branches qui en naîtront 
soient placées à égale distance les unes des aulres. La seconde 
année, ces branches sont rabattues en ne leur laissant qu'une 
longueur de 25 centimètres, sur deux yeux latéraux, afin 
d obtenir une bifurcation qui doublera le nombre des rameaux 
opération que l'on répétera l'année suivante. On obtient ainsi de' 
douze a seize branches espacées d'environ 30 centimètres et 
qu on a le soin d'abaisser peu à peu dans une situation horizon- 
tale au fur et à mesure de leur développement, pour constituer 
le fond du vase, et dont on relève verticalement les extrémités 
en les maintenant dans cette situation à l'aide de tuteurs. Par 
des tailles successives, on arrive à leur faire atteindre une 



POIRIER. 



287 



hauteur de 2 mètres qui est la plus généralement adoptée. 
Le vase doit mesurer 2 mètres de diamètre. 

La palmette s'obtient facilement. Après un an de plantation, 
on ampute le jeune sujet sur trois y eux, l'un placé au sommet et 
en avant, destiné à former le prolongement de l'axe, les deux 
autres latéraux, devant fournir les premières branches. La 
flèche s'allonge et donne l'année suivante une nouvelle série 
de trois yeux, qu'on utilise de la même manière, et ainsi de suite. 
L'ébourgeonnement doit être pratiqué dans le cours de l'été, 
de manière à ne conserver que les scions nécessaires. Si, pour 
une cause ou pour une autre, un œil venait à manquer, on le 
remplacerait à l'aide de la greffe en écusson pratiquée en 
juillet-août. Les branches de charpente des arbres en espalier 
doivent être solidement fixées contre les murs. 

Le cordon convient surtout aux variétés de Poirier peu vigou- 
reuses greffées sur Cognassier. Le cordon vertical s'obtient 
très facilement ; il diffère de la colonne en ce qu'il est surtout 
cultivé en espalier et que ses branches fruitières sont main- 
tenues plus courtes. lia le grand mérite d'être d'une obtention 
facile et de donner rapidement des produits, mais il exige des 
murs ayant au moins 4 mètres de hauteur. Le cordon 
oblique n'est pas recommandable, parce qu'en raison de sa 
situation inclinée il est très difficile d'en équilibrer les diverses 
parties. La forme en U, quia les avantages du cordon au point 
de vue de la rapidité de la production, permet d'appliquer des 
Poiriers ou autres arbres qui se soumettent à cette forme sur des 
murs ayant moins de 4 mètres de hauteur. Le cordon horizontal , 
employé pour bordures en plein jardin, est surtout appliqué 
au Pommier : certaines variétés de Poirier, peu vigoureuses, 
peuvent cependant y être avantageusement soumises. 

Obtention des coursonnes on rameaux à fruits. — Tout en for- 
mant la charpente des arbres, il esL nécessaire de raccourcir 
chaque année, d'environ un tiers ou de la moitié, les extré- 
mités des branches qui la constituent, afin de provoquer 
l'émission, sur toute leur étendue, de bourgeons qui donneront 
naissance à des coursonnes ou rameaux à fruits ; sur les espa- 



288 



LE JARDIN FRUITIER. 



liers, on doit néanmoins supprimer les bourgeons qui naissent 
du côté du mur. 

Lorsque les branches de charpente ont atteint la longueur 
voulue, c'est-à-dire lorsque l'arbre est formé, oh laisse croître 
librement le scion terminal qu'on rabat tous les ans, soit un 
peu au-dessus, soit un peu au-dessous de sa base, pour qu'il 
ne se forme pas de nodosité. 

Pour transformer en coursonues les scions qui naissent sur 
les branches de charpente, on pince ceux-ci entre l'index et 
l'ongle du pouce, pendant la végétation, lorsqu'ils atteignent 
une longueur d'environ 20 centimètres; s'il survient des scions 
anticipés, on les pince à leur tour, mais un peu plus courts. 

Pour maintenir égale la végétation de tous les scions d'une 
même branche, on pince ceux qui auraient une tendance à 
se développer outre mesure. On casse également en vert l'ex- 
trémité des brindilles, afin de les faire mettre à fruit. 

Taille. — Cette opéralion doit être faite pendant le repos de 
la végélalion, en évitant cependant de la pratiquer pendant les 
grands froids. Elle consiste à soumettre l'arbre à l'une des 
formes énumérées plus haut, à raccourcir les scions terminaux 
des branches de charpente, à amputer sur trois yeux bien 
constitués les coursonnes sur lesquelles il n'existe pas encore de 
boutons à fleurs, à supprimer l'extrémité des coursonnes située 
au-dessus des boulons à fleur bien développés, de manière à 
n'en, laisser qu'un sur chacune d'elles lorsque les arbres sont 
en plein rapport, et deux ou trois sur les sujets vigoureux pro- 
duisant peu. Les bourses ne se taillent pas; on se contente 
d'en rafraîchir l'extrémité à l'aide de la serpette. Les dards et 
les brindilles sont respectés, car d'eux-mêmes ils se mettent 
à fruit. Ces diverses productions fruitières donnent des ra- 
meaux à bois, lorsqu'on les taille très courtes : on met à profit 
cette particularité pour régénérer les coursonnes épuisées par 
une longue production. Les fruits sont d'autant plus beaux et 
meilleurs qu'ils naissent plus près des branches de charpente ; 
on doit donc faire en sorte que les productions fruitières se 
trouvent le plus possible dans ce voisinage. 



POIRIER. 289 

On peut, lorsqu'un arbre est trop chargé de boutons à fleurs, 
porter sur des arbres moins favorisés ces productions fruitières 
au moyen de la greffe sous ccorce, en détachant les boutons avec 
une plaque d'écorce et d'aubier, et en les insérant sons l'écorce 
des branches du sujet comme s'il s'agissait d'écussons. Cette 
opération se pratique en août-septembre. 

Lorsque le nombre des fruits est trop considérable, il est 
nécessaire d'en supprimer, afin de ne pas fatiguer les arbres 
par une production surabondante. 

Pour les autres détails relatifs à la taille, vo.y. p. 202. 

Récolte et conservation des fruits. — Les fruits ne doivent 
être récoltés que lorsqu'ils sont parvenus à parfaite maturité 
et quand ils se détachent pour ainsi dire d'eux-mêmes. Les 
variétés qui ne mûrissent qu'en hiver, dans le fruitier, sont 
cueillies de la fin de septembre à la lin d'octobre. 

Lorsqu'on n'a pas de fruitier, on peut conserver les fruits 
dans une pièce inhabitée, exposée au nord, où la tempéra- 
ture se maintienne entre 4 et 8 degrés au-dessus de zéro et 
varie le moins possible. L'air ne doit être renouvelé que 
lorsque l'humidité estexcessive et dépasse?!) degrés à l'hygro- 
mètre. Le local, sans être obscur, doit être peu éclairé. Les 
fruits sont rangés sur des tablettes, de manière qu'ils soient 
très rapprochés, sans cependant qu'ils se touchenl. On doit 
les surveiller avec soin et enlever immédiatement ceux qui 
auraient des tendances à se gâter. 

Distances auxquelles il faut planter les diverses formes de Poiriers. 

Hautes tiges sur franc .'. mètres. 

— sur Cognassier 4 — 

Pyramides sur franc i — 

— sur Cognassier :i — 

Colonnes sur Cognassier l m ,50 

Vase sur franc i mètres. 

— sur Cognassier ;{ — 

Cordons horizontaux sur Cognassier. . . 3 — 

Palmettes sur franc (grandes formes*. . . 8 — 

— sur Cognassier (formes moyennes . i — 

— — (petites formes). . 2 — 
Cordon vertical sur Cognassier m ,:!5 

D. Bois. — Le petit jardin, 2 e édit. 17 



#"» 



290 



LE JARDIN FRUITIER. 



Bonnes variétés classées par ordre de maturité. — Beurré 
Giffard. La meilleure des premières poires d'été; mûrit, en 
juillet-août. Fruit moyen, à chair fine, fondante, sucrée. 
Réussit surtout en haute tige, sur franc, ou en espalier au 
levant ou au couchant. 

William. Grosse poire bosselée, jaune citron, mûrissant 
en septembre, à chair blanche, très fine, fondante, juteuse, 
ayant une saveur musquée. Cet arbre est très fertile, il forme 
de superbes pyramides étant greffé sur franc ; il réu'ssit aussi 
en colonnes et en espalier au couchant. 

Beurré d'Amanite. Gros et excellent fruit, mûrissant en 
septembre, ventru et se terminant en pointe, verdâtre, taché 
de brun, quelquefois coloré en rou-e par le soleil. Chair 
blanche, demi-fine, juteuse, agréablement parfumée. Haute 
tige sur franc. Produit beaucoup. Pyramide et espalier au 
couchant, sur Cognassier. 

Beurré Hardy. Fruit assez gros, ovale allongé, d'un jaune 
brun, pointillé de marron, mûrissant en septembre-octobre, à 
chair très fine, fondante, sucrée, agréablement parfumée 
excellente. Arbre très fertile. Haute tige sur franc, pyramide' 
et espalier, au couchant, sur Cognassier. 

Louise-Bonne -dWvranches. Beau fruit, assez gros, pyri- 
forme, vert jaunâtre, lavé de rouge du côté du soleil, -mûris- 
sant en septembre-octobre. Chair fine, fondante, très juteuse, 
sucrée, un peu acidulée, parfumée, excellente. Arbre vigou- 
reux, très fertile, réussissant sous toutes les formes et dans 
tous les terrains. 

Duchesse d'Angoidéme. Gros fruit, ovale, tronqué, large à la 
base, bosselé, jaune pointillé de roux. C'est l'une des poires 
les plus répandues; elle mûrit en octobre-novembre. Chair 
mi-fine, peu fondante, parfumée. Arbre remarquable par sa 
vigueur et par sa grande fertilité. Réussit en pyramides, 
en colonnes et en espalier au couchant. 

Beurré Clairgeau. Fruit très gros, pyramidal, renflé, d'un 
beau rouge luisant, mûrissant en octobre-novembre, à chair 
mi-fine et mi-fondante, juteuse, quelquefois agréablement aci- 



POIRIER. 



291 



dulée et parfumée, remarquable surtout par sa beauté. Arbre 
fertile, réussissant surtout en colonnes, en cordons et en espa- 
lier au levant, lorsqu'il est greffé sur franc. 

Beurré Diel ou Beurré Magnifique. Gros et beau fruit, tur- 
biné, jaune lavé de roux, mûrissant en octobre-novembre; 
chair demi-fine, demi-fondante, sucrée et agréablement aro- 
matisée. Arbre vigoureux, fertile. Réussit en pyramide et 
surtout en espalier, au midi et au couchant, greffe sur Co- 
gnassier. 

Passe-Colmar . Fruit moyen, plus ou moins allongé, jaune 
paille pointillé de roux, mûrissant de novembre à janvier ; 
chair fine, assez fondante, juteuse, sucrée, délicieusement 
parfumée. Arbre de vigueur moyenne, très fertile. On peut 
le cultiver en haute tige, pyramide, colonne et en espalier au 
couchant. 

Beurré d'Hurdenpont. Généralement connu sous le nom 
de Beurré d'Arenberg. Fruit gros, ventru, turbiné, quelque- 
fois bosselé, à queue courle et oblique, souvent insérée au- 
dessous du sommet du fruit, jaune, marbré de fauve, lavé de 
rouge du côté du soleil, mûrissant en novembre-décembre ; 
chair très fine, fondante, juteuse, sucrée, agréablement par- 
fumée, délicieuse. Arbre vigoureux, ne réussissant bien que 
lorsqu'il est en espalier au midi ou au levant, greffé sur Co- 
gnassier. 

Doyenné d'hiver. Fruit gros, obovale, renllé au milieu, vert 
pointillé de brun, jaunissant à la maturité qui a lieu de jan- 
vier en mars ; chair fine, fondante, sucrée, agréablement aci- 
dulée. La récolte doit se faire aussi tard que possible. Arbre 
vigoureux et d'une bonne fertilité étant greffé sur franc. Cul- 
tiver en espalier, au midi et au couchant. 

Bergamote Espéren. Fruit moyen, rond, vert, mûrissant de 
janvier en avril ; à chair jaunâtre, fine, fondante, douce, sucrée 
et parfumée. Arbre vigoureux. Pyramide sur franc. Réussit 
surtout en espalier, au midi et au couchant. 

Dans le cas où l'on disposerait d'assez de place, on pourrait 
encore cultiver : Doyenné de Juillet, mûrissant vers le milieu 



292 



LE JARDIN FRUITIER. 



de juillet, petite poire très précoce; P. de l'Assomption, mûris- 
sant en juillet-août ; M me Treyve, août-septembre ; Bonne- 
d'Ezée, septembre-octobre; Seigneur, septembre-novembre; 
Doyenné du Comice, octobre-novembre ; Beurré Dumont, octo- 
bre-novembre ; Nouveau Poiteau, octobre-novembre ; Beurré 
d'Apremont, octobre-novembre ; Colmar d'Arenberg, octobre- 
novembre; Soldat Laboureur, novembre; Nec plus meuris, 
novembre; Beurrê-Six, novembre; Crassane, novembre; 
Triomphe de Jodoigne, octobre-décembre ; Beurré Bachelier, 
novembre et décembre ; Beurré de Sterckmans, décembre-jan- 
vier ; Passe-Crassane, janvier-mars ; Olivier de Serres, janvier- 
mars ; Bergamote fortunée, février-mai ; Bon Chrétien d'hiver, 
mars-juin. 

Pommier. — Moins difficile que le Poirier sur la qualité du 
terrain, il croit dans tous les sols, à la condition qu'ils ne 
soient ni trop secs ni trop humides. Les formes que nous 
avons décrites pour le Poirier lui sont applicables. Dans le 
verger, on peut le cultiver eu haute tige en le greffant sur franc- 
dans les jardins, les petites formes conviennent mieux, mais 
il doit être alors greffé sur doucin ou sur paradis. Le doucin 
peut fournir des sujets de moyenne grandeur ; le paradis a 
moins de vigueur et ne convient que pour les formes tout à 
fait naines, il donne d'excellents résultats dans les sols argi- 
leux où le doucin ne pourrait croître, mais, par contre, sa 
culture est impossible dans les terrains secs qui, au contraire, 
conviennent au doucin. 

Formes. — Dans les petits jardins, c'est la forme en vase ou 
en cordon horizontal qui devra être appliquée au Pommier, en 
prenant des arbres greffés, soit sur doucin, soit sur paradis, 
suivant la nature du sol dans lequel on aura à les planter. 11 
faut bien veiller, en faisant la plantation, à ce que la greffe ne 
se trouve pas enterrée, car le greffon s 'affranchirait et devien- 
drait trop vigoureux pour qu'on puisse le soumettre à de 
petites formes. 



_- 



POMMIER. 293 

Distances auxquelles il convient de planter les Pommiers. 

Haute tige, sur franc B mètres. 

Pyramide ™ 

Colonne sur doucin l m ,50 

— sur paradis 1 mètre. 

Vase sur doucin " mètres. 

— sur paradis 1"\50 

Palmette ■'; mètres. 

Cordon horizontal sur doucin '* 

— — sur paradis * 3 

Le Pommier redoule les mutilations; on le taille comme 
le Poirier, mais avec plus de réserve ; il a, sur ce dernier, 
l'avantage de prospérer dans les emplacements les moins 
favorisés; c'est ainsi qu'on peut le cultiver en espalier à l'ex- 
position du nord. 

BORNBS variétés. — Burowitsky. Fruit de bonne grosseur, 
rouge sur fond vert pâle, strié de carmin, mûrissant en juillet- 
août; chair fine, blanche, juteuse, parfumée et agréablement 
acidulée. La meilleure des pommes hâtives. Arbre très pro- 
ductif, peu vigoureux ; greffé sur doucin, il réussit surtout en 
vase et en cordon horizontal. 

Urine des Reinettes. Fruil assez gros, arrondi, jaune doré, 
strié de rouge, mûrissant en octobre-novembre ; chair ferme, 
jaunâtre, sucrée, acidulée, agréablement parfumée. Arbre 
fertile. Haute tige et autres grandes formes. 

Lineous Pippin. Beau fruil ressemblant a un Calville, 
mais plus allongé et à côtes moins prononcées; se conserve 
jusqu'en mai; chair un peu jaunâtre, sucrée, acidulée, très 
agréable. Arbre fertile, de vigueur moyenne. 

Reinette franche. Fruit de bonne grosseur, un peu cu- 
bique, jaune pointillé de gris, se conservant jusqu'en mai; 
chair jaunâtre, tendre, line, juteuse, sucrée, acidulée, agréa- 
blement parfumée. Arbre fertile, mais ne pouvant élre sou- 
mis qu'aux petites formes. Réussit bien en espalier. 

Rcineite du Canada grise. Fruit de bonne grosseur, gris 
ou roux, se conservant jusqu'à la fin de l'hiver; chair blanc 
jaunâtre, sucrée, acidulée et parfumée. Petites formes. 



294 



l-E JA.RDIN FRUITIER. 



Calville blanc. Superbe fruit se conservant jusqu'en mars; 
chair très fine, sucrée, acidulée, parfumée, excellente. Formes 
basses, cordon horizontal et surtout espalier au levant. Cette 
variété et la Reinette du Canada grise donnent d'excellents 
résultats lorsqu'elles sont cultivées en cordons horizontaux. 

Ajoutons encore : Astrakan ronge, juillet-août ; Empereur 
Alexandre, octobre-novembre ; Pigeons d'hiver, hiver à mai ; 
Reinette du Canada, hiver; Api, etc. 

Prunier. — L'un des arbres fruitiers les plus rustiques et l'un 
de ceux qui demandent le moins de. soins. Peu difficile sur la 
qualité du sol, il prospère dans tous les terrains, à la condi- 
tion toutefois qu'ils ne soient ni trop arides ni trop humides. 
On le cultive ordinairement en plein vent, en haute tige, et sa 
place est surtout dans les vergers. Cependant on l'admet dans 
les jardins lorsqu'on dispose d'un emplacement qu'on ne sau- 
rait utiliser autrement, ou quand on peut cultiver dessous des 
plantes peu délicates, ne craignant pas l'ombre. Il se prête 
à la forme en palmetle, en espalier. 

Le Prunier se greffe sur lui-même et surtout sur sujets ob- 
tenus de semis, ceux obtenus de marcottage ou de drageon- 
nage étant moins vigoureux et ayant plus de tendance à 
donner des rejets. 

Meilleures variétés. — Mirabelle précoce. Fruit petit, arrondi, 
jaune pâle, mûrissant dès la fin de juillet, assez bon. Arbre" 
fertile. 



De Monsieur. Fruit assez gros, 



rouge violacé, prineux, 



très bon, mûrissant en août. 

Reine-Claude. La meilleure des prunes. Fruit assez gros, 
vert jaunâtre lavé de rose, mûrissant en août. Arbre très rus- 
tique et très fertile. 

Petite Mirabelle. Fruit petit, ovale arrondi, jaune doré, 
ponctué de carmin, mûrissant en août. Arbre buissonnant,' 
très fertile. 

Grosse Mirabelle. Très bonne variété. 

Reine-Claude diaphane. Variété à fruit jaune doré, lavé de 
iilas, mûrissant en août-septembre. Qualité excellente. 



VIGNE. 



293 



Tardive musquée. Fruit gros, viole pourpre, mûrissant jus- 
qu'à la fin de septembre. De très bonne qualité. 

Coes Golden drop. Fruit gros, ovoïde, jaune, pointillé de 
carmin. Bon fruit mûrissant en septembre. 

Vigne. — La Vigne prospère dans tous les sols, même dans 
les plus arides ; les terrains imperméables et marécageux 
lui sont seuls défavorables. Ses produits sont d'autant meilleurs 
qu'elle reçoit une somme de chaleur plus considérable. Sous 
le climat de Paris, le raisin cultivé en plein air arrive rare- 
ment à parfaite maturité ; ce n'est qu'en espalier et aux expo- 
sitions les plus chaudes, au levant et au midi, que l'on obtient 
de belles et excellentes récoltes. 

On multiplie la Vigne de marcottes ou de boutures prises 
sur des sujets vigoureux et fertiles; dans les régions envahies 
par le Phylloxéra, on plante surtout des cépages greffés sur 
Vignes américaines, qui résistent mieux aux attaques du ter- 
rible puceron. 

La plantation se fait à la fin de février ou au commencement 
de mars en rabattant les jeunes plantes sur deux yeux. 

La taille est absolument nécessaire pour la Vigne, qui sans 
cela produirait bientôt un grand nombre de sarments, s'en- 
chevètrant les uns dans les autres, et ne donnant qu'un très 
petit nombre de grappes mal développées. 

Pobmes. — Cultivée en espalier, cette piaule est surtout 
soumise à deux formes; le cordon horizontal et le cordon ver- 
tical. 

Le cordon horizontal permet d'équilibrer aisément les 
diverses parties du cep. Les branches charpentières doivent 
être de même longueur, elles ne doivent porter de conrsonnes 
que sur leur partie supérieure: celles-ci espacées de 25 ôenli- 
mètres les unes des autres. Dans les sols légers, et lorsque la 
Vigne est de vigueur moyenne, on donne une longueur de 
i m ,50 à chacun des bras du cep ; dans les terrains fertiles, 
cette longueur peut être plus grande; enfin, on peut la porter 
à 2 mètres et même à 2 m ,50, lorsqu'il s'agit de variétés vigou- 
reuses. 






296 



LE JARDIN FRUITIER. 






■ r 



Il ne faut jamais établir plusieurs cordons superposés sur 
le même cep, mais, pour garnir complètement la surface des 
murs, on fait alterner des pieds planlés à environ 75 centi- 
mètres de distance les uns des autres, lesquels portent deux 




Fig. 187. — Mur garni de Vignes en cordons horizontaux alternes. 

bras plus ou moins élevés sur tige de manière que le mur 
soit garni dans toute sa hauteur (treilles à la Thomery) • un 
ecartement de 50 centimètres devra être réservé entre les 
bras des différents ceps pour permettre le palissage des 
coursonnes(fig. 187). 

Le cordon vertical, très facile à obtenir, est généralement 
préféré à la forme précédente. On plante les ceps à 70 centi- 
mètres de distance les uns des autres, en les taillant sur deux 
yeux; des deux pousses qui se développent, on ne conserve 
que la plus vigoureuse, qui, l'année suivante, est taillée à 30 ou 
35 centimètres du sol sur trois yeux bien constitués : l'un au 
sommet et en avant du sarment devra continuer la tige, les 
deux autres, latéraux, formeront les premières coursonnes 
(rameaux à fruits); l'année suivante, le prolongement de la 
tige sera encore taillé sur trois yeux, ce qui donnera deux 
nouvelles coursonnes et un bourgeon de prolongement, et 
ainsi de suite jusqu'à ce qu'on ait atteint le sommet du mur. 

Pour garnir les murs très élevés, on plante les ceps à 40 cen- 



VIGNE. 



297 



timètres de distance les uns des autres, en faisant alterner 
des pieds ne dépassant pas la moitié de la hauteur du mur et 
garnis de coursonnes depuis la base jusqu'au sommet avec 
d'autres dénudés à la 
base et seulement munis 
de coursonnes pour gar- 
nir la partie supérieure 
dumur(lîg. 188). On peut 
ainsi utiliser les murs et 
murailles de toutes sor- 
tes de constructions, que 
trop souvent on aie grand 
tort de laisser sans em- 
ploi. 

Taille. — La taille se 
t'ait de février au 10 mars. 

La Vigne ne fructifie 
que sur les pousses nais- 
sant sur le bois de l'année 
précédente. 

Les pousses qui se déve- 
loppent accidentellement 
sur le vieux bois ne don- 
nent jamais de fruit. 

Pour obtenir les cour- 
sonnes, on taille sur deux 
yeux de la base les ra- 
meaux simples situés sur 
les branches de char- 
pente : on obtient ainsi 
des pousses placées deux 
par deux. 

Au moment delà taille, 
les coursonnes se com- 
posent de deux rameaux, l'un qui a fructifié et qui doit être sup- 
primé entièrement, le second que l'on taille sur deux yeux de la 

17. 




l'ig. 188. — Mur garni .le Vigne: 
en cordons verticaux allerues. 



298 



LU JARDIN FRUITIER. 



base : l'œil le plus rapproché de la branche de charpente 
donnera le rameau de remplacement pour l'année suivante, 
la pousse à fruit devant être fournie par l'œil le plus éloigné. 

S'il se développait plusieurs pousses, au lieu de deux, on 
conserverait les deux mieux constituées et l'on supprimerait 
complètement les autres au mois de mai. 

Les pousses conservées doivent être palissées lorsqu'elles 
ont atteint une longueur d'environ 30 centimètres, en ayant 
soin de ne pas les serrer trop avec les ligatures, afin qu'elles 
puissent grossir sans être étranglées. 

Lorsque les deux pousses conservées sur la coursonne n'ont 
de grappes ni l'une ni l'autre, on supprime la plus éloignée 
de la branche de charpente, afin que la sève ne soit pas em- 
ployée inutilement. 

Lorsque, dans les années fertiles, les deux pousses portent 
des grappes, on ne conserve que celle de la base qui fructifie 
et qui donne le remplacement. On ne doit pas laisser plus 
de une ou deux grappes sur chaque coursonne. 

Les pousses vigoureuses doivent être pincées lorsqu'elles 
atteignent une longueur de 40 à 50 centimètres, afin de 
favoriser le développement des pousses faibles. On pince 
également l'extrémité des pousses qui portent fruit, dans le 
but d'obtenir des grappes plus belles. La suppression des 
vrilles est aussi une bonne opération. 

On remplace les coursonnes épuisées en les rabattant au- 
dessus d'une pousse adventive née au talon sur la branche 
de charpente. 

En supprimant à l'aide de ciseaux des grains sur les grap- 
pes trop compactes, on permet à ceux qui restent d'acquérir 
un complet développement et d'arriver à parfaite maturité, 
l'air et la lumière circulant plus facilement autour d'eux. 
Cette opération doit être pratiquée lorsque le raisin a la 
grosseur d'un grain de chènevis. 

VincUion annulaire a pour but d'augmenter le volume du 
raisin et de hâter sa maturité : elle consiste à enlever un 
anneau d'écorce d'environ 5 millimètres de largeur, sur une 



VIGNE. 



299 



pousse, avant, pendant ou après la lloraison. C'est à 2 
ou 3 centimètres au-dessous de la grappe la plus inférieure 
qu'il faut pratiquer cette opération (fig. 189). 

Vépamprcment ou e feuillaison consiste dans la suppression 
des feuilles qui masquent 
les grappes et empêchent 
le soleil d'en venir dorer 
les grains. Il ne doit pas 
se faire en une seule fois, 
il faut même n'enlever que 
successivementles feuilles, 
en les coupant de manière 
à laisser les pétioles ou 
queues sur les tiges. 

Conservation. — On peut 
conserver le raisin sur la 
Vigne en mettant des grap- 
pes dans des sacs de crin ou 
de papier afin de les sous- 




Vifjou 



n. incision annulaire. 



traire aux attaques des insectes. 

Variétés hecommaxdabi.es. — Morillon hàtif. Mûrit en août. 
Grappe moyenne, assez compacte, grain noir, bon. Cultiver à 
très bonne exposition afin d'en hâter la malurité. 

Madeleine royale. Mûrit fin août. Grappe moyenne, assez 
compacte; grain moyen, blanc nacré, très bon; cépage vigou- 
reux, très fertile. 

Chasselas de Fontainebleau. Mûrit au commencement de 
septembre. Grappe grosse; grain assez gros, blanc nacré, 
ambré au soleil, superbe, de saveur délicieuse. Le meilleur 
des raisins de table. Cépage vigoureux et très fertile. 

Chasselas rose. Mûrit en septembre. Grappe assez grosse; 
grain assez gros, rose vif, très bon. 

Frankenthal. Mûrit en octobre. Grappe énorme; grain 
très gros, un peu ovoïde, noir bleuâtre, très bon. Cépage 
très vigoureux et fertile. Les pieds doivent être plus espacés 
que ceux des variétés précédentes. 






w 



300 



LE FRAISIER. 



CHAPITRE VI 
LE FRAISIER 

Le Fraisier prospère surtout dans les sols meubles et frais, 
ni trop secs, ni trop humides et à bonne exposition. On le 
multiplie, soit par séparation des coulants enracinés, soit par 
division des touffes ou par graines lorsqu'il s'agit de variétés 
sans filets. 

Les coulants doivent être pris sur de jeunes plantes, car 
ceux qui naissent sur de vieilles souches ne donnent que des 
produits médiocres. 

La plantation se fait en septembre-octobre, en lignes et en 
ménageant un espacement de 35 à 40 centimètres entre les 
plants ; dans les sols fertiles, et pour les variétés vigoureuses, 
il est préférable de planter à une dislance de 50 et même 
de 00 centimètres. 

Les soins à donner pendant la végétation consistent en la 
suppression des coulants qui se développent constamment; en 
binages et en arrosements pendant la période de grossisse- 
ment des fraises, surtout dans les sécheresses prolongées. Au 
moment de la floraison, on couvre le sol d'un bon paillis qui a 
le double avantage de maintenir la terre en bon état de fraî- 
cheur et de garantir les fraises de son contact salissant. 

Il est indispensable de renouveler les plantations de Frai- 
siers tous les trois ans : au bout de ce temps, la production se 
trouve considérablement diminuée. Il est par conséquent pru- 
dent de préparer de nouvelles plantations tous les deux ans, 
afin d'en avoir toujours en plein rapport. Plantées au nord, 
certaines variétés peuvent prolonger la saison des Fraises en 
donnant tardivement leurs produits. 

Bonnesvariktés. — Petites fraises : Fraise des quatre saisons 
rouge améliorée. Excellente variété de la petite Fraise des bois, 
très fertile, remontante. Fraise allongée, parfumée. 
F. des quatre saisons blanche. 



AIL. 



301 



F. des quatre saisons sans filets {Fraise de Gaillon) rouge et 

BLANCHE. 

Ces deux variétés sont très propres à former des bordures. 

Parmi les grosses fraises hâtives : May Quecn. Fraise moyenne, 
arrondie, carminée ; chair fondante sucrée acidulée. Variété 
rustique, ferlile, la plus hâtive. 

Marguerite. Grosse Fraise conique et bossuée, rouge rosé 
vernissé ; chair sucrée, peu parfumée. Variété rustique, l'une 
des plus fertiles. Très hâtive. 

Héricart de Thury. Fraise de bonne grosseur, de forme 
allongée, rentlée, de couleur rouge, à chair colorée, juteuse, 
sucrée, parfumée. Variété excellente, très rustique, très ferlile 
et hâtive. 

Victoria. Fraise de grosseur moyenne, arrondie, rose 
orangé ; chair fondante sucrée. Piaule robuste, très fertile. 

Parmi les grosses fraises de demi-saison : Docteur Morêre. 
Grosse Fraise, arrondie, rouge carminé ; chair rose, sucrée', 
parfumée. Variété vigoureuse, 1res fertile. 

Belle de Croncels. Fraise de grosseur moyenne, rouge pourpre ; 
chair très sucrée, acidulée. Variété robuste, très fertile. 

La Chàlonnaise. Grosse, ovoïde, rouge vermillon ; chair 
juteuse, sucrée, parfumée. Bonne variété très vigoureuse et 
très productive. 

Parmi les grosses fraises tardives -.Jucunda. Fraise moyenne, 
rouge vermillon, en forme de cœur; à chair assez juteuse, 
douce, un peu acidulée. 

Cérés. Grosse, conique, rouge vineux, à chair sucrée 
acidulée. Variété recommandable, vigoureuse et très productive. 

Doctor Hoyg- Grosse, carminée, à chair vineuse, sucrée. 

CHAPITRE VII 

LES LÉGUMES, CULTURE, CHOIX DE BONNES 
VARIÉTÉS 



Ail. — Il prospère surtout dans les sols sains et légers. On 



-itfi 



302 



LE JARDIN POTAGER. 



le plante en février-mars, en lignes, et en espaçant les gous- 
ses d'environ lo centimètres. Lorsque la tige a pris son entier 
développement, on noue en boucle l'extrémité des feuilles pour 
favoriser le développement des bulbes. La récolte se fait en 
juillet-août, lorsque les feuilles se dessèchent. Les bulbes sont 
laissés quelques jours sur le sol, afin qu'ils achèvent d'y 
mûrir, puis on les met en bottes que l'on suspend dans un 
endroit sec et aéré, de manière à les conserver pour les besoins 
de la cuisine et pour la plantation de l'année suivante. 
Appétit. — Voy. Ciboulette. 

Artichaut. — En hiver, il faut couvrir l'Artichaut de feuilles 
sèches ou de litière pour le garantir contre les froids. La cul- 
ture doit en être faite en terre profonde, meuble, bien fumée, 
plutôt humide que sèche, mais saine; les pieds sont plantés 
en lignes, à 1 mètre environ de distance les uns des autres. On 
détache au printemps les rejets ou œilletons qui naissent 
autour des vieilles touffes, lesquels servent à la multiplication. 
Les œilletons doivent être détachés de la plante, de manière à 
être munis d'un talon sur lequel naîtront les racines. 

Après la récolte des Artichauts, on coupe au ras du sol les 
tiges qui ont fructifié, puis, vers la fin de novembre, après 
avoir enlevé avec soin les feuilles les plus longues, on butte 
les pieds en ramenant autour d'eux une certaine quantité de 
terre, mais en laissant libre le cœur de la plante que l'on 
couvre de feuilles sèches. A la fi,! de l'hiver, ces couvertures 
sont enlevées ; on supprime les feuilles pourries et on procède 
à l'œilletonnage. 

Une plantation d'Artichauts est épuisée au bout de quatre 

ans. 

Variété. — La plus appréciée aux environs de Paris est l'A. 
gros vert de Laon. 

Asperge. — Plante vivace indigène dont le rhizome sou- 
terrain porle le nom de griffe. Les jeunes pousses ou turions 
constituent la partie recherchée; il faut les récolter avant 
qu'elles se soient développées au-dessus du sol. 

Cette plante peut être cultivée dans tous les terrains ; seules 






ASPERGE. 



303 



les terres humides et compactes lui sont défavorables; elle 
prospère surtout dans les sols meubles et légers, riches en 
engrais. On la multiplie de graines récoltées sur des pieds de 
choix, semées en mars en pépinière, qui donnent des griffes 
bonnes à planter au printemps suivant. 

Lorsqu'on veut faire une plantation d'Asperges, on pré- 
pare avec soin le terrain sur lequel on désire l'établir, par un 
labour et une bonne fumure faite avant l'hiver; en avril-mai, on 
divise ce terrain en planches larges de t m ,30 que l'on creuse 
d'environ 10 centimètres et dans lesquelles on répand du 
fumier bien consommé. On trace alors trois lignes longitudi- 
nales et parallèles : l'une au centre de chaque planche, les 
deux autres à 40 centimètres de distance de celle-ci, qui 
permettent de disposer les griffes en quinconce, de manière 
qu'elles se trouvent espacées d'environ 60 centimètres. La 
plantation s'effectue en plaçant chaque griffe sur une petite 
butte de terre haute de .ï centimètres, et eu disposant soi- 
gneusement les racines dans leur direction normale. On re- 
couvre ensuite le plant avec du terreau jusqu'à ce que les 
planches soient rétablies à leur hauteur primitive, ce qui fait 
que le collet des griffes se trouve enterré de o centimètres. 
A l'automne, on coupe à 25 centimètres du sol les tiges qui 
se sont développées, puis on répand autour d'elles des engrais 
bien consommés en binant la terre qui recouvre les griffes. En 
mars, on bine de nouveau pour mêler le terreau à la terre. 

Ces soins doivent se répéter pendant les trois premières 
années. 

La quatrième année, on butte les Asperges au commence- 
ment ou à la lin de l'hiver, en recouvrant les planches de 30 cen- 
timètres de terre. La récolte commence vers le mois d'avril 
et l'on peut couper les Asperges au fur et à mesure qu'elles 
se montrent, mais cesser la cueillette à la fin de juin, pour ne 
pas épuiser le plant. En juillet, on décharge les planches de la 
terre qui a servi à butter, puis, avant l'hiver, on donne une 
nouvelle fumure qui sera d'autant plus active que l'engrais 
se trouvera ainsi placé à une petite distance des griffes. A partir 



^m 



:«)4 



LE JAKDIN POTAGER. 



de cette époque, les soins à donner consistent à sarcler et à 
biner, à enlever les tiges sèches à l'automne et à fumer tous 
les deux ou trois ans au commencement ou à la fin de l'hiver 
puis à butter avant le développement des turions. Une plan- 
tation bien soignée peut durer de dix à quinze ans. 

On peut facilement se procurer du plant d'Asperge dans le 
commerce. 

Variétés recommandables. - A. d'Argenteuil hâtive et A 
a Argenteuil tardive. 

Betterave. — Les B. rouge grosse et Crapaudine sont les plus 
cultivées pour être cuites et mangées en salade. Semer du 
lo mars en mai en terre bien ameublie et fumée, éclaircir 
le plant dès qu'il a cinq ou six feuilles, de manière que les 
pieds conservés soient espacés d'environ 35 centimètres. Sar- 
cler, biner, arroser pendant la végétation. La récolte a lieu en 
novembre. Les racines sont enterrées dans du sable, dans 
une serre à légumes ou dans une cave bien saine où elles 
peuvent se conserver jusqu'en mai. Planter en mars quel- 
ques belles racines pour récolter la semence. La graine germe 
encore au bout de cinq ans de conservation. 

Cardon. — Plante vivace de lm,50 à 2 mètres de hauteur, 
cultivée comme annuelle. La partie comestible est le pétiole 
des feuilles. 

On multiplie le Cardon par graines que l'onsème enavril, sur 
couche, ou en mai, en place, en sol fertile. Un espacement de 
1 mètre doit être ménagé entre les plantes. Pendant les pre- 
miers mois qui suivent le semis, on peut utiliser le terrain 
par des cultures intercalaires de Laitue, Romaine, Épinards, 
Radis, etc. 

Des arrosages copieux sont nécessaires pendant l'été. 

En septembre, les plantes ont atteint l m ,50 et davantage de 
hauteur; on les lie, on les butte et on enveloppe de paille ou 
de paillassons les plantes qui, privées de lumière, s'étiolent et 
peuvent ensuite être utilisées en cuisine. A l'entrée de l'hiver, 
les Cardons sont arrachés et mis en jauge dans la serre à 
légumes ou la cave pour être utilisés à mesure des besoins. 



CÉLERI. 



305 



Les Cardons de Tours et plein inerme sont les variétés les plus 
estimées. 

Carotte. — Elle exige un sol profond et léger, dans 
lequel elle puisse enfoncer facilement ses racines qui, sans 
cela, se ramifieraient. On prépare à l'automne le terrain que 
l'on destine à cette culture en le labourant profondément et en 
le fumant. Les semis se font successivement de mars en juin 
et la récolte alieu, selon les cas, de juillet jusqu'en novembre. 

On sème à la volée. On fait un éclaircissage pour que les 
racines puissent se développer aisément; après quoi, on prend 
au fur et à mesure les plus grosses, afin de faciliter la 
croissance de celles qui restent. 

Avant l'hiver, on arrache les Carottes destinées à former la 
provision pour la mauvaise saison, puis on les enterre dans 
du sable, soit à la cave, soit dans une serre à légumes, en 
ayant soin de supprimer les feuilles au niveau du collet. 

Quelques racines munies de feuilles sont conservées à part 
pour être plantées en pleine terre en mars comme porte- 
graines. La graine se conserve pendant quatre ans. 

Variétés recommandables. — C. rouge courte de Hollande, pour 
semis de printemps ; C. rouge demi-longue obtuse ; C. demi-longue 
pointue, pour saison moyenne; C. demi-longue Nantaise, demi- 
longue de Carentan, excellentes variétés pour semis d'été ; 
C. rouge longue, variété à grand rendement et tardive. 

Céleri. — Pour récolter en juillet-août, semeren mars, sur 
côtière ou en planche bien exposée au midi, en terre bien 
terrautée et sous cloche; planter à demeure en avril-mai, eu 
espaçant les pieds d'environ 30 centimètres, puis sarcler, 
biner et arroser lorsque cela est nécessaire. Le Céleri exige 
beaucoup d'eau et beaucoup d'engrais. Lorsque les plantes ont 
acquis leur complet développement, on les lie de manière que 
les feuilles intérieures soient bien recouvertes par les exté- 
rieures ; on les enveloppe alors de paille pour les abriter de la 
lumière, ou on les bulte en ramenant successivement de ia 
terre autour d'elles jusqu'à l'extrémité des côtes princi- 
pales. Au bout d'une vingtaine de jours, le Céleri est 



306 



LE JARDIN POTAGER. 






blanchi et bon pour être consommé. Le Céleri de seconde 
saison se sème en mai-juin à une exposition abritée ; on 
le repique comme il a été dit précédemment, puis on le 
fait blanchir, lorsqu'il est suffisamment développé. Pour 
éviter qu'il ne gèle pendant l'hiver, on couvre les planches 
avec des paillassons, de la paille ou des feuilles sèches qu'on 

enlève les jours de beau 
temps pour empêcher la 
pourriture. On peut ainsi 
conserver ce légume jusqu'à 
la fin de l'hiver. 

Laisser en place quelques 
beaux pieds destinés à la 
production de la graine dont 
la récolte aura lieu à l'au- 
tomne suivant. 

Variétés recosimandables. 
— C. plein blunc; C. plein 
blanc court u grosse côte. 

Céleri rave. — Comme le 
céleri ordinaire, cette plante 
exige une terre profonde, 
bien labourée, fortement 
fumée et de copieux arrose- 
ments pendant sa végélation. 
On le sème en mars, en 
pépinière, puis on le repi- 
que en mai, en espaçant les 
pieds d'environ 40 centimè- 
tres. Pendant le développe- 
ment de la plante, on re- 
tranche quelques grandes feuilles et les racines latérales, puis 
on butte. La récolte des tubercules a lieu en septembre, 
oclobre et novembre. On enterre dans le sable d'une serre 
à légumes, dans une cave ou dans le cellier, les racines que 
l'on désire conserver pour l'hiver. 




Fig. 190. — Céleri rave. 



CHICORÉE FRISÉE. 



:!07 



Variétés rf.comman'dables. — C. rave d'Erfurt (fig. 190) el 
C. rave gros lisse de Paris. 

Cerfeuil. — Peut être semé pendant presque toute l'année, 
de mars en septembre, en terre bien fumée et fraîche, et en 
place. Semer à l'exposition du nord et à l'ombre pendant l'été. 
La recolle commence uumois après le semis. 

Variétés. — C. commun ; G. frisé. 

Chicon. — Voy. Laitue romaine. 

Chicorée sauvage. — C'est par l'étiolemeut des racines 
de certaines variétés de celte plante qu'on obtient la B ube de 
capucin et laBarbe de rapucin pommée (Wittloof): cette dernière 
vendue à Paris sous le nom impropre à'Endive qn: s'applique 
à la Chicorée frisée et à la Scarole. 

La Chicorée sauvage, cultivée dans le jardin comme salade, 
doit être semée en bordures ou en planches. On sème à la 
volée et très dru. On récolte au fur et à mesure des besoins en 
coupant les feuilles un peu au-dessus du sol. Il faut faire de 
nouveaux semis tous les ans. Il existe une variété de Ch. sau- 
vage à feuilles panachées. 

Une race nommée Ch. sauvage améliorée est remarquable par 
ses feuilles amples, rappelant celles de la Scarole. On la cul- 
tive comme la Ch. sauvage ordinaire, mais le semis doit être 
fait liés clair pour permettre aux plantes de prendre tout 
leur développement. lien existe une variété a feuilles pana- 
chées. 

Chicorée frisée (Endive). — Semer en avril-mai, sur cou- 
che, ou bien en juin-juillet, à l'air libre, en pleine terre, à mi- 
ombre, en terre meuble et bien terreautée; lorsque le plant a 
cinq ou six feuilles, repiquer en planches recouvertes de 
paillis, en espaçant les pieds d'environ HO centimètres, puis 
arroser copieusement pendant les grandes chaleurs. 

Quand les plantes ont atteint tout leur développement, on 
relève les feuilles extérieures et on les lie alin de faire blan- 
chir le cœur. Cette opération doit être faite par un temps sec 
et l'on doit éviter ensuite que l'eau des arrosements pénètre 
dans le cœur des plantes, ce qui les ferait pourrir. 



308 



LE JARDIN POTAGER. 



A la fin de l'automne, les Chicorées liées sont couvertes de 
paillassons, pour être abritées contre le froid. On peut en 
conserver jusqu'en janvier, en les enterrant à demi dans le 
sable d'une serre à légumes ou dans une cave bien saine. 

Variétés recommandables. — Ch. frisée fine de Rouen ; Ch. frisée 
de Ruffec ; Ch. frisée de Meaux. 

Chicorée Scarole. — Culture semblable à celle de la Chi- 
corée frisée. La graine de Chicorée conserve sa faculté germi- 
native pendant plusieurs années; on la récolte sur des pieds 
replantés au printemps et choisis comme étant les plus 
beaux. 

Variété recommandable. — Scarole fondé où verte, connue 
aussi sous les noms de Scarole ou Endive de Meaux. 




Fig. 191. — Chou Cœur de B<ruf. 



Chou. — Ils prospèrent surtout dans les terres substantielles, 
fraîches et bien fumées. Ils exigent des arrosements copieux 



CHOU. 



309 



pendant l'été. Jeunes, ils sont sujets à être dévorés par l'Altise 
ou puoe^de terre ; plus développés, ils sont très recherchés par 
les chenilles de certains papillons. Il est indispensable de 
détruire autant que possible ces divers insectes. 
Les Choux de première saison ou de printemps doivent être 




Fig. 10i. — Chou Je Milan 



semés dans la seconde quinzaine d'août, en pépinière et en 
planche bien terreautée; dans les terres légères et chaudes, on 
peut planter à demeure au mois d'octobre, le long d'un mur 
au midi ou en planche bien exposée, en espaçant les pieds 
d'environ 40 centimètres; dans les terres humides et fraîches, 
il est préférable de repiquer le plant à 15 centimètres de dis- 
lance pour ne planter définitivement qu'en février-mars. 



310 



LE JARDIN POTAGER. 



Lorsque l'hiver est rigoureux, il est bon de couvrir les planta- 
lions avec des feuilles sèches ou de la paille. Les variétés qui 
conviennent le mieux pour cette saison sont : Ch. d'York petit 
hàtif, Ch. Pain de sucre, Ch. Cœur de Bœuf (Rg. d'.U . 

Les Choux d'été et d'automne se sèment en mars-avril, en pépi- 
nière; un mois après, le plant est bon à être mis en place, 
en espaçant les pieds de 50 à 75 centimètres selon le volume 
que peuvent acquérir les variétés que l'on cultive. Les soins 
à donner ensuite consistent en sarclages, en binages et en 
anosements, lorsque cela est nécessaire. La récolte a lieu de 
juillet jusqu'à l'automne. Les Ch. de Saint-Denis, Cœur de 
Bœuf gros, de Poméranie, de Milan ordinaire (lig. 192), sont très 
recommandables pour cette saison. 

Les Choux d'hiver doivent être semés en mai-juin et repiqués 
en place lorsque le plant est suffisamment développé. Les Ch. 
de Vaugirurd, Milan des Vertus et à grosse côte sont ceux qui 
résistent le mieux à nos hivers. Avant la mauvaise saison, il 
est bon cependant d'arracher les pieds bien pommés et de les 
metlre en jauge très rapprochés les uns des autres, afin de 
pouvoir facilement les abriter avec des paillassons ou des 
feuilles sèches pendant les grands froids, mais en ajant soin 
de les découvrir par les temps doux. On peut conserver ces 
Choux jusqu'en mai. 

La graine de Chou conserve sa faculté germinative pendant 
plusieurs années; on la récolle sur les pieds de choix aux- 
quels on supprime les pommes. Les trognons, mis en jauge 
pour passer l'hiver, sont plantés au printemps et fructifient 
en juillet-août. 

Chou de Bruxelles. — Semer de mars en juin, en pépi- 
nière ; au bout d'un mois, repiquer en place. Selon l'époque 
du semis, la récolte aura lieu à l'automne ou en hiver. Le 
Chou de Bruxelles résiste bien à la gelée : la variété Ch. deB. 
ordinaire est très recommandable. 

Chou-fleur. — Il prospère surtout dans les régions où 
l'atmosphère est humide et la température moyenne un peu 
plus élevée que celle des environs de Paris. La Bretagne en 



CHOU. 



311 



produit une quantité considérable et approvisionne en partie 
le marché de la capitale pendant l'été, alors que ce légume ne 
croit que très difficilement dans le centre de la France. 

Dans noire région, on n'obtient le Chou-fleur qu'à la condi- 
tion de le cultiver dans un sol frais, riche en engrais et main- 
tenu constamment humide par des arrosements abondants. 

Races et variétés. — On devise les Ch. -fleurs en trois races: 
les tendres, les demi-durs et les durs. 

Les variétés qui appartiennent à la première catégorie con- 
viennent tout particulièrement à la culture sous châssis, dont 
nous n'avons pas à parler ici; les Ch. -fleurs demi-durs sont 
propres surtout aux cultures d'été ; enfin, les durs sont pré- 
férés pour la troisième saison, dont les produits servent à la 
consommation d'hiver. 

Choux-fleurs d'été. — Semer de fin avril au 13 mai, sur vieille 
couche ou en terrain meuble, bien terreauté, à bonne expo- 
sition ; repiquer en place dans la première quinzaine de juin 
sur l'emplacement d'Oignon blanc, Carottes hâtives ou- 
salades déjà récoltés. Ne choisir que du plant bien développé 
et rejeter celui dont le cœur est mal formé ; laisser environ 
60 centimètres d'intervalle entre les pieds et enterrer les 
plantes jusqu'au collet. Une fois la plantation terminée, il est 
nécessaire de couvrir le sol d'un bon paillis qui le maintiendra 
frais. 

Le Chou-fleur Lenormand et sa variété à'pied court sont les 
plus recommandables pour celte saison. 

La récolte a lieu en août-septembre. 

Lorsque les pommes commencent à se montrer, il est néces- 
saire de les abriter de la lumière à l'aide des feuilles inté- 
rieures que l'on rabat sur elles : on obtient ainsi des pommes 
plus blanches et plus développées. 

Choux-fleurs d'automne. — Semer dans la première quinzaine 
de juin, à l'ombre, dans un sol bien terreauté et maintenu 
constamment frais à l'aide de bassinages répétés. Le semis 
doit être clair. 

Rppiquer en place en juillet. Selon qu'on aura semé des 



3)2 



LE JARDIN POTAGER. 



variétés demi-dures ou dures, la récolte aura lieu en septem- 
bre-octobre ou en novembre-décembre. Les Choux-fleurs ré- 
coltés à cette dernière époque peuvent être conservés pour 
l'hiver, suspendus la tète en bas, dans la serre à légumes, 
dans un cellier ou dans un sous-sol à l'abri de la gelée et de 
l'humidité. 

La variété qui convient le mieux pour cette saison est le 
Clwu-fleur dur de Hollande. 

Chou rave (fig. 193). — Semer de mars en juin, en pépi- 
nière ; repiquer en place en laissant un intervalle de 40 ceii- 




Fig. 194. — Chou navet. 



timètres entre les pieds. Récolter environ deux mois après. 

Variétés. — Ch. rave blanc hâtif de Venise et violet hâtif de 
Vienne. 

Chou navet (fig. 194) et Rutabaga. — Contrairement au 
Chou rave, qui produit une partie renflée, comestible, sur la 



COURGE. 



313 



tige, à une certaine hauteur au-dessus du sol, ces deux 
plantes donnent leur tubérosité en terre. Leur culture est 
d'ailleurs analogue à celle du Gh. rave. Ces divers légumes 
sont arrachés à l'entrée de l'hiver et conservés en cave pour 
la consommation. Nous recommandons surtout le Ch. navet 
blanc et le Rutabaga à collet rouge. 

Ciboule commune. — Semer en place, en terre meuble, de 
février-mars en avril-mai ; sarcler, éclaircir et arroser, si cela 
est nécessaire. On peut commencer à récolter trois mois après 
le semis. Au commencement de l'hiver, on met en jauge un 
certain nombre de pieds qu'on abrite contre les grands froids, 
en les couvrant de feuilles sèches ou de litière. 

La graine de Ciboule se récolte sur des pieds de deux ans; 
elle conserve sa faculté germinative pendant trois ans. 

Ciboulette, Civette, Appétit, Cive. — Beaucoup plus petite 
que la précédente, mais employée aux mêmes usages. La 
Ciboulette est une plante bulbeuse vivace que l'on cultive 
surtout en bordures, lesquelles doivent être replantées tous 
les deux ou trois ans. On multiplie cette plante par division 
des touffes, en mars-avril. 
Cive, Civette. — Voy. Ciboulette. 

Concombre a cornichons. — Semer en place en mai, le long 
d'un mur bien ensoleillé, en terre bien meuble et fortement 
fumée et de manière que les pieds se trouvent espacés d'en- 
viron 1 mètre. Couvrir les jeunes plantes de cloches jusqu'au 
moment où la température est assez chaude pour qu'on puisse 
les abandonner à elles-mêmes. On les pince pour lesfaiie 
ramifier et on les arrose quand cela est nécessaire. La récolte 
des jeunes fruits se fait au fur et à mesure de leur développe- 
ment, d'août en septembre. 
Cornichon. — Voy. Concombre. 

Courge. — La C. sucrière du Brésil, les Potirons rouge vif 
d'Étampes, jaune gros (énorme), turban (Giraumon ou Bonnet 
turc) sont les variétés les plus répandues. On doit les semer 
dans la première quinzaine de mai, en place, sur poquets (trous 
remplis de fumier recouvert de 20 centimètres de terreau) 
D. (Sois. — Le petit jardin, 1' édit. 18 



314 



LE JARDIN POTAGER. 




placés à une distance de 3 mètres les uns des autres. On met 
habituellementtroispieds par poquet.Ces plantes exigentd'être 
plantées à bonne exposition et il est indispensable de les 
arroser fréquemment et copieusement. Pour obtenir des fruits 
bien développés, on taille chaque pied de manière à ne laisser 
subsister que deux branches latérales sur la tige principale, 
branches latérales qui porteront un ou plusieurs fruits selon 
les variétés, et d'autant moins qu'ils sont capables d'acquérir 
un plus grand volume. 

Cresson alénois, - Petite plante annuelle qui prospère 
dans tous les sols; elle germe rapidement, mais monte 
vite à graines pendant l'été. Il est par conséquent nécessaire 
d'en faire fréquemment des semis durant cette saison, et de 
préférence à l'ombre. On peut commencer à semer en 'pleine 
terre dès les premiers jours de mai. 

Les C. alénois frisé, à larges feuilles et doré sont également 
recommandables. 

Crosne (fig. 195). — Légume généralement estimé et 
d'autant plus précieux qu'il constitue une bonne ressource 
pour l'hiver. 

Nous ne donnerons ni la description de la plante ni son his- 
toire, qui ne sauraient trouver place ici. C'est de la Chine 
septentrionale que le D' Bretschneider a envoyé en France 
les premiers tubercules (1) que nous avons cultivés à Crosne 
et qui ont servi à propager la plante en Europe. 

Le Crosne (Stachys affinis Bunge) est une plante vivace, 
d'environ 30centimètres de hauteur, en touffes de la souche des- 
quelles naissent de nombreux rhizomes tubéreux, noueux, 
d'un blanc nacré, qui constituent la partie comestible. 

Celte plante est très rustique et d'une culture extrêmement 
facile dans toutes les terres meubles, fraîches et bien fumées. 

On plante en mars, en mettant deux ou trois tubercules 
dans de petits trous disposés en lignes, de manière à laisser 
un espacement de 30 centimètres entre les touffes. Les soins 



(1) Paillieux et Bois. Potager d'un Curieux, 2» éd., p. 132. 



ClîOSNE. 



315 



à donner pendant la végétation consislent en sarclages et en 
binages chaque fois que cela est nécessaire. 

La récolte ne doit se faire qu'à partir du 13 novembre : 
avant cette époque, les tubercules sont incomplètement for- 




Fig. HI5. — Crosne. 



mes; on peut la prolonger jusqu'en février-mars, en arrachant 
le légume au fur et à mesure des besoins, car on ne peut le 
conserver que quelques jours lorsqu'il est hors de terre. Le plus 
simple est de tout récolter en novembre et d'enterrer les 
tubercules dans la serre à légumes ou dans un endroit à l'abri 
du froid et de l'humidité, la récolle dans le jardin étant 
impossible lorsque la terre est gelée. 



316 



LE JARDIN POTAGER. 



Il n'est pas nécessaire de gratter ni d'éplucher le Crosne pour 
le faire cuire : un simple lavage suffît. On le plonge pendant 
sept ou huit minutes dans de l'eau bouillante un peu salée, et 
on peut ensuite le préparer comme les flageolets avec beurre 
et persil ; on peut aussi le faire sauter, le mettre en salade, etc. ; 
c'est un légume d'un aspect agréable, très tendre, d'une 
saveur douce, fine, assez analogue à celle du fond d'Artichaut. 

Douiette. — Voy. Mâche. 

Échalote. — Elle prospère surtout dans les terres saines 
et légères, anciennement fumées. En février-mars, on plante 
les bulbes, soit en planches, soit en bordures, en les espaçant 
d'environ 10 centimètres et en les enterrant à peine pour que 
l'humidité du sol ne les fasse pas pourrir. La récolte a lieu en 
juillet, lorsque les feuilles commencent à se dessécher. On 
arrache les touffes, puis on les laisse deux ou trois jours 
exposées au soleil. Les bulbes sont ensuite séparés et mis dans 
un endroit sain pour y être conservés. 

On cultive surtout VE. ordinaire à bulbes pyriformes, qui est 
d'une très bonne conservation, etl'E. de Jersey àbulbes arrondis. 

Endive. — Voy. Chicorée frisée et Chicorée Scarole. 

Épinard. — On peut semer les Épinards depuis le mois 
de mars jusqu'en octobre, en place, dans une terre meuble, 
fraîche et bien fumée, et en lignes distantes de 15 centimètres. 
Il faut arroser fréquemment et semer à l'ombre pendant l'été, 
les plantes montant très vite à graines pendant cette saison. 
En cueillant avec soin les feuilles sans endommager le cœur 
des plantes, on peut en obtenir plusieurs récoltes. 

Parmi les variétés les plus recommandables, nous citerons 
Ï'E. d'Angleterre lent à monter, pour les cultures d'été ; VE. de 
Hollande (E. rond), très cultivé; VE. de Viroflay. La meilleure 
graine est celle que l'on récolte sur les pieds semés à l'automne 
et qui fructifient l'été suivant. 
Escarole. ■ — Voy. Chicorée Scarole. 

Estragon. — Plante vivace, de culture facile, se multi- 
pliant par division des touffes au printemps. Bien que l'Es- 
tragon ne soit pas très délicat, il est prudent de couper ses 



HARICOT. 



317 



tiges avant l'hiver et de couvrir les souches de quelques 
centimètres de terreau. 

Fève. — On sème les Fèves en mars-avril, en place, en 
terrain frais et bien fumé, en bordures ou en lignes distantes 
de 30 centimètres, en mettant trois ou quatre graines dans des 
trous espacés d'environ 30 centimètres. Généralement, on pince 
l'extrémité des liges lorsque les plantes sont en pleine florai- 
son ; quelques binages sont favorables à leur développement. 

Les Fèves sont meilleures lorsqu'on les cueille à l'état jeune; 
en coupant les tiges au moment de la récolle, on peut espérer 
une seconde production sur les nouvelles ramilications qui se 
développent. 

L'une des meilleures variétés est la Fève de marais grosse 
ordinaire. 

Haricot. — Les Haricots prospèrent surtout dans les sols 
meubles et frais et préfèrent les engrais consommés; ils sont 
très sensibles au froid. 

Les variétés hâtives sont ordinairement semées du l.'i au 
30 avril; presque toutes les autres, destinées à être cueillies 
en vert, peuvent être semées depuis la première quinzaine de 
mai jusqu'au mois d'août. On sème en lignes en mettant 
cinq ou six graines dans de petits trous, de manière que les 
touffes se trouvent espacées de 40 à 80 centimètres, selon 
que la variété adoptée est naine ou grimpante. La récolte des 
jeunes gousses a lieu au fur et à mesure de leur développement. 

On doit sarcler, biner et arroser lorsque cela est nécessaire, 
et mettre en temps opportun des rames dans les planches où 
sont cultivées des variétés grimpantes. 

Les variétés cultivées pour leur grain exigent les mêmes 
soins que les précédentes, mais on doit cesser d'en semer au 
15 juin. 

Variétés recommandables. — H. mange-tout, a rames: H. Pré- 
dome, demi-tardif; H. Princesse; H. d'Alger noir ou II. beurre 
noir ; H. beurre blanc. 

H. man&e-toot nains : H. d'Alger noir nain; H. jaune de la 
Chine ; H. nain blanc unique ; Prt'dome nain. 



w 
w 

w 



318 



Lli JAIlMN POTAGKR. 



Dans ces variétés, on mange les cosses avec le grain très 
développé. 

Les variétés de H. à écosser conviennent surtout à la grande 
culture pour la production des Haricots secs. 

H. a cueillir en vert: H. flageolet blanc, variété très recom- 
mandable, dont les jeunes goussesou aiguilles sontexcellent.es 
et dont le grain consommé à l'état frais est également très 
bon ; le H. flageolet à grain vert ou H. Chevrier est très estimé ; 
les H. noir de Belgique et le H. Bagnolet ou H. Suisse gris 
sont spécialement cultivés pour la production des Harii-ots 
verts. Ces diverses variétés sont naines. 

Les Haricots conservent leur faculté germinative pendant 
deux ans. 

Laitues. — Elles aiment les terres profondes, meubles, bien 
fumées, et de copieux arrosements pendant l'été. On les sème 
à la volée et l'on repique le plant lorsqu'il a cinq ou six feuilles. 
On classe ordinairement les Laitues en trois groupes : Les L. 
de printemps, d'été et d'hiver. 

Laitues de printemps. — On doit les semer en mars, en sol bien 
terreauté, sous cloche, au pied d'un mur exposé au midi. On 
repique en place environ un mois après, en espaçant les pieds 
de 25 à 30 centimètres. 

Variétés recommandables. — L. Gotte lente à monter (fig. 196) 
L. a bord rouge. 

Laitues d'été. — Semer de mars en juillet, repiquer en pé- 
pinière et mettre en place lorsque le 
plant a cinq ou six feuilles. Arroser 
copieusement par les temps secs 
et couvrir le sol de paillis afin qu'il 
se maintienne frais. 

Variétés recommandables. — L. 
blonde d'été ou Royale, très bonne; 
L. grosse blonde paresseuse ; L. Impériale ; L. Palatine; L. hâtive 
de Simpson ; L. chou de Naples. 

Laitues d'hiver. — Semer du lo août au 15 septembre. 
Repiquer en place à la fin d'octobre, en terre bien saine et à 




Fig. 196. 



L'utile Gotte. 



MACHE. 



319 



lionne exposition, de préférence le long d'un mur bien enso- 
leillé. Pendant les grands froids, recouvrir les plantations 
avec des paillassons ou simplement avec de la paille qu'on 
enlève lorsque le temps est doux. 

Variétés rbcommandables. — L. Passion, L. rouge d hiver 
<f:g. (97), L. brune d'hiver, L. grosse blonde d'hiver. 




Fig. 197. — Laitue rouge d'hiver. 

Laitue Romaine, Chicon. — La culture est semblable à 
■celle de la Laitue ordinaire. 

Bonnes variétés pour chaque saison. — Romaines de prin- 
temps : R. blonde maraîchère, R. oerte maraîchère. 

R. d'été : Brune anglaise, H. Ballon ou de Bougival. 

R. d'hiver : Verte d'hiver, Rouge d'hiver. 

On a l'habitude de lier les Romaines afin de les faire blan- 
chir intérieurement. 

On récolle les graines sur des pieds semés de très bonne 
heure au printemps. Elles conservent leur faculté germina- 
tive pendant trois ans. 

Mâche ou Doucette. — Elle croit sans soins dans tous les 
solset à toutes les expositions. Cette salade, que l'on peut récol- 
ter depuis l'automne jusqu'en mars, permet d'utiliser pen- 
dant la mauvaise saison touies les parties du jardin qui sans 
cela resteraient improductives. 

Les meilleures sortes sont la Mâche ronde et la M. d'Italie. 



320 



LE JARDIN POTAGER. 



Semer à la volée et assez clair, en seplembre-octobre, en ayant 
soin de ne pas enterrer trop les graines. 

On conserve quelques pieds pour la production de la 
semence qui mûrit au mois de juin. La graine conserve sa 
faculté germinative pendant environ quatre ans. 

Melon. — La culture du Melon Cantaloup, sous le climat de 
Paris, n'est possible qu'à l'aide de couches et de châssis. 

Il n'en est pas de même des M. brodés, parmi lesquels le 
M. vert à rames ou if. vert grimpant mérite surtout d'être 
recommandé comme étant d'excellente qualité. On en sème 
les graines dans les premiers jours de mars, sur couche et 
sous châssis. Le jeune plant est planté dans les premiers 
jours de juin sur poquets remplis de fumier recouvert de 
terreau, le long d'un mur ou d'un treillage à bonne exposition, 
et on l'abrite avec des cloches jusqu'au moment où la tem- 
pérature est suffisamment élevée pour que l'on puisse les 
enlever. On fixe les tiges, à mesure qu'elles se développent, au 
treillage ou sur le mur. Les fruits, de faible volume, mais 
produits en grand nombre, ont la chair verte, fondante, 
sucrée. 

Navet. — On sème les Navets en juillet-août en place, à la 
volée et assez clair. Les soins à donner pendant la végétation 
consistent à arroser lorsque cela est nécessaire, à sarcler et à 
éclaircir pour laisser un espace suffisant entre les pieds. On 
sème également en mars-avril certaines variétés qui permettent 
d'attendre la récolte principale qui est celle de l'arrière- 
saison. 

Les semis de Navels sont souvent détruits par l'Altise ou 
Puce de terre : on est quelquefois obligé de les recommencer. 
Variétés recommandables. —IV. long des vertus Marteau (fig. 198) 
à racine blanche, longue d'environ 15 centimètres, cylindrique, 
renflée à la base. Excellente variété pouvant être récoltée deux 
moiset demi après le semis, cultivable en toute saison. — IV. de 
Freneusc, le meilleur des Navets à chair sèche. Racine fusi- 
forme, grisâtre. Chair blanche, ferme, sucrée. Cette variété 
ne réussit bien que dans les terres légères. — N. jaune long, 



OIGNON. 



321 



tardif, de très bonne qualité, d'environ 15 centimètres de 
longueur, jaune terne. Chair jaune, ferme, sucrée. — N. blanc 
plat hâtif, de printemps. —N. rouge plat hàtif, de printemps. — 
iV. jaune de Montmagny, d'été. 

Parmi les racines destinées à la provision d'hiver, on choisit 
les plus belles, qu'on con- 
serve en place ou en jauge 
pour la production des grai- 
nes qui mûrissent en juin et 
dont la faculté germinative 
dure environ cinq ans. 

Oignon. — 11 prospère 
surtout dans les terres lé- 
gères, fumées avec des en- 
grais très consommés et pré- 
férablement dans celle où le 
fumier a été mis l'année 
précédente. Semer à la vo- 
lée, du 15 février au 15 mars, 
sarcler et éclaircir de ma- 
nière à laisser aux bulbes 
l'espace nécessaire pour 
leur développement. La ré- 
colte a lieu, selon les variétés, depuis la lin de l'été jusqu'en 
automne. On arrache les bulbes et on les laisse se ressuyer 
pendant quelques jours sur le terrain avant de les rentrer. 

Variétés recommandables. — 0. blanc hàtif de Paris, très pré- 
coce et de bonne qualité. On le consomme généralement avant 
qu'il ait acquis son complet développement. On peut le semer 
dans la première quinzaine d'août, le repiquer en place en 
octobre pour le récolter en avril-mai. Pendant les grands 
froids, il est nécessaire de le couvrir de feuilles sèches ou de 
paillassons. — 0. jaune de Danvers, précoce très recomman- 
dable, de bonne conservation. — 0. jaune paille des Vertus, 
excellente variété très répandue, très productive, se conser- 
vant bien. — 0. jaune soufre d'Espagne, de moyenne saison. 




Fis. I! ; 



— Navet des vertus, race 
Marteau. 



_r 



322 



LE JARDIN POTAGER. 



S 



I 



Excellent, productif, de bonne conservation. — 0. rouge pâle 
de Niort. — 0. rouge vif de Mézières. 

Les plus beaux Oignons doivent être mis à part pour la pro- 
duction des graines. On les plante en février-mars et la 
récolte a lieu à la lin de l'été. 

Oseille. — Prospère dans tous les sols. Elle préfère les 
terres profondes, légères, ni trop sèches, ni trop humides. Mul- 
tiplication par division des touffes, au printemps, ou de semis 
faits à cette même époque, en planches ou en bordures. Éclair- 
cir le plant et arroser si cela est nécessaire. On peut commen- 
cer à récoller deux mois après le semis. Il est nécessaire de 
renouveler les plantations tous les deux ou trois ans. La 
variété la plus recommandable est YO. de Belleville. 

Panais. — Semer à la volée, en février-mars, et éclaircir 
après la germination Plante très rustique, ne craignant nulle- 
ment le froid. 

Le P. rond est certainement la meilleure variété à recom- 
mander pour les jardins. 

Persil. — Semer depuis mars jusqu'en juillet, en bordures 
et en terre bien meuble. Les graines germent ordinairement 
au bout d'un mois et l'on peut commencer la récolte trois 
mois après le semis. Semer à l'automne le long d'un mur 
exposé au midi pour avoir des feuilles au printemps; pour 
n'en pas manquer pendant l'hiver, abriter les plantations avec 
des feuilles sèches ou des paillassons. 
Variétés principales. — P. ordinaire et P. frisé. 
La graine conserve sa faculté germinative pendant deux ou 
trois ans. 

Pimprenelle. — On en fait des bordures en semant en 
place, au printemps. Plante très rustique, prospérant sans 
soins. 

Poireau. — Le Poireau prospère surtout dans les sols bien 
meubles, fumés d'avance ou dans lesquels on a mélangé des 
engrais bien consommés. On le sème habituellement en 
pépinière, en mars ou en mai, pour récolter à l'entrée de 
l'hiver. On repique le plant lorsqu'il a acquis la grosseur d'un 



POIS. 



323 



tuyau de plume, en laissant un intervalle de 15 à 20 centi- 
mètres entre les pieds, qui sont plantés en lignes distantes de 
40 centimètres, en choisissant de préférence un temps frais 
et couvert pour faire cette opération. Pendant l'été, sarcler et 
arroser lorsque cela est nécessaire. 

Il convient de planter les jeunes plants de Poireau au fond 
de trous d'environ un décimètre de profondeur et qui sont 
comblés peu à peu par la terre entraînée par l'eau de pluie et 
par les arrosages; on obtient ainsi une partie blanche plus 
développée. 

Les Poireaux repiqués en mars sont bons à recoller en sep- 
tembre-octobre; ceux qui sont semés en mai et repiqués en 
août sont complètement développéspour l'hiver. 

Mettre en jauge avant l'hiver quelques beaux pieds bien 
choisis qu'on plantera au printemps pour la production des 
graines. 

Variétés recommandées, — Poireau monstrueux de Carenlan ; 
P. très gros de Rouen ; P. long d'hier. 

Pois. — Les Pois réussissent surtout dans les sols meubles 
et sains. Une fumure trop abondante les faisant pousser trop 
vigoureusement au détriment de la production des gousses, 
on doit les semer de préférence dans une terre renfermant, en 
quantité convenable, des engrais bien consommés. Il faut évi- 
ter de cultiver cette plante deux fois de suite sur le même 
emplacement. 

Ou sème les Pois précoces en novembre et décembre, le Ion" 
d'un mur exposé au midi, puis eu février-mars. Les variétés 
de seconde saison peuvent être semées successivement de 
mars en juillet. 

Les semis de Pois nains se font en lignes espacées de 2.ï à 
30 centimètres; pour les variétés grimpantes, il est préférable 
de semer en touffes, en mettant cinq ou six graines dans des 
trous placés à 35 ou 40 centimètres de distance les uns des 
autres. Les graines ne doiventpas être enterréesà plusde j cen- 
timètres de profondeur. 

Les soins pendant la végétation consistent en un binage 



324 



LE JARDIN POTAGER. 






Ê 

f 



lorsque les plantes ont atteint environ 25 centimètres de 
hauteur et en arrosements pendant les grandes sécheresses ; 
il est aussi nécessaire de ramer les variétés grimpantes. On 
pince habituellement les tiges des Pois Michaux et autres 
variétés de taille moyenne, au-dessus du troisième ou du 
quatrième bouquet de fleurs, afin de donner plus de force 
aux plantes et d'activer le développement des gousses. 

En récoltant les Pois, on ménage quelques-uns des plus 
beaux qu'on laisse se développer complètement pour la pro- 
duction de la semence. On arrache les plantes avec leurs 
gousses et on les met en bottes pour que les graines achèvent 
de mûrir ; les Pois conservent leur faculté germinative pen- 
dant plusieurs années. 

Bonnes variétés. — Pois a écosser a rames : Pois Prince 
Albert. Le plus précoce de tous, mais un peu délicat et 
résistant mal lorsque l'hiver est rigoureux. Convient surtout 
aux premiers semis de printemps. 

Pois Michaux de Hollande. Peut se passer de rames 
lorsqu'il a été pincé. Semer en février-mars. Récolte quatre 
mois après le semis; grains arrondis, d'un vert jaunâtre. 
Variété précoce, productive, rustique. 

Pois Michaux ordinaire. Variété très rustique, convenant 
bien aux semis de novembre-décembre. 

P. d'Auvergne. Excellente variété remarquable par la 
qualité de son grain et la durée de sa production. Semer en 
février-mars. Un peu moins précoce que le Michaux de 
Hollande. 

Pois de Clumart. Variété tardive propre aux derniers 
semis qu'on peut faire jusqu'en juillet. Le P. de Clamart est 
très productif; gousse très pleine, à grains serrés, devenant 
carrés par la compression, de bonne qualité. 

Pois ridé vert à rames. Excellent, très productif. Tardif. 

Pois a écosser nains : Pois nain hâtif. Variété demi-naine, 
précoce, de bonne qualité. Semer en mars-avril. 

Pois )iain ordinaire. Nain, productif. Semer en mars- 
avril. 



POMME DE TERRE. 



323 



Pois merveille d'Amérique. Variété très naine, d'environ 
23 centimètres de hauteur; grain ridé, vert. Très précoce et 
très productif. 

Puis ridé très nain, à bordures. De même taille que le 
précédent, un peu plus tardif, mais à production plus pro- 
longée. 

Pois ma.nge-tout, a bames : P. Cume de Bélier. Excellente 
variété, très productive, très vigoureuse. Semer de mars en 
mai. 

Pomme de terre. — La plantation des Pommes de terre 
se fait généralement dans le courant du mois d'avril, eu choi- 
sissant de préférence des tubercules de volume moyen qu'on 
enterre dans des trous espacés d'environ 30 centimètres et à 
une profondeur plus ou moins grande suivant que le terrain 
est sec ou humide, mais de manière que la couche de 
terre qui les recouvre ne dépasse pas 10 à 13 centimètres 
d'épaisseur. Lorsque les tiges ont atteint environ 20 centi- 
mètres de hauteur, on les butte en ramenant la terre autour 
des touffes. Les soins à donner pendant la végétation consis- 
tent en binages. 

La récolte se fait lorsque les fanes ont jauni. 

Les tubercules deslinés à la reproduction doivent être mis 
à part, en choisissant les plus parfails comme forme. On les 
laisse sur le terrain jusqu'à ce qu'ils aient pris une coloration 
verte bien prononcée, puis on les rentre dans un endroit bien 
sec, à l'abri du froid. Il faut éviter de briser les germes (fig. 109) 
qui se développent pendant l'hiver, les tubercules ayant quel- 
quefois beaucoup de peine à en émettre de nouveaux, mêmes 
étant mis en terre. 

On peut planter certaines variétés de Pommes de terre 
hâtives dès h; mois de février, en les plaçant à bonne expo- 
sition, de préférence le long d'un mur ensoleillé. Il est prudent 



Ue couvrir les plantations avec 
lorsqu'il survient des gelées. 

La récolte a lieu en juin, avant maturité, pour 
niation immédiate. 

1). Bois. — Le petit jardin, ~i c édit. 



x paille ou du paillis, 



la consom- 



19 






326 



LE JARDIN POTAGER. 









En faisant développer les germes des Pommes de terre 
avant de les planter, on avance la récolte d'environ quinze 
jours. Pour cela, dès la fin du mois d'octobre, on dispose les 
tubercules sur des claies ou dans de petites bourriches 
(lig. 199), qu'on place dans une pièce inhabitée ou dans un 
endroit sain à l'abri du froid. Les Pommes de terre que l'on 
désire conserver pour la consommation pendant l'hiver 




199. — Pommes de terre fermées. 



doivent être récoUées à maturité complète, par un temps sec, 
et mises dans un cellier ou une cave, secs, où la gelée ne se 
fait pas sentir. 

Les Pommes de terre qui ont été exposées à la lumière 
deviennent verdeîtres et sont impropres à la consommation; 
on a cité des cas d'empoisonnement dus à l'absorplion de 
tubercules verdis, qui contiennent de la solanine, alcaloïde 
dangereux. 

Pour les maladies de la Pomme de terre, voy. le chapitre 
spécial : Maladies des plantes, p. 348. 

Bonnes variétés. — Donne Wilhelmine. Bonne variété à 
tubercule rond, jaune, lisse, produclive. Plantée en avril, on 
peut la récolter au commencement de juillet. 

Champion. Jaune, ronde, très productive, tardive. Résiste à 
la maladie. 

Flocon de neige. Jaune, ovale. Variété excellente, produc- 
tive. Plantée en avril, elle mùril en juillet. 



RADIS. 



327 



Marjolin. Jaune, allongée. Variété très répandue, très hâtive, 
surtout étant plantée germée. Plantée en avril, on peut la 
récolter en juin. 

Marjolin Têtard. Moins hâtive que la précédente, mais plus 
productive et de toute première qualité. L'une des variétés 
les plus recommandables. Mûrit à la fin de juillet. 

Poasse-debout. Productive, de bonne qualité, se gardant 
bien. Se récolte en septembre. 

Quarantaine violette. Violette, longue, productive, denii- 
lardive. Très bonne variété, se conserve très bien jusqu'en 
mai-juin. 

Quarantaine de Noisy. Productive, d'excellente qualité et se 
conservant bien. Mûrit en août. 

Royale ou Anglaise hâtive. Jaune, demi-longue, lisse. À peu 
près aussi hâtive que la Marjolin, plus productive. Qualité 
excellente. 

Saucisse. Rouge, grosse, oblongue, chair 1res farineuse, 
tardive. L'une de celles qui se conservent le plus longlemps 
pendant l'hiver. 

Shaw. Tubercule excellent, rond, jaune, farineux. Variété 
productive. Planter en avril. Récolter en août. 

Rouge longue de Hollande. Tubercule de bonne qualité, se 
conservant bien. 

Molette. Tubercule arrondi, violet, de très bonne qualité, se 
conservant bien. 

Victor. A cultiver comme variété très hâtive, devançant 
même la Pomme de terre Marjolin. 

Potiron. — Voy. Courte. 

Pourpier. — Semer à la volée, de mai en août, en recou- 
vrant à peine la graine. Il en existe plusieurs variétés : le 
P. vert, le P. doré, le P. doré à larges feuilles. 

Radis. — Semer de mars en août, à la volée, en terre 
meuble et bien fumée; pendant les chaleurs, semer de préfé- 
rence à mi-ombre et arroser abondamment. On peut, de juin 
en août, semer les Radis d'hiver qu'on récolte à la lin de 
novembre et que l'on conserve à la cave ou dans la serre 



328 



LE JAIIDIN POTAGKU. 



à légumes pendant l'hiver. Pendant la végétation, les 
soins à donner consistent à sarcler et à éclaircir pour que 
les racines puissent se développer librement. Les petits Radis 
sont bons à récolter environ qualre à cinq semaines après le 
semis. 

Variétés recommandables. — Radis d'été : il. rond rose, R. rond 
rose à bout blanc, R. rond blanc, R. demi-long rose, R. demi- 
long écarlate, R. demi-long blanc. 

Radis d'hiver : R. rose d'hiver de Chine, R. noir gros rond 
d'hiver, R. noir long d'hiver. 

Les graines de Radis conservent leur faculté germinative 
pendant quatre ou cinq ans. On les récolte sur des racines 
mises en jauge pour l'hiver et replantées au printemps. 

Raiponce. — Semer à la volée de mai en juillet, en terre 
meuble, en enterrant à peine les graines qui sont très fines. 
Arroser fréquemment et éclaircir si cela est nécessaire. La 
récolte a lieu l'hiver, ou de février en avril, selon l'époque 
du semis. 

Romaine. — Voy. Laitue Romaine. 

Rutabaga. - Voy. Chou-Navet. 

Salsifis blanc. — Semer de mars en mai, en terre meuble, 
profondément labourée et fumée avec des engrais bien con- 
sommés. Arroser en cas de sécheresse afin de favoriser la 
germination des graines, puis éclaircir si le plant est trop 
serré. La récolte a lieu depuis le mois d'octobre jusqu'à la fin 
de l'hiver. On rentre à la cave ou dans la serre à légumes la 
provision pour l'hiver. Laisser quelques pieds en place pour 
la production de la semence, qui ne conserve sa faculté ger- 
minative que pendant un an. 

Salsifis noir. — Voy. Scorsonère. 

Sarriette. — Semer en mai, en terre légère et à bonne 
exposition. La récolte se fait en pinçant l'extrémité des tiges 
qui se ramifient et produisent successivement de nouvelles 
pousses. 

Scarole. — Voy. Chicorée Scarole. 

Scorsonère ou Salsifis noir. — Semer à la volée de 



TOMATE. 



.129 



mars en mai en terre profondément labourée, bien meuble et 
fumée de l'année précédente. Arroser pour favoriser la ger- 
mination, puis éclaircir si cela esl nécessaire. La récolte a 
lieu depuis octobre jusqu'à la fin de l'hiver. 

En semant en août-septembre, les racines qu'on récolte 
l'automne suivant sont beaucoup plus développées. 

Les Scorsonères qui ont lleuri et fructilié sont aussi tendres 
et aussi bonnes que les autres. 

On abrile les racines dans la serre à légumes ou dans la 
cave pour l'hiver. 

Tétragone ou Épinahd de la Nouvelle-Zélande. — Plante 
cultivée comme succédané de l'Épinardet qui a l'avantage de 
donner d'abondantes récoltes pendant les chaleurs de l'été, 
alors que les Kpinards montent à graine. Semer en mai, sur 
vieille couche ou en pleine terre. 

Tomate. — Elle n'est cultivable sous le climat de Paris 




Fig. 2(J0. — Tomate palissée. 



qu'à la condition d'en faire germer les graines sur couche et 
sous châssis en mars-avril, et de la conserver à l'abri du froid 



330 



LE JARDIN POTAGER. 



jusqu'à la fin du mois de mai, époque à laquelle on peut la 
planter en plein air. 

Environ un mois après la germination des graines, on re- 
pique juste le nombre de pieds dont on a besoin, afin de ne 
pas occuper inutilement la place sous le châssis. On plante en 
pleine terre à la fin de mai, le long d'un mur bien exposé, en 
espaçant les pieds d'environ 70 centimètres et en leur donnant 
une abondanle fumure. On maintient les plantes à l'aide de 
tuteurs ou en palissant les branches sur un treillage (fig. 200). 

La Tomate exige des arrosements copieux et fréquents 
pendant les chaleurs de l'été. Une bonne opération consiste à 
supprimer les fleurs surabondantes et à ne conserver qu'un 
nombre limité de fruits sur chaque pied. Habituellement on 
ne laisse à chaque plante que les trois ou quatre plus belles 
branches et l'on supprime toutes les autres. 

La variété de Tomate la plus fréquemment cultivée est la 
T. rouge grosse hâtive. 

La graine de Tomate conserve sa faculté germinative pen- 
dant environ quatre ans. 

Topinambour. — Plante vivace à liges de grande dimen- 
sion, produisant des tubercules irréguliers qui, après cuisson, 
deviennent mous et dont la saveur, un peu sucrée, rappelle 
vaguement celle du fond d'Artichaut. On cultive parfois le T. 
à titre de curiosité. On doit planter les tubercules en mars- 
avril aune distance de 50 centimètres les uns des autres. La 
récolle se fait à mesure des besoins, car les tubercules gèlent 
lorsqu'ils sont exposés à l'air et au froid. 

On cultive encore dans les jardins potagers un certain 
nombre de plantes aromatiques telles que la Menthe, la Mé- 
lisse, la Sauge, le Thym, la Lavande, etc. ; le Laurier sauce, 
qu'on rencontre partout, ne réussit bien sous notre climat qu'à 
la condition d'èlre placé dans un endroit bien abrité, et de le 
couvrir de paille ou de paillassons pendant les hivers rigou- 
reux. 



ALTERNANCE DES CULTURES DANS LE JARDIN POTAGER. 331 



CHAPITRE VIII 

L'ALTERNANCE DES CULTURES DANS LE JARDIN 
POTAGER 

Il ne doit jamais y avoir d'espace vide dans le jardin pola- 
ger, pendant la belle saison; dès qu'une plante a donné sa 
récolte, une autre doit immédiatement prendre sa place. Nous 
avons dit (voy. p. 42) qu'il est nécessaire d'établir dans le 
jardin des successions de cultures ou assolements, et combien 
les maraicbers des environs de Paris savent tirer parti du ter- 
rain qu'ils cultivent ; le propriétaire qui ne dispose que d'un 
pelit jardin a également de bonnes raisons pour chercher à 
lui faire rendre des récoltes aussi abondantes que possible. 

Voici un petit tableau indiquant l'ordre dans lequel peuvent 
se succéder certaines cultures : 



| re 


saison. 


Choux printaniers. 


\ re 


saison. 


Laitue ou Romaine. 


j« 


— 


Céleri. 






2 e 


— 


Choux pommés. 


1» 





Carotte 1 


àtive 


ou 


Ira 


— 


Oignon blanc. 






Chou- Il 


Bur. 




oc 


— 


Chicorée frisée ou 


2= 


— 


Gaou-fleu 


• ou ! 


pi- 






Scarole. 






nard. 






,rc 





Posâmes de terre 


ire 


— 


Fèves. 










hâtives. 


2° 


— 


Navets. 






2 e 


— 


Choux d'hiver ou 


l re 





Hadis. 










Poix Michaux. 


•le 


_ 


Poireaux 






[10 


— 


Pois nains. 


1" 




Haricots 


nains. 




V 


— 


Chou-rave ou Chou- 


2 e 





Mâches. 










navet, etc. 



On peut aussi utiliser l'espace libre dans les nouvelles plan- 
tations jusqu'au moment où les plantes acquièrent leur vo- 
lume normal. C'est ainsi qu'on peut semer des Radis, planter 
des Laitues et des Choux entre les Pommes de terre; planter 
des Laitues et des Chicorées frisées, semer des Radis et des 
Épinards entre les Choux; planter des Choux dans les Arti- 
chauts, elc. 



QUATRIÈME PARTIE 

LES TRAVAUX A EFFECTUER CHAQUE MOIS DANS LE 
PETIT JARDIN 



Janvier. — Jardin d'agrément. — Lorsque le temps est 
beau, enlever les paillassons qui couvrent les châssis afin que 
les plantes qu'ils abritent reçoivent la lumière et ne s'étiolent 
pas en restant plongées dans l'obscurité pendant toute la 
mauvaise saison. Donner un peu d'air lorsque cela est possible 
et enlever les parties gâtées des plantes qui engendreraient 
la pourriture. Donner les mêmes soins aux plantes abritées 
dans les remises, sous-sols, pièces inhabitées, caves. Ne pas 
oublier de remettre les paillassons sur les châssis avant le 
coucher du soleil. 

Labourer lorsque le temps permet de le faire, planter les 
bordures de Buis. Arracher les arbrisseaux morts. Planter les 
arbrisseaux à feuilles caduques. 

Couvrir de litière les plantations de Jacinthes, mais surtout 
ne pas employer de fumier, qui ferait pourrir les bulbes. 

Commencer à tailler les arbrisseaux dont la floraison a lieu 
pendant l'été : Hibiscus syriacus, Ceanothus, etc. 

Jardin fruitier. — Nettoyer les écorces des arbres en les 
grattant et en les brossant avec de l'eau pour détruire les 
parasites, puis les badigeonner avec un lait de chaux. Dépa- 
lisser les branches fruitières des espaliers. Étendre du fumier 
au pied des arbres, sans l'enterrer. 

Si le temps n'est pas très froid, tailler les Poiriers et les 
Pommiers. Surveiller le fruitier, enlever avec soin les fruits 
qui se gâtent pour qu'ils ne contaminent pas les autres. 

Jardin potager. — Recharger les Asperges avec la terre 
enlevée en novembre, au moment de la fumure. 

Découvrir les Artichauts pendant les heures les plus douces 
de la journée pour qu'ils ne pourrissent pas sous les couver- 



FEVRIER-MARS. 



333 



tures; les recouvrir chaque jour avant le coucher du soleil. 

Surveiller les légumes abrités pour la consommation d'hiver. 

Février. — Jardin d'agrément. — Mêmes travaux que dans 
le mois précédent. 

Tailler les arbrisseaux, sauf ceux qui fleurissent sur le bois 
de l'année précédente, comme les Lilas (Voy. Syringa), 
Forsythia, Pêchers à fleurs doubles (Voy. Persica), Deutiia, 
Weigela (Voy. Dieroilla), Aubépines (Voy. Cratsegus), Gro- 
seilliers d'ornement (Voy. Ribes), etc., qu'il est préférable de 
tailler après la floraison. 

Vers la fin du mois, semer : Coquelicots {Papaver), Pavois, 
Pieds-d'alouetles annuels (Delphinium). 

Planter les bordures de Buis. 

Jardin fruitier. — Effectuer les plantations lorsque le 
temps le permet. 

Continuer la taille des Poiriers et des Pommiers ; commencer 
celle des Pruniers, Cerisiers, Groseilliers, Framboisiers, 
Vignes. Après la taille, procéder aux labours. 

Surveiller le fruitier. 

Jardin potageb. — Planter les Fraisiers si l'on n'a pas pu 
le faire à l'aulomne. 

Dès que le temps s'adoucit, planter des Choux et des Ro- 
maines. Semer des Épinards entre les premiers et des Hadis 
entre les secondes. 

Dans les terres légères et sur côtières, le long des murs 
exposés au midi, commencer à semer des Fèves et des Pois 
hâtifs. Y planter des Pommes de terre hâtives qu'on abritera 
dans le cas où le froid surviendrait. Semer également : Ca- 
rottes courtes et demi-longues, Cerfeuil, Ciboule, Chicorée 
sauvage, Choux, Laitue, Oignon, Panais, Persil, Poireaux, 
Romaine, Radis, Salsifis, Scorsonère. 

Mars. — Jardin d'agrément. — Terminer les labours qui 
restent à faire et enterrer les engrais répandus sur le sol les 
mois précédents. 

Par les temps froids et les haies, abriter les semis et les 
jeunes plantes avec du paillis ou des cloches. 

19. 



334 TRAVAUX A EFFECTUER CHAQUE MOIS. 

Écheniller. 

Donner de l'air aux plantes sous les châssis chaque fois que le 
tomps le permet. Ratisser, sabler les allées, neltoyer les gazons. 
Combler les vides dans les corbeilles de Pensées, Myosolis, 
Silènes, Giroflées jaunes, et autres plantes mises en place à l'au 
tomne. Tasser le sol au pied de celles qui seraient déchaussées. 
Diviser et replanter les plantes vivaces. 
Semer Pied-d'alouette (Delphinium), Giroflée de Mahon 
(Hesperis), Pavots annuels, etc. 

Semer sur couche : Agératum, Chrysanthème à carène, 
Cobéa, Giroflée Quarantaine, Lobélia, Pétunia, Phlox de 
Drummond, Ricin, Tabac, Verveines hybrides, Zinnia, etc. 

Tailler les Rosiers hybrides remontants; pour les variétés 
délicates : Thés, Bengales, Noisettes, Bourbons, attendre que 
les temps froids soient passés pour les découvrir et les tailler à 
leur tour. 

En cas de besoin, abriter les Anémones, Jacinthes, Renon- 
cules, Tulipes. 

Jardin fruitier. — Terminer la taille des arbres à fruits à 
pépin, continuer celle des arbres à fruit à noyau et de la Vigne. 
Faire les plantations que le mauvais temps aurait empêché de 
faire plus tôt, en ayant soin de couvrir le sol d'un bon paillis. 
Abriter les Pêchers et les Abricotiers avec des claies ou des 
toiles pour que les fleurs ne soient pas endommagées par les 
gelées tardives. 

Jardin potager. — Semer à bonne exposition : Carottes, 
Ciboule, Fèves, Oignon, Pois, Poireau, Radis. 
Semer sur couche et sous châssis les Tomates. 
Semer en plein jardin : Chicorée sauvage, Persil, Pimpre- 
nelle, Salsifis. 
Arroser le matin seulement. 

Planter sur côtières, à bonne exposition : Choux pommés, 
Lnitue, Romaine. Planter les Pommes de terre hâtives, l'Ail, 
l'Échalote, l'Estragon, le Crosne, les Asperges. Finir de 
planter les Fraisiers. 
Découvrir les plantations d'Artichauts et labourer. 



MARS-AVRIL. 



335 



Replanter les bordures de Thym, d'Oseille, de Civette. 

Mettre en place les plantes conservées comme porte-graines : 
Betteraves, Carottes, Céleri, Navets, Oignons, Poireaux, etc. 

Avril. — Jardin d'agrément. — Terminer les labours et 
l'enfouissement des engrais. 

Surveiller les semis, éclaircir, arroser en cas de besoin, mais 
seulement le malin; les abriter avec du paillis ou des 
paillassons si le lemps est froid. Ecbeniller. Planter les 
arbrisseaux à feuilles persistantes. 

Finir les plantations de plantes vivaces et la division des 
touffes. 

Semer en pleine terre : Baïkbausia, Iîelle-de-Jour (Convol- 
vulus), Belle-de-Nuit (Mirabilis), Clarkia, Collinsia, Capucine, 
Coreopsis, Escbscholtzia, Giroflée de Mabon (Hesperis), Giroflée 
quarantaine (Matthiola), Haricol d'Espagne (Phascolus), Lin à 
fleurs rouges, Némophiles, Nigelles, UFillet de Chine (Dianthus), 
Œillet d'Inde (Taijetes), Phacelia, Pblox de Drummond, Pois 
de Senteur (Lathyrus), Reine-Marguerite (Callislephus), Réséda, 
Ricin, Rose d'Inde (Tagctes), Salpiglossis, Scabieuse, Silènes, 
Schizanlhus, Soucis (Calcndula),Téraspic(lberis), Volubilis (Phar- 
bitis), Zinnia, et un grand nombre d'autres planles annuelles. 

Semer sur couche : Balsamines, Cobéa, Crète de Coq (Celo- 
sia), Lobélia, Mimulus, Pétunia, Verveines hybrides, etc. 

A la fin du mois, commencer la plantation des Glaïeuls. 
Faire les repiquages nécessaires. 

Jardin fruitier. — Terminer la taille des Tèchers. 

Greffer en fente : Cerisiers, Poiriers, Pommiers, Pruniers. 

Abriter les Abricotiers et les Pêchers. 

Ne pas labourer au pied des arbres en Heurs. 

Couper et brûler les feuilles de Pêcher atteintes de la Cloque. 

Jardin potager. — Pratiquer l'œilletonnage des Artichauts, 
combler les vides ou faire de nouvelles plantations. 

Semer en pleine terre : Betterave, Carotte, Céleri, Cerfeuil, 
Chou de Bruxelles, Chou-fleur demi-dur, Choux pommés, Épi 
nard, Fèves, Laitue, Navet, Oignon, Panais, Persil, Poireau 
Itadis, Romaine, Salsifis, Scorsonère. 



336 



TRAVAUX A EFFECTUER CHAQUE MOIS. 



¥ 



Planter : Ciboule, Chicorée frisée, Laitue, Oseille, Pommes 
de terre demi-hàtives. 

Semer sur couche les Cornichons, Courges et le Melon vert 
grimpant. 

Donner un bon paillis aux Fraisiers. 

Mai. — Jardin d'agrément. — Continuer à ne faire les 
arrosements que le matin, les nuits étant encore froides. 
Continuer les semis de plantes annuelles. 
Repiquer les jeunes plantes obtenues des semis précédents : 
Agératum, Balsamines, Coréopsis, Œillet de Chine, Œillet 
d'Inde, Pétunias, Reine-Marguerite, etc. 

A la fin du mois, commencer les plantations de corbeilles et 
de massifs pour l'été, surtout dans les terres légères. 

Mettre en végétation, sur vieille couche, les Dahlias et les 
Cannas. 

Dans la première quinzaine du mois, bouturer ou éclater les 
Chrysanthèmes d'automne. 

Cesser la plantation des arbrisseaux à feuilles caduques; 
continuer celle des arbrisseaux à feuilles persistantes en ayant 
soin d'arracher les plantes avec de bonnes mottes. 

Supprimer les bourgeons gourmands qui se développent sur 
les Rosiers. 

Abriter les Pivoines en arbre, dont les boutons à fleur pour- 
raient être détruits par les gelées tardives. 

A la fin du mois, tailler les arbrisseaux qui ont déjà fleuri : 
Chimonanthus, Cytises, Forsythias, Groseilliers d'ornement, 
Lilas, Spirées. 

Jardin frditier. — Ébourgeonner; commencer le pincement 
en vert; palisser. 

Détruire avec soin les Escargots et les Limaces qui dévore- 
raient les jeunes fruits. 

Jardin potager. — Semer : Carotte, Céleri, Chicorée frisée, 
Ciboule, Chou-fleur demi-dur, Chou de Milan, Chou-navet, 
Chou-rave, Épinard, Fèves, Haricots, Laitues d'été et Romaines' 
Navets, Poireaux, Pois tardifs, Radis. 
Repiquer le Céleri-rave. 



MAI-JUIN-JUILLET. 



337 



Planter les dernières Pommes de (erre, l'Estragon el à 
bonne exposition les Tomates. 

Le repiquage des légumes tendres, les salades par exemple, 
doit être fait de préférence le soir, après le coucher du soleil. 

Juin. — Jardin d'agrément. — Continuer les semis déplantes 
annuelles, afin d'avoir des (leurs jusqu'à la mauvaise saison. 

Semer : Campanule carillon, Giroflée jaune, Œillet de poêle, 
Rose trémière et autres piaules bisannuelles. 

Garnir les corbeilles et les massifs avec les piaules conser- 
vées pendant L'hiver ou obtenues depuis le printemps : liégo- 
nias, Chrysanthèmes frutescents, Géraniums, Fuchsias, Lobé- 
lias, Niérembergias, Pétunias, Verveines. Après la plantation, 
couvrir le sol d'une bonne couche de paillis. 

Planter les Cannas et les Dahlias. 

Arroser el tondre les gazons. 

Jardin fruitier. — Continuer les pincements et la taille en 
verl. Palisser le Pécher et la Vigne. 

Enlever les fruits surabondants sur les Abricotiers el les 
Pêchers. 

Soufrer les Vignes pour les préserver de l'Oïdium. 

Ramasser les fruits véreux qui tombent sous les arbres et 
les brûler afin de détruire les larves qu'ils renferment. 

Jardin- potager. — Arroser abondamment. Semer presque 
tous les légumes indiqués pour le mois précédent : Chicorée 
frisée, Choux, Chou-fleur dur, Chou-rave, Ciboule, Haricots 
pour cueillir en vert, Laitue, Navet, Poireau, Pois à écosser en 
vert, Romaine, Radis, Scarole. 

Semer à l'ombre : Cerfeuil, Cresson alénois, Épinards. 

Planter : Betterave, Chou-fleur, Chou-navet, Concombres, 
Courges, Laitues, Melons, Romaines, Tomates. 

Récoller les graines qui commencent à mûrir. 

Juillet. — Jardin d'agrément. — Arroser abondamment. 
Tondre les pelouses. Récolter les graines qui mûrissent. 

Les corbeilles et les massifs doivent èlre tous garnis. Mettre 
des tuteurs aux plantes qui en ont besoin. 

Arracher les plantes bulbeuses à floraison printanière dont 






33 S 



TRAVAUX A EFFECTUER CHAQUE MOIS. 



la végétation est terminée et les mettre dans un endroit sec 
où elles resteront jusqu'au moment de la plantation. 

Continuer la mise en place des plantes annuelles semées ou 
repiquées en pépinière. 

A la fin du mois, semer des Pensées qui fleuriront le prin- 
temps suivant. 

Supprimer les fleurs fanées sur les Rosiers afin d'empêcher 
la fruclificalion qui fatiguerait inutilement les plantes, au 
détriment de la floraison automnale, en veillant à ne pas 
endommager l'œil situé immédiatement au-dessous du pédon- 
cule ou queue de la Rose. 

Jardin fruitier. — Vers la fin du mois, découvrir les 
fruits sur les Pêchers en enlevant quelques-unes des feuilles 
qui les masquent, afin que le soleil puisse les colorer et ache- 
ver leur maturité. 

Continuer les pincements et le palissage. 

Ciseler les grappes de Raisin lorsque le grain a atteint la 
grosseur d'un grain de Chènevis. 

Jardin potager. — Donner des arrosemenls copieux. 

Semer : Haricots pour récoller en vert, Mâche, Navet, Poi- 
reau, Radis. 

Tailler les Tomates et les maintenir à l'aide de tuteurs. 

Planter en pépinière les coulants de Fraisiers destinés à être 
mis en place à l'automne. 

Commencer à récolter l'Ail et l'Échalote. 

Août. — Jardin d'agrément. — Meltre en place les plantes 
annuelles obtenues des semis des mois précédents. Mettre des 
tuteurs aux plantes qui en ont besoin. 

Bouturer les Fuchsias, Géraniums, Rosiers, etc. 

Marcotter les Œillets. 

Diviser les touffes de Narcisses, de Lis, d'OEillets. Repiquer 
les Pensées. 

lireffer les Rosiers en écusson à œil dormant. 

Autres travaux comme le mois précédent. 

Jardin fruitier. — Épamprer les Vignes pour que le raisin 
puisse se colorer au moment de sa maturité. 



AOUT-SEPTEMIiRE. 



339 



Cueillir les fruits qui mûrissent en ayant soin de ne pas 
endommager les branches fruilières des arbres. 

Continuer les pincements et la taille en vert. 

Combattre préventivement le Mildiou en projetant sur les 
Vignes une solution de sulfate de cuivre (Voy. le chapitre 
Maladies des plantes, p. 349). 

Jardin potager. — Semer : Carottes hâtives, Choux prin- 
taniers pour la saison suivante, Épinards, Mâches, A'avets, 
Oignon blanc pour le printemps. 

Repiquer les Poireaux semés en mai. 

Planter les derniers Céleris, les dernières Chicorées frisées 
et Scaroles. 

Récolter les Oignons rouges et jaunes, les Échalotes et les 
Pommes de terre hâtives. 

Septembre. — Jardin d'agrément. — Dans les sols légers, 
planter les arbrisseaux à feuilles persistantes. 

Semer du gazon dans les parties vides ou usées des pelouses. 

Sevrer les marcottes d'OEillets pour pouvoir les rempotri 
plus tard et les abriter. 

Semer : Barkhausia, Collinsia, Myosotis des Alpes, Pensée, 
Silène pendant, qui, plantés avant l'hiver dans les corbeilles, 
orneront le parterre au printemps. 

Diviser les touffes d'Aubriétia, Pâquerettes, Pivoines et 
autres plantes à lloraison printanière. 

Finir de greffer les Rosiers. 

Jardin fruitier. — Détruire avec soin les insectes nuisibles. 

Épamprer et exposer les grappes de raisin au soleil pour 
qu'elles prennent une teinte dorée. Mettre les plus belles 
grappes dans des sacs de crin pour les soustraire aux attaques 
des insectes afin de les conserver plus longtemps. 

Récolter les fruits mûrs. 

Jardin potager. — Semer : Cerfeuil, Choux de printemps, 
Cresson alénois, Épinard, Laitues d'hiver, Mâche, Oignon 
blanc, Panais, Poireaux, Romaine d'hiver. 

Récolter l'Oignon jaune et rouge et les Pommes de terre 
demi-hâtives. 



V 



340 



TRAVAUX A EFFECTUER CHAQUE MOIS. 



Planter les Fraisiers, l'Oseille. 

Hulter le Céleri et les Cardons pour les faire blanchir. 
Octobre. — Jardin d'agrément. — Commencer les labours 
d'hiver, surtout dans les terres fortes que cette opération a 
l'avantage de rendre plus meubles. 

Continuer la division des plantes vivaces à floraison prin- 
tanière. 

Relever de pleine terre et rempoter les plantes frileuses qui 
doivent être abritées pendant l'hiver : Aralia, Fuchsia, Géra- 
nium, Véronique frutescente, etc. 

Terminer la plantation des' arbrisseaux à feuilles persis- 
tantes; commencer celle des arbrisseaux à feuilles caduques. 

Continuer les semis de piaules annuelles destinées à garnir 
lo parterre au printemps. 

Mettre dans les corbeilles, à la place des Géraniums et autres 
plantes composant la garniture d'été, des Chrysanthèmes d'au- 
tomne dont la floraison ne sera arrêtée que parles grands froids. 

Arracher les Glaïeuls et mettre leurs bulbes dans un lieu 
sec pour l'hiver. 

Commencer la plantation des Jacinthes, Tulipes, Safrans 
printaniers, Iris d'Angleterre et d'Espagne, Renoncules. Faire 
de petites corbeilles avec des Helléborines, Perce-Neige, Safrans 
printaniers, Scilles de Sibérie, dont la floraison a lieu en 
février-mars. 

Ramasser les feuilles mortes qui tombent et qui serviront à 
abriter les plantes pendant l'hiver. 

Jardin fruitier. — Continuer la récolle des fruits et mettre 
au fruitier les variélés à maturité tardive. 

Faire les trous pour les plantations d'arbres. 

Enlever les branches mortes, gratter et nettoyer les vieilles 
écorces. 

Jardin potager. — Jusqu'au 20, faire les semis de Laitues 
el Romaines pour le printemps, qu'on repiquera sur ados et à 
bonne exposition. Semer des Mâches. 

Repiquer les Choux d'York et Cœur de bœuf en pépinière, 
à 1S centimètres de distance les uns des autres. 



I 



OCTOBRE-NOVEMBRE. 



:t41 



Repiquer l'Oignon blanc. Achever de butter le Céleri pour 
le faire blanchir. Butter les Artichauts et les fumer. 
Novembre. — Jardin d'agrément. — Planter les arbrisseaux 

à feuilles caduques dans les terres légères; ne faire cette 
opération qu'au printemps dans les sois compacts et humides. 

Abriter avec de la litière ou des feuilles mortes les plantes 
délicates, Gynérium, etc. 

Commencer l'élagage et la taille des arbres et arbrisseaux en 
laissant de côté ceux qui ne doivent être taillés qu'après la 
floraison. Entourer de fumier, de feuilles ou de terre les 
châssis dans lesquels on a abrité des plantes. 

Finir la plantation des Jacinthes, Tulipes, Anémones, Iris 
bulbeux, Renoncules, Safrans printaniers. 

Planter les corbeilles et les massifs avec les Myosotis, 
Silènes, Pensées, Pâquerettes, Primevères, Saxifrages de 
Sibérie, Aubriétia, Corbeille d'or, Arabette des Alpes, etc., qui 
fleurissent au printemps; couvrir les plantations de feuilles 
sèches ou de paillis pour éviter le déchaussement. 

Arracher les Cannas et les Dahlias pour abriter les tu hercules. 

Nettoyer les pelouses; les terreauter. 

Continuer les labours d'hiver. 

Jardin fruitier. — Faire les plantations dans 1rs terres 
légères; attendre le printemps pour faire celte opération dans 
les terres fortes. Avoir soin de renouveler la terre Lorsqu'on 
veut faire une plantation sur l'emplacement d'un arbre mort. 

Abriter les Figuiers en les enveloppant de paille ou en 
couchant les branches pour les couvrir de terre. 

Commencer la taille des Poiriers et des Pommiers. 

Jardin potager. — Découvrir de temps en temps les Arti- 
chauts pour que le cœur ne pourrisse pas. 

Semer des Mâches et des Épinards. 

Repiquer les Laitues et Romaines semées le mois précédent. 

Vers la fin du mois, semer à bonne exposition des Pois 
Michaux dits de Sainte-Catherine. 

Planter Choux d'.York et Cœur de bœuf sur côtières et à 
bonne exposition. 



342 



TRAVAUX A EFFECTUER CHAQUE MOIS. 



Lier les Chicorées frisées et les Scaroles; les couvrir de 
litière ou de feuilles sèches pour les garantir du froid. Couvrir 
de même le Céleri. 

Arracher le Céleri-rave et le mettre en jauge ou dans la 
serre à légumes. 

Couper les Choux-fleurs pour les conserver dans la serre à 
légumes. 

Rentrer également comme provisions d'hiver : Carottes, 
Betteraves, Navets, Radis rose d'hiver de Chine, Radis noir. 

Débutter et dérhausser les Asperges ; les couvrir de fumier. 

Décembre. — Jardin d'agrément. — Continuer les labours 
d'hiver dans les terres compactes. Transporter le fumier sur 
l'emplacement où il doit être employé; l'étendre sur le sol. 

Finir les plantations d'arbrisseaux à feuilles caduques, dans 
les terres légères. 

Élaguer et tailler lorsqu'il ne gèle pas. 

Lorsque cela est possible, aérer les plantes sous châssis ou 
abritées dans les remises. 

Abriter les Rosiers délicats: Bengales, Thés, Noisettes, soit 
en les buttant avec de la terre, soit en les couvrant de litière ou 
de feuilles sèches. 

Jardin fruitier. — Surveiller avec soin le fruitier et jeter les 
fruits gâtés qui contamineraient les autres. 

Lorsque le temps le permet, continuer la taille des Poiriers 
et des Pommiers. 

Jardin iotager. — Terminer les plantations de Choux 
d'York, Cœur de bœuf et Pain de sucre. 

Découvrir un peu les Artichauts lorsque le temps le permet, 
en les recouvrant le soir. 

Couvrir de litière les planches de Cerfeuil, Persil, Oseille, 
Kpinards, Mâche, et donner de l'air chaque fois que le temps 
n'est pas trop rigoureux. 

Surveiller les légumes mis à la cave ou dans la serre à 
légumes. Veiller à ce que la pourriture ne s'y mette pas. 



CINQUIEME PARTIE 

LES MALADIES DES PLANTES ET LES ANIMAUX 
NUISIBLES 



Altise. Puce de terre, Tiquet. — Petits insectes appartenant 
à l'ordre des Coléoptères. L' Altise potagère {Graptudera olcraceu) 
et l'Altise des bois (l'hyllolreta nemoralis) attaquent les plantes 
appartenant à la famille des Crucifères : Choux, Navets, 
Radis, etc., et en détruisent quelquefois complètement les semis. 
Ces insectes attaquent aussi certaines plantes ornementales: 
Myosotis, Réséda, Œillets, etc. Il est difficile d'en débarrasser 
les cultures. Un des moyens qui paraissent réussir le mieux 
consiste à répandre sur les semis de Crucifères une petite quan- 
tité de sciure de bois imprégnée, à faible dose, de naphta- 
line. L'insecticide Fichel donne aussi d'assez bons résultats. 

Anthomyie. Mouche de l'Oignon (A, eepurum). — Mouche 
dont les larves vivent sur les Oignons, Poireaux, Échalotes, 
Ail, Ciboule, qui jaunissent et sont rapidement détruits. Il 
convient d'arracher les plantes attaquées et de les brûler avant 
que l'insecte ait eu le temps de se multiplier. 

Anthonome (Anthonomus pomorum). — Petits Charançons 
(Coléoptères) dont les larves vivent dans le bouton à fleur des 
Pommiers et des Poiriers où elles dévorent les étamines et 
l'ovaire. On neconnait d'autre moyen de se débarrasser de l'An - 
thonome que de secouer les branches des arbres au printemps, 
en étendant des toiles sur lesquelles les insectes tombent el 
qu'il ne reste plus qu'à ramasser pour les briller. 

Black-rot. — Maladie de la Vigne due à un Champignon, le 
Guignardia Bidwellii, qui se présente sous forme de taches 
brunes avec points noirs sur les feuilles et qui attaque ensuite 



:S44 



MALADIES DES PLANTES, ANIMAUX NUISIBLES. 



les Raisins. Le traitement de cette maladie est le même que 
celui que nous indiquons pour le Mildiou. 

Blanc. — Sous ce nom, on comprend un certain nombre de 
Champignons microscopiques qui vivent en parasiles sur les 
feuilles et sur les jeunes bourgeons des plantes, qui semblent 
alors couverts de poussière blanche. Ces Champignons appar- 
tiennent généralement au genre Evysiphe ; ils se propagent 
avec une très grande rapidité et occasionnent souvent de grands 
dommages. L'Erysiphe communis (Blanc des Pois) dévaste quel- 
quefois les cultures de Pois. Il suffit d'un soufrage appliqué 
dès le début de l'invasion du parasite pour sauver la récolte. 

Le Rosier est fréquemment atteint par l'fi. pannosa (Sphse- 
rotheca pannosa), qui vit aussi sur le Pêcher, dont il arrête le 
développement des fruits. 

On a proposé un grand nombre de remèdes pour combattre 
ces maladies : l'un des plus employés consiste à saupoudrer 
de fleur de soufre les parties atteintes. On recommande aussi 
d'asperger les Rosiers atteints du Blanc avec une solution de 
suirate de cuivre, à raison de l« T ,'6 à 2 grammes par litre 
d'eau. 

Blanc des racines. Pourridié. — Cette affection est occa- 
sionnée par les vieilles racines ou par les fragments de tiges 
abandonnés dans le sol, où ils pourrissent et servent d'aliment 
à des végétations cryptogamiques qui, de là, se répandent sur 
les racines des plantes environnantes dont elles déterminent 
le dépérissement. Pour éviter cette maladie, il est nécessaire 
d'arracher avec soin toutes les racines des arbres morts et de 
ne jamais enterrer de débris de bois en faisant les labours. , 

Brunissure. — Maladie due à un Champignon parasite, 
le Pseudocommis vitis, dont le plasmode pénètre les membranes 
des tissus végétaux pour s'assimiler les matières proléiques 
de ces tissus. Il produit des taches brunâtres ou roussàtres. 
Les tissus mortifiés sont attaqués ensuite par des moisissures 
diverses. Cette maladie est fréquente sur un grand nombre de 
végétaux. 

Carpocapsa. — Voy. Chenilles. 



CÊCYDOMIE DU POIRIEK. 



CHENILLES. 



3i. ! i 



Cécydomyie du Poirier (Ceeydomyia nigra). — Mouche 
dont les larves vivent dans les jeunes Poires qu'elles déforment 
et dont elles arrêtent le développement. Les fruits attaqués 
{Poires calebassêes) doivent être récoltés avec soin et brûlés 
avant que les larves en soipnt sorties. 

Chancre des arbres fruitiers. — Se déclare souvent à la 
suite de blessures ; il attaque surtout les Pommiers plantés 
dans des sols froids et humides à l'excès. Il est nécessaire de 
supprimer avec soin les parties malades en les amputant à 
l'aide d'un instrument bien tranchant. On lave ensuite les 
plaies avec un pinceau ou un chiffon imbibé' de solution con- 
centrée de sulfate de fer et on les enduit de coaltar ou de 
mastic à greffer. 

Chématobie. — Voy. Chenilles. 

Chenilles. — Les Chenilles occasionnent de graves dégâts 
dans les jardins; une loi rend t'échenillage obligatoire. Mal- 
heureusement, soit par négligence, soit par apathie, bien des 
personnes laissent les Chenilles se multiplier sans songer 
qu'elles peuvent à un moment donné détruire une partie de 
leurs récoltes. 

Il est facile de détruire les Chenilles qui se réunissent dans 
des toiles pour y passer l'hiver, ainsi que celles dont les œufs 
sont déposés en forme d'anneaux sur les rameaux et qui, jeunes, 
se réunissent également dans des toiles pour y dormir ou 
pour s'y abriter. 

Certains Bombyx dévorent les feuilles des arbres fruitiers. 

La Chématobie (Cheimatobia brumata) vit sur les arbres 
fruitiers, au printemps, et cause parfois des dégâts considé- 
rables en rongeant les jeunes feuilles et les boutons à fruits. 
On la détruit en enduisant, au mois d'octobre, le pied des 
arbres avec du goudron ou de la glû pour empêcher les 
femelles de grimper le long du tronc pour aller s'accoupler. 

La Piéride des Choux et la Noctuelle du Chou sont des Che- 
nilles vertes qui font de grands ravages dans les plantations. 
Il faut leur faire une guerre acharnée, surtout le soir, alors que 
les feuilles en sont quelquefois couvertes. 



m 



! 



340 MALADIES DES PLANTES, ANIMAUX NUISIBLES. 

Les fruits véreux (Poires et Pommes), si répugnants, 
quelquefois s. nombreux que le sol en est jonché et qui 
tombent avant d'être arrivés à maturité, sont attaqués 
non pas par un ver, mais par les chenilles du Carpocapsa 
pomonana (Ver des fruits, Pyrale des fruits), qui s'inlro- 
duisentdans les jeunes fruits et y vivent jusqu'au moment où 
ceux-ci se détachent de l'arbre; elles en sortent alors, s'en- 
tourent d'un cocon et passent l'hiver, soit à la surface du sol 
abritées entre les mottes de terre, soit sous les écorces des 
arbres. 

On doit donc, pour détruire en partie ces insectes, enlever 
avec soin les fruits, au fur et à mesure qu'ils tombent, avant 
que les chenilles n'aient eu le temps d'en sortir, et les brûler, 

uis nettoyer avec soin les vieilles écorces des arbres et les 
badigeonner en hiver avec un lait de chaux. 

Chlorose. - Maladie caractérisée par la teinte jaune que 
prennent les plantes sous son action et dont les causes sont 
encore mal connues; elle attaque surtout les plantes cultivées 
en sols calcaires à sous-sol imperméable. 

Cloque du Pêcher. - Cette maladie est occasionnée par 
un petit Champignon nommé Exoascus deformans qui se déve- 
loppe sur les feuilles du Pêcher, lesquelles deviennent bour- 
souflées et crispées. Pour en empêcher la propagation, il faut 
enlever avec soin les feuilles atteintes et les brûler. 

Courtilière ou Taupe-Grillon. — Cet insecte appartient à 
l'ordre des Orthoptères; il cause surtout des dégâts dans les 
cultures faites sur couche, en creusant des galeries souter- 
raines et en coupant les racines des plantes qui se trouvent 
sur son passage. 

On le détruit en enlerrant du fumier bien frais à proximité 
des endroits infestés : la chaleur l'attire et l'on peut en 
prendre ainsi un bon nombre. On peut aussi verser à l'orifice 
des galeries de l'eau chargée d'huile ; l'insecte se trouvant 
englué vient respirer à la surface du sol où on le prend pour 
l'écraser. 

Erinose. — Voy. Mildiou. 



ESCARGOTS. 



FUMAGINE. 



347 



Escargots. — Voy. Limaces. 

Étiolement. — Maladie occasionnée par insuffisance de 
lumière, sans laquelle la matière verte des plantes ou Chloro- 
phylle ne peut se former. Les plantes étiolées sont jaunes, 
grêles et pourrissent avec la plus grande facilité. Pour éviter 
l'étiolement, il faut placer les plantes de manière que l'air 
et la lumière circulent facilement autour d'elles. Pour cela, on 
éclaircira avec soin les semis trop serrés, on supprimera une 
partie des tiges des plantes cultivées en touffes, etc. 

Il y a dans certains cas avantage à mettre les plantes dans 
des conditions particulières, afin de provoquer l'étiolement de 
certaines parties qui deviennent alors plus propres à être con- 
sommées, l'étiolement les rendant plus tendres et de saveur 
plus douce. C'est pour cela qu'on lie les Romaines et les Sca- 
roles, qu'on fait pousser dans l'obscurité la Barbe de Capucin 
et le Pissenlit, qu'on butte l'Asperge, etc. 

Forflcule ou Perce-Oreille. — Orthoptôre nuisible qui 
attaque les boutons à fleurs, les fruits murs et les jeunes 
pousses de certaines plantes. On les prend en disposant le soir, 
dans les endroits où ils sont en grand nombre, des petits 
paquets de paille humide. Ces insectes font leurs ravages pen- 
dant la nuit et viennent au point du jour se réfugier dans ces 
pièges que l'on brûle. 

Fourmis. — On détruit les fourmilières en versant dessus 
de l'eau bouillante additionnée d'une petite quantité d'huile à 
brûler. Cette opération doit être faite de préférence le soir, 
alors que toutes les fourmis sont rentrées ; il va sans dire 
qu'on ne peut l'appliquer que lorsque la fourmilière est située 
à une certaine distance des plantes, de manière que celles- 
ci ne puissent être atteintes par l'eau bouillante. On peut aussi 
attirer les Fourmis dans des éponges imbibées d'eau sucrée, 
placées près des fourmilières, puis plonger ces éponges dans 
l'eau bouillante. 

Fumagine.S'a'e. — Petit Champignon appartenant au genre 
Fumage, qui se développe sur les feuilles enduites de miellat 
ou liqueur sucrée sécrétée par les pucerons (Voy. Pucerons). 






348 MALADIES DES PLANTES, ANIMAUX NUISIBLES. 

Gomme. — Maladie qui atlaque les arbres à fruits à noyaux 
plantés dans un sol argileux et trop humide, surtout ceux qui 
ont des plaies non fermées ou qui sont soumis à une taille 
excessive. Il est nécessaire de supprimer jusqu'au bois sain les 
parties malades; sans cela, la maladie peut s'étendre et déter- 
miner la mort de branches entières. 

Grise. — Maladie produite par des Acariens, notamment 
par le Tétranyque tisserand, et qu'on observe sur un grand 
nombre de plantes, surtout pendant les sécheresses prolongées. 
La nicotine étendue d'eau permet de combattre sa propa- 
gation. 

Guêpes. — Elles font surtout des dégâts au moment de la 
maturité des Pêches et du Raisin. Elles attaquent ces fruits 
et occasionnent d'assez grands dommages, si l'on n'a pas le 
soin de les garantir, en tendant une toile claire devant les 
espaliers. On peut en détruire un bon nombre en suspendant 
de place en place, le long des murs, des fioles enduites de 
miel à l'intérieur et contenant de l'eau dans laquelle elles 
se noient. Il faut de temps en temps remplacer l'eau et enlever 
les guêpes mortes. 

Hanneton. — Yoy. Ver blanc. 

Jaunisse. —Cette maladie s'observe surtout sur les plantes 
cultivées dans un sol stérile ou trop humide. Lorsqu'un arbre 
languit et que ses feuilles jaunissent, il n'y a qu'un moyen de 
le rétablir, c'est de donner au sol dans lequel il est planté les 
engrais nécessaires ou de provoquer l'écoulement de l'eau 
surabondante par des drainages pratiqués autour de lui. 

Limaces et Escargots. — On doit leur faire une chasse 
incessante, surtout après la pluie et la rosée. On prend un 
grand nombre de limaces en mettant le soir, de place en place 
sur les plates-bandes, des feuilles de Chou posées à plat, sous 
lesquelles elles viennent s'abriter pendant la nuit et où on les 
trouve réunies le matin. On peut aussi en détruire en répan- 
dant sur le sol de la chaux vive pulvérisée qui s'attache à leur 
corps et les fait périr. 

Maladie de la Pomme de terre. — Maladie qui fait beau- 



MALADIE DE LA POMME DE TERRE. — MILDIOU. 349 

coup de ravages cl qui est due à un Champignon nommé 
Phytophthora infestant. Certaines variétés résistent mieux que 
d'autres aux atteintes du parasite, surtout celles à peau épaisse 
et de couleur rouge. Les variétés très hâtives sont moins 
éprouvées parce qu'on peut les récolter avant l'époque habi- 
tuelle de l'apparition du Champignon, qui se montre d'abord 
sur les feuilles avant de pénétrer dans les tubercules. Où doit 
faire les plantations en terre fumée de l'année précédente, en 
choisissant des tubercules parfaitement sains. Les traitements 
par les sels de cuivre employés pour combattre le Mildiou sont 
efficaces pour la maladie de la Pomme de terre. 

Mildiou. — Maladie de la Vigne, malheureusement très 
répandue, qui cause de grands ravages lorsqu'on ne fait rien 
pour la combattre. Elle est due à un petit Champignon nommé 
Peromspora viticùla, qui vit dans le tissu des feuilles qu'il 
désorganise et dont il détermine rapidement la mort. Les ceps 
privés de leurs feuilles dépérissent promptement, le raisin ne 
se développe pas ou ne renferme qu'une faible quantité de sucre. 

C'est généralement vers Je mois do septembre, après les 
pluies d'orage, que le Champignon se montre en formant à la 
face inférieure des feuilles des taches constituées par une 
sorte d'elllorescence cristalline d'abord blanche, mais qui 
change de couleur en vieillissant, devient gris sale et enfin 
noire. Ces taches ne sont autre chose que la fructification du 
parasite. 

On combat efficacement le .Mildiou en aspergeant les feuilles 
des Vignes avec une solution cuprique, en commençant le trai- 
tement dès que les pousses ont atteint 20 centimètres de lon- 
gueur et en le répétant tous les vingt-cinq jours pour cesser 
environ quinze jours avant la maturité des Raisins. Le Verdet, 
constitué par de l'acétate de cuivre dissous dans de l'eau, dans 
la proportion de 1 à 2 p. 100, est un remède très peu 
coûteux et facile à appliquer. Les aspersions se font à l'aide 
de pulvérisateurs ou de seringues de jardinier. 11 est impor- 
tant de ne pas mettre une dose trop forte de sulfate de cuivre. 

La bouillie bordelaise n'est autre chose qu'une dissolution 
D. Bois. — le petit jardin, 2« édit. 20 



330 



MALADIES DES PLANTES, ANIMAUX NUISIBLES. 



de sulfate de cuivre (2 ou 3 p. 100) à laquelle on ajoute i à- 
2 p. 100 de chaux éteinte. Dans la bouillie bourguignonne, la 
chaux est remplacée par 2 p. 100 de cristaux de carbonate de 
soude. La bouillie bordelaise est d'un emploi général. 

Les feuilles tombées doivent être ramassées et brûlées. 

Il ne faut pas confondre avec le Mildiou les taches que Ton 
voit souvent sur les feuilles de la Vigne, lesquelles, quoique 
ayant beaucoup d'analogie avec lui, s'en distinguent en ce que, 
dans le premier cas, les feuilles restent planes, alors qu'elles 
deviennent cloquées dans le second. Cette affection bénigne, 
nommée Erinose, est déterminée par la piqûre d'un acarien, 
le Phytoptus vilis. 

Mousses et Lichens. — Il est nécessaire, pour la santé des 
arbres, de détruire avec soin les Mousses et Lichens qui se 
développent sur leur tronc. Le nettoyage et le chaulage des 
arbres, déjà indiqués plus haut pour détruire lesinsectes qui se 
réfugient dans les écorces afin d'y passer l'hiver, auront éga- 
lement pour but de détruire toute végétation pouvant nuire à 
leur développement. On détruit la mousse dans les gazons par 
des arrosages faits pendant l'hiver avec du sulfate de fer dis- 1 
sous dans de l'eau à la dose de o p. 100. 

Oïdium de la Vigne. — Maladie occasionnée par un petit 
Champignon, Uncinula americana (Erysiphe Tuckeri). Il vit sur 
les sarments, les feuilles et les grappes, et détermine le dur- 
cissement et la pourriture des grains. On combat avec succès 
ce parasite par le soufrage, qui consiste à saupoudrer de Heur 
de soufre les Vignes atteintes. On fait un premier soufrage au 
moment de l'apparition des feuilles, puis à l'époque de la 
floraison, et enfin lorsque les grappes sont développées, si 
cela est nécessaire. 

Oiseaux nuisibles. — Les moineaux et autres oiseaux 
granivores causent souvent de véritables ravages en détruisant 
les graines ainsi que certains fruits, surtout les Cerises. On ne 
peut guère recommander les épouvantails (mannequins, etc.), 
auxquels ils s'habituent vite; le seul moyen de préserver les 
récoltes est de les couvrir de filets, lorsqu'elles en valent la 



PERCE-OREILLE. 



ROUILLES. 



3oi 



peine, ou d'effrayer les pilleurs en tirant quelques coups de fusil. 

Perce-Oreille. — Voy. Forficule. 

Phylloxéra. — La maladie la plus redoutable de la Vigne. 
Elle est produite par un terrible puceron qui n'a pas étendu 
ses ravages jusque dans notre région (t). 

Plaies des arbres. — Lorsqu'on ampute des arbres ou des 
arbrisseaux, il est indispensable de faire une section bien nette 
et aussi verticale que possible, afin d'éviter que les insectes, 
les spores de Champignons puissent s'y déposer et déterminer 
la Carie ; on les enduit de coaltar. 

Pourridié. — Voy. Blanc des racines. 

Puce de terre. — Voy. Altise. 

Pucerons. — Les pucerons verts et noirs existent quelque- 
fois en très grande abondance sur les jeunes pousses de 
Rosiers, sur les Fèves et sur quelques autres plantes. On les 
détruit en lavant les plantes avec du jus de tabac additionna 
d'eau, ou simplement avec de la fumée de tabac. Le jus de 
tabac doit être suffisamment étendu d'eau pour qu'il n'endom- 
mage pas les plantes (2). 

Lepucei'on lanigère, qui attaque le Pommier, est certainement 
le plus redoutable, car sa présence sur les arbres détermine 
des plaies souvent mortelles. On le combat en hiver, lorsqu'il 
descend au pied des arbres pour s'y abriter, en badigeonnant 
avec du savon noir et du pétrole additionnés d'eau (3). Pendant 
la végétation, il est aussi nécessaire de badigeonner les vieilles 
écorces et toutes les parties pouvant lui donner asile. 

Pyrale des arbres fruitiers. — Voy. Chenilles. 

Rouilles. — Maladies occasionnées par des Champignons 
du groupe des Urédinées, lesquels vivent sur les parties vertes 
des plantes, où ils forment des taches jaunes et brunes. 



(1) Voy. Diissuc, les Ennemis de la Vigne. 

(2) On peut se procurer le jus de tabac dans les manufactures de 
l'Etat. La dose généralement employée est de 1 litre à 15 degrés 
pour 50 litres d'eau. 

(3) Une émulsion de 1 litre de pétrole rectifié avec 8 litres d'eau, des 
badigeonnais à l'alcool ou au jus de tabac donnent de bons résultats. 



3S2 MALADIES DES PLANTES, ANIMAUX NUISIBLES. 

La principale est : la Rouille des Poiriers (Gymnosporangium 
Sabinx [l'odisoma Sabinse, Rœstelia cancellatd}), espèce à géné- 
rations alternantes, dont l'un des états vit sur le Sabine 
(Genévrier Sabine), pour passer de là sur les feuilles, les 
rameaux et les jeunes fruits du Poirier. Cette maladie cause 
de grands dégàls; pour l'éviter, ne pas cultiver de Sabines 
dans le voisinage des jardins fruitiers et couper et brûler les 
parties attaquées par le parasite. 

La Houille des Mauves et des Roses trémières (Puccinia) 
appartient à cette même catégorie de maladies parasitaires. 
Elles se développent le plus souvent dans les années humides. 

Taupe-grillon. — Voy. Courtilière. 

Tavelure des Poires. — Maladie causée par un Cham- 
pignon, le Fusicladium pyrinum, qui vit sur les Poires et qu'on 
observe surtout sur certaines variétés, le Doyenné d'hiver 
notamment. Le parasite vit aussi sur les feuilles et sur les 
jeunes branches. Les traitements à la bouillie bordelaise fails 
dès le mois de mars, en couvrant arbres et murs de la solu- 
tion cuprique, donnent d'excellents résultats. 

Teignes. — Voy. Chenilles 

Tenthrède. — Voy. Chenilles. 

Tiquet. — Voy. Altise. 

Ver blanc. — Larve du Hanneton, Coléoptère dont on ne 
saurait trop recommander la destruction, car c'est l'un des 
plus grands ennemis des jardins. La larve du Hanneton vit 
trois ans dans le sol avant de subir la transformation par 
laquelle elle devient insecte parfait, dévorant les racines des 
plantes qui dépérissent et meurent sans raison apparente. On 
doit arracher avec soin les plantes qui se trouvent dans" ces 
conditions, fouiller les racines et écraser les vers blancs qui 
s'y seraient installés. Le ver blanc affectionne particulièrement 
les Fraisiers et les Laitues: on met cette particularité à profit 
en plantant des Laitues dans les parties du jardin qui sont 
infestées; on les arrache dès qu'on, b/s'vôit jaunir, et l'on 
écrase les larves. »•;. — O* \ 



Ver des fruits. — Voy. Chenilles^ 




TABLE DES MATIERES 



Pages. 

PRÉFACE v 

PREMIÈRE PARTIE. La création et l'entretien du petit jardin. 7 

Chapitre I er . Les instruments de jardinage 9 

— II. Le sol, les engrais, l'eau 10 

Art. /•'. Sol, amendements, engrais, paillis. ... 10 

— II. Eau, arrosements 15 

Chapitre 111. Les couches, les châssis, les entières, les 

ados 17 

— IV. Les opérations culturales 19 

Art. l rT . Défoncement du sol, labours 10 

— //. Binages, sarclages 20 

Chapitre V. La multiplication des plantes 21 

Art. J«. Semis 21 

— //. Education des plantes 21 

— ///. Conservation des races et variétés. Choix 

des porte-graines. Hybrides, variétés. . 2G 

— IV. Multiplication par division des touffes. . 27 

— V. Marcottes ou couchages 28 

— 17. Bouturage 30 

— VII. GreU'age. 35 

Chapitre VI. La plantation 41 

Art. I". Plantation H 

— //. Alternance des cultures. Assolements . . 42 

— ///. Conservation en hiver des Géraniums, 

Fuchsias et autres plantes peu délicates. 

Culture en pots. Empotages 43 

Chapitre Vil. La taille des arbres, l'élagage 4G 

20. 



D 



I; 



354 TABLE DES MATIÈRES. 

DEUXIÈME PARTIE. Le jardin d'agrément 48 

Chapitre 1 er . La disposition du jardin 48 

— II. Les gazons 49 

— III. Les plantes et arbrisseaux d'ornement 

classés alphabétiquement. Description, 
culture, emplois 52 

— IV. Les petits arbres, arbrisseaux et plantes 

d'ornement d'après leur destination . . 2i4 

— V. La composition de corbeilles et de massifs 

pour les diverses saisons de l'année . . 256 

TROISIÈME PARTIE. Le potager fruitier 2 00 

Chapitre I er . Disposition du potager fruitier .... 2C0 

— II. La taille des arbres fruitiers 2G2 

— III. Les formes principales des arbres fruitiers. 2G8 

— IV. Plantation des arbres fruitiers 27 1 

— V. Les arbres fruitiers classés alphabétique- 

ment. Culture, choix de bonnes variétés. 275 

— • VI. Le Fraisier 300 

— VII. Les légumes classés alphabétiquement. Cul- 

ture, choix de bonnes variétés. ... 301 

— VIII. L'alternance des cultures dans le jardin 

potager 331 

QUATRIÈME PARTIE. Les travadx a effectuer chaque mois 

DANS LE PETIT JARDIN 332 

CINQUIÈME PARTIE. Les maladies des plantes et les animaux 

nuisibles 343 

Table alphabétique des matières. ,,,,,,,, 355 



TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES 



Abricotier (Culture, 
choix de variétés). 
275. 

Acanthe (Acanthus), 
52. 

Acjiillea, 53. 

Aconit(Aconitum),53. 

ACROCLimUM, 54. 

Ados, 18. 

AuAPANtliUS, 55. 

Agave, 55. 

Ageraïum, 56. 

Ail, 801. 

Aloès, 55 et 253. 

Alternance des cul- 
tures dans le pota- 
ger, 331. 

— des cultures (Né- 
cessité de 1'), 42. 

Alth.ea, 57. 

— en arbre, 149. 
Attise, 343. 
Ai.ys.sum, 57. 
Amandier nain (Orne- 
ment), (10. 

A.MAHANTl S, 58. 

Amaryllis, 59. 
Amendements, 12. 

Amourette, 82. 
Ampélopsis, 59. 
Amygdalus, 00. 
Ancolie , 05. 
Anémone, 60. 
Animaux nuisibles, 

343. 
Antennaiua, 02. 
Anthémis, 02. 
Anthémis, 101. 
Anthomyie, 343. 
Authonome, 348. 
A.N11P.IUILNL.M, 03. 



Août (Travaux du 

mois d'), 338. 
Aponooeton, Gi. 
Appétit, 313. 
Aquilegia, 05. 
Arabette, 66. 
Arabis, 00. 

A II A LIA, 00. 

Arbre aux Anémones, 

88. 

— aux perles, 238. 
Arbres cultivés pour 

leurs lleurs, 254. 

— à feuilles persis- 
tantes, 255. 

— à fruits d'or- 
nement persistant 
pendant l'hiver, 255. 

— fruitiers (Diverses 
sortes), 275. 

— (Formes auxquel- 
les ou peut les sou- 
mettre), 208. 

— (Parties constitu- 
tives des), 203. 

—(Plantation des), 274. 
— ' (Taille des), 202. 
aristoloche (Aristolo- 
cliia 1 , 07. 

AllMEFlIA, 08. 

Ariosements, 15. 
Artichaut, 302. 
Ain niiinauia, 08. 
Arundo, 08. 
Asclepias, 00. 
Asperge, 302. 
Aspeiiula, 00. 
Aspiuistra, 00. 
Aspidilm, 09. 
Assolements (Néces- 
sité des), 42, 



Aster, 70. 
Aubépine. 113. 

AUBHIETIA, 72. 

AUCL'BA, 73. 

Auricule, 203. 
Avril(Travauxd'),335. 
Azalées, 212. 
Balisier, 91. 
Balsamine, 155. 
Bambou (Bambusa), 

Barbe de Jupiter, 90 
Barbeau, 95. 
Barkhaosia, 75. 
Bâton deSt-Jean,201. 

Bégonia, 70. 
Ilelle-de-.loiir, loi). 
Belle-. b-Nuit, 171. 
Ili'llesamine, 155. 
Bei.lis, 80. 
Betterave, 304. 
Binages, 20. 
Black-rot, 313. 
Blanc (Maladie , 3 il. 
Bleuet, 95. 

— vivace, 95. 
Buis joli, 1 17. 

Boule-de-Neige, 248. 

— d'or, 213. 
Bouquet de mai, 280. 

— parlait, 120. 
Bourbonnaise, 169. 
Bourse, 207. 
Bouton d'argent, 53. 

— d'or, 210. 
Bouturage, 30. 
Bhaciiycome, 82. 
Brindille, 205. 
Briza, 82. 
Brouillard, 143. 
Bruuissure, 344. 



356 



LE PETIT JA.UDIN. 



Buis, 83. 

Buisson ardent, 113. 
Bl'lbocodium, 83. 
DiiToaius, 83. 
Buxus, 83. 
Cacalie, 128. 
Caïeux (Multiplication 
par), 27. 

CiLAXIMUMA, 84. 

Calcéolaire (Calceola- 

ria), 84. 
Calenrula, 85. 
Callisteimuis, 8G. 
Caltha, 87. 
Cai.ycanthts, 88. 
Calystecia, 88. 
Camomille romaine, 

62. 
Campanule ( Campa - 

nul a), 88. 
Canxa, 91. 

Canne de l'rovence.CS. 
Capucine, 243. 
Carillon, 88. 
Carotte, 305. 
Carpoeapsa, 346. 
Casque de Jupiter/.ô't. 
Casse-lunettes, !)5." 
Cassissier, 278. 
Catananche, 93. 
Ceanothus, 93. 
Cécydomyie, 345. 
Céleri, 305. 
Céleri rave, 30G. 
Céleslhie, 50. 
Celosia, 94. 
Centaurea, 95. 
Centraktrus, 96. 
Cerfeuil, 307. 
Cerisiers d'ornement. 

97. 

— (Culture, choix 

de variétés), 276. 
Ch.+:nomeles, 97. 
Cham,krops, 98. 
Chamécerisier, 167. 
Chancre des arbres, 

345. 
Char de Vénus, 54. 
Châssis, 17. 
Cheiranthus, 98. 



C reloue, 100. 
Chématobie, 345. 
Chenilles, 345. 
Cheveu x de Vénus, 1 79. 
Chèvrefeuille, 167. 
Chicou, 319. 
Chicorée frisée, J07. 

— sauvage, 307. 
Chiendent panaché, 

195. 

Cbimonanthus, 101. 

Chlorose, 346. 

Chou, 308. 

Chou de Bruxelles, 310. 

Chou-fleur, 310. 

Chou-navet, 312. 

Chou-rave, 312. 

Chrysanthème d'au- 
tomne, 206. 
■ — (Emploi en mas- 
sifs), 259. 

— des jardins , 
102. 

— frutescents,101. 

— tricolore, 102. 

ClIRVSANTIIEMUM, 102. 

Ciboule, 313. 

Ciboulette, 313. 

Cinéraire maritime, 
233. 

Civette, 313. 

Clarkia, 103. 

Clématites (Clematis:. 
104. 

Cloche. 89. 

Clochette, 65. 

Cloque du Pécher, 34G. 

Cob.*:\, 107. 

CœurdeJeannette,12i. 

Cognassier du Japon 
97. 

Coleis, 108. 

collinsia, 109. 

Concombre à corni- 
chons, 313. 

Conservation des ra- 
ces et variétés, 26. 

— des fruits, 289. 

— enhiverdesplan- 
tes d'orangerie, 43. 

Convolvulus, 109. 



Coquelicot, 186. 
Coquelourde, 169. 
Corbeille d'argent, 66 
et 154. 

— d'or, 58. 

— pour les diver- 
ses saisons de l'an- 
née (Composition 
de), 256. 

Corchorus, 159. 
Coreopsis, 110. 
Cornichons, 313. 
Corydalis, 111. 
Cosmos, 112. 
Cotièrcs, 17. 

CoTONEASTER, 112. 

Couchages, 28. 

Couches, 17. 

Couleurs (Association 
des), 257. 

Courges, 313. 

Couronne impériale, 
131. 

Coursonne, 287. 

Courtilière, 346. 

Ch.vt.kgus, 113. 

Création du petit jar- 
din, 7. 

Crépide rouge, 75. 

Cresson alénois, 314. 

Crète de Coq, 94. 

Crocus, 113. 

— rouge, 83. 
Croix de Jérusalem,' 

169. 
Crosne, 314. 
Crossette (Bouture 

en), 34. 
Crucianella, 115. 
Cupidone, 93. 
Jyclamen, 115. 
Cymbalaire, 165. 
Cynoglosse, 182. 
Cytise (Cytisus), 116. 
Dahlia, 116. 
Dame- d'onze -heures, 

183. 
Daphne, 117. 
Dard, 2K5. 
Décembre (Travaux 

de), 342. 



TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES. 



337 



Défoncement du sol, 
19. 

Dégénérescence des 
variétés, 27. 

Delphimcm. 11". 

Désespoir des pein- 
tres, 228. 

Deltzia, 1 19. 

Diaxthus, 120. 

DlFLYTRA, 124. 

Die» villa, 125. 
Digitale (Digitalisa, 
12G. 

DlMORPIIOTHECA, 127. 

Doronic (Doronicum), 

127. 
Doucette, 319. 
Eau, 15. 
Echalote, 316. 

EcHEVERIA, 128. 

Eclaircissage, 21. 
Ecussonnage, 39. 
Elagage, 46. 
Elléborine, 128. 
Ejiilia, 128. 
Empotages, 128. 
Endive, 307. 
Engrais, 10. 
Enothère, 181. 

— pourpre, 

141. 
Ente, 37. 

Epauiprement, 299. 
Ephémère, 242. 
Epinard, 316. 
Eranthis, 128. 
Erioerox, 128. 
Erinose, 350. 
Escargots, 348. 
Escarole, 308. 
Eschscholtzia, 129. 
Estragon, 31C. 
Etiolenient, 347. 
Elciiarujium, 130. 
Eupatoire bleue, 56. 
Eutoca, 130. 
ëvonymub, 130. 
Faux-Ébénier, 116. 
Faux-Pistachier, 236. 
Eerula, 131. 
Fève, 317. 



Février (Travaux de), 

333. 
Figuier, 277. 
Filipendule, 235. 
Fixation des variétés, 

31. 
Fléchière, 225. 
Fleur de la Passion, 

187. 

— de veuve, 229. 
Flox, 197. 
Forlicule, 347. 
Forsythia, 131. 
Fougère mâle, 201. 

— royale, 184. 
Fourmis, 347. 
Fraisier, 300. 
Framboisier, 27 7. 
Fritillaire (Frililla- 

ria), 131. 
Fruitier, 289. 
Fruits véreux, 340. 
Fuchsia, 132. 
Fumaginc, 317. 
Furaeterre, III. 
Fumier, 13. 
FuflKIÀ, 133. 
Fusain, 13(1. 
Gaillarde (Gaillardia), 

134. 
Galane, 100. 
Galanthus, 135. 
Galeqa, 136. 
Gant de Notre-Dame, 

126. 

Galra, 137. 

Gazon (Création, en- 
tretien;, 49. 

— d'Olympe, 08. 

— turc, 228. 
Genêt d'Espagne, 235. 
Gentiane (Gentiana), 

137. 
Géranium, 137. 
Géranium (Pelargo- 

nium), 188. 
Gerbe d'or, 235. 
Gilia, 138. 
Giroflée de Mahon, 149. 

— des jardins, 173. 

— grecque, 173. 



Giroflée jaune, 98. 

— quarantaine, 172. 

Glaïeul (Gladiolus), 
1311. 

— bleu (Iris), 156. 
Glycine, 252. 

GrODKTIA, 141. 

Gomme, 318. 
Gourde. 159. 
G relie, 35. 
Griffes, 28. 
Grise, 348. 

Groseillier à grappes, 
278. 

— d'ornement, 212. 

— épineux, 278. 
Guêpes, 348. 
Gueule de loup, 03. 
Gynericm, 142. 
Gypsophile (Gypso- 

phila , 143. 
Hanneton, 352. 
Haricot. 317. 

— d'Espagne, 19G. 
Harmonie des cou- 
leurs, 257. 

IIkdeiia, 114. 
IIeuysarum, 1 il. 
Hixianthus, 144. 
Helichkysum, 146. 
Héliotrope lleliotro- 
pium), 146. 

— d'hiver, 177. 
Hellébore (Ilellebo- 

rus , 117. 
Helléborine, 128. 
Hémérocalle | Ileiuero- 

callis>, 148. 

— bleue, 133. 
Hépatique (Hepatico), 

148. 
Herbe à plumets, 142. 

— à la ouate, 09. 
Hesperis, 119. 
Hibiscus, 149. 
Hortensia, 152. 
Hoteia, 150. 
Houblon, 150. 
Houx, 155. 
Humuldb, 150. 
Hyacinthes, 151. 



358 



LE PETIT JARDIN. 



Hybrides, 26. 
Hydrangea, 152. 
Hypericuji, 153. 
Ibebis, 154. 
Ii.ex, 155. 

Immortelle à brac- 
tées, 140. 

— annuelle, 253. 

— blanche. 62. 

— rose, 54. 

Impatiens, 155. 

Instruments de jardi- 
nage, 9. 

Ipom.ea, 195. 
Jpomopsis, 139. 
Iris, 156. 
Jacinthe, 151. 

— chevelue, 175. 
Jalousie, 120. 
Janvier (Travaux de), 

332. 
Jardin d'agrément, 48. 

— fruitier, 200. 

— potager, 301. 
Jasmin (Jasininuur, 

158. 

— de Virginie, 239. 

— trompette, 23 '. 
Jaunisse, 348. 

Jonc fleuri, 83. 
Joubarbe, 2S2. 
Juin (Travaux de), 337. 
Juillet (Travaux de), 

337. 
Julienne des jardins, 

149. 

— de Mahon, 149. 
Kalmia, 159. 
Kerria, 159. 
Labours, 19. 
Lagenaria, 159. 
Laitue, 318. 
Lambourde, 2G6. 
Lamilm, 159. 
Lathybus, 159. 
Laurier-amande, 97. 
Laurier-cerise, 97. 
Laurier-sauce, 330. 
Laurocerasus, 97. 
Lavatera, 160. 
Lawn-grass, 50. 



Légumes (Les), 301. 
Leptosiphon, 160. 
Leucoiuji, 161. 
Lichens, 350. 
Lierre, 144. 
Ligusirum, 162. 
Lilas, 238. 

— de terre, 175. 
Lilium, 162. 
Limaces, 318. 

Lin (Linum), 165. 

— delà .Nouvelle-Zé- 
lande, 199. 

Liuaire (Linaria), loi. 
Lis, 162. 

— d'eau, 180. 

— jaune, 148. 
Liseron à fleurs plei- 
nes, 88. 

Lobélie (Lobelia), 166. 
Lomcera, 167. 
Lunaria, 168. 
Lupin (Lupinus), 168. 
Lychnis, 169. 
Mâche, 319. 
Magnolia, 170. 
Maiionia, 171. 
Mai (Travaux de), 336. 
Maïs panaché, 253. 
Maladies des plantes, 

343. 
Malope, 171. 
Malus, 171. 
Marcottage, 28. 
Marguerite en arbre, 

101. 

— (Petite), 80. 
Mars (Travaux de), 333. 
Massifs (Composition 

pour les diverses 
saisons. Arrange- 
ment),' 256. 

Matricaire Mandiane, 
205. 

Matthiola, 172. 

Mauve en arbre, 149. 

— fleurie, 160. 
Melon, 320. 
Menyanthes, 173. 
Mélis, 20. 
Mignardise, 124. 



Mildiou, 349. 
Millefeuille, 53. 
Millepertuis à grandes 

fleurs, 153. 
Mimule (Mimulus), 

173. 
Mirabilis, 174. 
Miroir de Vénus, 235. 
Monarde (Monarda), 

175. 
Monnaie du pape, 168. 
Monnoyère, 168. 
Mousses, 350. 
Muflier, 63. 
Musc, 173. 
Muscari, 175. 
Myosotis, 176. 
Narcisse (Narcissus), 

176. 
Nardos.mia, 177. 
Navet, 320. 
Nemophile (Nemo- 

phila), 177. 
Ne m'oubliez pas, 176. 
Nénuphar, 180. 

NlCOTIANA, 178. 

Nierembergia, 179. 
Nigelle (Nigella), 179. 
Nivéole, 161. 
Nopal, 183. 
Novembre (Travaux 

de), 341. 
NympiI/EA, 180. 
Octobre (Travaux d'), 

340. 
OEillet d'amour, 143. 

— de Chine, 121. 

— de Dieu, 169. 

— d'Espagne, 120. 

— des fleuristes, 
122. 

— flon, 121. 

— d'Inde, 239. 

— de Janséniste, 
169. 

— mignardise, 124. 

— de poète, 120. 
OEilletonnage, 28. 
OEnothère (OEnothe- 

ra), 181. 
Oïdium, 350. 



TABLE ALPHABETIQUE DES MATIERES. 



3B9 



Oignon, 321. 
Oiseaux nuisibles, 350. 
Omphaloues, 182. 
Opuntia, 18:!. 
Orangerie, 45. 
Oreille-d'ours, 203. 

08HITIIOUAI.D3I, 183. 

Oseille, 322. 
Osmonde (Osinunda), 
184. 

P.KOMA, IS't. 

Faillis, 15. 

Pain de pourceau, 115. 
Palma Christi, 213. 
Palinette (Formation 

de la), 287. 
Palmier de Chine, 98. 
Panais, 322. 
Pai'AYEh. 186. 
Pâquerette, 80. 
Passe-Rose, 57 . 
Passe- Velours, 9i. 
Passiflore (Passifloral, 

187. 
■ Pattes, 28. 
Pavot, 186. 
Pécher, 270. 

— d'ornement, 

193. 
Pei.argo.nium, 188. 
Pensée, 250. 
Pbntstkhon, 193. 
Pépinière (Semis et 

plantation en), 21. 
Perce-neige. 135. 
Perce-oreille, 317. 
Pkrsica (Ornement), 

193. 
Persicaire, 201. 
Persil, 322. 
Pervenche, 249. 
Pelit Muguet, 69. 
Pétunia, 194. 

PllALARIS, 195. 

Phaubitis, 195. 
Phasf.oi.is, 196. 
Pbiladelphus, 196. 
Phlox, 197. 

PhORMIUM, 199. 
PlIVLLOSTACUYS, 74. 

Phylloxéra, 351. 



Pied-d'alouette, 119. 
Pimprenelle, 322. 
Pivoines, 18i. 
Plaies des arbres, 351 . 
Plantation, 41 et 274. 
l'iantes aquatiques, 
256. 

— et arbrisseaux 
d'ornement le plus 
généralement culti- 
vés, 52. 

— grimpantes,'. 55. 

— pour corbeilles 
classées par taille. 
258. 

Platycodon, 199. 

PoDOLEPIS, 200. 

Poireau, 322. 

Poirier, 283. 

Pois, 328. 

Pois de senteur, 159. 

Pois vivace, 160. 

POLBMONIUM, 200. 

Poi.YGONUJI, 201 . 
POLYSTICHUM, 201. 

Pomme de terre, S25. 

— (Maladie de la), 
348. 

Pommier, 292. 

— d'ornement, 1 71 . 

l'ONTEDERIA, 201 . 

l'opulage, 87. 
Poritlon, 177. 
Porte-graines (Choix 

des), 26. 
PoilTULACA, 201. 

Potager fruitier iSa 

création), 260. 
Potentilles (Potentil- 

la), 202. 
Potiron, 313. 
Pourpier, 327. 

— d'ornement,20l. 
Pourridié, 34 i. 
Primevère (Primula), 

203. 
Provignage, 29. 
Prunier, 294. 

— d'ornement, 204. 
Puce de terre, 343. 
Pucerons, 351. 



Pyramidale, 90. 
Pyramide (Arbre en), 

'284. 
Pyréthre doré, 201. 

— rose, 205. 
Pyhethrum, 204. 
Queue de Renard, 58. 
Hadis, 327. 
Raiponce, 327. 
Rameau dur, os. 
Ranunxi'i.i s, 209. 
Raquette, 183. 
Ravenelle, 98. 
Ilay-Grass, 49. 
Reine îles bois, 69. 
Reine-Marguerite, 80. 
Renoncule, 209. 
Repiquage, 24. 
Reseda, 210. 
Riieum, 210. 
Rhododendron, 211. 
Rhubarbe, 210. 
Kilies ( Internent .212. 
Ricin (Ricinus,!, 213. 
Romaine, 319. 
Romarin, 225. 

Rose (Rosal, 213. 

— de Noël, 147. 

— d'Inde, 239. 

— du ciel, 170. 
Rose trémière, 57. 
Rosier, 213. 

ItOSMAIIIM s, 225. 
Rouilles, 35t. 
Ruban de bergère, 195. 
Rue de Chèvre, 136. 
Rutabaga, 312. 
Safran,' 113. 
Sagittaire (Sagiltaria), 

225. 
Sainfoin d'Espagne, 

144. 
Salpiqlossis, 226. 
Salsifis, 328. 
Sambucos, 227. 
Santoline (Santolina), 

227. 
Saponaire (Sapoua- 

ria), 227. 
Sarclage, 20. 
Sarriette, 328. 



360 

Saxifrage (Saxifraga) 

228. 
Scabieuse (Scabiosa) 

229. 
Scarole, 308. 

SCHIZANTHUS. 230. 
Scille,(Scilla), 231. 
Scolopendre (Scolo 

pendrium), 231. 
Scorsonère, 328. 
Sedum, 232. 
Semis, 21. 
Sempervivum, 232. 
Seneçon(Senecio),233. 
Septembre (Travaux 

<ie), 339. 
Seringat, 196. 
Sileise, 234. 
Sol, 10. 
Soleil, 144. 
Solidago, 235. 
Souci, 85. 

— d'eau, 87. 

— hygromètre, 127. 

— des pluies, 127. 
Souvenez - vous de 

moi, 170. 
Spartium, 235. 
Specularia, 235. 
Spir^ea, 235. 
Stachys, 314. 
Staphylea, 236. 
Statice, 236. 



LE PETIT JARDIN. 

Struthiopteris, 237. 

Sureau, 227. 

Symphorine (Sym- 
phoricarpos), 238, 

Syringa, 238. 

Tabac, 178. 

Tagetes, 239. 

Taille des arbrisseaux 
d'ornement, 46. 
— des arbres frui- 
tiers, 202. 

Taupe-Grillon, 346. 

Tavelure, '352. 

Tecoma, 239. 

Téraspic, 154. 

Terre (Diverses sortes 

de), 10. 
Tétragone,329. 
Thuya, 241. 
Thym (Thymus 1 , 241. 
Tigridia, 241. 
Tiquet, 343. 
Tomate, 329. 
Topinambour, 330. 
Tournesol, 144. 
Thadescantia, 242. 
Travaux à effectuer 
chaque moi?, 33 '. 
Trèfle d'eau, 173. 
Tiutoma, 242. 
Troëne, 102. .. i 

Thoi.lius, 213. - '' 



Tropjîolum, 243. 
Tubercule, 27. 
Tubéreuse' bleue, 55. 
Tulipe (Tulipa), 244. 
Valériane à grosse 
tige, 96. 

— grecque, 200. 

— rouge, 9G. 
Variété, 26. 
Ver blanc, 352. 
Ver des fruits, 346. 
Verbena, 215. 
Verge d'or, 235. 
Vergerole, 129. 
Véronique (Veronica) 

Verveine, 245. 
Vicurnum, 248. 
Vigne, 295. 
Vigne vierge, 59. 
Vinca, 249. 
Violette (Viola), 25' 

— marine (Camp; 

nula, 88. 
Violier, 98. 
Volubilis, 195. 
Weigela, 125. 

WlSI'ARIA, 252. 

Xeranthemum, 253. 
Yucca, 253. 
2&S. 253. 
Zm&, 254. 



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1411-98. — Uiuueii.. Imprimerie Éd. Cn*rt.